00:00Ce n'est pas du tout de la compétence du maire à Paris.
00:04Il y a plein de mesures techniques qui sont en discussion.
00:07Je n'ai pas à l'heure qu'il ait d'informations précises sur les décisions qui seront prises.
00:12Mais évidemment, la question du rétablissement de l'ordre républicain est importante.
00:17Mais je le dis, ça ne peut pas être non plus attentatoire à deux choses.
00:21C'est d'abord à la vie courante.
00:23D'une certaine manière, punir le plus grand nombre par les agissements de quelques-uns serait, je le crois, une
00:28double sanction.
00:28Et deuxièmement, je suis toujours très attentif en démocratie à ce qu'on fasse attention dans la façon dont on
00:37manie les armes juridiques
00:38qui contreviennent à des principes fondamentaux de liberté de circulation et de rassemblement.
00:43On parle qu'il y avait quand même très peu de policiers sur Paris.
00:46Est-ce que vous avez pu avoir discuté avec le préfet de police, avec le ministre ?
00:51J'ai des questions. Je n'ai pas encore les réponses.
00:54Je pense que ce sera l'objet à la fois de la commission d'enquête parlementaire,
00:59parce qu'au-delà des déclarations, il faut vérifier précisément combien a été mobilisé, où, comment, pourquoi.
01:06Et deuxièmement, je pense qu'il doit, et c'est en tout cas ce que je pense auprès du Premier
01:10ministre,
01:11y avoir une enquête indépendante sur le sujet de la disponibilité des forces et sur la doctrine d'intervention.
01:18Qu'est-ce que vous attendez de l'acte de l'annonce à Sainte-Saint-Denis ?
01:21Alors, d'abord, on va gérer chaque jour, parce que hier, on pensait que ça allait être calme,
01:26et c'est plutôt les informations que j'avais, et on avait observé que ce n'était pas le cas
01:29du tout.
01:30On est vraiment à pied d'œuvre 24 heures sur 24.
01:33Moi, ce que je crois, c'est que tant qu'il n'ait pas donné de réponse politique à la
01:37crise politique,
01:38ça ne se résoudra pas.
01:39croire que c'est par uniquement des mesures de police,
01:42et c'est pour ça que ma question et mes questions,
01:44elles seront principalement pour le Premier ministre,
01:48plus que pour le ministre de l'Intérieur, le ministre de l'Intérieur.
01:50Chacun peut avoir un regard nuancé sur son action,
01:52mais je crois que ce n'est pas comme ça qu'on dénouera le problème.
01:55La question de la réponse politique,
01:57moi, je pense qu'il faut rapidement travailler une plateforme de revendication
02:00qui soit plus précise, de façon à poser les conditions d'une sortie de crise.
02:05Deuxièmement, je pense que le Premier ministre doit se saisir,
02:09de ce sujet et engager une négociation avec les organisations lycéennes,
02:13avec les organisations étudiantes et avec les organisations représentatives des salariés.
02:17On a la conjonction d'un mouvement lycéen, d'un mouvement étudiant
02:21et d'un mouvement global de la population qui touche de très nombreuses professions,
02:25ceux qui sont victimes de la crise du niveau des carburants,
02:30ceux qui voient leur facture d'énergie s'envoler.
02:33On a besoin d'avoir une réponse,
02:35et avant d'avoir une réponse, un cadre politique de discussion sur tout ça.
02:38Ce n'est pas la main des maires,
02:39mais je pense qu'il y a un certain nombre de maires
02:40qui peuvent aussi pousser le gouvernement à prendre conscience de cela
02:44et à y répondre.
02:45C'est en tout cas ce que je porterai auprès du Premier ministre.
02:46Monsieur le maire, des commerçants pensent à se défendre eux-mêmes.
02:50Est-ce que ça vous inquiète ?
02:51Alors d'abord, on le comprend.
02:52Moi, j'ai vu des commerçants qui sont des petits chefs d'entreprise,
02:56avec des salariés modestes,
02:57qui ont vu leur outil de travail méthodiquement détruit.
03:01Et ceux qui n'ont pas vu leur outil de travail détruit s'inquiètent.
