- il y a 11 heures
Emmanuel Macron a refusé la démission du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et lui a demandé de déployer une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre "face aux casseurs", tentant ainsi d'enrayer la crise politique après les scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi.
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00:00La grande matinale.
00:01Il est 7h47 et Benjamin Duhamel face à vous, le ministre de l'Intérieur.
00:05Bonjour Laurent Nunez.
00:06Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:08On l'a donc appris il y a un peu moins d'une heure.
00:10Vous avez remis hier votre démission au président de la République,
00:13qu'il a refusé.
00:15Il parle pour autant, je vais le citer Emmanuel Macron,
00:17de défaillance d'anticipation et de renseignements
00:20qui ont conduit aux violences de samedi.
00:22Cette première question, Laurent Nunez,
00:24pourquoi avoir démissionné ?
00:25Est-ce que parce que vous considérez avoir failli à votre mission ?
00:28Je suis ministre de l'Intérieur,
00:29je suis responsable de tout ce qui se passe, bien évidemment,
00:31sur le terrain.
00:32Vous avez vu ce qui s'est passé samedi.
00:35On a eu plusieurs centaines,
00:36d'ailleurs le bilan est en cours en fait,
00:38de nombre de commerces pillés,
00:41avec l'action des casseurs, nombreux.
00:44On a eu des prévisions sur cette manifestation de participation,
00:49sur ces manifestations,
00:50parce qu'il y en a eu sur tout le territoire national,
00:52de participation qui...
00:55On a terminé à 550 000,
00:57alors que donc on avait des prévisions qui n'étaient pas de 100 000,
00:59comme je l'ai entendu tout à l'heure,
01:00mais c'était un peu plus de 200 000.
01:01Donc il y avait deux fois et demi plus de personnes,
01:03et ça s'est passé un peu partout sur le territoire national.
01:05Vous savez, on avait au-delà de 30 000 personnes.
01:07Et on va en parler, Laurent Gunaise,
01:08mais cette émission que vous remettez,
01:10ça veut dire que vous reconnaissez avoir failli ?
01:12Ça veut dire que non.
01:13Ça veut dire que le dispositif que nous avons mis en place
01:15s'est trouvé en certains endroits,
01:17en asymétrie par rapport au volume de participants
01:19et de manifestants pour les cortèges normaux,
01:21mais aussi de casseurs, de pilleurs
01:23et de militants d'ultra-gauche
01:24qui ont fait dégénérer évidemment les cortèges.
01:26Laurent Gunaise, asymétrie, pardon,
01:28mais ça c'est des termes un peu savants
01:30pour dire qu'il y a eu des défaillances,
01:31vous le reconnaissez ?
01:31La défaillance, elle résulte dans le fait que
01:33ça a été en partie un manque d'anticipation
01:36sur les forces disponibles,
01:37sachant, et je tiens quand même à corriger
01:39un certain nombre de choses,
01:40on a déployé l'ensemble des forces mobiles
01:42qui étaient disponibles sur le territoire
01:44et beaucoup, beaucoup de policiers de gendarme
01:46se sont engagés sur ce mouvement.
01:47Est-ce que vous reconnaissez, Laurent Gunaise, ce matin,
01:48une défaillance personnelle ?
01:49Est-ce que c'est ce qui vous a conduit
01:50à remettre votre démission au Président de la République ?
01:52Je remets ma démission parce que je suis responsable
01:54de tout ce qui se passe.
01:55Voilà, j'ai remis ma démission au Président de la République
01:56pour ces raisons.
01:57Moi, j'ai été haut fonctionnaire,
01:58j'ai un sens de l'intérêt général,
01:59et vu les dégâts qu'il y a eu,
02:01il était normal que je remette ma démission.
02:03Maintenant, le sujet qui se pose,
02:05effectivement, c'est que ça ne se reproduise pas.
