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  • il y a 23 minutes
Si Donald Trump perd le Congrès, les Démocrates bloqueront ses baisses d'impôts, freineront ses décrets et lanceront des enquêtes parlementaires à la chaîne. Trump devra gouverner à coups de veto. Et sur les marchés financiers ? Un Congrès divisé signifie un risque de blocage budgétaire et de shutdown.

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00:03Générique
00:10Deux invités avec nous ce soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13David Mellul, directeur général de Varenne Capital Partners.
00:16Bonsoir David.
00:17Bonsoir Pauline.
00:18Et Alain Dubrul, vous êtes directeur de la gestion chez Clarisco.
00:21Bonsoir Alain.
00:21Bonsoir Pauline.
00:22David, commençons peut-être à dresser un petit peu le portrait de ces élections de mi-mandat aux Etats-Unis.
00:29On a très peu de résultats pour l'instant.
00:31Ça va arriver cette nuit, demain matin.
00:33Et comme je disais en intro certainement sur plusieurs jours, plusieurs semaines peut-être.
00:39Si jamais les démocrates prenaient le contrôle de la Chambre des représentants,
00:43c'est ce qui est largement attendu à 95%.
00:46Quelles seraient les conséquences concrètes d'un tel basculement
00:49sur la capacité du gouvernement Trump à gouverner justement ?
00:53Alors, bon, déjà les résultats sont, a priori, devraient être en ligne avec les sondages.
01:00Et depuis le début, on nous donnait un basculement du Congrès vers les démocrates.
01:04Bon, l'incidence, on peut s'essayer un scénario.
01:10Globalement, il va y avoir des mesures Trump qui vont être annulées, retardées.
01:16Tout ce qui était notamment sur Medicaid.
01:19Ça va être une administration de Trump qui était ultra-dominante jusqu'à présent,
01:23qui va se retrouver déjà en mai contrainte et qui va devoir composer.
01:26Il restera à Trump finalement son veto présidentiel.
01:28C'est ça.
01:28Et donc un pays qui va fonctionner de façon un petit peu compliquée.
01:33Il est probablement en bras de fer.
01:35Mais au bout du bout, la marge de manœuvre est quand même relativement limitée.
01:39On a le patient zéro, ça reste le pétrole.
01:43On a une économie américaine qui évolue avec des données macroéconomiques
01:49qui sont à faire palière d'envie la France et l'Europe.
01:53Mais globalement, ce n'est pas le changement de Congrès qui va changer drastiquement tout ça.
01:59Donc on pourra avoir globalement une position de la Fed qui restera à peu près en ligne
02:05avec un gouverneur qui ne cherche pas forcément à augmenter les taux
02:10mais qui va probablement devoir le faire à minima,
02:12comme il le fait depuis le début dans un contexte d'inflation persistante.
02:17Mais encore une fois, ça revient sur le pétrole.
02:20Donc on a aujourd'hui une détente sur le pétrole.
02:24Probablement parce que les voies diplomatiques aujourd'hui semblent prendre le pas.
02:28Trump a toujours voulu, en tout cas c'est toujours affiché comme étant le président
02:34qui voulait marquer l'histoire parce qu'il était contre la guerre.
02:37Il court quand même après son prix Nobel de la paix.
02:39Il veut marquer l'histoire, il veut écrire son nom dans l'histoire.
02:42Et un conflit, un énième conflit dont les Américains ne veulent pas,
02:48entacherait son bilan.
02:50Donc les élections militaires vont surtout ramener une forme de visibilité,
02:55de stabilité pour la fin du mandat.
02:58La grosse mesure devrait normalement être Medicaid,
03:02qui devrait être retardée.
03:04Donc réduire les économies pour le budget américain,
03:09mais en même temps réinjecter un petit peu de capacité de dépense,
03:14de consommation pour les ménages les plus pauvres.
03:16Donc à court terme, soutenir un petit peu la consommation.
03:20Donc on pourrait y voir quelque chose de vertueux à court terme,
03:24plus problématique à long terme,
03:25puisque ça aggrave encore un petit peu la situation de l'endettement aux Etats-Unis.
03:28Mais la marge de manœuvre reste relativement limitée.
03:31Donc à part s'embêter l'un l'autre,
03:33il ne va pas y avoir de changement majeur dans la physionomie de l'économie américaine.
03:38– Alain, vos commentaires, si vous en avez sur ces élections de mi-mandat,
03:42David, rappelez que l'élément central,
03:45c'est vrai que c'est ce cours du pétrole au final,
03:48un cours du pétrole là, on voit qu'il se replie.
