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  • il y a 40 minutes
Invité de BFMTV, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, revient sur les violences qui ont émaillé le week-end en marge des manifestations du 17 octobre.


Deux jours après les violences qui ont émaillé la journée de manifestations du 17 octobre contre la "vie chère", la classe politique continue de réagir tandis que l'exécutif veut, lui, reprendre la main. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l'a refusée.

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Transcription
00:00Vincent Jambrun, bonjour.
00:02Lorsque vous voyez ce qu'il s'est joué,
00:05évidemment je pense aussi, lorsque je vous reçois,
00:07vous êtes ministre de la Ville et du Logement aujourd'hui,
00:09vous étiez aux premières lignes en tant que maire de la Île-et-Rose
00:12lors des émeutes urbaines de 2023.
00:14Votre habitation avait d'ailleurs été prise pour cible.
00:17Votre femme, vos enfants avaient été obligés de fuir dans la nuit.
00:21Lorsque vous voyez ces images, lorsque vous entendez votre propre confrère,
00:25le ministre de l'Intérieur, qui dit
00:27« On a perdu le contrôle ».
00:29Quel est le constat que vous dressez aujourd'hui ?
00:34D'abord, vous avez rappelé à quel point tout ça m'avait touché en 2023.
00:39Moi, ma famille, mais aussi des millions de Français.
00:42Et évidemment, il y a un côté cauchemardesque à revivre ça.
00:46Ce déjà-vu est juste insupportable.
00:48Et croyez bien qu'on est beaucoup à avoir vécu un week-end d'enfer
00:54uniquement parce qu'on se demande comment on en arrive là.
00:57Ensuite, le ministre de l'Intérieur l'a dit, on vit quelque chose qui est malheureusement nouveau,
01:04c'est-à-dire une conjonction de forces du chaos qui s'additionne,
01:07avec désormais les Black Blocks, l'ultra-gauche, qui essayent de revivre la commune.
01:14Cet esprit insurrectionnel.
01:16La commune, c'est 1830 ?
01:17Exactement.
01:18Et au fond, on veut revivre la révolution.
01:25Pas étonnant d'ailleurs, quand on voit que maintenant,
01:27aux universités d'été de la France insoumise,
01:29on a le portrait de Robespierre qui est dessiné dans le ciel avec des drones.
01:33Pour vous, il y a une responsabilité politique ?
01:35Oui, évidemment.
01:37Évidemment, il y a une responsabilité politique.
01:39Après les émeutes, on avait été nombreux à dire que les flammes s'étaient éteintes,
01:42mais que les braises couvaient toujours.
01:44Certains se sont amusés depuis des semaines, pour ne pas dire des mois,
01:47à souffler sur ces braises pour recréer cette vague de colère,
01:50cette vague insurrectionnelle.
01:52Vous avez en plus de ces mouvements d'ultra-gauche,
01:55des criminels de banlieue qui sont, et pas que de banlieue d'ailleurs,
01:58des criminels qui sont venus piller, saccager.
02:00Ça a été très bien dit sur votre antenne juste avant.
02:03Et le tout venant perturber des manifestations qui, elles, sont légitimes,
02:06qui ont mobilisé énormément de nos concitoyens,
02:09et qui, par leur masse, justement, sont venus aussi occuper.
02:14Ministre de la ville, Vincent Jean-Brun, ministre de la ville et du logement,
02:18lorsque vous voyez l'état de nos villes aujourd'hui,
02:20la liste, elle est extrêmement longue, outre Paris, Lyon et Marseille.
02:26Il y a bien sûr, il y a Mulhouse, il y a Brest, Rennes, Poitiers, Bordeaux,
02:32Toulouse, Montpellier, Perpignan, Strasbourg, Besançon, Grenoble, Valence, Nîmes, Nice, Angers, Caen.
02:38Il y a eu absolument Rennes, on y était il y a un instant.
