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Mardi 3 novembre 2026, retrouvez François-Henri Bennahmias (Fondateur, The Honourable Merchants Group) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission d'Art et Marché,
00:12l'émission qui vous ouvre les portes du marché de l'art.
00:14Comment construire la place d'un artiste sur le marché de l'art ?
00:18Après avoir dirigé pendant plus de 10 ans la prestigieuse maison horlogère Audemars Piguet,
00:23François-Henri Benamias se lance dans une nouvelle aventure entrepreneuriale.
00:27Il a fondé The Honorable Merchants Group, un groupe qui réunit plusieurs entreprises dans l'univers du luxe,
00:32de l'horlogerie, de la joaillerie, de l'art.
00:35Parmi les artistes que le groupe souhaite accompagner figure le sculpteur argentin Guillermo Forquino.
00:41Mais comment développer la notoriété d'un artiste, valoriser son travail, lui trouver une place dans le marché de l
00:47'art ?
00:48C'est la question que nous allons poser à François-Henri Benamias aujourd'hui dans Art et Marché.
00:56Comment construire la place d'un artiste sur le marché de l'art ?
01:00C'est la question qui nous intéresse aujourd'hui dans Art et Marché,
01:02à l'occasion de l'ouverture de l'exposition « Nous les grotesques »
01:06consacrée aux œuvres de l'artiste argentin Guillermo Forquino à la Galerie Joseph à Paris.
01:11Pour en parler, nous recevons François-Henri Benamias. Bonjour.
01:14Bonjour.
01:14Merci beaucoup d'être avec nous.
01:16Vous êtes l'ancien directeur général de la maison horlogère Aune-Marc Piguet
01:19et vous avez fondé aujourd'hui The Honourable Merchants Group,
01:23un groupe qui réunit plusieurs entreprises dans l'univers du luxe, la joaillerie, l'horlogerie et l'art.
01:29C'est surtout ça qui va nous intéresser aujourd'hui.
01:31Vous êtes donc à l'initiative de cette exposition consacrée à Guillermo Forquino.
01:36Alors, est-ce que vous pouvez nous raconter déjà comment est-ce que s'est faite cette transition,
01:42ce travail autour de la vertical art de The Honourable Merchants Group ?
01:46Parce qu'en fait, vous passez du monde du luxe au monde de l'art.
01:50Pour vous, est-ce que ce sont des mondes qui sont très communs, qui se ressemblent ?
01:54D'abord, c'est des mondes sur lesquels il y a un paquet de points communs, bien sûr,
01:58mais la genèse de toute cette histoire, elle part en 2017.
02:01Quand je fais un petit voyage à Solomeo, c'est pas loin de Perugia en Italie,
02:06et c'est le siège social de la maison Brunello Cuccinelli.
02:09Et là, j'ai l'occasion de passer 48 heures avec Brunello, et ça a été une révélation.
02:13Pour moi, c'est là où je change ma philosophie du monde, du travail de demain,
02:18et je garde en tête que je vais changer, quitter Audemars Piguet pour aller monter ma propre entreprise.
02:24Et l'art en fait partie.
02:25D'abord comme collectionneur, je collectionne de l'art,
02:28mais j'ai aussi été confronté régulièrement au jugement.
02:33De dire, ça c'est de l'art, ça c'est pas de l'art, ça c'est bien, ça
02:36c'est pas bien.
02:36De votre part ou des autres autour de vous ?
02:38Des autres.
02:38Oui.
02:39Et je me retrouve confronté, comme à l'école, avec une seule façon d'apprendre,
02:43qu'une seule façon de gérer tout ça, et je suis l'antithèse de ça.
02:48C'est-à-dire que je refuse le status quo, je refuse qu'on m'impose un choix ou un
02:53goût.
02:54Et je vois qu'aujourd'hui, un paquet d'artistes sont aussi impactés, parce que c'est les galeries,
02:58c'est les agents qui vont pouvoir dire ça c'est bien, ça c'est pas bien.
03:02Et que je pense qu'il y a une autre manière de gérer ce business, et que c'est ça
03:06qui nous fait aujourd'hui exister.
03:08Donc vous l'avez vécu personnellement de votre côté collection,
03:11maintenant vous essayez de créer en fait un aspect professionnel, c'est une verticale du groupe que vous proposez.
03:18Alors absolument, et Guillermo Forquino, ça part d'une rencontre, il y a un peu plus de 5 ans maintenant,
03:24où je découvre l'artiste, je me rends compte à peine de ce qu'il fait,
03:29puis on se rapproche, on se rapproche de plus en plus, on se voit plusieurs fois,
03:32et puis il y a 3 ans j'ai dit, Guillermo, tu auras bientôt, il a maintenant 74 ans,
03:38et je dis, il est temps qu'on rend à César ce qui est à César,
03:41et donc personne ne te connaît, et le rêve c'est qu'on arrive à te faire connaître.
