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  • il y a 15 heures
Les marchés financiers doutent de plus en plus de la France, de sa dette et de l'euro. À seulement 6 mois de l'élection présidentielle, et avec une Assemblée nationale totalement divisée, la grande question est de savoir si le gouvernement réussira à faire voter son budget sans tout paralyser.

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00:06Générique
00:093 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13David Calfon, CEO de Sanso-Lonchamps-AM.
00:16Bonsoir David.
00:16Bonsoir Pauline.
00:17Vincent Lequartier, gérant et responsable de l'allocation d'actifs chez WeSave.
00:20Bonsoir Vincent.
00:21Bonsoir Pauline.
00:22Et Nouno Teixeira, vous êtes directeur analyse et stratégie de Vega Investment Solutions.
00:26Bonsoir Pauline.
00:26Bonsoir Nouno.
00:27Eh bien parlons de cette situation française.
00:31David, une situation, je le disais, qui pèse évidemment sur les marchés, tant côté
00:35action que côté obligataire.
00:37Quels sont les risques de cette situation franco-française pour les investisseurs ?
00:42Le risque c'est d'avoir, alors pas forcément une crise de la dette publique, mais probablement
00:50quelque chose de beaucoup plus pernicieux.
00:53ça serait tout simplement une hausse du coût du capital permanente pour les banques,
00:59les entreprises, l'immobilier français.
01:02Et ça, j'ai envie de dire que c'est pire qu'une crise de la dette en fait, parce
01:06que ça nous met, avec un coût du capital plus élevé, toutes les initiatives pour entreprendre
01:12deviennent plus compliquées, tous les actifs deviennent plus difficiles à valoriser, et
01:17c'est un handicap, j'ai envie de dire, permanent.
01:20C'est comme si on serait dans la course, mais avec une enclume dans les bras.
01:23Mais par exemple, si on arrivait à faire passer un budget, etc., les taux ne pourraient
01:28pas baisser.
01:29Alors, voilà, quels sont les contreparties ?
01:31Il faut être un petit peu, un peu d'optimisme, c'est vrai, mais c'est un peu difficile
01:34après ce week-end, mais un peu d'optimisme.
01:36Oui, à ce stade, il n'y a rien d'irrémédiable.
01:39Là, ce que sanctionnent les marchés, ce n'est pas une crise de solvabilité, c'est une crise
01:44de crédibilité.
01:45On se dit, la France ne va pas être capable de réformer, donc les déficits publics
01:50sont condamnés à s'accroître, et donc effectivement, à terme, on va avoir des problèmes.
01:55Et donc, il y a une réévaluation de ce risque français, parce qu'on dit, finalement,
02:00ils ne vont jamais s'en sortir.
02:01Mais si, Révoix un peu, tout d'un coup, on retrouve quelqu'un qui a une voix un peu
02:08crédible et qui nous dit qu'il va y avoir un budget qui va passer avec des plans d'économie,
02:14etc., et qu'on va rééquilibrer ça, il n'y a aucune raison que les marchés ne prennent
02:19pas ça positivement.
02:21Sauf que pour le moment, on le cherche, cette personne qui va être crédible.
02:26Oui, on verra ça dans les prochains mois.
02:28Évidemment, on a ces échéances politiques qui vont arriver assez vite.
02:32Vincent, vos commentaires sur cette situation française, peut-être aussi sur le risque
02:36de contagion à l'ensemble de la zone euro.
02:39On n'est pas le seul pays qui voit une période électorale arriver, puisqu'il y a aussi l'Italie,
02:44il y a l'Allemagne avec l'AFD, et puis l'Espagne avec les élections anticipées
02:48le 29 novembre prochain.
02:51Est-ce qu'un risque de contagion est possible, selon vous ?
02:55De toute façon, l'Europe, de façon générale, sous-performe les autres marchés.
03:00On voit bien que l'euro décroche de façon assez structurelle, alors que tout le monde
03:05s'attendait à ce que ça monte plutôt en début d'année.
03:08On voit bien que le contexte politique complique les choses, qu'en plus on est à proximité
03:14du conflit au Moyen-Orient, ce qui fait qu'on est plus directement affecté par les prix
03:19du pétrole et du gaz. Donc on a mécaniquement des problèmes de compétitivité relative.
