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  • il y a 12 minutes
Les États-Unis restent un marché stratégique pour les entreprises françaises de la santé. Implantée notamment près de Boston, Median Technologies mise sur l'intelligence artificielle pour améliorer le dépistage des cancers. Après une levée de fonds de 50 millions d'euros, cette medtech française entend accélérer la commercialisation de ses solutions, notamment sur le marché américain. Quels sont les atouts et les défis de ce marché pour les entreprises innovantes ? Éléments de réponse avec Fredrik Brag, président de Median Technologies.

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Transcription
00:04Aux Etats-Unis, les Américains sont appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat.
00:09Un scrutin décisif pour la suite du mandat de Donald Trump, mais aussi pour les entreprises françaises notamment,
00:15qui pourraient voir évoluer leur environnement économique et réglementaire dans leurs échanges avec les Etats-Unis.
00:20Car malgré les incertitudes politiques, les Etats-Unis restent un marché incontournable pour de nombreuses entreprises françaises,
00:27et notamment dans le secteur de la santé et des nouvelles technologies.
00:31C'est le cas de Median Technologies, qui est une medtech française spécialisée dans l'imagerie médicale,
00:37qui mise sur l'intelligence artificielle pour améliorer le dépistage des cancers et qui accélère aujourd'hui son développement commercial.
00:43Et je suis ravie de recevoir Frédéric Braque. Bonjour.
00:46Bonjour.
00:47Vous êtes président de Median Technologies et vous avez développé une solution d'intelligence artificielle
00:53destinée notamment à faciliter la détection précoce du cancer du poumon.
00:58Est-ce que vous pouvez nous dire concrètement qu'apporte la technologie,
01:01que ça fait à peu près 5 ans, c'est ça que vous développez vraiment, cette technologie spécifique,
01:06qu'est-ce qu'elle apporte à l'imagerie traditionnelle ?
01:09Alors nous on va utiliser l'IA et aussi ce qu'on appelle la vision par ordinateur et le traitement
01:14d'images
01:14pour aller rechercher des biomarqueurs dans les images qui correspondent à un certain type de maladie.
01:18En fait c'était des technologies qui au départ sont utilisées par les militaires, c'est typiquement dans l'industrie
01:23satellitaire.
01:24On essaie de trouver, on prend des photos satellitaires, on essaie de trouver un tank au sol au travers des
01:29nuages,
01:30on veut savoir si c'est le scientifique ou celui de l'ennemi avant de faire une intervention.
01:34Si vous regardez une mammographie, on essaie de repérer la fibre de la tumeur,
01:37on veut savoir si c'est les malignes ou bénignes avant de commencer une intervention.
01:40Et là nous on est les premiers au monde à avoir un dispositif médical
01:44qui est passé au travers des instances réglementaires aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe
01:49où on est capable de trouver un cancer à un stade où c'est curatif.
01:53Bien en amont de ce qu'on retrouve aujourd'hui ?
01:56Aujourd'hui malheureusement, c'est vrai pour la plupart des cancers, c'est qu'on n'a pas de symptômes.
02:01Le jour où il y a des symptômes, c'est que la maladie est déjà très avancée
02:04et c'est une lutte contre le temps.
02:07Mais pour le cancer du poumon, c'est fatal.
02:10Vous parlez du coup de l'intelligence artificielle dans le secteur médical,
02:14à quel point est-ce qu'aujourd'hui il s'est adopté dans ce secteur-là ?
02:19Ça va à une vitesse fantastique en ce moment.
02:22C'est-à-dire déjà simplement sur ces deux dernières années,
02:25on a pu assister à une révolution et ça, ça va continuer.
02:28Ça va fondamentalement changer toute la manière dont on est capable d'appréhender un patient.
02:33Et ça, nous on est spécialisés en cancer, mais ça va être vrai pour de nombreuses maladies.
02:38Pour mettre ça en perspective, si on prend le cancer du poumon,
02:40qui est notre première indication au cancer,
02:42c'est le cancer qui tue le plus de tous les cancers.
02:44Ça tue plus que les trois autres suivants réunis.
02:47D'accord.
02:48Et malheureusement, le taux de survie à 4 ans est très faible
02:52parce que les patients sont diagnostiqués, comme je disais tout à l'heure,
02:55à un stade où la maladie est déjà avancée.
02:59Un cancer en stade de 1, c'est curatif.