03:51Si vous avez des commentaires sur d'abord ces élections de mi-mandat
03:54et puis ensuite sur cette situation aussi au Moyen-Orient,
03:58Donald Trump a évoqué une réouverture du détroit d'Ormouz hier,
04:02là il a évoqué d'arrêter les aides à Israël d'ici la fin d'année.
04:06Et alors voilà, qu'est-ce que ça nous dit sur…
04:09Et puis est-ce que c'est fiable ?
04:11Est-ce que ces déclarations sont fiables aussi du côté de Donald Trump ?
04:14– Alors les élections déjà, bon, il est assez probable,
04:16comme d'ailleurs dans toutes les élections de mi-mandat,
04:19que le parti d'opposition progresse.
04:21Là, tous les sondages semblent indiquer qu'il y a un vrai shift du côté des démocrates.
04:26Bon, maintenant, d'un point de vue électoral,
04:28il faut quand même faire attention,
04:29quand on regarde d'abord sur la Chambre des représentants,
04:31bon, elle va probablement être démocrate,
04:33mais quand on regarde d'État par État,
04:34il y a eu beaucoup de charcutage électoral.
04:36Les Républicains ont commencé, les Démocrates l'ont fait aussi.
04:39Donc ça veut dire que si on traduit ça en termes de siège,
04:43ça sera moins le raz-de-marée que le décompte absolu des voix
04:47pourrait le suggérer pour la Chambre des représentants.
04:49Et a fortiori pour le Sénat, d'abord parce que le Sénat se renouvelle par tiers,
04:53et que bon, manque de chance pour les Démocrates,
04:55mais aujourd'hui, dans les sièges qui reviennent en jeu,
04:58il y a beaucoup de sièges qui sont républicains
05:01et qui sont assez sûrs, quand bien même il y aurait un raz-de-marée démocrate.
05:03Oui, le Sénat c'est moins sûr, c'est sûr que c'est...
05:06Voilà, donc c'est pas parce qu'il y a un gros shift du côté de l'électorat
05:09que ça va forcément se traduire en siège, c'est le premier point.
05:12Mais effectivement, si les Démocrates ont la Chambre de raison,
05:15ce qui est probable, et le Sénat, ce qui est moins certain,
05:17mais on ne sait jamais, c'est pas tout à fait la même chose.
05:20Alors qu'est-ce que ça peut faire ?
05:22Effectivement, on est dans un système quand même qui est très présidentiel,
05:25donc c'est pas évident, c'est plus une capacité de nuisance
05:27ou de frein d'un certain nombre de choses.
05:30Donc il y aura beaucoup de gesticulation,
05:32mais on aura probablement, en fait, une sorte de statu quo,
05:35il n'y aura pas beaucoup de nouveaux projets.
05:37Et en général, c'est triste à dire,
05:40mais enfin les marchés financiers, ils aiment bien quand ça ne bouge pas trop.
05:42Il n'y a qu'à voir en France, avec toutes les initiatives,
05:44même bidons actuellement dans la loi de finances,
05:47on sait que ça ne sera pas voté,
05:48mais tout le monde, il va de son projet pour faire le malin
05:51en vue des élections, et ça, ça ne rassure pas.
05:54L'instabilité fiscale, notamment, la France là-dessus se distingue.
05:59Quelque part aux Etats-Unis, avec une chambre qui est opposée au président,
06:03ça s'est vu plein de fois, c'est juste qu'on va avoir plus de statu quo.
06:07Et les statu quo, ce n'est pas forcément une mauvaise chose pour les marchés,
06:09parce que ça veut dire qu'au moins, l'environnement va être assez stable.
06:13Après, on note quand même qu'aux Etats-Unis,
06:14on a un paradoxe qui est que l'économie se porte très bien,
06:17mais en même temps, le déficit budgétaire est colossal, alors tout va bien.
06:20Donc, si un jour ça ralentit, que va-t-il se passer ?
06:22C'est un peu le problème.
06:24Et pour revenir sur la question du pétrole,
06:26je pense qu'il faut bien rappeler que le pétrole élevé,
06:31ça veut dire des prix à la consommation élevés,
06:33notamment pour les gens qui roulent.
06:35Donc, électoralement, même en Europe, ce n'est pas bon.
06:37Mais aux Etats-Unis, c'est un sujet assez important.
06:40Donc, ça, c'est un vrai problème pour la classe moyenne.
06:42C'est quand même là-dessus que Biden a perdu.
06:44C'est les problèmes d'inflation.
06:45Oui, c'est sur ces problèmes d'inflation que Donald Trump s'est fait lire.
06:48Voilà. Et en plus, on peut quand même,
06:51sans être un grand géopoliticien,
06:52on peut dire que si le prix du pétrole est élevé,
06:54c'est un peu quand même en raison de l'intervention en Iran au début de l'année.