03:26Et c'est clair que quand on a un coût du capital qui est en train d'augmenter,
03:30ce qui est le cas à l'heure actuelle de façon spécifique pour la France, ça n'arrange pas
03:34les choses. Donc assez clairement, on est dans une situation qui est compliquée.
03:39Pour autant, des élections, on en a en permanence en Europe, vu le nombre de pays.
03:44Donc il ne faut pas non plus, je pense, trop se prendre la tête avec ce genre de choses,
03:49sauf que ce sont les gros pays qui font l'objet d'élections.
03:54Les agitations du week-end, il n'y a pas que la France qui a été concernée, l'Italie
03:59a été bien concernée elle aussi.
04:01Belgique aussi, il me semble.
04:02Belgique aussi. Quand on regarde le spread, moi j'ai regardé celui-là plutôt que celui
04:07avec l'Allemagne que tout le monde regarde, j'ai regardé plutôt le spread avec l'Italie.
04:11On a perdu 2-3 bips additionnels par rapport à l'Italie. Autrement dit, oui, de façon
04:19très marginale, une sanction additionnelle à l'encontre de la France par rapport à
04:23l'Italie, mais ça reste très marginal.
04:26La question du budget à la limite, je pense que les agitations du week-end peuvent peut-être
04:33contraindre un petit peu les partis politiques à bouger, à avancer, à se rapprocher et à
04:40s'entendre, pour essayer de faire avancer un peu les choses, pour éviter que le pays
04:44s'enfonce, s'enfonce. Parce que je pense que ça sera difficile pour les partis d'être
04:49tenus pour responsables d'une crise qui dégénérerait de façon majeure.
04:56Donc très paradoxalement, je pense qu'il faut attendre, mais ça ne serait pas forcément
05:01une si mauvaise nouvelle de voir les événements compliqués à l'heure actuelle aboutir à
05:08une entente politique.
05:10Oui, c'est ça. Un uno à vos commentaires. Est-ce que justement ces événements, selon
05:14vous, pourraient faire bouger les partis politiques pour arriver à s'entendre ? Parce qu'évidemment,
05:18tout le monde le sait, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. C'est pour ça,
05:21en partie, qu'on ne peut pas faire passer de budget aussi facilement que cela ?
05:27Oui, alors à court terme, effectivement, on peut imaginer que ça puisse aider à la
05:32formation d'un consensus. Ce que j'observe aussi, c'est qu'on commence quand même à
05:37avoir le sujet de la dette qui rentre dans le débat politique et y compris dans, on va
05:46dire, des partis qui étaient peut-être moins sensibles à cette question et qui semblent
05:49vouloir quand même adresser le sujet. Après, le budget, même s'il est voté, ça
05:57ne va pas résoudre les problèmes de fonds, on va dire, structurels. Et ce qu'on peut
06:02craindre, c'est une dérive un peu à l'italienne, malheureusement, avec finalement un creusement
06:09progressif du déficit. Ce qu'il faudrait pour qu'on s'engage dans une trajectoire qui
06:15soit vraiment crédible pour les marchés, c'est qu'on réduise, même si c'est progressivement,
06:20le déficit primaire. Aujourd'hui, on a à peu près 3% de déficit primaire, donc hors
06:24charge de la dette. Il faudrait qu'on le réduise de 1,5 point à 1 point par an pour
06:30rentrer dans une forme de cercle vertueux. Et on en est quand même assez loin. Il ne
06:37semble pas y avoir une force politique en capacité d'imposer même ce type d'effort
06:43à la population. Et donc, c'est ce qu'on peut craindre, donc pas forcément, je dirais,
06:50une crise grave. Peut-être que s'il y avait une crise grave, à la limite, on prendrait
06:53des mesures beaucoup plus drastiques. Il ne faut pas le souhaiter, bien entendu, parce
06:57que malgré tout, ça serait très douloureux pour la population, on l'a vu dans les pays
07:01du Sud. Mais c'est très difficile, politiquement, d'imposer d'énormes sacrifices à une population
07:08quand on est aux commandes d'un pays et qu'on souhaite éventuellement être réélu
07:16lors de la prochaine échéance. Donc, la plupart des pays qui ont réussi à s'engager
07:23dans une voie plus vertueuse se sont vus imposer ce type de mesures. Dans des pays
07:32comme le Portugal, on a quand même coupé les salaires des fonctionnaires de deux mois
07:35sur 14. Ils étaient payés sur 14 mois. Imaginez une baisse de salaire des fonctionnaires
07:40de 17 à 20 % en France. Ça serait la révolution, évidemment. On l'a déjà. Donc, voilà, on
07:47est face à des choix qui sont difficiles. Ce qu'on peut espérer, c'est quand même cette
07:53prise de conscience politique. Alors, peut-être pas sur l'ensemble du spectre politique,
07:57mais au moins sur une partie suffisante du spectre pour amorcer quand même des réformes
08:03d'ampleur.