02:07C'est ce que le Président de la République
02:08a dit hier, c'est qu'il faut être évidemment
02:10meilleur dans l'anticipation
02:13de la mobilisation telle qu'elle se produit.
02:15Et puis, évidemment, face au ordre de casseurs
02:19depuis l'heure qu'il y a eu,
02:20de la mobilisation importante de militants d'ultra-gauche
02:22aussi partout dans de nombreuses villes
02:24qui ont sans doute été incitées
02:26par les discours qui ont pu être nus
02:27dans les jours précédents,
02:29implique sans doute que nous modifions aussi
02:31nos doctrines d'intervention
02:33face à des groupes extrêmement mobiles.
02:34On va détailler tout cela, mais pour commencer
02:36sur la transparence qui vous est demandée
02:37par le Président, on va essayer de la faire ce matin
02:39sur le renseignement.
02:41Vous évoquiez les chiffres et on va encore être très précis.
02:44La dernière estimation de la Direction du Renseignement
02:45Territorial vendredi faisait état
02:47d'un peu moins de 200 000 manifestants.
02:49Si on prend Paris et hors agglomération parisienne,
02:52ils étaient finalement 550 000.
02:54Ça, clairement, ça a été sous-estimé.
02:56Comment est-ce que vous expliquez
02:57que ces chiffres aient été autant sous-estimés ?
03:00C'est ce que je dois déterminer maintenant.
03:02Si vous regardez ce qui s'est passé,
03:04en général, les services d'enseignement
03:06définissent des fourchettes.
03:07Là, le chiffre que vous donnez,
03:08c'est plutôt la fourchette haute.
03:10En réalité, ça a été deux fois et demi plus.
03:13Donc voilà, il faut qu'on regarde maintenant
03:14exactement ce qui s'est passé.
03:15C'est ce que me demande le Président.
03:16Il me demande deux choses.
03:17Il me demande de regarder comment les choses
03:18ont pu se passer.
03:19Mais donc vous ne savez pas en l'état
03:21ce qui a pu expliquer que le dispositif
03:22était absolument sous-estimé ?
03:24Il y a deux choses sur le dispositif.
03:26Il y a la participation,
03:28qui était manifestement supérieure
03:30à ce que nous avions prévu, anticipé.
03:32Et puis vous avez également
03:33le volume de casseurs, de pilleurs
03:35qui, dans de nombreuses villes,
03:37dont Paris, mais pas qu'à Paris,
03:38vous l'avez vu,
03:38un peu partout dans les grandes agglomérations,
03:40qui se sont greffées ensuite au cortège.
03:43Et puis il y a une troisième chose
03:44qu'il ne faut pas négliger,
03:45c'est la mouvance d'ultra-gauche.
03:47C'est le travail des services de renseignement
03:48évidemment de déterminer sa mobilisation,
03:50qui était très présente,
03:51beaucoup plus présente que d'habitude,
03:53et avec des intentions belliqueuses
03:54dès le début des cortèges
03:56et qui ont provoqué immédiatement
03:57des dégradations.
03:58Toujours sur cet exercice de transparence,
04:00est-ce que vous pouvez nous dire
04:00précisément, Laurent Nunez,
04:01combien de forces de l'ordre
04:03étaient mobilisées sur le territoire samedi ?
04:05C'était plusieurs dizaines de milliers.
04:07Vous avez les 75...
04:08Est-ce que vous pouvez nous donner
04:09un chiffre précis, Laurent Nunez ?
04:11Je veux dire, l'estimation,
04:12elle est de l'ordre de 60 000 personnes,
04:14si on prend en compte
04:15l'ensemble des forces mobiles,
04:16l'ensemble des gendarmes,
04:17des policiers qui sont mobilisés.
04:19Mais c'est toujours une estimation,
04:20parce que qu'est-ce qui se passe
04:21dans la vraie vie ?
04:22Pardon, qu'est-ce qui se passe dans la vraie vie ?