02:42C'est-à-dire que ce sont quasiment toutes les villes de France
02:44qui ont été, avec deux cibles, les commerces pillés,
02:48mais également les symboles de la République, la mairie de Limoges,
02:52les mairies qui ont été prises pour cible, les bâtiments publics, les commissariats.
02:57Comment vous expliquez avoir à ce point perdu le contrôle ?
03:02Vous disiez, c'est terrible parce que pour nous, c'est un air de déjà-vu.
03:06Mais lorsque vous entendez le président de la République hier qui dit
03:08« Nous serons intraitables » en parlant au futur,
03:11l'ont-ils été assez intraitables ?
03:13D'abord, pourquoi au futur ?
03:15Parce qu'il y a eu des interpellations
03:16et la justice doit passer,
03:19elle doit être d'une fermeté exemplaire.
03:20Et en cela, Gérald Darmanin a envoyé une circulaire au préfet
03:23pour que nous soyons intraitables.
03:25Moi, la petite personnelle, je prends de la tolérance zéro.
03:27Il faut que les sanctions soient extrêmement fortes,
03:30rapides et immédiates.
03:31Pour ça qu'on parle au futur, on les a arrêtées ce week-end.
03:35Je crois à votre bonne volonté là-dessus.
03:36Mais lorsque vous-même vous faites la liste,
03:39tristement, des émeutes précédentes...
03:41Est-ce qu'on ne croit pas à la justice de ce pays ?
03:43Moi, je veux continuer à croire à la justice de ce pays.
03:45On a des procureurs...
03:46Pas de la parole des politiques, pas de la justice du pays.
03:48Mais là, on est en train de demander de la fermeté à la justice.
03:52Et c'est ça qui doit passer.
03:53Parce qu'effectivement, sans ça, le message serait catastrophique.
03:56Ensuite, la perte de contrôle, c'est un débordement, en réalité.
04:00L'expression de perte de contrôle,
04:01elle a été utilisée par le ministre de l'Intérieur.
04:04Je sais bien.
04:05Mais qu'est-ce qu'il y a derrière ?
04:06C'est le fait que les forces du chaos qui ont été mobilisées
04:09ont été beaucoup, beaucoup plus nombreuses et préparées
04:14que, visiblement, on ne s'y attendait.
04:16Et on voit qu'il y a eu un phénomène de guérilla urbaine
04:19qui était extrêmement complexe.
04:21Parce qu'au fond, hier, samedi,
04:22qu'est-ce qu'on a demandé à nos forces de l'ordre ?
04:23De protéger des cortèges.
04:24Ça, c'est du maintien de l'ordre.
04:26On sait faire.
04:27On avait des pillages.
04:29Ça, gérer un pillage tout seul, on sait faire.
04:31Mais quand le pillage est au milieu de la manifestation,
04:32c'est plus compliqué.
04:33Et avoir les Black Blocs qui viennent tout saccager
04:36à des fins politiques, c'est encore autre chose.
04:38Et là, on a quand même des parcours.
04:41On commence à deviner que les forces d'ultra-gauche,
04:44les Black Blocs, étaient sur les toits des immeubles
04:46parce qu'ils savent que les policiers
04:49ne vont pas aller eux-mêmes sur les toits.
04:51Et c'est pour ça, d'ailleurs, que la réponse...
04:53Certains ont jeté des projectiles depuis les toits.
04:54Et même des cheminées.
04:55Avec des dangers.
04:56Il faut absolument qu'on puisse avancer
04:58sur notre arsenal juridique.
05:00On a eu des avancées avec la loi Riposte
05:02que j'avais réclamée quand j'étais maire,
05:05avec vigueur, parce que ça nous permet
05:06de lutter mieux contre les rodéos, les mortiers, etc.
05:09Il faut aller beaucoup plus loin.
05:10Il y a la loi sur les polices municipales
05:12qui devra effectivement être examinée
05:13pour avoir plus de moyens,
05:14et notamment des drones que je réclame depuis des années.