03:01Donc là, on va pouvoir passer de 100%, j'exagère un peu,
03:05des gens qui sont en train de décéder,
03:07à 100% des gens qui vont pouvoir vivre une vie normale.
03:10Donc l'impact, il est absolument colossal.
03:13Pour mettre ça en perspective, les meilleurs traitements,
03:15ils augmentent la durée de vie de 6 mois.
03:17Ça, ça permet de sauver.
03:19C'est du curatif si on le prend en stade.
03:22Donc Médian Technologies est né à Sofia Antipolis
03:25et vous êtes développé à l'international,
03:27donc Chine et États-Unis.
03:28On va se concentrer sur les États-Unis aujourd'hui.
03:30C'était fondamental pour vous, très rapidement,
03:34c'était en 2002, il me semble que vous avez créé l'entraînement.
03:36Très rapidement, vous êtes allé vers les États-Unis.
03:38Ça s'est passé comment ?
03:39Alors moi, je suis Suédois à l'origine.
03:41J'ai démarré la société en France aussi
03:42parce que c'est là où j'ai trouvé quasiment les meilleures technologies au monde
03:45dans ce secteur-là.
03:47C'était déjà l'intelligence artificielle,
03:49pas avec la même puissance de traitement telle qu'on a aujourd'hui,
03:51mais c'était déjà ça.
03:53Et tout ce qu'on a fait, c'était, au départ,
03:55c'était pour aller vers l'international.
03:57Et le plus grand marché pour nous, c'était toujours les États-Unis.
04:00D'ailleurs, nos premiers investisseurs,
04:01c'était des Français et des Américains.
04:04Dès le début, il y a eu beaucoup d'investisseurs américains
04:06qui sont venus investir dans Médian.
04:08Et c'est un marché, au contraire de l'Europe,
04:11où l'Europe, c'est 27 pays.
04:13Donc c'est 27 réglementations différentes dans la santé.
04:16Il n'y a pas une norme qui gère toute l'Europe,
04:19tout est différent,
04:20surtout pour les remboursements,
04:22les mises sur le marché, etc.
04:24Aux États-Unis, tout est unifié.
04:25C'est déjà aussi, d'un point de vue marché, plus simple.
04:28Quand on parle vers les États-Unis,
04:30même si c'était vos premiers investisseurs,
04:31est-ce que vous avez eu besoin d'aide,
04:33comme Business France,
04:34ou des éléments comme ça ?
04:35Qu'est-ce qui vous a aidé pour arriver sur le territoire ?
04:39Alors, déjà, pour moi, c'était assez naturel.
04:41J'ai deux de mes frères qui habitent là-bas depuis longtemps,
04:43qui sont deux entrepreneurs aussi.
04:45Donc j'avais déjà, je me sentais presque à la maison là-bas.
04:49Mais on a reçu beaucoup d'aide en France aussi,
04:52à l'époque, de la part de la BPI.
04:55Business France a été très bien dans d'autres domaines,
04:57pas nécessairement aux États-Unis.
04:58En Chine, nous ont beaucoup aidé aussi.
05:00Oui, il y a peut-être des barrières aussi culturelles
05:02qui peuvent être très différentes.
05:03Aux États-Unis, vous ne l'avez pas particulièrement senti,
05:05si votre famille était déjà présente ?
05:08Non, je me suis senti presque à la maison là-bas aussi.
05:11Et à Sofia Antipolis,
05:12c'est vrai que c'est un technopole qui est quand même important,
05:15un très gros technopole européen.
05:18Vous avez senti que c'était un vivier
05:21qui vous a porté dans le développement de votre entreprise ?
05:24C'est un vivier assez extraordinaire.
05:25La qualité des gens que j'ai réussi à recruter sur Sofia Antipolis,
05:28c'est tout juste extraordinaire.
05:30J'ai 27 nationalités différentes au bureau,
05:32j'en suis très fier, une majorité de femmes,
05:35j'en suis très fier aussi.
05:37Et avec une qualité de vie qui est telle
05:41que d'attirer des très fortes compétences
05:44se passent assez simplement.
05:45Mais il y a tout un vivier entre les universités,
05:49les labos de recherche et les sociétés
05:51qui fonctionnent très bien.
05:53La grande différence,
05:54et ce qui manque beaucoup par rapport au reste,
05:56ou en tout cas par rapport aux États-Unis,
05:58c'est l'accès à l'argent.
05:59Dans l'innovation, on a besoin de financer à risque.