04:23Parce que tous les journalistes
04:24qui ont réussi à récupérer
04:28le maintien de l'ordre,
04:29ils ne sont pas vrais,
04:31parce que vous avez une copie de départ,
04:33et puis ensuite,
04:34vous avez des effectifs qui abondent
04:35et qui viennent en renfort.
04:36Pardon, là encore plus.
04:3660 000.
04:37Je vous réponds clairement,
04:38c'est 60 000.
04:3960 000.
04:39Je suis allé regarder
04:40les chiffres de précédente mobilisation.
04:43La journée bloquant tout,
04:44il y a un an.
04:4580 000 forces de l'ordre déployées.
04:46Le 8 décembre 2018,
04:47jour de mobilisation des Gilets jaunes.
04:4989 000 forces de l'ordre déployées.
04:51Donc contrairement à ce que vous disiez...
04:52Attendez, Laurent Nunez,
04:53je vais au bout de ma question, s'il vous plaît.
04:54Contrairement à ce que vous disiez samedi soir,
04:56le dispositif que vous aviez prévu,
04:58il était bien sous-dimensionné.
05:00Comment avez-vous pu prévoir
05:01moins de forces de l'ordre
05:02pour ce samedi
05:03que vous n'en aviez prévu ?
05:04Enfin, ce n'était pas vous,
05:05ministre, il y a un an.
05:06Pour la journée bloquant tout.
05:08Franchement,
05:08ça n'a absolument rien à voir.
05:10Dans les 89 000 de bloquant tout,
05:12vous aviez l'ensemble des policiers
05:13et des gendarmes
05:14qui étaient mobilisés
05:14sur le terrain dans le pays.
05:16Pourquoi ?
05:16Parce que c'était des actions
05:18qui appelaient à bloquer le pays.
05:20On n'était pas sur une manifestation déclarée.
05:22Souvenez-vous,
05:22on n'était pas sur une manifestation déclarée.
05:24C'était des actions du matin.
05:25Il fallait aller bloquer le périph,
05:27le rond-point,
05:27les gares,
05:28les axes structurants.
05:29Et donc,
05:29ce sont l'ensemble des gendarmes
05:30et des policiers de ce pays
05:31qui se sont mobilisés.
05:32Et un jour de mobilisation
05:33de Gilets jaunes,
05:34d'en avoir près de 80 000,
05:35c'est-à-dire 30 000 de plus
05:36que ce que vous aviez prévu samedi ?
05:37Avec beaucoup plus d'exactions,
05:39avec l'absence de...
05:40Pardon,
05:40les Gilets jaunes,
05:41vous n'aviez pas d'organisateurs.
05:42Vous n'aviez pas de déclaration.
05:44Vous aviez des gens
05:44qui ne savaient même pas
05:45où ils allaient défiler.
05:46Bloquons-tout,
05:47Gilets jaunes,
05:47et ce qui s'est passé
05:48le 17 octobre,
05:49où nous avions là,
05:50pour le coup,
05:51dans la plupart,
05:52il y avait énormément
05:52de déclarations
05:53et de défilés annoncés.
05:54Ce n'était pas la même chose.
05:55Est-ce qu'avec le recul,
05:56vous reconnaissez
05:57qu'il n'y avait pas suffisamment
05:58de force de l'ordre
05:59sur le territoire samedi ?
05:59Mais bien sûr,
06:00c'est ce que je suis en train
06:01de vous dire.
06:01Il y avait une asymétrie.
06:02Il y a eu une asymétrie
06:03dans certains endroits.
06:04Pas partout,
06:05pas partout.
06:06Il y a eu une asymétrie.
06:07Maintenant,
06:07Benjamin Duhamel,
06:08il faut aussi se dire la vérité.
06:09Il ne faut pas que ces débats
06:11viennent éluder.
06:11Moi, je prends ma part
06:12de responsabilité.