03:05Donc évidemment non, ils ne doivent pas faire la police eux-mêmes,
03:08d'abord parce que ce serait eux-mêmes se mettre en danger,
03:11mais je ne peux pas leur reprocher d'avoir une réaction de colère et d'inquiétude.
03:17Et donc moi, ce que je veux, c'est que dans les heures qui viennent,
03:20soient réunies les conditions pour que, entre guillemets,
03:23la sérénité et la tranquillité publique reviennent,
03:25pour qu'on n'en arrive pas à de tels excès,
03:27ou en tout cas à ne pas prendre ce type de risque.
03:29Qu'est-ce que vous avez ressenti personnellement
03:31quand vous avez vu ces images de Paris faire le tour du monde de manière négative ?
03:34Alors ça, ce n'est pas mon sujet.
03:35Mon sujet, c'est d'abord les gens que j'ai vus pleurer sur le terrain.
03:38C'est ça mon sujet.
03:39Évidemment, je me préoccupe énormément de l'image de ma ville et de l'image de mon pays,
03:42parce que quand Paris ne va pas bien, c'est la France qui ne va pas bien.
03:45Paris, c'est le grand Paris, c'est 33% du PIB national.
03:48Quand nous, on ne va pas bien, derrière, c'est les territoires entiers qui vont subir les conséquences.
03:52Ce n'est pas seulement Paris.
03:54Et je redis l'interdépendance majeure de nos territoires
03:56en matière de solidarité, économie, politique et démocratique.
04:01La deuxième chose, c'est que j'ai vu des gens qui avaient peur
04:04et j'ai vu des gens qui étaient tristes.
04:05Et donc, c'est deux sentiments que je ne crois pas normal dans l'opinion publique.
04:10Et donc, le premier sujet, c'est de rassurer.
04:13Rassurer, faire en sorte que ça n'arrive plus, protéger.
04:15Moi, j'ai reçu hier soir au moins une cinquantaine d'appels de gens en pleurs
04:19qui me demandaient de venir sur place.
04:20Et je ne peux pas le faire partout.
04:22Et vous comprenez bien que ce n'est pas ma mission.
04:24Mais je ne peux pas rester sourd non plus à leurs préoccupations.
04:27La peur et la tristesse, ce ne sont pas des valeurs qui sont bonnes pour la vie en société.
04:32Et donc, il est urgent que l'État fasse son boulot, que les mairies fassent leur boulot,
04:35et j'en prends ma part, et qu'on retrouve un cadre de dépasser.
04:38Mais je le redis, la question pour la sortie de crise est évidemment un sujet de réponse politique aux mobilisations.
04:45Les casseurs, ils s'infiltrent dans les manifestations,
04:48faisant en sorte que les gens y trouvent moins besoin de manifester,
04:51parce qu'ils ont le sentiment d'être mieux entendus, plus entendus,
04:54et qu'il y aura des bouchers à leur demande.
04:57Et les casseurs ne pourront plus s'infiltrer.
04:59Merci à tous.
04:59En tout cas, hier, du président de la République, justement, par rapport aux requêtes citoyennes et lycéennes.
05:03Alors, je pense que son expression n'était pas alignée par rapport à ce qu'attend le mouvement social.
05:11Et je pense qu'il devra mettre à profit les heures qui viennent,
05:14que ce soit lui-même ou son Premier ministre,
05:17pour donner des signes qu'on ne répond pas que sur le sujet du maintien de l'ordre,
05:21qui est indispensable, je le redis.
05:22Mais encore une fois, il faut dénouer la crise.
05:25Je le dis pour deux raisons.
05:26La première, c'est qu'on peut rétablir l'ordre.
05:29Mais si le mouvement social continue, les risques que ça recommence sont grands.
05:33Et deuxièmement, il y a six mois avant les prochaines élections présidentielles.
05:37Six mois.
05:38Et six mois, c'est très long dans ces circonstances.
05:40Et donc, il faut que le gouvernement démontre sa capacité à continuer
05:44un minimum de continuité d'action de l'État
05:48et ne pas laisser prendre ce sentiment d'effondrement, de déstabilisation par quelques-uns.
05:55Merci à tous.
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