05:17Et puis, vous avez le texte
05:18« Casseur-payeur », comme on l'appelle,
05:20qui doit être impérativement voté
05:22le plus rapidement possible.
05:23Et d'ailleurs, on verra...
05:23Question immédiate, question immédiate.
05:26Vous aviez, vous, maire de la Île-et-Rose,
05:29décrété un couvre-feu.
05:31Est-ce qu'il faut...
05:32Ça fait partie de l'arsenal
05:33qui a été évoqué ce matin par le ministre intérieur.
05:35Il dit que c'est à la discrétion des préfets
05:38en accord avec les maires de le décider.
05:40Est-ce que vous vous dites
05:41que la situation exige des couvre-feu
05:44à certains endroits ?
05:46D'abord, c'est chaque maire et chaque préfet
05:47d'en décider.
05:48Mais effectivement, je pense qu'il est bon
05:50de rappeler que cet outil existe
05:51et que les villes qui ont été touchées
05:53très fortement...
05:54Et a fortiori, avec les pillages
05:56qu'on a vus dimanche soir,
05:57qui montrent bien...
05:58Dimanche soir, c'est important de préciser
06:00que la nuit dernière,
06:01enfin la nuit dernière en fin de journée,
06:03hier, sans même attendre
06:04végétablement la nuit,
06:05les pillages ont repris.
06:07C'est-à-dire que le jour 2,
06:10dans certains coins de Paris,
06:12ont été aussi importants,
06:14voire pires dans certains quartiers
06:15que la veille.
06:16Un couvre-feu, c'est pas pour embêter les gens,
06:17c'est pour les protéger.
06:18Et notamment aussi pour faciliter
06:19le travail des forces de l'ordre.
06:21Les images que vous voyez là sur votre antenne,
06:22c'est le 18 octobre,
06:23c'est-à-dire c'est hier,
06:24c'est donc le lendemain.
06:26Je voudrais simplement vous poser une question,
06:27couvre-feu peut-être,
06:29mais avons-nous les moyens ensuite
06:30de le faire respecter ?
06:31Parce que c'est une chose de le décréter.
06:33Est-ce que derrière,
06:34les policiers auraient le moyen
06:35de le faire respecter ces couvre-feu ?
06:36ville par ville,
06:38mais évidemment que les policiers,
06:39et je vous le dis,
06:39ça facilite leur travail.
06:41C'est-à-dire qu'au fond,
06:41quand vous n'avez plus
06:43de citoyens qui sont là dans les rues
06:46par hasard,
06:46le fait d'avoir un couvre-feu
06:47bien respecté fait que
06:48ceux qui continuent à être dans la rue
06:50sont bel et bien des gens
06:51qui viennent chercher la bagarre.
06:51On sait que ceux qui sont dans la rue
06:53dans ces cas-là,
06:53et ça rend tout le monde
06:54beaucoup plus efficace.
06:55Monsieur le ministre,
06:55c'est une question technique,
06:56puisque le président Macron,
06:57samedi déjà avant la prise de parole
06:59d'hier soir,
06:59disait,
07:00nous allons retracer les casseurs
07:02et les punir.
07:05Nous arriverions à les retracer tous
07:07et à les punir.
07:08Est-ce qu'il y aurait suffisamment
07:09même de place en prison
07:11pour pouvoir aller jusqu'au bout
07:12de la logique ?
07:13On ne va pas commencer
07:14à se poser la question
07:15si on mène ou pas les enquêtes
07:16sur le nombre de places de prison.
07:18La vraie question,
07:18c'est comment est-ce que
07:20nos forces de l'ordre
07:22les interpellent ?
07:22Et là, je veux leur rendre hommage
07:24parce qu'ils ont été
07:24d'un courage absolu
07:25dans des conditions
07:27qui étaient vraiment infernales.
07:29Enfin, je veux dire,
07:30ils ont subi,
07:30nos forces de l'ordre,
07:31des tentatives d'assassinat
07:32à répétition.
