00:04Aux Etats-Unis, les Américains sont appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat.
00:09Un scrutin décisif pour la suite du mandat de Donald Trump, mais aussi pour les entreprises françaises notamment,
00:15qui pourraient voir évoluer leur environnement économique et réglementaire dans leurs échanges avec les Etats-Unis.
00:20Car malgré les incertitudes politiques, les Etats-Unis restent un marché incontournable pour de nombreuses entreprises françaises,
00:27et notamment dans le secteur de la santé et des nouvelles technologies.
00:31C'est le cas de Median Technologies, qui est une medtech française spécialisée dans l'imagerie médicale,
00:37qui mise sur l'intelligence artificielle pour améliorer le dépistage des cancers et qui accélère aujourd'hui son développement commercial.
00:43Et je suis ravie de recevoir Frédéric Braque. Bonjour.
00:46Bonjour.
00:47Vous êtes président de Median Technologies et vous avez développé une solution d'intelligence artificielle
00:53destinée notamment à faciliter la détection précoce du cancer du poumon.
00:58Est-ce que vous pouvez nous dire concrètement qu'apporte la technologie,
01:01que ça fait à peu près 5 ans, c'est ça que vous développez vraiment, cette technologie spécifique,
01:06qu'est-ce qu'elle apporte à l'imagerie traditionnelle ?
01:09Alors nous on va utiliser l'IA et aussi ce qu'on appelle la vision par ordinateur et le traitement
01:14d'images
01:14pour aller rechercher des biomarqueurs dans les images qui correspondent à un certain type de maladie.
01:18En fait c'était des technologies qui au départ sont utilisées par les militaires, c'est typiquement dans l'industrie
01:23satellitaire.
01:24On essaie de trouver, on prend des photos satellitaires, on essaie de trouver un tank au sol au travers des
01:29nuages,
01:30on veut savoir si c'est le scientifique ou celui de l'ennemi avant de faire une intervention.
01:34Si vous regardez une mammographie, on essaie de repérer la fibre de la tumeur,
01:37on veut savoir si c'est les malignes ou bénignes avant de commencer une intervention.
01:40Et là nous on est les premiers au monde à avoir un dispositif médical
01:44qui est passé au travers des instances réglementaires aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe
01:49où on est capable de trouver un cancer à un stade où c'est curatif.
01:53Bien en amont de ce qu'on retrouve aujourd'hui ?
01:56Aujourd'hui malheureusement, c'est vrai pour la plupart des cancers, c'est qu'on n'a pas de symptômes.
02:01Le jour où il y a des symptômes, c'est que la maladie est déjà très avancée
02:04et c'est une lutte contre le temps.
02:07Mais pour le cancer du poumon, c'est fatal.
02:10Vous parlez du coup de l'intelligence artificielle dans le secteur médical,
02:14à quel point est-ce qu'aujourd'hui il s'est adopté dans ce secteur-là ?
02:19Ça va à une vitesse fantastique en ce moment.
02:22C'est-à-dire déjà simplement sur ces deux dernières années,
02:25on a pu assister à une révolution et ça, ça va continuer.
02:28Ça va fondamentalement changer toute la manière dont on est capable d'appréhender un patient.
02:33Et ça, nous on est spécialisés en cancer, mais ça va être vrai pour de nombreuses maladies.
02:38Pour mettre ça en perspective, si on prend le cancer du poumon,
02:40qui est notre première indication au cancer,
02:42c'est le cancer qui tue le plus de tous les cancers.
02:44Ça tue plus que les trois autres suivants réunis.
02:47D'accord.
02:48Et malheureusement, le taux de survie à 4 ans est très faible
02:52parce que les patients sont diagnostiqués, comme je disais tout à l'heure,
02:55à un stade où la maladie est déjà avancée.
02:59Un cancer en stade de 1, c'est curatif.
03:01Donc là, on va pouvoir passer de 100%, j'exagère un peu,
03:05des gens qui sont en train de décéder,
03:07à 100% des gens qui vont pouvoir vivre une vie normale.
03:10Donc l'impact, il est absolument colossal.
03:13Pour mettre ça en perspective, les meilleurs traitements,
03:15ils augmentent la durée de vie de 6 mois.
03:17Ça, ça permet de sauver.
