00:00Oui, je vous confirme que dès hier, évidemment, ce n'est pas l'idéal, des couvre-feux et même, pourquoi
00:05pas, la sollicitation de l'armée.
00:08C'est-à-dire qu'à partir du moment où on est dépassé, on n'a pas les effectifs, et
00:11je peux le comprendre,
00:13il faut se donner les moyens d'empêcher le pillage, les scènes de pillage qu'on a vues hier.
00:18Et j'entendais sur votre antenne le commerçant, on est passé tout le week-end et encore ce matin voir
00:24des commerçants.
00:25Je les comprends, ils sont furieux, ils ont le sentiment d'avoir été abandonnés.
00:30De fait, je peux à la fois saluer les forces de l'ordre qui ont été présentes et qui sont
00:35intervenues,
00:36et dire qu'elles n'étaient clairement pas en nombre suffisant.
00:38Il y a eu une casse incroyable, même à l'apogée des Gilets jaunes, on n'a pas connu une
00:43telle casse en un seul week-end.
00:45Et donc, si à un moment donné, on est pris de court, qu'on n'a pas assez de moyens,
00:48oui, je le dis, moi, il vaut mieux un couvre-feu, la présence de l'armée pour suppléer aux forces
00:53de l'ordre,
00:54qu'une nouvelle nuit d'émeutes comme celle qu'on a connue et de pillages, surtout comme celle qu'on
01:00a connue ces deux dernières nuits.
01:02Alors, vous avez demandé un couvre-feu pour certains arrondissements, pour certaines zones de certains arrondissements, expliquez-nous.
01:09J'ai demandé à ce que le couvre-feu, dès hier à la préfecture, je leur ai dit si, si
01:15vous n'êtes pas en mesure d'intervenir en nombre
01:17et de défendre les commerces, alors il vaut mieux instaurer un couvre-feu et faire appel, pourquoi pas, à l
01:23'armée.
01:24C'est une possibilité qu'on a. Si on n'a pas assez de moyens, il faut en trouver.
01:27En tout cas, tout est préférable à la répétition des scènes qu'on a pu connaître dans la nuit de
01:32samedi et dans la nuit de dimanche.
01:34Est-ce que vous êtes inquiet pour les prochaines heures après ces deux nuits particulièrement chaotiques, notamment autour du secteur
01:40des Halles ?
01:42Oui, je suis relativement inquiet. Je pense que la mesure a été prise au plus haut sommet de l'État
01:47de la difficulté qu'on a eue en termes de moyens.
01:52Je pense que les moyens étaient insuffisants. C'est dire l'évidence que de dire ça.
01:55Et je reste inquiet pour les prochains jours, pour les prochains week-ends et tous les appels à manifester ou
02:01à venir,
02:03comme on l'a pu voir, cramer l'Élysée, l'Hôtel de Ville ou que ce soit, quelques autres institutions
02:08que ce soit.
02:09Parce que ce sont des appels à venir piller.
02:11Là, vous mettrez Shinzo. Je suis passé voir les boutiques Shinzo ce matin, Henri-Thien de Marcel.
02:16On a véritablement vu des scènes sans aucune intervention possible de la police.
02:20Et c'est évidemment inacceptable et impossible d'accepter que ça se reproduise.
02:25Aujourd'hui, beaucoup de maires témoignent de leur solitude face à ce qui se passe. C'est aussi votre cas
02:30?
02:31La solitude, c'est d'abord celle des commerçants et de certains habitants.
02:35J'ai eu des habitants en pleurs. C'est eux qui se sont retrouvés en première ligne.
02:38Nous, on était partout à sillonner le quartier.
02:41Mais c'est d'abord la solitude des habitants et des commerçants que nous, nous réveillons, nous les maires.
02:45Merci.