06:57Oui, il y a de la fermeture.
06:58Difficile de ne pas attribuer la responsabilité à Trump.
07:03Mais il faut quand même rappeler que la hausse des taux d'intérêt
07:05qu'on a vu cet été, elle ne vient pas principalement d'un pétrole cher,
07:09d'autant plus qu'aux Etats-Unis, ils ont quand même du gaz pas cher.
07:12C'est tout simplement que l'économie américaine est très très forte.
07:15Donc moi, je ne suis pas persuadé qu'une détente des prix du pétrole
07:19serait en soi le Graal et changerait tout.
07:21Et d'autre part, sur la situation des prix du pétrole,
07:24il y a évidemment ce qui se passe dans les droits d'Hormuz, etc.
07:27Moi, je ne crois pas une seconde aux promesses de Trump.
07:30Il aimerait bien que ça aille mieux, mais les Iraniens n'ont pas envie de céder.
07:34Et je dirais maintenant, une fois que les élections sont passées,
07:37de toute façon, foutu pour foutu, je ne vois pas pourquoi
07:39Trump aurait forcément envie de faire des concessions.
07:42Quant au fait de dire qu'il ne va pas aider Israël,
07:44moi, je vois ça uniquement comme une façon de dire aux Iraniens
07:47« Regardez, on fait un effort, mais si ça se trouve, ça ne va pas marcher.
07:50Et donc, demain ou après-demain, c'est reparti pour un tour. »
07:53Ensuite, quand bien même le détroit d'Hormuz, ça serait un peu plus simple,
07:56il faut rappeler que ce qui pose problème aujourd'hui,
07:58c'est non seulement le manque de pétrole, mais le manque de produits raffinés.
08:02Et ça, ce manque de produits raffinés, il ne vient pas que de Hormuz,
08:04il vient aussi du fait qu'en Russie, en Ukraine, c'est un peu compliqué.
08:09Et puis, globalement, les circuits de navigation du pétrole,
08:13j'ai lu quelque part qu'apparemment, pour affrêter une cargaison
08:17qui part des États-Unis vers l'Asie de l'Est,
08:21actuellement, ça coûte 35 dollars le baril.
08:23Donc, on a des coûts de transport qui sont hallucinants en ce moment.
08:27Donc, il y a le problème de la disponibilité du pétrole,
08:30mais il y a aussi les coûts de transport avec les assurances et autres.
08:33Et puis, il y a des tours.
08:34Parfois, il ne faut pas se faire le tour de l'Afrique, ça va.
08:36Donc, tout ça fait que, plus les problèmes de raffinerie,
08:39le manque de produits raffinés,
08:40et puis l'Europe qui a décidé qu'à la fin de l'année
08:43va se priver de tout gaz russe.
08:45Alors, c'est une bonne décision politique,
08:47mais d'un point de vue économique, il va falloir remplacer tout ça.
08:49Et puis, le dernier point, c'est que les prix du pétrole
08:53sont restés tôt d'amensage, en fait, au printemps,
08:56malgré la fermeture d'Ormuz.
08:58En réalité, on s'attendait à bien pire, 150, voire 200 dollars,
09:00d'autant plus que l'économie est restée assez dynamique.
09:04Et un des facteurs qui a aidé le pétrole à ne pas trop monter,
09:07c'est que les Chinois ont beaucoup réduit leurs achats.
09:09Et là, il semblerait que, après avoir pas mal déstocké,
09:12sur le gaz, sur le pétrole,
09:14les Chinois et l'Asie reviennent un petit peu plus dans le jeu.
09:19Et donc, ça contribue aussi à une demande qui n'était pas l'avant.
09:23Donc, difficile de dire ce qui va se passer dans le Moyen-Orient, évidemment.
09:26Mais au-delà même, même s'il y avait un apaisement,
09:28je ne suis pas persuadé que les prix de l'énergie vont chuter rapidement.
09:32Oui, et puis, même s'il y avait un apaisement
09:34ou même un arrêt du conflit,
09:36ça mettrait plusieurs semaines, plusieurs mois,
09:38jusqu'à ce que tout redevienne comme avant, entre guillemets.
09:41Il y a des flux logistiques, il va falloir restocker,
09:44parce que, pour l'instant, les stocks sont quand même très bas.
09:46Notamment sur le gaz en Europe, par exemple.
09:48Oui, oui.
09:49En fait, ce qui s'est passé, c'est que, depuis le début de l'été,
09:53tout le monde se disait, je ne vais pas acheter à ce prix-là
09:55parce que, finalement, ça va se calmer à l'automne.