07:33Donc, chapeau à eux,
07:34chapeau à nos pompiers,
07:35chapeau aux élus locaux,
07:36chapeau aux agents
07:37des collectivités locales
07:38qui ont fait en sorte
07:40que ce ne soit pas plus grave.
07:41Et à partir de là,
07:42il faut que la justice passe.
07:44Je vous le disais tout à l'heure,
07:44Gérald Darmanin a pris une circulaire
07:46pour que tous les procureurs
07:47soient les plus durs possibles
07:49pour qu'encore une fois,
07:50il y ait des sanctions.
07:51Moi, ce que j'avais pu regretter
07:52après 2023,
07:53c'est qu'il n'y ait pas eu
07:54plus de sanctions
07:55qui soient appliquées.
07:56Il faut que cette fois,
07:57ce soit exemplaire.
07:58Dans un instant,
07:59je vous poserai aussi la question,
08:00puisque vous faites
08:00le rapprochement avec 2023,
08:01est-ce qu'il s'agit
08:02des mêmes individus ?
08:03Est-ce qu'il s'agit
08:03des mêmes profils ?
08:04Mais je voudrais d'abord
08:05que nous partions à Marseille,
08:06parce que la présidente
08:07de l'Association des commerçants
08:08du centre-ville de Marseille
08:09est en direct avec nous,
08:10Nicole Richard-Verspiren.
08:13Ce matin,
08:14c'est la désolation
08:15lorsque l'on voit.
08:16Le maire de Marseille
08:17était d'ailleurs en direct
08:18avec moi dans le face-à-face.
08:21Quel est le constat que vous faites ?
08:23Combien de commerces
08:24ont été cassés, pillés, impactés ?
08:30Bonjour.
08:30Alors, j'interviens au titre
08:32de l'association Commerce 13
08:35que je préside dans le centre-ville
08:36et des entrepreneurs
08:38Bouges-du-Rhône,
08:39puisque j'y ai aussi
08:40des responsabilités.
08:41Et je voudrais d'abord
08:42commencer par exprimer
08:43ma solidarité
08:44avec tous les commerçants
08:45qui ont été pillés,
08:46vandalisés et traumatisés
08:48par ce qui s'est passé.
08:49On n'a pas à ce jour
08:52encore de chiffres précis.
08:55Ce que je peux vous dire,
08:56c'est que la rue Saint-Féréol,
08:57qui est une très grande rue
08:59commerçante de Marseille,
09:00historique,
09:01a été dévastée à 60%.
09:05Et je suis un peu étonnée
09:08d'entendre des voix ministérielles
09:09dire que l'état d'urgence
09:11est possible.
09:12Mais ma question est de savoir
09:15à partir de quel moment
09:17on va dire que le pire
09:19est encore possible.
09:20Parce que qu'est-ce qui va se passer ?
09:22C'est bien de voter des lois
09:23pour suspendre des allocations.
09:25C'est très bien.
09:26Il faut le faire.
09:26Mais nous, commerçants,
09:28la semaine prochaine,
09:29il y a encore des appels
09:31à manifester.
09:32Qu'est-ce qu'on va devenir ?
09:33Qu'est-ce qui va se passer ?
09:35Pour nous, c'est intolérable.
09:36C'est insupportable
09:37de perdre son outil de travail
09:39et de voir des vies
09:41qui sont des vies d'engagement
09:42totaux,
09:44qui sont anéanties
09:45en dix minutes.
09:46C'est insupportable.
09:47Qu'est-ce qu'on va devenir ?
09:49Je l'entends parfaitement.
09:53Je voudrais que le ministre
09:54de la Ville et du Logement
09:55puisse vous répondre.
09:56D'abord, témoigner
09:57de toute ma solidarité
09:58avec l'ensemble des commerçants,
10:00que ce soit Marseille
10:00ou toutes les villes,
10:01parce que,
10:02comme ça a été très bien dit,
10:03c'est des vies entières
10:04qui peuvent être mises à sac
10:06par ces émeutiers.