03:44Qu'est-ce qui vous a intéressé dans son style, si vous pouviez rapidement décrire son style, l'artiste ?
03:49C'est quelqu'un d'une humilité absolue, c'est une très belle personne,
03:54et c'est quelqu'un qui, malgré tout ça, a réussi à vous piquer là où ça fait mal,
03:59et qu'il a un souci du détail, il a un souci d'aller tourner un peu dans l'esprit
04:05de tout un chacun,
04:06pour dire, tu sais quoi, le monde dit ça, mais regarde la vérité, la vérité elle est beaucoup plus là.
04:11Ah oui, complètement, et même aujourd'hui, il pique dans une conversation,
04:16il aime bien chambrer, mais c'est toujours fait de manière très élégante,
04:20et c'est ce qui m'a fait tomber amoureux du personnage.
04:23Vous disiez qu'il fallait lui rendre la place qu'il mérite selon vous,
04:28jusqu'à présent, comment est-ce qu'il se situait par rapport au marché de l'art ?
04:32Il avait déjà une notoriété, d'après ce que j'ai compris, en Chine, c'est ça ?
04:35Alors, toute petite, un peu dans son pays d'origine, l'Argentine,
04:40parce qu'il a quitté l'Argentine quand même il y a plus de 40 ans,
04:42il a fait les beaux-arts à Paris, mais ensuite, pour des raisons purement alimentaires,
04:47il a dû faire des choses qui n'étaient pas son terrain de jeu.
04:51Et c'est moi, c'est dans ce sens-là que j'ai pu le connaître, en fait,
04:55en étant, comment dire, exposé à ce qu'il a fait,
05:00avec des objets, effectivement, qui reprennent son esprit un peu satirique,
05:06mais sans lui permettre de vraiment en vivre.
05:08Et si on regarde un peu tout son parcours,
05:12on ne le connaît pas aujourd'hui pour ce qu'il est vraiment.
05:14Et donc, c'est la première fois, véritablement,
05:17qu'on peut regarder et vivre l'étendue de son art,
05:20avec des choses qui ne sont pas forcément agréables à voir,
05:23parce que c'est un miroir de ce qu'est la planète aujourd'hui aussi,
05:27ou ce qu'elle a pu être.
05:28Et c'est ça qui est, en fait, intéressant.
05:30Justement, il y avait, parmi les événements pour découvrir son œuvre,
05:36là, la semaine dernière, il y a eu la Semaine de l'art à Paris,
05:38il y a eu Modern Art Fair,
05:39donc une de ses œuvres était exposée à cette foire.
05:43Ça faisait partie des choix, déjà, de votre part,
05:46pour présenter l'œuvre, déjà, à un public plus large ?
05:49Alors, c'était une vraie opportunité,
05:51qui a été amenée par Delphine Brochon,
05:53qui est une personne qui s'accompagne sur toute l'aventure,
05:56qui a ce savoir-faire du monde de l'art,
05:59qu'il connaît beaucoup plus que moi.
06:01Conseilleur en art, en fait, qui vous accompagne,
06:02il est déjà venu sur ce plateau.
06:04Absolument.
06:05Et qui nous a trouvé l'opportunité,
06:07et puis on a pu installer cette sculpture qui s'appelle
06:08La Fonte des Glaces.
06:10En fait, on voit une famille de quatre,
06:11donc les deux parents et les enfants,
06:12et les deux enfants, ils sont sous l'eau,
06:15donc les parents ont juste la tête hors de l'eau,
06:16et les enfants sont en train de dîner,
06:18mais avec un masque et un tuba.
06:20Vous étiez présent, du coup, sur la foire,
06:22vous avez pu voir les regards,
06:24vous n'avez pas encore de retour,
06:26alors, sur peut-être d'étonnement ?
06:28À l'heure, on a les retours.
06:29C'est qu'il y a eu un nombre incalculable de gens
06:31qui sont pris en photo à côté de l'œuvre,
06:33que les gens nous ont dit que ça avait été
06:34vraiment une pièce importante,
06:36donc je crois véritablement qu'il y a un terrain de jeu.
06:39Comment est-ce que vous travaillez, du coup,
06:41cette progression, cette visibilité ?
06:45Et ça passe par quoi pour faire en sorte
06:47qu'un artiste regagne les lettres de noblesse
06:50que vous pensez qu'il devrait avoir ?