06:13Mais il ne faut pas
06:13que ces débats
06:14viennent éluder le fait
06:15qu'on a eu des casseurs,
06:15des pilleurs,
06:16des militants d'ultra-gauche,
06:17dont certains responsables politiques,
06:18d'ailleurs,
06:19ne les dénoncent pas
06:19avec la vigueur
06:21qu'ils devraient avoir,
06:22qui s'en sont pris
06:22aux forces de l'ordre
06:23de manière extrêmement violente
06:26avec des pavés,
06:26des projectiles.
06:27Vous avez vu ces images
06:28de véhicules de police
06:29qui sont attaqués
06:29avec des manifestants
06:31qui sont des casseurs,
06:32des pilleurs
06:37Là encore,
06:37c'est un exercice démocratique
06:39de transparence.
06:40Je me livre volontiers
06:43à cet exercice démocratique.
06:44Je vous rappelle quand même
06:44que j'ai remis ma démission
06:45hier au président de la République.
06:46Absolument.
06:46Je me livre volontiers
06:48à cet exercice démocratique.
06:49Je ne veux pas
06:51qu'on élude
06:51les violences terribles
06:53dont ont eu à faire face
06:54les forces de sécurité intérieure
06:55et qui, une nouvelle fois,
06:57ont fait face
06:57avec 2400 interpellations.
07:002400 interpellations.
07:01Et évidemment,
07:01j'attends une réponse
07:03extrêmement ferme
07:04de la justice.
07:04Et personne ne les élude ici.
07:06Pour continuer cet exercice
07:07de transparence,
07:08je vous propose d'écouter
07:08ce que vous disiez.
07:09C'était à ce micro
07:10le 6 octobre dernier.
07:12C'était une journée
07:13de mobilisation des lycéens.
07:14Perde de contrôle,
07:15c'est si jamais vous aviez
07:16des hordes de personnes
07:16qui défilaient dans les centres-villes,
07:18qui pillaient les magasins,
07:19qui commettaient des exactions.
07:21Voilà.
07:22C'est une définition
07:23de perte de contrôle.
07:24C'est ce qu'on a vu
07:24dans les rues
07:25d'un certain nombre de grandes villes.
07:26Vous avez perdu le contrôle.
07:27C'est ce qu'on a vu
07:28dans certaines villes.
07:30Je vous rappelle
07:30que je répondais
07:31à une question précise
07:32parce que c'est où
07:33on sort des extraits.
07:34Je répondais à une question précise
07:35où on me demandait
07:36si sur les manifs de lycéens,
07:38si sur la gestion
07:39du mouvement de lycéens,
07:39nous avions perdu le contrôle.
07:41Je vous expliquais
07:41ce que c'était
07:42qu'une perte de contrôle.
07:43Oui, ça me dit
07:44dans certaines grandes villes,
07:45vous ne pouvez pas regarder
07:45des commerçants en face
07:46quand vous avez
07:47des centaines de commerces
07:48qui ont été pillés
07:49et dire qu'on n'a pas perdu
07:50le contrôle
07:51sur certaines de ces grandes villes.
07:52Mais vous vous rendez compte
07:53de l'aveu d'échec
07:54pour les Français
07:55d'un ministre de l'Intérieur
07:55qui reconnaît
07:56qu'on a perdu le contrôle
07:57sur ce qui se passait
07:58dans les grandes villes ?
07:58Attendez, Benjamin Duhemel,
07:59l'aveu d'échec,
08:01il y a eu
08:03des débordements graves.
08:05Il y a eu
08:05dans certaines situations
08:07une asymétrie
08:07qui a fait
08:08qu'il y a eu des casseurs
08:08qui se sont dispersés
08:09en groupes multiples,
08:11variés
08:11et qui ont été
08:12extrêmement agressifs,
08:14qui s'en sont pris
08:15à des commerces,
08:16qui se sont éclatés
08:16dans des villes.
08:17Ça a été effectivement
08:18extrêmement difficile à gérer.
