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Les Américains sont appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat, deux ans après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Dans un contexte de tensions commerciales et de droits de douane, quel bilan économique peut-on dresser de sa politique ? Les résultats du scrutin pourraient-ils changer la donne pour les entreprises françaises implantées aux États-Unis ? Décryptage avec Véronique Chabourine, analyste stratégique, et Fredrik Brag, président de Median Technologies.
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00:04Les Américains votent pour renouveler une partie du Congrès, un scrutin qui intervient dans un contexte de forte tension commerciale,
00:11alors que les entreprises doivent composer avec des droits de douane, des incertitudes réglementaires, des choix économiques du Président Donald
00:18Trump.
00:18Déterminer si les Républicains conserveront le rôle du Congrès ou si les Démocrates reprendront la majorité dans l'une des
00:25deux champs,
00:25c'est quand même un enjeu de taille pour ces entreprises, quelles conséquences sur l'économie américaine et puis pour
00:32les entreprises qui sont implantées aux Etats-Unis.
00:35Pour en parler, je suis ravie de recevoir Véronique Chabourine, bonjour.
00:39Bonjour.
00:39Vous êtes analyste stratégique et puis Frédéric Braque, vous êtes toujours avec nous, vous êtes président de Médian Technologies qui
00:45a donc une implantation à Sofia Antipolis
00:47et aussi à Boston, en plus de la Chine, mais on se concentrera plutôt sur les Etats-Unis aujourd'hui.
00:52Véronique, je me tourne tout d'abord vers vous, parce que c'est vrai que deux ans après le retour
00:56de Donald Trump à la Maison Blanche,
00:58ces élections de mi-mandat, pour vous déjà c'est un vrai test politique, est-ce que sur le plan
01:04économique,
01:06est-ce que ça pourrait vraiment changer quelque chose en fait que les démocrates reprennent plus de place au Congrès
01:12?
01:12Écoutez, c'est un enjeu majeur évidemment pour Donald Trump, déjà parce qu'évidemment ça pourrait constituer un vote sanction
01:20à l'égard de sa politique qu'il a menée pendant deux ans.
01:25Évidemment, si les démocrates en fait obtenaient les deux chambres, il y aurait davantage de contre-pouvoirs et ça permettrait
01:32d'engager à la fois des enquêtes parlementaires,
01:35de multiplier des blocages de certaines lois aux initiatives en tout cas de l'exécutif, donc il y aurait davantage
01:41de contre-pouvoirs.
01:42Mais il y a un sujet qui est assez important, c'est que constitutionnellement, le pouvoir commercial appartient au Congrès,
01:50mais qu'il y a ce Congrès à déléguer en fait deux sections à l'exécutif et donc au président,
01:58qui sont la section 232 qui est invoquée en cas de sécurité nationale et qui est la section en fait
02:05301,
02:06qui est invoquée en cas de politique étrangère commerciale déloyale, enfin jugée déloyale.
02:11Et donc c'est ce qui a permis effectivement à Donald Trump d'activer l'un des deux et de
02:20pouvoir activer des droits de douane
02:22à hauteur qu'on connaît, qui sont complètement évidemment délirants pour les entreprises françaises.
02:28Et donc évidemment, alors ce Congrès démocrate, il pourrait évidemment, on va dire, faire un contre-pouvoir
02:36et essayer de modifier ces deux, on va dire, ces deux législations, actes qui ont été posés, enfin délégués au
02:45président.
02:46Mais ça serait compliqué d'une part parce que le président a un droit de veto
02:50et que pour contre-balancer ce droit de veto, il faudrait obtenir les deux tiers des deux chambres.
02:56Ce qui me paraît un peu compliqué.
02:58Alors évidemment, il faut attendre les résultats des midterms, ce qu'on va avoir très bientôt, mais ça me paraît
03:03compliqué.
03:04Et il y a un autre élément qui est assez important, qu'il faut rappeler, c'est que pendant deux
03:09mois,
03:10le Congrès sortant va rester en exercice.
03:13C'est-à-dire qu'entre le 3 novembre, donc entre demain et le 3 janvier 2027,
03:20il va y avoir une marge de manœuvre très facile, on va dire, pour Donald Trump,
03:27de pouvoir multiplier beaucoup d'initiatives pour faire passer des choses.
03:32si jamais, évidemment, en prévision du fait qu'il aurait perdu les deux chambres.