06:52Alors, d'abord, c'est un pareil,
06:53parce que ce n'est pas une certitude,
06:55parce qu'on peut faire les choses parfaitement bien
06:57et que ça ne finisse quand même pas par marcher,
06:59ce n'est pas une science parfaite,
07:02mais on s'est donné tous les moyens de réussir.
07:04Ça veut dire quoi ?
07:06On parle de toute son œuvre,
07:07on ne montre pas qu'une seule partie,
07:09on s'est mis dans une belle galerie,
07:11donc on a des galeries Joseph, Rue Turène,
07:13on s'est donné les moyens,
07:14on a shooté un documentaire,
07:16on a édité un livre,
07:18donc on a mis toutes les forces possibles
07:20qui viennent de mes codes
07:22que je connais très très bien du monde du luxe,
07:24pour effectivement provoquer de l'émotion,
07:26il faut qu'on raconte les histoires correctement.
07:28Ensuite, est-ce que c'est une certitude de succès ?
07:30Non.
07:31Parce que du coup,
07:32éditer un livre, un documentaire, etc.,
07:34c'est en fait, derrière, c'est quoi ?
07:36C'est installer une...
07:39Enfin, faire place, en fait.
07:40C'est raconter l'histoire.
07:42C'est raconter l'histoire.
07:43Parce que l'histoire, elle n'a jamais été racontée.
07:45C'est la première fois qu'on la raconte de A à Z.
07:48Comment est-ce que vous hiérarchisez un petit peu tous ces événements ?
07:52Est-ce qu'il faut tout...
07:53C'est-à-dire que quand vous empruntez les codes du luxe,
07:56il faut taper grand, fort,
07:59faire tout en même temps,
08:00ou alors vous faites les choses petit à petit,
08:03voilà, dans peut-être un an et demi,
08:04on va s'attendre à quelque chose d'autre.
08:06Comment ça se passe, en fait ?
08:06Alors d'abord, les codes du luxe,
08:07ils ont beaucoup évolué aussi.
08:09Ce n'est pas quelque chose qui doit être statique.
08:13On va dire que le luxe a beaucoup hurlé
08:15dans les années, dans une dizaine d'années.
08:17Je pense qu'aujourd'hui, on arrive à un luxe beaucoup plus discret,
08:20beaucoup plus humain aussi,
08:22où il faut qu'on retrouve ses vraies valeurs.
08:24Parce que le luxe, c'est quoi sa vraie définition ?
08:26C'est la rareté.
08:28C'est donc la notion d'exclusivité.
08:29C'est la notion d'artisanat aussi.
08:31Et c'est ça qu'il faut qu'on raconte.
08:33Et qu'en hurlant ou en criant,
08:35des fois, les gens ne veulent pas écouter.
08:37Donc il faut que ça soit plus fin, plus subtil.
08:40Et c'est ça qu'on essaie de mettre en place.
08:41Donc ça, pour un artiste,
08:43ça s'applique aussi, cette notion de rareté, d'exclusivité ?
08:47Bien sûr. Très important.
08:49Je suis un fervent croyant
08:55dans le fait de dire que si un artiste va trop produire,
09:00à un moment ou un autre,
09:01il va y avoir la limite de ce qu'il peut vendre.
09:03Ça, c'est une règle de base.
09:05Il faut toujours réussir à rester un peu en dehors
09:08de ce que le marché veut.
09:09Sinon, il y a moins de désirs.
09:11Et à la seconde, il y a moins de désirs,
09:12commercialement parlant, ça ne marche pas.
09:14Et donc, derrière tout ça,
09:16l'objectif, c'est que sa cote évolue,
09:21qu'il rentre dans des grandes collections institutionnelles.
09:23Est-ce que vous savez mettre des mots
09:26sur un objectif ?
09:28Alors, je vais aller plus loin que ça.
09:30J'ai une mission divine, en fait, dans cette histoire.
09:33C'est de dire, moi, je ne veux pas gagner un centime avec ça.
09:35D'accord.
09:36Pas du tout.
09:37Ça ne m'intéresse pas.
09:37Il a 74 ans, comme je vous l'ai dit.
09:39Il a ses enfants qui suivent derrière
09:41et qui pourraient reprendre le flambeau.
09:42Ça, c'est bien.
09:43Donc, il y a une espèce de transmission
09:45avec une motivation énorme
09:46de la jeune génération derrière.
09:48Et moi, ce que je voudrais,
09:48c'est pouvoir le faire exister
09:50de manière suffisante
09:52pour qu'enfin, il soit reconnu comme un artiste.
09:55Et stable, du coup.
09:55C'est-à-dire que...
09:56Sur la durée, absolument.