06:02Et ça, c'est toujours compliqué en France
06:04par rapport aux États-Unis.
06:06Et vos deux implantations,
06:07le Pouv France-États-Unis,
06:08ça se fait partie comment,
06:10en termes d'employés,
06:12de présence sur le territoire ?
06:13On est plus nombreux en France,
06:15parce que ce dispositif médical
06:18pour le diagnostic du cancer du poumon
06:19vient d'être homologué aux États-Unis.
06:21Donc là, on est dans toute la phase de lancement.
06:23Donc là, cet été,
06:24on a mis en place une équipe commerciale,
06:27on travaille avec des partenaires
06:28pour la distribution,
06:29c'est des géants de l'industrie aussi là-bas
06:30qui vont distribuer nos solutions.
06:33Donc la partie française,
06:35c'est toute une partie R&D
06:37qui va devenir une partie commerciale aussi,
06:40la partie diagnostique dans peu de temps,
06:42parce que l'Allemagne a commencé son programme de dépistage,
06:45la France va le commencer d'ici deux ans,
06:47il y a déjà un pilote.
06:48Mais pour le moment,
06:49c'est beaucoup de R&D,
06:50et aux États-Unis,
06:51c'est toute la partie commerciale.
06:53Mais on a une autre activité aussi,
06:55basée à Sophie Antipolis,
06:56où là, on travaille avec les grands labos pharma
06:57pour les aider à développer des nouveaux médicaments.
07:00Là aussi, c'est des technologies basées sur l'IA,
07:03mais pour essayer de mieux comprendre
07:04qui va répondre,
07:05qui ne va pas répondre à un traitement d'oncologie.
07:07– Et parmi les actualités fortes aussi
07:09de votre stratégie d'entreprise,
07:11vous avez levé 50 millions d'euros en juin dernier.
07:14À quoi va servir cette levée de fonds,
07:16ce développement commercial ?
07:17– Beaucoup le développement commercial.
07:19Alors en fait aussi,
07:20on a un deuxième apport qui va arriver,
07:23parce qu'il y a des varants
07:23qui ont été mis sur le marché
07:25et qui sont profitables aujourd'hui,
07:26donc ils vont naturellement être exercés
07:28normalement dans les 14 prochains mois.
07:30C'est pour le lancement commercial aux États-Unis.
07:33Alors là, il ne faut pas être naïf,
07:33dans le médical,
07:34ça coûte très cher
07:35et ça prend du temps.
07:37Et tout est basé sur des codes de remboursement,
07:39parce que nous,
07:39comme dispositif médical,
07:41c'est un coût à l'acte,
07:42même si c'est un algorithme
07:44qui tourne dans le cloud,
07:45qui va analyser une image
07:46et donner un rapport,
07:47c'est facturé à l'acte.
07:48Maintenant, il y a un remboursement
07:50qui existe aux États-Unis.
07:51En Europe, par exemple,
07:52il n'existe pas.
07:52– Ça, on va voir si il n'existe pas.
07:53– Oui, oui.
07:55Et l'idée aussi,
07:57c'est que nos technologies
07:58qu'on a développées
07:59pour le cancer du poumon,
08:00on sait qu'elles marchent très bien
08:01pour le foie,
08:01pour le pancréas,
08:02pour la prostate,
08:03pour le côlon.
08:04– Et vous voulez développer,
08:05du coup, tout ça ?
08:06– Totalement.
08:06– Parce que pour l'instant,
08:07c'est au point pour le poumon,
08:08mais vous ne savez pas encore…
08:10– Alors, on a pris le cancer
08:11le plus dangereux au monde,
08:12qui est le cancer du poumon,
08:13mais nos technologies
08:15s'adaptent très bien aux autres.
08:17À terme, c'est là aussi
08:19où toute la partie santé change
08:21avec l'IA,
08:21c'est qu'on fera un scanner par an,
08:23on va regarder tous les organes
08:25et on va pouvoir essayer
08:26de traiter ça
08:27de manière préventive et curative.
08:29– Frédéric Braque,
08:30vous restez avec nous,
08:31bien entendu,
08:31on va tout de suite
08:32ouvrir le débat
08:32sur justement ces enjeux
08:34des mid-terms
08:35et savoir à quel point
08:37ces résultats de mid-terms
08:38peuvent affecter
08:39ou pas les entreprises françaises.
08:41C'est le débat éco.
08:42– Sous-titrage Société Radio-Canada
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