03:37Quel est votre regard aujourd'hui sur la politique économique, en tout cas le bilan économique de ces deux premières
03:42années,
03:42peut-être en termes macro-micro, c'est peut-être deux angles différents ?
03:47Ce qu'on peut dire, c'est que le marché américain reste un marché extrêmement attractif et dynamique.
03:52La croissance, en fait, elle est à 3,4% en rythme annualisé.
04:00Alors si on compare avec la même méthode, ça représente 0,8% de croissance au trimestre à fin septembre.
04:10Et en France, si on compare, on est à moins 0,1% de croissance.
04:14Et sur la base de l'Union européenne, 0,5%.
04:17Donc évidemment, ça reste un marché qui est dynamique.
04:20Ça reste également un marché qui est intéressant en termes de pouvoir d'achat,
04:24puisque on sait que le pouvoir d'achat par habitant est le double de ce qu'on observe en France.
04:31Donc c'est un marché qui est considérable aussi, évidemment, en termes de nombre de consommateurs.
04:36On est à 343 millions de consommateurs américains,
04:41versus un marché européen qui, au total, est à 450 millions.
04:45Donc évidemment, c'est colossal.
04:48Maintenant, il y a une tendance inflationniste qui est, je crois, à 3,8% actuellement.
04:54Là où nous, en France, on est à 3,1%.
04:56Après, c'est vrai que si on regarde à l'année précédente, sur le mois de septembre,
05:01l'inflation a moins augmenté aux États-Unis qu'elle a augmenté en France.
05:04Donc la tendance est, entre guillemets, peut-être un peu moins compliquée.
05:08Donc un bilan plutôt positif pour les États-Unis, dans le sens où c'est dynamique.
05:11Et pour les entreprises, ça reste un marché dynamique.
05:14Et c'est un marché qui est extrêmement important pour les entreprises françaises,
05:18si elles veulent se développer, parce qu'il y a des capacités extrêmement importantes
05:23en matière de recherche, de technologie qui sont disponibles.
05:26Et puis également, au niveau des marchés publics et de l'investissement,
05:30il y a des capacités, il y a un marché qui est vraiment extrêmement profond
05:34et moins fragmenté que ce que l'on peut trouver en Europe.
05:37Donc à ce regard-là, évidemment, c'est extrêmement intéressant.
05:41Et ça reste un marché dont les entreprises françaises ne peuvent pas nécessairement se passer.
05:46Frédéric, qu'est-ce que vous ressentez par rapport à ces élections ?
05:50Est-ce que ça vous inquiète des changements ou vous rassure des potentiels changements ?
05:55Comment est-ce que vous voyez ça en tant que chef d'entreprise ?
05:59Les marchés détestent l'incertitude.
06:01Donc en fait, le plus important, ça va être de voir, parce qu'il va perdre visiblement les élections,
06:07en tout cas c'est tous les sondages qu'il dit.
06:08C'est les sondages qu'il dit.
06:09Si on part sur une politique de revanche et on essaie d'attaquer tout simplement
06:13parce qu'on veut se venger de Trump, ça ne sera pas terrible.
06:16Maintenant, moi je crois que pour nous, ça ne va rien changer du tout.
06:19Entre nous dans le médical, tout le monde veut que ces technologies avancent,
06:22soient mises à disposition des patients.
06:24Et au contraire, les Américains sont très avancés, même par rapport à nous à l'Europe,
06:28sur les programmes de dépistage, il y en a déjà un aux Etats-Unis,
06:31il y a 15 millions de personnes qui sont éligibles.
06:33En France, zéro, quoi.
06:34Oui, parce que pour revenir sur ce point de dépistage,
06:36effectivement, aux Etats-Unis, c'est pas forcément obligatoire ou pas ?
06:39Mais en tout cas, en France, en Europe, c'est vraiment pas très développé,
06:42c'est pas incité pour l'instant.
06:43Voilà, aux Etats-Unis, si on prend toute personne au-dessus de 50 ans,
06:48qui a un certain historique de tabagisme,
06:49peut aller se faire faire un scanner payé par le gouvernement ou les assureurs privés.
06:54On dépistage du cancer du poumon.
06:55Voilà, donc tout le monde peut le faire.
06:56C'est 15 millions de personnes qui sont éligibles.
06:58En France, on lance un pilote qui va se mettre en place,
07:01mais on est encore à 2-3 ans avant qu'il soit mis en place.
