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  • il y a 6 minutes
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00Et on est à quelques mois évidemment de l'élection présidentielle, les PME, les TPE interpellent les candidats.
00:06Michel Picon, vous êtes toujours avec nous, président de l'U2P, c'est l'Union des entreprises de proximité.
00:10C'est 3,5 millions d'entreprises, c'est les artisans, les commerçants, les TPE, les professions libérales, tout ce
00:15qui a moins de 10 salariés.
00:17Vous estimez n'être pas assez pris en compte, alors qu'aujourd'hui vous représentez quand même un maillage, un
00:23tissu de l'emploi en France extrêmement important ?
00:26Oui, c'est 98% des entreprises de ce pays sont des petites entreprises.
00:32Et malheureusement, depuis longtemps, on voit bien combien elles sont chahutées, il n'y a qu'à se promener dans
00:37la rue et on voit bien les bidons fermés, les disparitions d'entreprises.
00:42Et l'occasion de ces élections présidentielles, ça nous amène à nous dire, attention, ça fait des années qu'on
00:48vit sur des modèles et je m'adresse à tous.
00:50Je m'adresse y compris aux grandes entreprises, je m'adresse aux élus qui par les politiques d'urbanisme commerciaux
00:56ont vidé les centres-villes.
00:59Et aujourd'hui on voit combien il faut dépenser beaucoup d'argent pour réintroduire de la ville dedans, ce sont
01:04tous les plans publics.
01:06Je m'adresse aussi à nos concitoyens en leur disant, mais quand votre boulanger il n'est plus là, quand
01:12votre pharmacien il est parti, attention, votre vie va devenir triste.
01:16Parce que c'est le premier bonjour du matin, c'est la rencontre avec tous ces gens-là qui font
01:22la vie.
01:23Et malheureusement...
01:24Mais techniquement, qu'est-ce qui vous empêche aujourd'hui ?
01:27Ce qui nous empêche, c'est d'abord que l'ensemble des dispositifs qui réglementent, qui norment les activités, elles
01:36ne sont faites, elles sont négociées d'ailleurs le plus souvent avec les grands groupes, sans se préoccuper de savoir
01:42comment ça va s'appliquer.
01:43C'est con parce que j'aimerais bien que vous écoutiez hier matin à 8h30 dans le face-à-face,
01:47je recevais votre ministre, le ministre des PME, Serge Papin.
01:50Et écoutez ce qu'il a dit lorsque je l'interrogeais sur Total.
01:53Moi je vais vous dire une chose, je n'ai pas envie d'embêter Total.
01:57Aujourd'hui on fait front commun.
01:58Donc moi, je suis ministre du pouvoir d'achat, ça me convient qu'on puisse trouver dans notre pays du
02:05carburant gasoil à 2,25 euros.
02:07Donc je n'ai pas envie d'embêter Total.
02:08Je n'ai pas envie d'embêter Total, il l'a redit plusieurs fois, est-ce que vous avez l
02:13'impression que les compétences sont épargnées à l'inverse de vous ?
02:18Je ne sais pas si elles sont épargnées, moi sur Total par exemple, je suis assez fier qu'on ait
02:22des grands groupes, on a besoin de grands groupes parce que nous on est sous-traitants, s'il n'y
02:25a pas de grands groupes.
02:26Mais je veux dire aussi aux grands groupes que s'ils ne font pas attention à leurs petits, c'est
02:30quand même des petits artisans qui vont réparer les pompes, qui vont leur donner des prestations de service.
02:35Donc est-ce qu'il faut embêter Total ? Je ne crois pas.
02:40Mais ce que je dis à Total, c'est que vous êtes un grand groupe, mais si vous n'avez
02:44plus de petits autour de vous, vous, vous allez aussi disparaître.
02:49Et donc prenez soin des petits.
02:50On a l'impression, Michel Picon, qu'il est quand même minu, c'est-à-dire que si la situation
02:55ne se redresse pas, on va perdre définitivement des pans entiers de notre économie,
03:01surtout au moment où il y a plein de chefs d'entreprise, de petits patrons qui vont partir, etc., qui
03:05vont essayer de transmettre leur entreprise.
03:07On est au bord d'une situation irréversible en termes de dégradation du tissu économique.
03:13Mais oui, je partage. Je partage et ça pose aussi le sujet du partage de la valeur.
03:19Parce que, bon, Total, il fournit des distributeurs. Quelle marge il laisse à ces distributeurs ?
03:26On voit bien toutes les stations qui ont fermé.
03:28Les stations indépendantes ? Il n'y en a plus beaucoup ?
03:30Mais oui, mais parce que c'est Total qui les sert et que la marge, la valeur, il la prend.
03:34Et ce débat présidentiel doit être l'occasion que l'on se pose tous la question dans quelle société voulons
03:40-nous vivre demain ?
03:42Comment on peut équilibrer un peu ce partage de la valeur entre les grands groupes et les petits, entre les
03:47grands groupes et leurs salariés ?
03:48Sur un point, un point, vous avez évoqué les faillites. Je voudrais juste qu'on puisse donner un peu une
03:53image un peu précise de la situation.
03:56Les faillites de ces petites, très petites entreprises, aujourd'hui, ça représente combien ? Et est-ce que ça a
04:02vraiment accéléré ?
04:03Ça a considérablement accéléré. Malheureusement, les chiffres qui me sont donnés par les différents indicateurs, on va approcher les 80
04:12000.
04:12J'en suis à peu près convaincu. L'année dernière, nous en avions eu 68 000.
04:16Et le rythme de croisière dans une économie de petites entreprises qui va bien, c'est autour de 40 000.
04:22C'est choumpe de rien.
04:2340 000, ça permettrait une sorte de renouvellement.