08:19Je le reconnais
08:20bien volontiers
08:21et c'est d'ailleurs
08:22je ne retire rien
08:23de ce que je vous ai dit
08:24le 6 octobre.
08:25Absolument rien.
08:25Absolument rien.
08:26Laurent Nunez.
08:27Et pardon,
08:28mais c'est arrivé
08:29par le passé,
08:29Benjamin Duhemel.
08:30C'est arrivé par le passé
08:31qu'on a eu des pillages
08:32sur certains...
08:32Voilà.
08:34Mais ça ne doit pas
08:35se reproduire.
08:35Je ferai tout
08:36pour que ça ne se reproduise pas.
08:37Avant de parler
08:37de la question
08:38de savoir comment éviter
08:40que ces dommages
08:41et ces scènes de chaos
08:42se poursuivent,
08:43un mot,
08:43on recevra tout à l'heure
08:44Benoît Payan,
08:44le maire de Marseille,
08:45qui là encore s'est plaint
08:47du manque
08:48de dispositifs policiers
08:49dans sa ville
08:50et il a rebondi
08:52sur un chiffre
08:52qui avait été donné
08:53par le préfet
08:53des Bouches-du-Rhône
08:54qui est sous votre autorité
08:55qui parlait de 30 000
08:56pilleurs à Marseille.
08:58Il lui dit
08:58c'est un chiffre farfelu.
08:59Quand on entend ce chiffre
09:00on est quelque peu stupéfait.
09:01Il y avait 30 000
09:02pilleurs à Marseille ?
09:04Je fais confiance
09:05au préfet des Bouches-du-Rhône
09:07s'il dit 30 000.
09:08Enfin, en tout cas,
09:08ce que je peux vous dire
09:09c'est qu'à un moment donné
09:10à Marseille,
09:11il y a eu un mouvement
09:12qui a commencé le matin
09:13puis à un moment donné
09:13on a vu des pilleurs arriver
09:15qui sont des délinquants en fait.
09:16Ce sont des délinquants,
09:17on ne peut pas les nommer
09:18autrement,
09:18qui sont s'empris
09:19à plusieurs points
09:20dans les rues commerçantes
09:22de Marseille
09:24simultanément
09:24dans le centre de Marseille
09:25proche du Vieux-Port
09:27sur les docks
09:28ils ont essayé
09:28de rentrer au terrasse du port
09:29il y avait énormément de points
09:31et il y avait forcément
09:33plusieurs milliers de personnes.
09:34D'accord, mais donc 30 000
09:35vous reprenez ce chiffre ?
09:35Je ne reprends pas ce chiffre.
09:36Écoutez, je n'étais pas à Marseille
09:37il y a un préfet
09:38s'il donne cette estimation
09:40il a de bonnes raisons.
09:41En tout cas, je me rends
09:41aujourd'hui à Marseille
09:42on aura l'occasion
09:43de discuter de ça
09:43avec le préfet
09:44et avec le maire
09:46mais moi j'ai toute confiance
09:46sur ce que dit le préfet.
09:47Sur la situation actuelle
09:48on a vu la nuit dernière
09:50un certain nombre de scènes
09:51de pillage de nouveau
09:51à Paris, à Lyon, à Marseille
09:53à Paris il y a eu
09:53117 interpellations hier
09:55en fait la situation
09:56est toujours hors de contrôle ?