08:04Oui, vous l'avez dit, on peut espérer pour l'instant. On n'a évidemment pas de boule
08:08de cristal et on ne sait pas ce qui va se passer dans les prochains mois. En revanche, ce
08:12qu'on sait, David, c'est que c'est une situation qui pèse sur les marchés pour les
08:17investisseurs et qu'on voit aujourd'hui un rendement français à 10 ans qui se rapproche
08:22de 5 %. Est-ce que c'est un seuil qu'on pourrait atteindre ? Est-ce que c'est
08:26un seuil qui commence
08:27à inquiéter aussi, peut-être ?
08:29Je ne pense pas que ce soit le seuil lui-même, mais c'est plutôt la combinaison qui nous
08:36dérange. On a une combinaison. On a à la fois une dette qui est élevée, un déficit
08:42qui est encore supérieur à 5 %, des taux nominaux, donc profs des 5 %, une croissance
08:48qui est faible et une absence de consensus politique sur les économies à réaliser.
08:53Donc, quand vous mettez tout ça ensemble, ça fait une image qui n'est vraiment pas
08:57belle. De là de dire, est-ce que c'est les 5 %, alors 5 %, c'est vrai, c
09:01'est un seuil
09:02symbolique. On a bien vu, la dernière fois qu'on s'en est approché, c'était pendant
09:07la séance et ça a été très furtif. On s'est presque demandé s'il n'y avait pas
09:12eu des gens qui ont eu peur du chiffre et voilà, on a fait un tic et hop, c'est
09:16tout
09:16de suite redescendu. Est-ce qu'on va les franchir ou pas, ça ? Impossible de le dire,
09:21on pourrait. Il n'y a pas non plus de... Rien ne l'empêche. Et je vous dis, c'est
09:26plus
09:26que le taux lui-même, c'est cette combinaison qui est dérangeante et ça serait bien de voir
09:29au moins un ou plusieurs des points que j'ai mentionnés commencer à se résoudre
09:35alors que ce soit le déficit, le consensus politique pour faire des économies.
09:39Mais il faudrait qu'il y ait des choses qui commencent à bouger un peu pour qu'on
09:43revienne. Il y a une chose qui a évolué, je trouve, c'est une plus grande transparence
09:47en particulier sur le sujet des retraites. Puisqu'on a eu une grande transparence
09:51pour la première fois sur la part du budget d'État qui, en réalité, sert à financer
09:58les retraites des fonctionnaires. Et ce qui manque encore, c'est la part du budget
10:02de l'État qui, d'une manière ou d'une autre, finance les retraites du privé. Parce
10:07qu'en réalité, il y a un gros décalage entre les pensions qui sont versées et la
10:13contribution des salariés, qu'ils soient publics ou privés. Et donc, il y a tout un
10:18tas d'impôts, en réalité, qui sont dirigés vers le financement des retraites. Donc,
10:23si on n'aborde pas le sujet des retraites, on n'arrivera pas, vu les montants en jeu,
10:30à résoudre l'équation. Et ça, ça va être un des gros sujets pour les années,
10:34quoi qu'on fasse.
10:36Et c'est peut-être là la bonne nouvelle, c'est que pour la première fois...
10:39Il y a une vérité des chiffres.
10:40Il y a une vérité des chiffres et surtout, ça s'invite dans le débat politique.
10:45Et donc, on en parle ouvertement, alors avec des idées plus ou moins farfelues.
10:49Oui, mais il y a une réalité des chiffres.
10:49Mais au moins, les gens en parlent et comprennent qu'il va falloir s'en occuper.