07:03L'Allemagne a commencé, donc ça commence à s'étendre.
07:06Il y a une très forte tendance dans le monde entier.
07:09Toute la médecine se penche maintenant, aujourd'hui,
07:12vers le dépistage précoce et le préventif.
07:14Oui, parce que finalement, que ce soit démocrate ou républicain,
07:17pour vous, on est toujours dans cette...
07:19Ça restera un pays dont la dynamique technologique,
07:22les investissements sur l'IA et aussi cet axe de volonté de dépistage et médical,
07:29il sera toujours là, quoi qu'il arrive.
07:31Je crois qu'en fait, le médical fait l'unanimité partout, vous avez l'IA.
07:35C'est-à-dire qu'il y a le côté anxiogène de l'IA dont tout le monde a peur,
07:38qu'est-ce que ça va avoir comme impact pour l'emploi, etc.
07:42des gens au quotidien, alors que là, ça va sauver des vies.
07:44Donc, je crois que c'est pas un sujet politique,
07:49ils divisent pas d'un point de vue politique.
07:52Et au contraire, Biden avait commencé,
07:54c'est lui qui avait lancé un programme de dépistage
07:56qui a été renforcé encore par l'équipe de Trump.
07:59Parce que vous êtes à la tête de votre entreprise depuis 2002,
08:02vous avez quand même vu la différence, la pluralité de présidents.
08:06Est-ce que finalement, ça a changé beaucoup de choses ?
08:09Au moins, l'arrivée de Donald Trump au pouvoir,
08:12ça a changé quelque chose pour vous ?
08:13Ou vous êtes resté dans cette dynamique ?
08:16Il a accéléré cette dynamique, oui.
08:18Donc, en tout cas, lui, il a vraiment accéléré,
08:20en partie de l'administration actuelle,
08:22ils ont accéléré toute la partie préventive.
08:24Mais ça, c'est ce qu'on voit aussi.
08:25C'est une tendance qu'on voit dans le monde entier.
08:26Les Chinois le font, les Japonais, les Coréens, toute l'Asie.
08:30Et l'Europe s'y met aussi.
08:31Mais ils ont quand même, aux États-Unis,
08:33je crois qu'ils en ont pris une très forte conscience.
08:35On va voir le coût de la santé aux États-Unis,
08:37c'est 20% du PNB.
08:40En France, on est à 10%.
08:41D'accord.
08:41Donc, c'est la plus grande industrie des États-Unis,
08:45c'est la santé.
08:46Et la santé coûte beaucoup plus cher aux États-Unis qu'en Europe.
08:50Véronique, pour prendre un peu de recul sur d'autres secteurs,
08:54est-ce que, par rapport aux entreprises françaises,
08:57ce seraient les droits de douane
08:58qui nous pénalisent le plus
09:01dans nos échanges avec les États-Unis ?
09:03Oui, effectivement.
09:04Pour le moment, c'est vraiment les droits de douane
09:06qui sont les plus, je pense, compliqués
09:07pour les entreprises françaises.
09:09Et c'est précisément, entre guillemets,
09:13ce que cherche à faire Washington,
09:15c'est-à-dire encourager, finalement,
09:17la production locale.
09:19Ça fait partie de cette politique industrielle
09:21qu'il mène depuis longtemps.
09:24Effectivement, Trump a renforcé le volet coercitif
09:28de cette politique industrielle.
09:29Mais sous Biden, elle était déjà présente.
09:33Il faut rappeler qu'en 2022,
09:35il avait mis en place deux lois fédérales,
09:39le SHIPS Act et l'Inflation Reduction Act,
09:43qui, en fait, sont toutes deux
09:45pour encourager la délocalisation,
09:48les subventions.
09:49Il y a également les crédits d'impôt
09:51pour des industriels
09:53qui développent leurs activités aux Etats-Unis.
09:57Donc, il n'y aura pas, à mon sens,
09:58de changement, vraiment,
10:00de politique commerciale,
10:01même si on arrive avec un congrès
10:04qui devenait totalement démocrate,
10:06enfin, totalement, en tout cas,
10:07majorité démocrate.
10:09Mais, voilà, ça fait partie.