04:25Absolument.
04:26Et justement, Michel Picon, à propos de faillite, il y a un chiffre quand même assez étonnant.
04:30C'est qu'entre 2019 et 2020, donc avant et après Covid, on a eu une baisse de 30%
04:34des défaillances de petites et moyennes entreprises.
04:37Ce qui veut dire très simplement qu'il y a certaines entreprises qui, pendant le Covid, grâce au chômage partiel
04:42et grâce aux prêts garantis par l'État,
04:44se sont sauvées alors qu'elles n'avaient pas été abîmées par le Covid, qu'elles étaient abîmées tout court,
04:48en fait.
04:49Donc, en fait, on a sauvé des entreprises qui n'étaient pas spécialement touchées par le Covid.
04:52Des entreprises zombies.
04:52Des entreprises zombies, absolument.
04:53Ma question est très simple.
04:55Aujourd'hui, le carrosse s'est transformé en citrouille, c'est-à-dire que certaines de ces entreprises doivent rembourser
05:00les prêts garantis par l'État.
05:01Elles ne bénéficient donc plus d'aucune aide.
05:04Elles font faillite.
05:05Quelle part vous attribuez à ça dans les chiffres très graves dont vous parlez ?
05:08Est-ce qu'on peut encore avoir une PME en France sans aide de l'État, aujourd'hui ?
05:12Moi, je crois que oui.
05:13Je crois que oui.
05:14Si on imagine un autre mode de distribution, si on ne concentre pas dans la grande distribution l'ensemble des
05:24profits et de l'activité.
05:25Mais vous soulignez cette période du Covid.
05:28Il faut dire aussi que l'Ursaf, qui est un des gros déclencheurs de faillite, puisqu'il vient recouvrir des
05:36cotisations sociales,
05:37si les gens ne peuvent pas les payer, après un moratoire qui n'a pas été exécuté, c'est l
05:43'Ursaf qui provoque la défaillance.
05:45Et là, l'Ursaf avait des instructions de soutenir...
05:49Mais est-ce que ça veut dire, Michel Picon, qu'au fond, ces entreprises sont en train de mourir aujourd
05:54'hui de ce qui les a sauvés hier ?
05:56C'est-à-dire, est-ce que ces prêts, qui parfois, peut-être, ont été dans la précipitation et dans
06:02la nécessité du moment contracté,
06:04sont trop lourds aujourd'hui pour les épaules des DPE, des PME ?
06:07Oui, mais moi, je relativise le PGE.
06:09À 94, je crois, monsieur Chypre, vous pourrez nous le dire, il a été remboursé, les défaillances sur le remboursement
06:16des prêts, les gens...
06:18Donc c'est pas ça qui, aujourd'hui...
06:19Non.
06:20C'est les marges qui se sont effondrées.
06:22Michel Picon, vous réunissez vos troupes aujourd'hui.
06:24Emmanuel Chypre.
06:24Vous publiez 27 propositions que vous souhaitez voir reprises par les candidats.
06:29S'il n'y en avait que 2 ou 3 que vous souhaiteriez voir vraiment dans tous les programmes, ce
06:33serait lesquelles ?
06:34C'est quoi vos propositions les plus importantes ?
06:36La première, c'est de faire en sorte que le travail soit mis au cœur de toutes les orientations politiques.
06:45La rémunération du travail, aussi bien pour un salarié que pour un indépendant.
06:50Aujourd'hui, en travaillant, on ne gagne plus sa vie.
06:53Pas plus un salarié qu'un indépendant.
06:56Et tout ça, pourquoi ? Parce que plus de 50% des dépenses de l'État...
07:00Mais techniquement, quelles propositions permettraient de changer ça ?
07:03Eh bien nous, on propose d'alléger le poids des cotisations sociales qui pèsent sur le travail.
07:09Il faut redonner à nos collaborateurs un coup de bouche sur la rémunération.
07:14Ça, c'est la première chose.
07:16Et la deuxième ?
07:16La deuxième chose, c'est que toutes les normes soient appliquées avec discernement sur les petites entreprises.
07:24Je prends juste un exemple pour que vous compreniez.
07:26Là, on vient de déclarer que la farine chez des boulangers était un produit hautement dangereux.
07:32Bon, c'est vrai pour le boulanger, c'est vrai pour les meuniers, c'est vrai pour tout ça.
07:36Bon, ce qu'on dit aux boulangers, monsieur, aujourd'hui, principe de précaution,
07:41la farine est dangereuse pour vos salariés, etc.
07:44Vous devez faire des installations, des aménagements, ça va vous coûter 100 000 balles, etc.
07:50Bon, prendre en compte que dans une petite boîte qui n'a pas la trésor,
07:54aller voir son banquier en lui disant j'ai besoin de 80 000 euros pour refaire mon laboratoire,
07:58ça ne va pas tout seul.
08:00Et donc on a besoin de délais, on a besoin d'adaptation,
08:03on a besoin aussi de soutien à la transformation de ces...
08:07Et ça, ce n'est pas suffisamment pris en compte,
08:11et c'est le combat que l'on mène.
08:13D'abord, pensons petit.
08:15Les grandes, elles se débrouillent, elles ont des DRH,
08:18elles ont des directeurs administratifs, elles ont tout...
08:20Nous, on n'a personne.
08:23Vous êtes à la fois au boulot, à la fois à la gestion,
08:26et donc on a besoin d'une approche particulière pour les petits.
08:29Merci beaucoup, Michel Picon, d'être venu ce matin
08:33à l'aube de cette journée où vous interpellez les candidats,
08:36président de l'UDP, l'Union des entreprises de proximité,
08:38et vous avez publié ce document,
08:39Ceux qui font la France, avec vos contributions et vos propositions.

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