03:19C'est du curatif si on le prend en stade.
03:22Donc Médian Technologies est né à Sofia Antipolis
03:25et vous êtes développé à l'international,
03:27donc Chine et États-Unis.
03:28On va se concentrer sur les États-Unis aujourd'hui.
03:30C'était fondamental pour vous, très rapidement,
03:34c'était en 2002, il me semble que vous avez créé l'entraînement.
03:36Très rapidement, vous êtes allé vers les États-Unis.
03:38Ça s'est passé comment ?
03:39Alors moi, je suis Suédois à l'origine.
03:41J'ai démarré la société en France aussi
03:42parce que c'est là où j'ai trouvé quasiment les meilleures technologies au monde
03:45dans ce secteur-là.
03:47C'était déjà l'intelligence artificielle,
03:49pas avec la même puissance de traitement telle qu'on a aujourd'hui,
03:51mais c'était déjà ça.
03:53Et tout ce qu'on a fait, c'était, au départ,
03:55c'était pour aller vers l'international.
03:57Et le plus grand marché pour nous, c'était toujours les États-Unis.
04:00D'ailleurs, nos premiers investisseurs,
04:01c'était des Français et des Américains.
04:04Dès le début, il y a eu beaucoup d'investisseurs américains
04:06qui sont venus investir dans Médian.
04:08Et c'est un marché, au contraire de l'Europe,
04:11où l'Europe, c'est 27 pays.
04:13Donc c'est 27 réglementations différentes dans la santé.
04:16Il n'y a pas une norme qui gère toute l'Europe,
04:19tout est différent,
04:20surtout pour les remboursements,
04:22les mises sur le marché, etc.
04:24Aux États-Unis, tout est unifié.
04:25C'est déjà aussi, d'un point de vue marché, plus simple.
04:28Quand on parle vers les États-Unis,
04:30même si c'était vos premiers investisseurs,
04:31est-ce que vous avez eu besoin d'aide,
04:33comme Business France,
04:34ou des éléments comme ça ?
04:35Qu'est-ce qui vous a aidé pour arriver sur le territoire ?
04:39Alors, déjà, pour moi, c'était assez naturel.
04:41J'ai deux de mes frères qui habitent là-bas depuis longtemps,
04:43qui sont deux entrepreneurs aussi.
04:45Donc j'avais déjà, je me sentais presque à la maison là-bas.
04:49Mais on a reçu beaucoup d'aide en France aussi,
04:52à l'époque, de la part de la BPI.
04:55Business France a été très bien dans d'autres domaines,
04:57pas nécessairement aux États-Unis.
04:58En Chine, nous ont beaucoup aidé aussi.
05:00Oui, il y a peut-être des barrières aussi culturelles
05:02qui peuvent être très différentes.
05:03Aux États-Unis, vous ne l'avez pas particulièrement senti,
05:05si votre famille était déjà présente ?
05:08Non, je me suis senti presque à la maison là-bas aussi.
05:11Et à Sofia Antipolis,
05:12c'est vrai que c'est un technopole qui est quand même important,
05:15un très gros technopole européen.
05:18Vous avez senti que c'était un vivier
05:21qui vous a porté dans le développement de votre entreprise ?
05:24C'est un vivier assez extraordinaire.
05:25La qualité des gens que j'ai réussi à recruter sur Sofia Antipolis,
05:28c'est tout juste extraordinaire.
05:30J'ai 27 nationalités différentes au bureau,
05:32j'en suis très fier, une majorité de femmes,
05:35j'en suis très fier aussi.
05:37Et avec une qualité de vie qui est telle
05:41que d'attirer des très fortes compétences
05:44se passent assez simplement.
05:45Mais il y a tout un vivier entre les universités,
05:49les labos de recherche et les sociétés
05:51qui fonctionnent très bien.
05:53La grande différence,
05:54et ce qui manque beaucoup par rapport au reste,
05:56ou en tout cas par rapport aux États-Unis,
05:58c'est l'accès à l'argent.
05:59Dans l'innovation, on a besoin de financer à risque.
06:02Et ça, c'est toujours compliqué en France
06:04par rapport aux États-Unis.
06:06Et vos deux implantations,
06:07le Pouv France-États-Unis,
06:08ça se fait partie comment,
06:10en termes d'employés,
06:12de présence sur le territoire ?