10:10Je pense qu'aujourd'hui,
10:11les enjeux pour les entreprises françaises,
10:13c'est des enjeux d'accès, en fait,
10:18au marché américain
10:19et de voir de quelle manière
10:20ils peuvent absorber ces surcoûts
10:24de taxes de douane
10:25qui sont très importantes
10:27puisque, sur l'automobile,
10:29c'est maintenant 15%.
10:31Oui, sur l'alimentaire,
10:32les vins.
10:33L'alimentaire, les vins,
10:34c'est aussi des taxes importantes.
10:36Sur l'acier et l'aluminium,
10:37c'est 50%.
10:38Donc, est-ce que, voilà,
10:40ces entreprises peuvent continuer
10:42à supporter ces coûts
10:43ou est-ce qu'effectivement,
10:45elles sont prêtes à délocaliser
10:47et ce qui est évidemment
10:48une mauvaise nouvelle
10:49pour la France et pour l'Europe
10:52et évidemment,
10:53l'enjeu est aussi au niveau européen.
10:55De quelle manière l'Union européenne,
10:58parce que la politique commerciale,
11:00ça reste la prérogative
11:01de l'Union européenne,
11:02de quelle manière elle pèse
11:03dans ce rapport de force.
11:04Elle a un marché qui, évidemment,
11:06compte énormément,
11:07déjà ne serait-ce que
11:08par son nombre de consommateurs.
11:10De quelle manière
11:11elle arrive à peser
11:12dans le rapport de force,
11:14en développant aussi,
11:15quelque part,
11:16en retour,
11:17certaines interdépendances
11:20avec le marché américain
11:21de manière à pouvoir négocier.
11:23On a aussi, bon,
11:24des instruments qui sont
11:25comme l'instrument anti-coercition
11:29et l'année dernière,
11:31avait été évoqué l'Union européenne
11:33lorsqu'il y a eu
11:35les taxes qui avaient été,
11:36les hausses qui avaient été mises.
11:39Il y avait été évoqué l'idée
11:40d'à un moment donné,
11:42si ça allait un peu trop loin,
11:43de pouvoir utiliser cet instrument
11:45et ça n'a pas été fait.
11:47Et je crois qu'aujourd'hui,
11:48peut-être qu'à un moment donné,
11:50si la politique de Trump
11:52continue comme ça,
11:53à un moment donné,
11:53il faudra peut-être
11:54que l'Union européenne
11:55réenvisage cela.
11:56Juste pour résumer,
11:58s'il y a un changement
11:59de majorité,
12:01ces droits de douane
12:02pourront quand même rester
12:04en place,
12:05parce que ça ne va pas changer
12:06quelque chose sur ces...
12:07Oui, effectivement,
12:08il y a très peu de probabilités,
12:11à mon sens,
12:11que même s'il y avait
12:13un congrès démocrate,
12:14qu'ils arrivent,
12:15il faudrait vraiment
12:15que ce soit les deux chambres
12:16qui soient,
12:17aux deux tiers,
12:20complètement démocrates
12:21pour essayer
12:21d'éventuellement
12:22contrer un potentiel veto
12:24du président
12:25qui ne voudrait évidemment
12:26pas les retirer.
12:27Et il faudrait aussi,
12:28ça sous-entendrait,
12:29que les démocrates
12:31voudraient retirer
12:31ces taxes de douane.
12:33Et ce qu'on explique,
12:34c'est qu'effectivement,
12:36aujourd'hui,
12:36la politique que mène Trump,
12:38elle est plus radicale
12:39et plus coercitive,
12:40mais qu'elle n'est pas
12:41tellement éloignée
12:42de la politique industrielle
12:44commerciale
12:44que menaient Joe Biden
12:45et même les présidents
12:47démocrates précédents.
12:48Vous,
12:48vous fabriquez
12:49aux États-Unis,
12:50comment ça se passe ?
12:51C'est un algorithme
12:54qui tourne dans le cloud,
12:55donc on n'est pas touché
12:57par un besoin
12:59d'implémentation
13:00d'usines locales là-bas,
13:02mais par contre,
13:03on va devenir
13:03de plus en plus présents
13:05sur le marché américain
13:05et donc se développer
13:06en termes d'emplois là-bas,
13:08etc.
13:09Parce que le marché,
13:09c'est un marché uniste
13:10que nous,
13:11on n'a pas en Europe aujourd'hui.