09:58Non, la situation
09:58n'est pas hors de contrôle
09:59non, non
09:59il y a eu effectivement
10:00hier soir à l'appel
10:02il y a eu un certain nombre
10:03de groupuscules d'ultra-gauche
10:05qui ont appelé à se réunir
10:06pour à l'occasion
10:07de l'allocution du président
10:08à 18h dans de nombreuses villes
10:09il y a eu des gens
10:10qui se sont grimés
10:12cagoulés
10:12qui ont essayé de s'en prendre
10:13aux forces de l'ordre
10:13au commerce
10:14et partout les forces de l'ordre
10:15et je les en félicite
10:16je les en remercie
10:17vu ce qu'elles prennent en ce moment
10:18et les en ont empêché
10:21et ces actions
10:22sont poursuivies
10:23notamment à Toulouse
10:23à Marseille
10:24et elles ont été
10:25en digue et en riez
10:25et puis à Paris
10:26il y a des groupes de casseurs
10:27oui effectivement
10:28qui se sont réunis
10:29sur un territoire très vaste
10:31le centre
10:31l'ultra-centre de Paris
10:33le 10ème
10:34le 11ème
10:35le 19ème
10:35et qui se sont livrés
10:36à des exactions
10:37et les forces de l'ordre
10:38ont poursuivi ces groupes
10:39pour chasser ces groupes
10:40et c'est pas 117 interpellations
10:42qu'il y a eu
10:42c'est 350 interpellations
10:44qu'il y a eu
10:45encore une fois
10:46pour des individus
10:46qui parfois
10:47avaient commis effectivement
10:48des vols dans des magasins
10:49et encore une fois
10:50j'attends beaucoup
10:52de la justice
10:53ce sont des individus
10:54qu'on a retrouvés
10:54avec parfois
10:57des biens dérobés
10:58il faut vraiment
10:58qu'on ait des sanctions
10:59extrêmement fermes
11:01avec Gérald Darmanin
11:02d'ailleurs Gérald Darmanin
11:02a adressé
11:03une circulaire
11:05de grande fermeté
11:06au procurant
11:06il y a la justice
11:07et il y a ce que vous demande
11:08là encore le président
11:08qui veut que vous déployiez
11:10de nouveaux modes d'action
11:11contre les casseurs
11:12qu'est-ce que ça veut dire
11:13ça Laurent Nunes
11:14déployer de nouveaux modes
11:14d'action contre les casseurs
11:15d'abord ça veut dire
11:16qu'il faut qu'on
11:19sans doute
11:19qu'on monte en puissance
11:21sur notre doctrine
11:22d'intervention
11:22sur les casseurs
11:23les pilleurs
11:24qui encore une fois
11:25ça veut dire quoi ?
11:26ça veut dire intervenir davantage ?
11:27ça veut dire qu'on n'est pas
11:28dans une manifestation
11:29ça veut dire qu'on n'est pas
11:30dans le maintien de l'ordre
11:31ce que vous m'entendez dire
11:32systématiquement
11:32ça veut dire que
11:33quand ces groupes
11:34éclatent et partent
11:35en pillage
11:36sur des commerces
11:37qu'on puisse être mobile
11:39réactif
11:39et je vais y travailler
11:41évidemment dans les 48 heures
11:42avec le directeur général
11:43de la gendarmerie nationale
11:44le préfet de police
11:45le directeur général
11:46de la police nationale
11:47on va travailler bien sûr
11:48quand Bruno Retailleau
11:49vous demande
11:49de déclarer l'état d'urgence
11:51est-ce que ça fait partie
11:51des hypothèses
11:53à la main du gouvernement
11:54dans les jours qui viennent ?
11:55l'état d'urgence
11:55est toujours une hypothèse
11:56à la main du gouvernement
11:57en cas de menaces graves
11:58de péril imminent
11:58voilà il y a des conditions juridiques
12:00pour l'instant
12:00on n'est pas dans cette situation
12:02mais le président de la république
12:03a rappelé
12:04ce qu'étaient les pouvoirs
12:05de police administrative
12:06des préfets
12:07qui en droit commun
12:09avant même de parler
12:10de l'état d'urgence
12:11nous disposons
12:12d'un certain nombre
12:13de prérogatives
12:13qui permettent
12:14par exemple
12:15d'interdire des manifestations
12:17dès lors qu'elles ne seraient pas
12:18déclarées
12:19interdire des manifestations
12:20éventuellement aussi
12:21décider de couvre-feu
12:22en décision avec les maires ?