10:54Bon, il y a un autre sujet. On ne va pas faire que la France, même s'il y a
10:58énormément de choses à dire,
10:59messieurs, sur ce plateau. Vincent, vos commentaires sur... Alors, je passe un peu du coq à l'âne,
11:05mais passons aux États-Unis, avec ce sell-off, ces ventes massives concernant l'IA et la tech la semaine
11:13dernière,
11:13avec, je le rappelais en intro, un indice SOX qui a fait huit séances de repli consécutifs.
11:19C'est du jamais vu depuis 2008.
11:21Qu'est-ce qu'on peut dire de ces craintes des investisseurs, peut-être concernant un surendettement massif du secteur
11:28?
11:28Et est-ce que les résultats des sociétés vont peut-être aussi apporter un peu de... rassurer ce marché ?
11:35Alors, pour jouer les papys, quand on regarde ce qui s'est passé en 2000 avec la bulle de l
11:40'Internet,
11:41c'est pareil, on a eu très régulièrement des gros accidents sur les valeurs, et ça repartait derrière.
11:48Donc, la question du coût de financement, puisqu'en fait, c'est là-dessus que le marché s'est un
11:55peu gelé,
11:57je n'ai pas le sentiment que d'avoir des taux d'intérêt 1 ou 2 ou 3 % plus
12:02chers,
12:03remettent en cause radicalement les plans d'investissement d'un certain nombre de sociétés majeures.
12:08Je ne pense pas que ça soit un vrai sujet.
12:10La vraie question, c'est plutôt celle du chiffre d'affaires, de la rentabilité qu'on peut arriver à en
12:17tirer.
12:18Et ça, pour ça, effectivement, les publications de résultats vont être extrêmement importantes.
12:23Dans la mesure où, en plus, un certain nombre de sociétés majeures type Anthropique vous laissent s'introduire en bourse,
12:31l'enjeu est encore plus chaud pour les marchés financiers et pour les banques d'affaires, au passage.
12:39Donc, oui, les publications de résultats, je pense qu'elles vont être très importantes, en particulier dans ce secteur-là.
12:45Moi, ce que je note quand même, c'est qu'il y a de la rotation.
12:48C'est-à-dire que, oui, on vend les semi-conducteurs, on vend certaines valeurs, mais on se met en
12:52face sur des valeurs de logiciels.
12:55Bref, il y a de la rotation.
12:57Le S&P 500 équipondéré monte, pendant que les autres baissent.
13:02Autrement dit, il y a des situations de long short qui sont en train de se déboucler.
13:07Ou l'hypothèse, peut-être, j'espère que c'est celle-là la bonne réponse, qu'il y a une
13:13diffusion, au fur et à mesure, de l'IA sur l'ensemble des secteurs,
13:17qui s'approprient de plus en plus les gains de productivité qu'on peut en espérer.
13:22Donc, non, je pense qu'il y a beaucoup de messages très intéressants dans les publications qu'on peut attendre.
13:26En priorité, ça va évidemment être la tech, mais je pense que tous les autres secteurs aussi vont...
13:31Oui, pour voir la diffusion dont vous parliez, par exemple.
13:33Exactement, exactement.
13:34Oui, et puis, justement, on avait pris connaissance des résultats de TSMC,
13:38qui avaient des résultats records, Nuno, qui ont été un peu éclipsés, justement, par cette vente massive.
13:44Et puis, on attend ce, en tout cas cette semaine, de Meta et Tesla, qu'on va regarder attentivement.
13:50Qu'est-ce qu'on attend ? Est-ce qu'on va regarder peut-être aussi beaucoup ?
13:53Enfin, quels indicateurs on va regarder sur ces publications ?
13:57Je pense peut-être au retour sur investissement, des choses comme ça, Nuno, qu'on va surveiller particulièrement.
14:03Oui, tout à fait. En fait, c'est un secteur qui est en mutation perpétuelle.
14:09Et on se rend compte que peut-être que les sociétés qui développent les modèles d'IA,
14:17certes, ont des croissances encore spectaculaires, mais on voit que ça s'infléchit.
14:21Parce que finalement, les utilisateurs de ces modèles, les Microsoft, les Google, les Amazon, etc.,
14:29peuvent maintenant les mettre un peu en concurrence.
14:31Donc, le prix du token va peut-être s'infléchir.
14:37Donc, finalement, ils risquent d'être bénéficiaires d'un accès à...
14:41Parce qu'on n'a pas toujours besoin, pour toutes les applications, du meilleur outil d'IA.