09:58Et le début de l'été donnait plutôt raison,
09:59quand les prix ont pas mal baissé.
10:02Eh bien, plutôt que se ruer dessus,
10:04ils ont reconstitué des stocks un peu,
10:06mais pas trop, dans l'idée que ça irait mieux après.
10:09Et donc, on a entamé la saison de chauffe en octobre
10:13avec des stockages européens qui étaient plutôt remplis à 60-65,
10:18là où ils devraient être à 90.
10:20Donc, il faut espérer que l'hiver ne sera pas trop froid.
10:22C'est ça.
10:22Et ça crée un peu de tension, en effet, sur les prix du gaz, notamment.
10:25Et ça se répercute aussi sur l'électricité européenne
10:28parce qu'entre les centrales nucléaires qui sont fermées
10:31parce qu'il n'y avait pas assez d'eau dans les rivières,
10:33enfin, là, la Meuse, apparemment, chose, vient de rouvrir.
10:35Mais quand on regarde les stats des prix d'électricité en Europe en ce moment,
10:40d'un côté, il y a moins d'eau dans les rivières,
10:42donc ça ne s'aide pas.
10:44Certaines centrales nucléaires tournaient un peu au ralenti,
10:45mais ça va mieux.
10:46Et puis, le prix du gaz,
10:47qui est quand même le coût marginal dans des pays type Allemagne et NCO,
10:51quand on a du gaz à 100 euros le mégawatt à Rotterdam,
10:54ça se traduit par une électricité dans les moments compliqués,
10:57le matin ou en fin de soirée,
11:00qui approche des 200-300 euros du 1 mégawatt.
11:03Alors que le baseload était cet été à 50.
11:06Donc, bon, c'est temporaire,
11:07mais bon, quand même, il ne faudra pas que ça dure trop longtemps,
11:09parce que ça va à nouveau pénaliser l'industrie européenne.
11:11Et on ne sait pas combien de temps ça va durer, évidemment.
11:14David, Alain, rappelez cette croissance américaine tout à l'heure
11:18qui reste solide.
11:20On a eu justement les chiffres de la croissance du troisième trimestre
11:23la semaine dernière, plus 3,4%.
11:26Croissance américaine très solide,
11:28tirée évidemment, entre autres,
11:29par les investissements sur l'intelligence artificielle.
11:32Je veux bien qu'on revienne justement sur la tech,
11:35sur l'IA, sur les résultats du troisième trimestre qui sont en cours.
11:39Comment on fait, David, pour se positionner sur ces valeurs de la tech au global ?
11:45Alors, il va falloir être extrêmement discriminant,
11:47extrêmement sélectif sur le choix de ces valeurs.
11:50Aujourd'hui, quand on regarde la configuration des marchés et de la tech en particulier,
11:58il y a toutes les entreprises qui sont directement liées à l'IA
12:01qui ont une valorisation qui est, on va dire,
12:06« pricée pour excellence », pour refaire une mauvaise traduction de l'anglais.
12:10Donc, la moindre déception, aujourd'hui, va être très fortement sanctionnée.
12:14Le marché avait testé l'année dernière l'idée qu'il pouvait y avoir une bulle,
12:17il y a à peu près 12 mois, puis finalement, ça avait été évacué.
12:20Les entreprises ont continué de croître très fortement,
12:23de préserver leurs marges,
12:24et ont même défié la gravité avec le début du conflit en Iran
12:29qui n'a pas du tout dérangé les trajectoires boursières.
12:32Là, depuis quelques semaines, ou il y a quelques semaines,
12:35avec le début de cette saison d'earnings,
12:36qui pourtant est, malgré tout, très très bonne.
12:38On en a eu une au cours de l'été, au mois de juillet,
12:42record depuis plus de cinq ans.
12:43– Oui, la saison du T2 qui était assez bonne,
12:46qui était très bonne, qui était très bonne.
12:47– Qui était très bonne, qui était très bonne.
12:50Là, la saison de d'earnings reste très bonne.
12:53On a des entreprises qui, globalement, sont…
12:57Alors, encore une fois, je parle pour toutes celles
12:59que nous, nous avons en portefeuille,
13:01mais si on élargit un petit peu,
13:03globalement, les chiffres ont été bons.
13:05Il y a eu une sanction presque systématique des marchés,
13:09parce qu'il y a, aujourd'hui, probablement plus une bulle de consensus
13:13qu'une bulle de valorisation.
13:15Les marchés s'attendaient à des publications d'encore meilleures factures.
13:21On arrive dans ce moment où la croissance du chiffre d'affaires
13:23est moins intéressante que la croissance des bénéfices
13:28ou des free cash flow, qui, eux, sont impactés des investissements.