06:13On est plus nombreux en France,
06:15parce que ce dispositif médical
06:18pour le diagnostic du cancer du poumon
06:19vient d'être homologué aux États-Unis.
06:21Donc là, on est dans toute la phase de lancement.
06:23Donc là, cet été,
06:24on a mis en place une équipe commerciale,
06:27on travaille avec des partenaires
06:28pour la distribution,
06:29c'est des géants de l'industrie aussi là-bas
06:30qui vont distribuer nos solutions.
06:33Donc la partie française,
06:35c'est toute une partie R&D
06:37qui va devenir une partie commerciale aussi,
06:40la partie diagnostique dans peu de temps,
06:42parce que l'Allemagne a commencé son programme de dépistage,
06:45la France va le commencer d'ici deux ans,
06:47il y a déjà un pilote.
06:48Mais pour le moment,
06:49c'est beaucoup de R&D,
06:50et aux États-Unis,
06:51c'est toute la partie commerciale.
06:53Mais on a une autre activité aussi,
06:55basée à Sophie Antipolis,
06:56où là, on travaille avec les grands labos pharma
06:57pour les aider à développer des nouveaux médicaments.
07:00Là aussi, c'est des technologies basées sur l'IA,
07:03mais pour essayer de mieux comprendre
07:04qui va répondre,
07:05qui ne va pas répondre à un traitement d'oncologie.
07:07– Et parmi les actualités fortes aussi
07:09de votre stratégie d'entreprise,
07:11vous avez levé 50 millions d'euros en juin dernier.
07:14À quoi va servir cette levée de fonds,
07:16ce développement commercial ?
07:17– Beaucoup le développement commercial.
07:19Alors en fait aussi,
07:20on a un deuxième apport qui va arriver,
07:23parce qu'il y a des varants
07:23qui ont été mis sur le marché
07:25et qui sont profitables aujourd'hui,
07:26donc ils vont naturellement être exercés
07:28normalement dans les 14 prochains mois.
07:30C'est pour le lancement commercial aux États-Unis.
07:33Alors là, il ne faut pas être naïf,
07:33dans le médical,
07:34ça coûte très cher
07:35et ça prend du temps.
07:37Et tout est basé sur des codes de remboursement,
07:39parce que nous,
07:39comme dispositif médical,
07:41c'est un coût à l'acte,
07:42même si c'est un algorithme
07:44qui tourne dans le cloud,
07:45qui va analyser une image
07:46et donner un rapport,
07:47c'est facturé à l'acte.
07:48Maintenant, il y a un remboursement
07:50qui existe aux États-Unis.
07:51En Europe, par exemple,
07:52il n'existe pas.
07:52– Ça, on va voir si il n'existe pas.
07:53– Oui, oui.
07:55Et l'idée aussi,
07:57c'est que nos technologies
07:58qu'on a développées
07:59pour le cancer du poumon,
08:00on sait qu'elles marchent très bien
08:01pour le foie,
08:01pour le pancréas,
08:02pour la prostate,
08:03pour le côlon.
08:04– Et vous voulez développer,
08:05du coup, tout ça ?
08:06– Totalement.
08:06– Parce que pour l'instant,
08:07c'est au point pour le poumon,
08:08mais vous ne savez pas encore…
08:10– Alors, on a pris le cancer
08:11le plus dangereux au monde,
08:12qui est le cancer du poumon,
08:13mais nos technologies
08:15s'adaptent très bien aux autres.
08:17À terme, c'est là aussi
08:19où toute la partie santé change
08:21avec l'IA,
08:21c'est qu'on fera un scanner par an,
08:23on va regarder tous les organes
08:25et on va pouvoir essayer
08:26de traiter ça
08:27de manière préventive et curative.
08:29– Frédéric Braque,
08:30vous restez avec nous,
08:31bien entendu,
08:31on va tout de suite
08:32ouvrir le débat
08:32sur justement ces enjeux
08:34des mid-terms
08:35et savoir à quel point
08:37ces résultats de mid-terms
08:38peuvent affecter
08:39ou pas les entreprises françaises.
08:41C'est le débat éco.
08:42– Sous-titrage Société Radio-Canada
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