09:58Et donc, ça, ça passe quand même
09:58par après des personnalités,
10:02des gens qui vont presque adouber son travail,
10:04si tu peux utiliser ça.
10:05Alors, le monde parfait,
10:06c'est potentiellement quelqu'un qui dit
10:07« Moi, je veux voir cette exposition à Milan,
10:09je veux la voir à Singapour,
10:10je veux la voir à New York. »
10:11C'est un musée qui peut dire
10:12« Je veux acheter cette œuvre
10:14parce que c'est exactement ce qu'il nous faut. »
10:16Ça va être un mélange
10:17de dire exactement ce que je veux.
10:19Dans un monde parfait, je veux tout.
10:20Mais on verra ce qu'on obtient.
10:22Alors, tout à l'heure,
10:23en tout début d'échange,
10:24vous nous parliez justement
10:25de ces jugements
10:28que certaines personnes pouvaient avoir
10:30sur qu'est-ce que l'art,
10:32qu'est-ce que pas l'art.
10:33Est-ce qu'on peut revenir sur du coup
10:34cette mission de The Honorable Merchant Group
10:36et cette verticale art ?
10:38Comment est-ce que vous voulez voir évoluer
10:41en fait cette manière de proposer l'art ?
10:44Peut-être une nouvelle manière
10:45d'être l'intermédiaire peut-être
10:46entre l'artiste et le collectionneur ?
10:48Alors, je pense qu'aujourd'hui,
10:50dans le monde du commerce
10:53de manière générale,
10:54si on n'apporte pas de valeur
10:56entre ceux qui font
10:56et ceux qui consomment
10:58les objets
11:00que les gens font,
11:01il faut en sortir.
11:03Et aujourd'hui,
11:04est-ce que les galeries font
11:05à 100% le travail qu'il faut ?
11:07Certaines, oui, d'autres, pas.
11:08Est-ce que les agents font aussi
11:09100% du boulot qu'ils devraient faire ?
11:11Peut-être pas.
11:12Et à un moment,
11:13il faut rendre crédit quand même
11:14à l'artiste qui...
11:15C'est lui qui génère l'émotion au départ
11:17et il faut le mettre en contact
11:18beaucoup plus direct
11:19avec le client final.
11:20Et trop souvent,
11:21ce n'est pas le cas.
11:21Il y a trop d'intermédiaires
11:23dans la chaîne.
11:24C'est-à-dire remettre un peu plus
11:25l'artiste au centre,
11:26tout simplement ?
11:26C'est primordial
11:27parce que c'est lui
11:28qui crée l'émotion.
11:28Oui, mais parce que vous pensez
11:29qu'il n'est pas suffisamment
11:31mis en importance ?
11:31Non, et c'est un peu comme
11:32dans le monde de la musique aussi
11:33où typiquement,
11:35on peut avoir un artiste
11:35qui est signé par une grande marque,
11:38que ce soit Warner, Universal
11:40ou tout genre de société.
11:43Il va être bon pour un album,
11:44pour deux albums,
11:46peut-être un troisième,
11:47puis un jour,
11:48il ne vend pas de la même façon,
11:49puis il doit sortir.
11:50Et un artiste,
11:51ce n'est pas avec une galerie.
11:52Un artiste peut avoir vendu
11:53une cinquantaine de toiles,
11:54une centaine de toiles,
11:55puis tout d'un coup,
11:56il n'est plus dans l'air du temps
11:57pour diverses raisons
11:58qui ne sont pas forcément
11:59de sa responsabilité.
12:01Et puis la galerie va l'arrêter.
12:02Si la galerie l'arrête,
12:03il n'est pas forcément repris
12:04par une autre galerie.
12:05Et tout d'un coup,
12:06il peut se retrouver du jour au lendemain
12:07avec rien devant lui.
12:09Et là, je pense qu'il y a
12:10du travail à faire.
12:11Donc là, après cette exposition,
12:14qui vient juste d'ouvrir ses portes,
12:16est-ce que vous avez déjà
12:16le prochain événement,
12:20la prochaine étape ?
12:21Alors la prochaine étape,
12:22on ne l'a pas encore
12:23parce que j'espère
12:23qu'on va la découvrir
12:24pendant les trois semaines
12:25de l'exposition.
12:26Ce sera déjà
12:27beaucoup de rencontres,
12:29j'imagine.
12:29Merci beaucoup François-Henri Benamias.
12:31Je rappelle que vous êtes
12:31ancien directeur d'Odemar Piguet
12:33et maintenant vous avez fondé
12:34The Honourable Merchants Group
12:36qui présente à la galerie
12:38Joseph Guillermo Forquino.
12:39Merci à vous toutes et tous
12:40de nous avoir suivis.
12:41C'était Array Marché.
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