13:33Ce gros sujet autour de la capacité des hyperscalers
13:36et, globalement, de tous ces acteurs autour de l'IA,
13:39cette capacité à pouvoir soutenir ces capex,
13:43premièrement, dans un environnement de hausse de taux,
13:45deuxièmement, quelle rentabilité auront-ils ?
13:47Bon, alors là, la question, elle reste entière.
13:49L'année dernière, on avait posé la même question,
13:50et on disait, ça va aller.
13:51Là, aujourd'hui, si on remet les choses à plat,
13:54on a des entreprises qui sont, globalement, quand même, très bien gérées.
13:59On a vu des entreprises qui ont affiché des croissances absolument formidables,
14:02qui ont su prendre les bons virages, préserver leurs marges,
14:08créer de la valeur pour les actionnaires,
14:10et qui, pour certaines, pour la plupart, en tout cas, pour les grands noms,
14:15les hyperscalers, comme on les appelle,
14:17mais, globalement, tous les acteurs qui sont liés,
14:18qui sont des entreprises de croissance.
14:19Aujourd'hui, les entreprises de croissance,
14:21c'est beaucoup les entreprises qui sont liées à l'IA.
14:24Augmentent les perspectives pour l'année,
14:26augmentent les perspectives pour l'année prochaine,
14:27augmentent les capex pour l'année qui vient,
14:29et le marché semble être effrayé.
14:32On a beaucoup de ces entreprises-là,
14:34ces hyperscalers, qui n'ont pas de dette.
14:37Aujourd'hui, aller recourir à la dette,
14:39ce n'est pas fondamentalement un problème.
14:42On s'émeut d'avoir des taux à 10 ans aux États-Unis qui sont à 5%.
14:46Globalement, vous avez rappelé la croissance,
14:513,4, l'inflation, selon ce qu'on regarde,
14:56on va être à 2,5 autour.
15:00Globalement, la croissance nominale,
15:03on les a les 5, on en a même un peu plus.
15:06Donc, le 5, on peut le soutenir, en fait.
15:07Donc, cette hausse de taux et cette dégradation
15:11n'est pas comparable à ce qu'on avait connu en 2022,
15:13qui mettait les économies sous pression.
15:15Aux États-Unis, ça se soutient.
15:17Aux États-Unis, les entreprises qui ont des rythmes
15:19de croissance et aussi soutenus,
15:22de bénéfices aussi soutenus,
15:24pourront, selon toute vraisemblance,
15:27honorer leurs engagements en termes d'investissement.
15:29Après, on a quand même,
15:31il va y avoir une bulle.
15:32On commence à avoir
15:34les signes
15:36d'une bulle en formation.
15:37Et c'est pour ça qu'on a des records d'IPO.
15:40Les dirigeants ne s'y trompent pas.
15:42C'est peut-être la fin de la fenêtre d'opportunité
15:44ou le début de la fin de la fenêtre d'opportunité.
15:46Très compliqué de dire
15:47à quel moment ça va exploser une bulle.
15:49Mais sans que, pour nous,
15:51sans que la bulle soit là aujourd'hui,
15:53on commence à avoir des signaux,
15:54des vrais signes
15:56de début de surchauffe.
15:58Il va falloir faire très attention.
16:00Donc, être très sélectif.
16:01D'accord.
16:01Parce que, pour nous,
16:02l'essentiel des opportunités
16:04reste encore
16:05sur ce bassin d'entreprise-là.
16:08D'accord.
16:08Donc, référence à la valorisation,
16:11revenir aux fondamentaux des entreprises.
16:13Ça reste la clé,
16:14ça reste le meilleur garde-fou
16:16des entreprises qu'on va acheter
16:17à un prix raisonnable
16:18et pas que des prix projetés.
16:21Parce que la projection,
16:23bizarrement,
16:23s'il n'y a rien de se passe comme prévu,
16:25le PE à deux ans,
16:26il ne se réalise pas.
16:27Bien sûr.
16:27Mais on a des entreprises aujourd'hui
16:29qui sont situées soit
16:30sur des goulots d'étranglement,
16:32soit qui sont au cœur
16:34des bénéfices
16:35qu'on peut déjà extraire.
16:37Donc, tout ce qui est
16:38capteurs,
16:38censeurs,
16:40sont des entreprises
16:41qui sont aujourd'hui,
16:42pour nous,
16:43globalement,
16:44les mieux positionnées
16:45dans l'environnement actuel.
16:47Il faut continuer
16:48à faire très attention.