13:12Oui, c'est ça,
13:13parce que vous,
13:14qu'est-ce qui,
13:15pour le coup,
13:16parce qu'en termes
13:16de différence de réglementation,
13:18etc.,
13:18comment est-ce que ça vous impacte
13:21le fait que vous ayez
13:23un pied aux États-Unis,
13:24un pied en France ?
13:25Alors,
13:25pour la partie réglementaire,
13:27pour le médical,
13:28c'est quand même assez...
13:29C'est unifié,
13:30en fait.
13:30Nous, on a fait un marquage
13:31chez eux qui est valable
13:32dans tous les pays
13:33de l'Union européenne.
13:34Donc, ça a été couvert
13:35pour tout le monde.
13:36Par contre,
13:37pour la mise sur le marché,
13:38pour obtenir des remboursements,
13:39il faut aller négocier
13:40avec chaque instance
13:41dans chaque pays.
13:43Et donc,
13:43c'est beaucoup,
13:44beaucoup plus complexe
13:45que d'aller faire ça
13:46aux États-Unis, quoi.
13:47C'est ça.
13:48Et aux États-Unis,
13:50ils sont...
13:51Ils acceptent
13:52l'innovation
13:52assez rapidement.
13:53Ce qu'on fait
13:54toujours en Europe,
13:55on est un peu...
13:55C'est dynamique.
13:56Oui, c'est beaucoup
13:56plus dynamique.
13:57On est un peu plus frileux.
13:58Et donc,
14:00le marché va être,
14:02pour nous,
14:02sur les 3, 4,
14:04peut-être 5 années à venir,
14:05surtout américains.
14:06Oui.
14:06Pour les implantations locales,
14:08ce qui est voulu
14:09par cette politique de douane,
14:10est-ce que vous avez remarqué
14:11qu'il y a eu
14:11des nouvelles implantations,
14:13un développement industriel
14:14sur le territoire américain
14:15provenant d'entreprises
14:16peut-être étrangères,
14:17dynamiques ?
14:18Alors,
14:19effectivement,
14:20quand il y a eu
14:20les annonces
14:22l'année dernière,
14:22en 2025,
14:24je me rappelle
14:24qu'il y a eu,
14:25évidemment,
14:25des dirigeants français
14:27du CAC 40
14:28qui se sont exprimés
14:29et qui ont dit
14:30qu'ils allaient peut-être
14:32devoir effectivement
14:33délocaliser
14:34leur production
14:35aux Etats-Unis.
14:37Je crois qu'aujourd'hui,
14:38il n'y a pas d'études
14:38qui montrent
14:39qu'il y a eu
14:40une vague de départ
14:41et de délocalisation
14:42des entreprises en France.
14:44Donc,
14:45je pense qu'il faut séparer
14:46l'intention
14:47de vraiment la réalité
14:49et de ce qui s'est passé.
14:50Je crois qu'aussi,
14:51derrière ces déclarations-là,
14:52il y avait une manière
14:53d'alerter aussi
14:54les pouvoirs publics,
14:56puisque,
14:56évidemment,
14:58même si la France
14:59dispose
15:00d'éléments
15:02législatifs
15:02dans la politique commerciale,
15:04mais ça reste
15:04de manière large
15:06la prérogative
15:07de l'Union européenne
15:08et je pense que
15:08c'était probablement aussi
15:10une manière
15:10d'interpeller
15:11les pouvoirs publics
15:12et tout l'enjeu
15:13pour eux,
15:14effectivement,
15:15de pouvoir conserver
15:15un accès
15:17au marché américain
15:18qui reste
15:20facile à gérer.
15:21parce que les coûts...
15:23Et puis,
15:23Donald Trump,
15:24il est quand même conscient
15:24qu'en fait,
15:25les États-Unis,
15:25pour la moitié,
15:26en tout cas pour des entreprises,
15:28que ce soit la santé
15:28ou énormément d'entreprises,
15:29le marché américain,
15:30il est fondamental
15:31et il peut augmenter
15:32finalement les coûts
15:33autant qu'il le veut,
15:34presque.
15:35En fait,
15:36ça reste un territoire
15:37dans lequel il faut s'implanter.
15:38Ah oui.
15:39Je crois que
15:40toute société
15:41qui voit l'international,
15:42le marché américain
15:43est absolument au prix mondial.
15:45Ça, c'est clair.