10:08Leur dire que,
10:09comme l'a rappelé
10:09le ministre de l'Intérieur
10:10un peu plus tôt ce matin,
10:12il va falloir qu'on adapte
10:13la doctrine
10:13à ces phénomènes nouveaux.
10:15Là, on a en l'occurrence...
10:16Pardon,
10:17là, je reprends aussi
10:18le mot de la commerçante.
10:19Est-ce que c'est vraiment nouveau ?
10:20Ce qui est nouveau,
10:21c'est la...
10:22C'est l'impression
10:22qu'à chaque fois,
10:22on découvre...
10:23Je vous réponds,
10:23Pauline de Malherme.
10:24Le sujet,
10:25c'est qu'on connaissait
10:26la guérilla
10:27avec les Black Blocks,
10:28on connaissait les pillages
10:29et on connaissait
10:31les manifestations
10:31qui, parfois,
10:32pouvaient dégénérer
10:33un peu à la fin.
10:34Là, ce qui est nouveau,
10:35c'est la conjonction
10:36de tout ça.
10:37Et qu'en fait,
10:37en termes de doctrine policière,
10:39vous ne faites pas la même chose
10:40quand vous avez
10:40des manifestants
10:41qui viennent manifester
10:42pacifiquement
10:43avec des revendications légitimes,
10:46des pilleurs sauvageons
10:47avec plein de mineurs dedans
10:49et puis des types
10:50surentraînés
10:50pour la guerre mondiale.
10:51Vous utilisez le mot sauvageons.
10:52J'ai l'impression
10:52que pendant des années,
10:53notre société
10:56a débattu des mots.
10:57A débattu du mot sauvageons,
10:59par exemple.
10:59Je me souviens
11:00de semaines entières
11:01où la gauche et la droite
11:03se disaient
11:03« Ah mais non,
11:03on ne peut pas utiliser ce mot
11:04les sauvageons »
11:05et puis on remontait
11:06dans le dictionnaire,
11:06pardon,
11:07mais je me souviens
11:07parfaitement de cette histoire.
11:08C'était « Ah ben non,
11:09mais le sauvageons,
11:10c'est le morceau de l'arbre
11:11qui s'en va sans tuteur. »
11:14En fait,
11:14mais pardon,
11:15on a disparu
11:16du sexe des anges.
11:17Je me souviens aussi
11:18très bien de cette polémique.
11:19C'est délirant.
11:19Là, il y a le réel.
11:20Il y a cette dame
11:21qui dit
11:21« Il y a 60% des commerces
11:23qui ont été... »
11:24Et en l'occurrence,
11:25j'ai vécu les émeutes de 2023
11:27comme beaucoup de mes collègues
11:27sur le territoire
11:28et croyez bien
11:29qu'on n'a pas débattu
11:29du sexe des anges après.
11:31Et si j'ai décidé
11:31de continuer la politique
11:32aujourd'hui,
11:33je suis à votre micro,
11:39concret
11:39pour qu'on puisse
11:40aller de l'avant
11:41et qu'on n'ait pas peur
11:42d'utiliser les outils
11:43qui existent déjà.
11:44Parce que bien souvent,
11:45on se dit
11:45« Il faut recréer une loi,
11:46il faut recréer. »
11:46Il faudra qu'à sur payeur,
11:48ça a été dit très bien
11:49par madame qui représente
11:50les commerçants,
11:51il faut que tous ceux
11:52qui sont impliqués
11:53dans ces cases
11:54soient amenés à payer
11:55et y compris
11:56sur les revenus
11:57qui touchent
11:57la solidarité nationale.
11:58Je suis très étonné ce matin.
11:59Mais je termine simplement
12:00d'un point.