16:49Mais c'est vrai que le marché
16:50sanctionne de façon
16:51un peu indifférenciée
16:52quand on retraite,
16:53quand on analyse
16:53un peu plus finement Amazon
16:55et qu'on voit
16:55qu'une grande partie
16:57du mist
16:58par rapport aux attentes
16:59des bénéfices,
16:59des analystes,
17:01c'est parce qu'une partie
17:02de ces opérations
17:03Prime Day
17:04qui sont fondamentales,
17:05qui étaient au troisième trimestre
17:05en 2025,
17:06étaient comptabilisées
17:07au deuxième trimestre
17:08parce que c'était fin juin.
17:10Il faut revenir quand même
17:11un petit peu
17:11dans les fondamentaux,
17:13revoir la réalité des comptes.
17:15Derrière les déceptions
17:16d'Alphabet,
17:17il y a aussi une amende,
17:19il y a aussi du prepayment,
17:20il y a aussi des inventaires.
17:23Donc, en réalité,
17:24quand on retraite,
17:24ces entreprises,
17:25elles sont en ligne
17:26avec les attentes.
17:27Le marché semble parfois
17:28être un peu rapide,
17:30un peu prompt
17:30à la sanction.
17:32Mais pour nous,
17:33il n'y a pas d'inquiétude,
17:34mais c'est vrai
17:35qu'Enthropic,
17:36l'IPO de Meta
17:38il n'y a pas longtemps,
17:39les rumeurs
17:39autour de rapprochements
17:40entre SpaceX
17:41et Tesla,
17:44ce sont bien
17:45les signes
17:46d'une fin de cycle.
17:48C'est-à-dire qu'on y va,
17:49on s'y précipite
17:50tant que c'est encore bon.
17:52Puis en général,
17:53si on fait référence
17:54au passé récent,
17:56on a une accélération
17:58après tout ça
17:59avant
18:01qu'il y ait
18:01une explosion de bulle.
18:02Donc,
18:02on n'est pas
18:03à l'explosion
18:04de la bulle aujourd'hui.
18:05En revanche,
18:05il y a effectivement
18:06des signes clairs
18:07de surchauffe.
18:08Et donc,
18:08pour répondre
18:09à votre question
18:09après cette longue digression,
18:11comment on se positionne ?
18:12On est extrêmement sélectif.
18:14Et effectivement,
18:15avantages concurrentiels,
18:18prévisibilité,
18:18se protéger
18:19de la cyclicité.
18:20Et ce sont probablement
18:22les meilleurs gardes-fous
18:23pour aller chercher
18:24ces entreprises
18:24qui ont affiché
18:25des performances
18:25absolument exceptionnelles
18:27sur un passé récent
18:29et pour lesquelles
18:30il n'y a pas de raison
18:31de penser que c'est fini.
18:32C'est-à-dire que la croissance,
18:34accélération du rythme
18:35de croissance prévue
18:36par les entreprises,
18:38énormément de signaux
18:39qui sont extrêmement favorables.
18:41Il n'y a pas de raison
18:41de penser que c'est terminé.
18:42En revanche,
18:43attention parce que
18:44le marché sanctionne,
18:45le marché anticipe
18:45et sanctionne.
18:46Et donc,
18:47il faut être très sélectif.
18:48Oui, et puis des sanctions
18:49quand même assez intenses,
18:52j'ai envie de dire.
18:53On voit,
18:53vous avez parlé d'Alphabet,
18:55mais il y avait aussi
18:55Intel par exemple,
18:57dont les titres ont chuté
18:58assez fortement
18:59après leurs résultats.
19:01Alain,
19:02vos commentaires,
19:03soit sur la tech
19:04et l'intelligence artificielle,
19:05mais on peut aussi élargir
19:06à cette saison de résultats
19:07un peu plus au global.
19:09Dans le monde,
19:10il n'y a pas que les US,
19:10il y a aussi l'Europe
19:12avec des croissances,
19:13des bénéfices
19:14qui sont bien aussi en Europe
19:15à presque 30%.
19:16Sur les résultats,
19:18la saison du troisième trimestre
19:20a été,
19:20je dirais,
19:20quasiment aussi bonne
19:21que le deuxième trimestre.
19:22Donc,
19:22ça confirme l'idée
19:24que l'économie mondiale
19:25se porte bien,
19:26tirée par les Etats-Unis,
19:27mais pas que.
19:28Et que même en Europe,
19:29à l'excision peut-être
19:30de la France,
19:31ça va quand même
19:32pas si mal.
19:33Donc,
19:33de bons résultats
19:34dans notre prix,
19:34c'est assez certain.
19:37Du côté de la technologie,
19:38en fait,
19:39nous,
19:39on a un fonds
19:40Clarisse Connovation
19:41qui est assez porté
19:41sur cette thématique-là.