15:45Les capacités de développement,
15:47enfin, je rejoins
15:48ce que monsieur dit,
15:49les capacités de développement
15:50pour une entreprise
15:51qui veut grandir,
15:53elles sont évidemment importantes
15:55et peut-être,
15:56évidemment,
15:57avec des avantages différents
15:58des avantages
15:59qu'on peut trouver
15:59en Europe.
16:01Parce que...
16:01Oui.
16:02Non, moi, je pense
16:02qu'un des grands enjeux
16:03aussi pour l'Europe,
16:04c'est l'innovation.
16:05On voit bien
16:06que la plupart
16:06de l'innovation aujourd'hui,
16:07elle vient
16:08des États-Unis
16:08parce qu'il y a
16:10des capacités de financement
16:11qui sont sans aucune
16:12commune mesure
16:13par rapport
16:13à ce que nous on fait.
16:14Et donc,
16:15l'Europe,
16:15tous les jours,
16:16elle perd du terrain
16:17dans l'innovation
16:18par rapport aux États-Unis.
16:19Tous les jours.
16:20Et tant qu'on n'a pas
16:21même,
16:22au niveau européen,
16:23pu créer
16:24un écosystème
16:25de financement
16:26pour des entreprises,
16:27les jeunes sociétés
16:28de technologie,
16:29elles partent presque
16:30tout de suite
16:30aux États-Unis.
16:32Et très jeunes.
16:33Et souvent,
16:33soit elles se font racheter
16:34par des plus grands
16:35aux États-Unis,
16:36soit elles trouvent
16:37des financements
16:37aux États-Unis.
16:38Et elles continuent
16:38à se développer
16:39aux États-Unis.
16:39Ça,
16:40c'est catastrophique
16:40pour l'Europe
16:41à terme.
16:42Mais ça,
16:42qu'est-ce que...
16:44En fait,
16:45c'est des grandes
16:46politiques,
16:47du coup,
16:47de pays,
16:49c'est des grandes directions
16:50qu'il faudrait choisir
16:50au sein de chaque pays
16:51pour pouvoir stimuler
16:53ensuite,
16:54soit le pouvoir d'achat,
16:55des investissements,
16:55énormément d'acteurs.
16:57Peut-être que c'est là
16:58où on doit se remuer un peu.
16:59C'est-à-dire qu'il faut
16:59qu'il y ait une politique
17:00commune,
17:01économique,
17:02européenne,
17:02qui n'existe pas
17:03réellement aujourd'hui.
17:04Et qu'on puisse
17:06miser sur l'innovation
17:07et sur le futur,
17:08ce qu'on ne fait pas.
17:09Et vous qui êtes aussi,
17:11on a une heure et une minute,
17:12mais vous qui avez aussi
17:13une vue sur la Chine,
17:15est-ce que ce ne serait pas
17:16la Chine, du coup,
17:16finalement,
17:17le plus grand concurrent
17:18des États-Unis ?
17:18Et peut-être que
17:19dans quelques années,
17:20finalement,
17:21de France,
17:21on va aller directement
17:22en Chine,
17:23plutôt que les États-Unis ?
17:24Ce ne l'est déjà.
17:25C'est-à-dire,
17:25les Chinois travaillent,
17:26alors,
17:27non seulement c'est unifié,
17:28mais c'est étatisé.
17:29Ça veut dire qu'ils mettent
17:30des moyens colossaux
17:31quand ils décident
17:32d'aller dans un marché,
17:33et bien,
17:34ils y vont à fond, quoi.
17:36Donc,
17:37la Chine,
17:37on le voit,
17:38et l'impact que ça a déjà
17:39pour l'Europe est colossal,
17:40l'impact que ça a aux États-Unis,
17:42c'est déjà colossal.
17:43Donc,
17:43c'est vraiment
17:44le plus grand contre-pouvoir
17:46américain,
17:47mais économique aujourd'hui,
17:48c'est plus la Chine
17:49que l'Europe,
17:49parce que l'Europe,
17:50on est divisée.
17:54Vous êtes le président
17:55de Médian Technologies,
17:57Véronique Chabourine,
17:57analyste stratégique.
17:58Merci beaucoup
17:59à tous les deux
18:00pour vos regards
18:00sur ces mid-terms
18:02et l'impact que ça peut avoir
18:03sur les entreprises
18:04françaises et européennes.
18:05Et merci à vous toutes et tous
18:06de nous avoir suivis.
18:07C'était Smartéco.
18:08Sous-titrage Société Radio-Canada
18:12Sous-titrage Société Radio-Canada