14:48Et à côté de ça, ceux qui développent ces modèles d'IA, ils doivent investir de plus en plus.
14:52Et ça coûte cher, les data centers, les puces, etc.
14:56Donc, voilà, pour l'instant, on est quand même encore sur des progressions bénéficiaires
15:02qui sont très spectaculaires et qui, d'ailleurs, justifient du maintien, finalement, de marchés boursiers
15:09qui continuent à bien se tenir.
15:11Parce qu'on parle quand même d'une progression moyenne des résultats pour le troisième trimestre
15:16à 29% aux États-Unis.
15:18C'est le troisième trimestre à plus de 25% de hausse.
15:22et c'est, sauf erreur, le huitième à double digit, je cherche le mot, à deux chiffres, voilà.
15:31Donc, voilà, on est quand même dans une dynamique bénéficiaire.
15:34Alors, il y a l'énergie d'un côté, il y a la tech de l'autre.
15:37Et finalement, et même en Europe, avec un poids bien moindre des valeurs liées à l'IA,
15:43on a quand même des progressions bénéficiaires, somme toute, et de chiffre d'affaires, d'ailleurs.
15:47En Europe, on attend 20%, je crois, de croissance des bénéfices.
15:50C'est quand même une dynamique assez forte.
15:53Et il faut qu'elle se maintienne, même si elle peut ralentir dans l'année qui vient,
15:58mais il faut qu'elle se maintienne pour permettre, justement, aux multiples de supporter ces hausses de taux.
16:04Pour l'instant, c'est le cas.
16:06Et donc, à surveiller, évidemment, sur cette saison.
16:10Mais il nous semble que, nous, en tout cas, on reste surpondérés sur les actions.
16:14On n'a pas modifié.
16:15D'accord.
16:16On a même un peu renforcé, en tout début octobre, notre allocation.
16:21C'est une surpondération modérée.
16:23Mais on reste confiant tant que cette dynamique bénéficiaire se maintient.
16:29David, vos commentaires sur ces résultats.
16:32On a parlé des États-Unis.
16:33Si vous voulez ajouter des choses, mais peut-être aussi en Europe, on le disait, 20% attendu de croissance
16:39des bénéfices aussi en Europe.
16:41Est-ce qu'il y a des secteurs que vous regardez plus que d'autres sur cette saison de publication
16:46du troisième trimestre ?
16:47Alors, c'est vrai que, comme déterminant du marché, tous les yeux sont quand même tournés sur la tech.
16:54Et que ce soit en Europe, mais surtout, les résultats de TSMC, vous en parliez il n'y a pas
17:00longtemps.
17:01Ces résultats sont juste phénoménaux.
17:03Bien sûr.
17:04On se retrouve avec un chiffre d'affaires trimestriel de TSMC qui est dehors de 46,7 milliards.
17:10On a une marge brute de 66,4.
17:13Je rappelle que LVMH, le luxe, on est autour de 22 et quelques pourcents.
17:17Donc, on se demande si l'ultime produit de luxe, on se demande si ce n'est pas une puce
17:21gravée à Taïwan.
17:23Mais ce qui est intéressant, c'est que quand ce type de résultat n'est pas salué par une hausse
17:28derrière, ça envoie un signal.
17:31Ça envoie des questions sur, en fait, on sait que le passé, c'était bien.
17:35Et on commence à se poser des questions sur quelle est la suite.
17:38Oui, qu'est-ce qu'on sanctionne donc ?
17:40Je pense que tout ce qu'on a autour de l'IA, on était parti d'un débat qui était
17:45extrêmement technologique.
17:46C'était est-ce que l'IA, ça marche ? Qui a le meilleur modèle ? Etc.
17:50Et là, on rentre dans une logique qui est finalement beaucoup plus financière.
17:54On se pose la question de qui supporte le CAPEX, avec quelles dettes, quel est le retour sur capital investi
18:00?
18:00C'est plus de la micro, c'est de la macro, en fait. Un peu.
18:03Un peu.
18:05Quand on agrève tout ça, mais les questions que l'on pose là sur, véritablement, la vitesse de monétisation, etc.,
18:13j'ai envie de dire, on rentre dans le dur.
18:15C'est qu'avant, l'IA, c'était une belle histoire.