12:23sur les manifestations
12:24je veux dire un mot
12:24sur les manifestations
12:25vous voyez bien
12:26que il y a
12:27quand les manifestations
12:28quand il n'y a pas
12:29de service d'ordre
12:29quand il n'y a pas
12:30d'organisateur
12:31quand les choses
12:31ne sont pas cadrées
12:32vous voyez bien
12:32que l'ultra-gauche
12:33les casseurs
12:34les pilleurs
12:34profitent de cela
12:35pour venir se greffer
12:36sur ce mouvement
12:36et donc
12:37toutes les manifestations
12:38spontanées
12:39ou qui sont déclarées
12:40par des organisateurs
12:41qui ne importent pas
12:42de garantie en matière
12:43de respect
12:44de la sécurité
12:45effectivement
12:45les préfets
12:46seront invités
12:47à prendre des mesures
12:48d'interdiction
12:48pour éviter les scènes
12:49qu'on a vues samedi
12:50un dernier mot
12:50Laurent Nunez
12:51en pensant aux français
12:53qui ont vu les violences
12:54en pensant aussi
12:54aux 550 000 manifestants
12:56qui ont défilé
12:57pour une immense majorité
12:59dans le calme
13:00qui parfois se sont retrouvés
13:01on a vu des témoignages
13:03nassés
13:03subissant des gaz lacrymogènes
13:05est-ce que ce matin
13:06vous leur dites pardon
13:06comme ministre de l'Intérieur ?
13:08Non, non, non
13:09Benjamin Duhamel
13:10pardon
13:10je ne vais pas dire
13:11pardon à cela
13:12au contraire
13:13les forces de sécurité intérieure
13:14samedi
13:15ont rendu possible
13:16ces cortèges
13:16s'il y a eu 550 000 personnes
13:18qui ont pu défiler
13:19c'est parce qu'il y a eu
13:19un engagement
13:20des forces de sécurité intérieure
13:21c'est parce qu'il y a eu
13:22des témoignages
13:22de manifestants
13:23qui, place de la République
13:24disent s'être retrouvés
13:26nassés
13:26disent s'être retrouvés
13:27prenant des gaz lacrymogènes
13:28on ne peut pas raconter
13:29n'importe quoi quand même
13:30les 550 000 manifestants
13:32ont pu manifester
13:33y compris à Paris
13:34parce qu'il y avait
13:35les forces de sécurité intérieure
13:36qu'il y a eu des débordements
13:37qui n'ont pas été
13:38suffisamment contenus
13:39c'est mon problème
13:39c'est ma responsabilité
13:40mais on ne peut pas dire
13:42on ne peut pas dire
13:42que ces personnes
13:43n'ont pas pu manifester normalement
13:44y compris à Paris
13:45j'en ai marre d'entendre dire
13:46que sur la place de la République
13:48les forces de sécurité intérieure
13:49sont intervenues
13:50si le préfet de police
13:50a dû donner la force
13:51sur la place de la République
13:52c'est parce qu'il y avait
13:53des casseurs
13:53des individus cagoulés
13:54qui s'en sont pris
13:55aux forces de l'ordre
13:56immédiatement
13:56et on a dû déplacer
13:58le départ du cortège
13:58pour qu'ils puissent partir
13:59et la manifestation a lieu
14:01elle s'est déroulée
14:01dans des conditions plaisibles
14:02parce qu'il y avait
14:03les forces de sécurité intérieure
14:04auxquelles je veux rendre
14:05une dernière fois hommage
14:06parce qu'encore une fois
14:08elles font l'objet
14:08dans ces scènes de guérilla
14:10de tentatives de meurtre
14:11il faut nommer les choses
14:12Merci Laurent Nunez
14:13d'être venu ce matin
14:14au micro d'Inter
14:14Et à tout à l'heure
14:15Benjamin Duhamel
14:15on se retrouve
14:16pour le grand entretien