12:00Parce que oui,
12:01il va falloir qu'on aille plus loin
12:02et ça veut dire
12:03y compris qu'on s'autorise,
12:04vous avez raison de le dire,
12:06qu'on arrête de débattre des mots
12:07et qu'on s'autorise
12:07à mettre un couvre-feu
12:08quand c'est nécessaire,
12:09qu'on s'autorise
12:10à envoyer les forces de l'ordre
12:12quand c'est nécessaire
12:13et y compris,
12:14pardon,
12:15parce que c'est difficile
12:16dans un pays démocratique,
12:17à interdire
12:17certains rassemblements
12:18quand on sent
12:19que les conditions de sécurité
12:20ne sont pas possibles.
12:22Je suis très étonné,
12:23monsieur le ministre,
12:24je suis très étonné ce matin
12:26parce que vous avez
12:27pointé les responsabilités
12:28de chacun,
12:29les responsabilités politiques
12:30y compris de vos opposants,
12:31vous avez parlé
12:32de la réponse policière,
12:34vous venez de le faire
12:34encore il y a un instant,
12:36vous avez parlé
12:36de la réponse judiciaire,
12:38à aucun moment,
12:39à aucun moment,
12:40vous n'avez pointé
12:40la responsabilité politique
12:41de ce gouvernement.
12:43Je rappelle quand même
12:44que ces émeutes,
12:45et ça ne justifie rien,
12:46ça n'explique rien,
12:48mais ça fait
12:48quatre semaines
12:50qu'il y a des manifestations
12:51lycéennes
12:51qui ont commencé,
12:52je le rappelle,
12:53dans un lycée
12:53de la banlieue parisienne
12:55le 18 septembre,
12:56nous sommes le 19 octobre
12:58et à l'heure
13:00où on se parle,
13:01il y a eu très peu
13:02de l'implication concrète
13:03de la force insoumise.
13:04Oui, oui,
13:05vous me parlez à nouveau
13:05des responsabilités politiques
13:06de vos opposants,
13:07c'est votre droit,
13:08mais les responsabilités politiques
13:10du gouvernement,
13:11hier le président de la République
13:12a pris la parole,
13:14zéro réponse
13:14sur le plan sécuritaire,
13:16mais zéro réponse politique
13:17à ce qui se passe
13:18dans le pays
13:18depuis un mois,
13:19zéro, rien,
13:20et ça vous n'en parlez pas,
13:22alors je conçois,
13:23hier c'était le chaos
13:24dans les rues de Paris,
13:25donc on parle du chaos
13:26dans les rues de Paris,
13:27mais pardon,
13:28les demandes des lycéens
13:29depuis un mois,
13:31rien.
13:31Je ne suis pas tout à fait
13:32d'accord avec vous.
13:33Un dernier mot là-dessus,
13:34Vincent Jean-Marie,
13:34on va retourner sur le terrain
13:35avec des commerçants.
13:36Très bien,
13:36mais simplement pour vous dire
13:37que,
13:37et dans l'allocution
13:38du président de la République
13:38et dans les interventions
13:40du Premier ministre
13:40depuis plusieurs semaines,
13:41le dialogue est noué
13:42avec les représentants syndicaux,
13:44que ce soit des lycéens,
13:45que ce soit des agriculteurs,
13:46que ce soit des personnels soignants,
13:47que ce soit de la police,
13:49est-ce que c'est suffisant ?
13:50Visiblement pas pour vous.
13:51Pour autant,
13:52il faut bien à un moment donné
13:53trouver des solutions
13:56qu'on se mette autour de la table
13:57et qu'on discute.
13:58Encore une fois,
13:59il y a d'un côté
14:00des revendications
14:01qui sont légitimes
14:02et qui nécessitent
14:02que les pouvoirs publics
14:03se mettent autour de la table
14:05avec les représentants
14:06dûment constitués
14:07de ces organisations syndicales
14:09pour qu'il y ait
14:09un vrai dialogue social.
14:10Ça, c'est un côté.
14:11Et de l'autre,
14:12il faut que collectivement,
14:13on condamne avec la plus grande fermeté
14:14les casseurs,
14:16les criminels
14:16qui sont venus saccager notre pays.
14:18Quelle image pour notre pays ?
14:19Non, non, non, non, non, non, non.

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