19:43Et ce que me dit Géran,
19:45c'est qu'en fait,
19:46on a une forme
19:46enfin,
19:47la croissance est là,
19:48ça c'est certain.
19:49Les résultats ont toujours
19:49été excellents,
19:50les perspectives sont excellentes.
19:52Où est-ce que ça coince finalement ?
19:53C'est que tout le monde
19:55accroît ses investissements
19:56trimestre après trimestre.
19:57Et donc,
19:58le marché s'interroge
19:59sur,
19:59un,
20:00les capacités de financement
20:01parce que la hausse des taux
20:03de cet été,
20:03elle est en partie liée
20:04à cet appétit
20:05de ces boîtes de tech
20:06qui,
20:06normalement,
20:07sont gavées de cash
20:08mais là,
20:08commencent à devenir
20:09emprunteuses sur les marchés.
20:10Alors,
20:10on parle d'Oracle
20:11mais aussi Meta et autres.
20:12Même SpaceX,
20:13qui veulent lever 40 milliards
20:14de dette pour financer
20:16leur investissement dans l'IA.
20:17Donc,
20:18ça crée une concurrence
20:18par rapport aux autres
20:19sur les marchés de dette.
20:20C'est,
20:20je pense,
20:21une des principales raisons
20:21pour lesquelles
20:22les taux ont monté.
20:23Mais comme vous l'expliquez,
20:25si on a une croissance
20:26d'un PIB à plus 3
20:26et 2,3 d'inflation
20:28nominale à 6,
20:29des taux à 5,
20:30ce n'est pas insoutenable
20:31en soi.
20:31Ce n'est pas comme nous
20:32en France
20:33avec 5% à l'État
20:34avec une croissance à 0
20:35et une inflation à 2.
20:37Donc,
20:37là,
20:38c'est un autre problème.
20:39Mais,
20:40pour revenir sur le...
20:41Par exemple,
20:42quand Amazon a corrigé
20:43il y a quelques jours,
20:43il faut rappeler,
20:44bon,
20:44ils ont fait 39% de croissance
20:46sur AWS
20:47qui est la partie web.
20:49Et ils ont dit
20:50qu'ils feraient plus 40
20:50l'année prochaine
20:51et plus 40 l'année d'après.
20:52On va voir ce que ça veut dire.
20:53Ça veut dire qu'en 2 ans et demi,
20:55on double.
20:55Donc,
20:56on reste sur des croissances
20:57qui sont phénoménales.
20:58Il n'y a pas de sujet.
20:58Un autre point,
20:59c'est quand on regarde
21:00la valorisation,
21:00par exemple,
21:01d'ASML
21:01qui a pris près de 60%
21:03depuis le début de l'année.
21:04Quand on regarde
21:05les estimations de résultats
21:062027
21:06du bénéfice par action
21:08d'ASML
21:08qu'il a fait
21:09entre il y a 12 mois
21:10et maintenant,
21:11il a progressé de 70%.
21:13Donc,
21:13quelque part,
21:14ces entreprises,
21:16peut-être pas toutes,
21:17mais globalement,
21:18la hausse de boursières
21:20qu'on a constatée
21:21sur les derniers trimestres,
21:22pour la plupart,
21:23ce n'est jamais qu'en ligne
21:24avec leurs résultats.
21:25On n'a pas eu
21:25une bulle de valorisation,
21:27si vous voulez.
21:28Donc,
21:28aujourd'hui,
21:29le marché s'interroge.
21:30C'est vrai.
21:31Parce que,
21:31c'est quoi le scénario
21:33signe noir ?
21:34Ça serait que les guichets
21:36d'argent se ferment.
21:37donc que les entreprises
21:38ne puissent plus lever
21:39l'argent nécessaire
21:40pour assurer
21:41cette grande croissance.
21:41Par exemple,
21:42un échec de l'IPO
21:43d'Enthropic,
21:44ça serait évidemment
21:45un mauvais signal.
21:46Le fait aussi
21:47que dans cet écosystème,
21:48il y a quand même
21:48pas mal de boîtes
21:49qui se tiennent
21:49les unes les autres,
21:50c'est-à-dire Nvidia
21:51qui achète de la capacité
21:53à ses clients
21:53qui lui-même lui achètent.
21:55Donc,
21:55s'il y a un moment,
21:56il y a un acteur majeur
21:56qui commence à faire défaut,
21:58mais qui commence à scale back,
22:00ça peut entraîner
22:01une sorte d'annulation
22:01à tous les niveaux
22:02et là,
22:03ça peut devenir plus compliqué.
