00:00Le plus gros préjudice qu'on a, il n'est pas vraiment dans les produits qu'on va pouvoir se
00:04fournir.
00:04Nos fournisseurs ont été très à l'écoute déjà, ils vont nous accompagner, nos partenaires, Pokémon, etc.
00:10Le préjudice, il est plus dans le préjudice moral d'avoir un magasin qui a été brûlé à Lille,
00:16qui est récupérable, qui va peut-être s'effondrer.
00:19Des salariés en pleurs qui ne comprennent pas, qui sont choqués.
00:22On les voit les images de vos commerces à Lille.
00:27Là c'est ce qui reste du magasin, donc il ne reste absolument plus rien.
00:30C'était un lieu de vie puisqu'on a plusieurs, un millier de clients,
00:33milliers de personnes qui viennent tous les mois dans nos magasins faire des événements, faire des tournois.
00:37Ça s'adresse aussi à la jeunesse puisqu'on a beaucoup de jeunes, des enfants,
00:40qu'on va apprendre à jouer, c'est très ludique et ça fait réfléchir les TCG.
00:46Mais ouais, c'est des...
00:47Il y a eu des menaces physiques vous dites.
00:51Racontez-nous le face-à-face.
00:53Nous, nos salariés, en fait, ils avaient ouvert le magasin de Lille jusqu'à 17h, 18h.
01:00Et quand vers 18h30, on dit qu'ils sont en train de casser au bout de la rue,
01:04on leur a dit, les gars, allez vous protéger évidemment.
01:07Donc on a mis les cartes de valeur dans le coffre-fort, les trucs comme ça.
01:11Évidemment, ils sont rentrés, ils ont pillé le coffre-fort, ils ont pillé plein de trucs.
01:16On s'est dit, bon, tant pis, on va perdre un peu d'argent.
01:18On espère que les assurances vont pouvoir nous aider.
01:21Et après, finalement, on voit sur les réseaux sociaux qu'ils foutent le feu.
01:26Et en fait, moi, j'apprends le truc en voyant sur les réseaux sociaux que le magasin, il est détruit.
01:31Mais ce qu'a annoncé Sébastien Lecornu tout à l'heure,
01:33avec notamment la mise en place du chômage partiel immédiatement à 100%,
01:37est-ce que ça vous satisfait ?
01:39Déjà, on a fait une réunion avec mon comité de direction
01:42et on a fait un comité de crise en interne dès ce matin pour savoir qu'est-ce qu'on
01:47allait pouvoir faire.
01:48Évidemment, là, j'ai 10 salariés sur le carreau, même 12, 6 à Lille, 6 à Marseille.
01:54Ce matin, on s'était dit que même s'il n'y a pas le chômage partiel à 100%,
01:58on maintiendrait le salaire pour ces salariés qui sont investis, qui sont loyaux.
02:02Mais c'est déjà une première mesure.
02:04Mais quand tu perds un magasin qui drive plusieurs milliers de personnes par mois,
02:09ce n'est pas le chômage partiel qui va suffire, ça c'est sûr.
02:11Vous êtes en colère, là ?
02:17En colère, je ne sais pas.
02:18Aujourd'hui, on est tellement ravagé, tellement triste, tellement abattu
02:21parce qu'on a vu que je ne sais même pas si on a l'énergie d'avoir la colère.
02:25Enfin, là, c'est plutôt les pleurs.
02:27Ce qui est d'autant plus frustrant, en fait,
02:30c'est que moi, je viens des HLM, mon père est algérien,
02:33il est venu en France en 1962 à l'indépendance.
02:36Ma mère était SDF quand elle était gamine,
02:38puisque ses parents sont morts très tôt.
02:41Donc, on a mangé au resto du cœur, on allait acheter aux épiceries solidaires.
02:46Donc, ça a été très dur l'enfance.
02:48C'est toujours très dur aujourd'hui pour mes parents.
02:51Je les aide financièrement.
02:53Et donc, moi, je comprends la colère, je comprends les difficultés des gens
02:56de ne pas finir les fins de mois, d'avoir de l'essence aujourd'hui à trois balles.
03:00Enfin, c'est extrêmement dur.
03:02Ça, je l'ai vécu et je l'ai vécu aujourd'hui.
03:04Mais par contre, qu'on vienne casser des magasins comme nous,
03:07qui essayons d'apporter à la communauté, à des gens, à des jeunes,
03:11vraiment un service, vraiment quelque chose pour qu'ils s'amusent les week-ends, etc.
03:17Franchement, ça, je ne comprends pas.
03:18Ils ne viennent pas taper.
03:21Évidemment, ils ont une haine contre l'État, etc.
03:23Mais en venant taper des magasins comme ça,
03:25je n'ai pas l'impression qu'on s'adresse à l'État.
03:27Sous-titrage MFP.
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