18:18Et maintenant, on se pose la question de, est-ce que ça va être un beau parcours boursier ? Est
18:22-ce que ça va générer des bénéfices ?
18:24Voilà, donc on rentre un petit peu dans le concret, c'est-à-dire qu'on a eu la période
18:27où on a rêvé, où on s'est dit, ah oui, tiens, c'est merveilleux, ça va révolutionner le monde,
18:32etc.
18:32Il n'y a pas de doute maintenant, ça va révolutionner le monde, c'est en train de le faire,
18:36et maintenant, c'est qui en profite ?
18:38Le fait qu'il y ait des à-coups, c'est plutôt sain, quand même.
18:42Ça veut dire qu'effectivement, il y a des questionnements.
18:44Le pire, c'est quand on est dans une phase d'unanimité, où on monte sans volatilité.
18:49Et on l'a eu un peu, finalement, la volatilité des actions était très faible par rapport à celle des
18:55taux des derniers mois.
18:57Et là, il y a un peu de volatilité sur les actions, c'est sain.
19:03Et quand on regarde les progressions du Nasdaq, on est autour d'une vingtaine de pourcents.
19:09C'est important, mais ce n'est pas non plus stratosphérique.
19:12On n'est pas dans la situation quand même de 99, il me semble, où là, on avait une euphorie
19:18et des PE qui étaient vraiment stratosphériques.
19:21Et on anticipait beaucoup sur des résultats qui n'étaient pas encore là, sur beaucoup de valeurs.
19:27Je crois que là, vous avez un point, c'est qu'effectivement, si on regarde les valorisations du marché entre
19:34le début d'année et la fin de l'année,
19:36les marchés sont moins chers qu'en début d'année, alors que les performances, elles ont été positives.
19:40Mais il y a eu une telle croissance des bénéfices, on en parlait il n'y a pas longtemps, que
19:45finalement, ça a détendu les valorisations.
19:48Et ça, quelque part, c'est quand même assez rassurant.
19:50Vincent, un autre secteur dont on pourrait parler, justement, en termes de publication, c'est peut-être le secteur du
19:56luxe.
19:56David disait que peut-être le produit du luxe, par excellence, ce serait une puce fabriquée à Taïwan.
20:02En attendant, il y a des entreprises comme LVMH qui ont publié la semaine dernière.
20:07On attend aussi les résultats de Hermès et L'Oréal cette semaine, en France en tout cas.
20:13Qu'est-ce qu'on peut dire sur cette dynamique concernant le marché du luxe, au vu des résultats de
20:19LVMH la semaine dernière ?
20:21La consommation discrétionnaire n'a pas le vent en poupe.
20:25Il y a des problématiques de pouvoir d'achat un peu partout dans le monde.
20:29La hausse du pétrole pose problème à beaucoup de gens.
20:34Quand on regarde les grands marchés concernés par le luxe, la Chine ne redémarre toujours pas.
20:40La consommation est toujours à taune.
20:42Ce qui est plus inquiétant aux Etats-Unis, c'est qu'il y a une consommation qui est de plus
20:46en plus en cas.
20:47Autrement dit, il y a une partie de plus en plus importante de la population qui se restreint.
20:53Et je pense que l'intelligence artificielle va entamer un petit peu le pouvoir d'achat des classes moyennes supérieures.
21:00Parce que c'est une partie de leur emploi qui est potentiellement visée.
21:06Donc je ne suis pas certain que le luxe retrouve une grande forme.
21:11Par contre, ce n'est pas cher.
21:12Ce n'est pas cher par rapport aux historiques.
21:14Donc le positionnement des investisseurs est extrêmement faible sur ces secteurs-là.
21:22Voire même il y a des gestions qui ont vendu à découvert.
21:27Donc un peu de bonne nouvelle pourrait rassurer.
21:30Mais c'est vrai que je pense qu'il y a d'autres urgences, d'autres priorités pour les investisseurs
21:35à l'heure actuelle.
21:36Ce qu'il faut garder en tête de façon un peu plus générale sur les marchés,
21:40c'est que les entreprises, tant qu'elles n'ont pas publié, ne peuvent pas procéder au rachat d'actions
21:47qu'elles peuvent faire.
21:49Donc ça aussi, secteur par secteur, valeur par valeur, ça peut être un facteur assez intéressant.
21:55Une société comme LVMH qui essaye de simplifier sa structure, là aussi, il y a du cash qui va bouger
22:01dans la société.