22:07qui a sorti des chiffres
22:08exceptionnels
22:09avec une forte accélération
22:10des datacenters.
22:11Ils ont fait une acquisition
22:12qui a pesé
22:12sur le cours de bourse.
22:13Mais je dirais que globalement,
22:15d'un point de vue opérationnel,
22:16tout va bien.
22:17Les datacenters,
22:18ils pourraient difficilement
22:19en faire plus
22:20dans les 18-24 prochains mois.
22:22Donc aujourd'hui,
22:22si on prend l'ensemble du secteur,
22:24aujourd'hui,
22:24tout le monde
22:25est à peu près en tête
22:26que 2026,
22:26ça continue de croître,
22:282028 aussi,
22:29d'ailleurs,
22:29comme l'a dit Amazon.
22:30Après, la question,
22:30qu'est-ce qui se passe
22:31en 2029-2030 ?
22:32Est-ce qu'on ralentit ?
22:37Qu'on continue
22:38à aller encore plus de l'avant ?
22:40Ce qui, d'ailleurs,
22:41n'est pas impossible
22:41parce qu'en fait,
22:42une des vraies questions,
22:43c'est qu'est-ce que l'IA
22:43est capable de faire ?
22:45Quand on voit
22:45toutes ces sociétés,
22:46en fait,
22:48c'est un impératif stratégique.
22:49Si elles continuent de le faire,
22:51c'est que l'IA
22:52est incontournable,
22:53qu'il y a aussi une guerre
22:54entre les États-Unis
22:56et la Chine,
22:57notamment,
22:57et l'Europe.
22:58Et donc, en fait,
22:59on doit continuer.
23:00Parce que c'est même...
23:01Elles n'ont pas le choix.
23:02Oui, c'est même pas
23:03une question qu'on se pose.
23:04Donc,
23:05si elles n'ont pas le choix
23:06et qu'il faut en être,
23:08on peut se poser la question
23:08de savoir
23:09si les opérateurs
23:09typiques Peerscaler
23:10ne vont pas surdépenser.
23:12Donc, nous,
23:12de ce côté-là,
23:13on préfère être plutôt
23:14sur les équipementiers,
23:15ceux qui vont fournir,
23:16soit en amont,
23:17des trucs,
23:18justement,
23:19les Schneider,
23:19ceux qui sont un peu
23:20dans la dérivée seconde,
23:22ou à l'SML,
23:23qui vont devoir fournir
23:24à tout le monde
23:24quoi qu'il arrive.
23:25Ou bien,
23:27on regarde aussi
23:28des technologies
23:28qui sont des inébleurs,
23:30on va dire,
23:30qui vont aider
23:31tout ça à consommer
23:32moins d'énergie.
23:32c'est tout ce qui tourne
23:33autour de la photonique.
23:35Alors là,
23:35il faut être sélectif
23:36parce que c'est un concept nouveau.
23:37Donc,
23:37il y a eu des boîtes
23:38qui ont vu leur cours
23:39multipliées par cinq.
23:40Mais il y a quand même,
23:41la photonique,
23:41pour nous,
23:42ça reste une thématique importante.
23:44Et donc,
23:44il faut être extrêmement sélectif
23:45parce qu'il y a des boîtes
23:46qui ont beaucoup monté
23:46et qui redescendent.
23:47Mais il y a quand même
23:48des sociétés
23:49qui vont être là demain
23:51et qui auront une très forte croissance.
23:53Donc là,
23:53c'est évidemment
23:53un exercice complexe.
23:55Mais il faut savoir sélectionner
23:56les bons acteurs
23:56parce que oui,
23:57en effet,
23:57on pense que cette technologie,
23:58elle va être là
23:59et elle va être game changer
24:00dans les prochaines années.
24:01Merci beaucoup,
24:02messieurs.
24:03On n'aura pas le temps
24:03de parler plus
24:05des résultats en Europe
24:06et du reste
24:07des thématiques d'investissement
24:09qu'on regarde.
24:10Alain Dubru,
24:10le directeur de la gestion
24:11chez Claresco et David Mellul,
24:13le directeur général
24:14de Barren Capital Partners.
24:16Merci à tous les deux
24:17d'avoir été sur ce plateau
24:19pour la suite de la semaine
24:21dans la tech.
24:22Toujours,
24:22on attend les résultats
24:23d'AMD,
24:24de Qualcomm,
24:24d'Arm
24:25ou encore de Uber
24:26mais aussi dans la santé
24:27de Novo Nordisk
24:28en Europe
24:28ou encore de Pfizer
24:29côté américain.
24:31Merci à tous
24:32de nous avoir suivis.
24:33On se retrouve demain
24:34à midi et demi
24:35sur Bsmart.

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