22:02Donc il peut y avoir un peu d'attention portée à ces valeurs-là pour des raisons un peu techniques.
22:12On a détaillé plusieurs des secteurs liés à la tech, évidemment, le luxe, Vincent.
22:18On a parlé des marchés obligataires français en l'occurrence.
22:21Est-ce qu'il y a d'autres choses auxquelles vous prêtez attention d'ici la fin d'année et
22:25pour 2027 ?
22:26Vous avez parlé deux fois des matières premières, donc des prix du pétrole qui restent élevés.
22:30Ça peut être aussi un mot sur l'or qui a pas mal baissé ces derniers temps, moins 6%
22:34au mois de septembre, par exemple.
22:36En matière première, nous, on en met systématiquement en allocation.
22:40Je pense que les relocalisations d'activités, donc le fait que les zones s'éclatent et qu'on crée deux
22:47usines au lieu d'en avoir une mécaniquement,
22:50vous avez besoin de matières premières.
22:52Le fait que la transition énergétique et, de façon générale, les IA nécessitent énormément de matières premières, cuivre, etc.
23:00Donc les métaux industriels, je pense que c'est une évidence.
23:04Les denrées agricoles, malheureusement, avec les tourments, là aussi, vous avez un appel des rossiers.
23:12Pour ce qui est de l'or et des métaux précieux, tant qu'on a des taux d'intérêt qui
23:19ont tendance à monter
23:20et un dollar qui a plutôt tendance à être ferme, c'est des vents contraires.
23:25Mais je remarque quand même que, malgré ces deux vents contraires, l'or fait grosso modo zéro depuis le début
23:31de l'année.
23:32Donc si on n'avait pas eu ces deux vents contraires, on aurait probablement eu une très bonne performance des
23:37métaux précieux.
23:39Si on se projette un tout petit peu sur l'année prochaine, le risque d'inflation, a priori, est plutôt
23:45baissier.
23:45On devra avoir un tassement de l'inflation par effet de base d'une année sur l'autre.
23:50On devra avoir un tassement de l'inflation.
23:53Logiquement, les banques centrales devraient essayer de réagir le plus vite possible pour accompagner cette dynamique
23:58parce qu'on a besoin de coûts de financement qui soient le plus bas possible.
24:02Donc je ne serais pas surpris d'avoir une dynamique un peu plus favorable pour l'année prochaine sur la
24:06partie obligataire
24:08du fait de ce tassement d'inflation.
24:12Et au final, pour l'or et les métaux précieux, une dynamique qui serait positive également.
24:17Nono, vos commentaires sur ce que vous regardez.
24:19On peut peut-être dire un mot aussi des banques centrales justement que Vincent évoquait.
24:24On attend la semaine prochaine la fête de la BCE, le 28, le 29.
24:28Un mot très rapide, il nous reste une minute sur ces deux décisions attendues.
24:33Oui, on pense que pour l'instant, elles vont garder l'arme au pied sur ce mois-ci et attendre
24:38probablement la fin de l'année.
24:39Le 9 décembre pour la fête.
24:41Voilà, c'est plutôt décembre.
24:44On est quand même dans un contexte où les banques centrales ont besoin d'un peu de vigilance
24:50puisque lors du dernier épisode, elles ont un peu tardé à réagir.
24:55La BCE reste évidemment prudente et on pourrait avoir une hausse, voire une deuxième hausse de taux encore.
25:03Mais c'est vrai que normalement, je rejoins mon collègue, on pense qu'on devrait quand même avoir une baisse
25:12de l'inflation l'année prochaine.
25:14L'effet de base devrait indiscutablement être positif.
25:19Sinon, on aura un ralentissement de l'économie mondiale qui, de toute façon, va se traduire par un ralentissement de
25:25la consommation d'énergie.
25:27Merci beaucoup, messieurs.
25:29Nous, notre exérité directeur analyse et stratégie de Vega Investment Solutions,
25:34Vincent Lequartier, gérant et responsable de l'application d'actifs chez WeSave,
25:37David Calfons, CEO de Sanso Longchamp Asset Management.
25:41Merci à tous les trois d'avoir été sur ce plateau.
25:44Merci à vous de nous avoir suivis.
25:46On se retrouve demain à midi et demi sur Bsmart.

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