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  • il y a 11 minutes
L’inquiétude autour des finances publiques françaises s’impose comme le principal catalyseur de nervosité sur les marchés. Avec un déficit bloqué nettement au-dessus des normes européennes et une dette franchissant de nouveaux sommets, le gouvernement fait face à une équation budgétaire quasi insoluble.

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00:09Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance et les tendances de la semaine
00:15avec nous ce midi, Anguéran Arthas, stratégiste et gérant à la financière de l'Échiquier.
00:21Bonjour Anguéran.
00:22Bonjour Pauline.
00:22Eh bien commençons par ces taux qui se stabilisaient à des niveaux assez élevés hier.
00:28Ils sont repartis à la hausse ce matin à commencer peut-être par le cas français avec un rendement français
00:33à 10 ans, je le disais, qui s'établit autour de 4,90%.
00:37Et c'est surtout ce spread franco-allemand qui a atteint quasiment 160 points de base hier avant-hier et
00:44qui s'était détendu à 130 hier pour revenir sur le seuil de 140 aujourd'hui en Guéran.
00:50Alors est-ce que ces seuils commencent à inquiéter les marchés et est-ce que ça commence aussi à inquiéter
00:56la Banque centrale européenne qui pourrait intervenir éventuellement ?
01:00Est-ce que ça commence à inquiéter les marchés ? Oui, on l'a vu la semaine dernière, on l
01:04'a vu en début de semaine.
01:06Il y a une inquiétude qui se généralise d'ailleurs au-delà de la France, on va en parler juste
01:10après, qui commence à toucher le reste de la zone euro.
01:12C'est là d'ailleurs où il y a un sujet et puis donc ça commence à embarquer le reste
01:15des actifs européens au-delà des taux, ça commence à embarquer aussi les actions.
01:19Les actions françaises spécifiquement sous performe mais ça commence à toucher l'ensemble de la cote européenne.
01:24Donc oui, ça commence à inquiéter les marchés.
01:27Est-ce que ça commence à inquiéter la BCE ?
01:30Alors inquiéter est peut-être un mot un peu fort, en tout cas est-ce qu'elle surveille ?
01:33Très certainement, parce qu'il y a des mécanismes après que la BCE peut éventuellement mettre en place si cette
01:40tension continue de s'accroître.
01:44Donc à ce stade, on est encore, je dirais, dans quelque chose de gérable.
01:50Pour la France, c'est un gros sujet mais je dirais si on regarde les marchés d'un peu plus
01:55loin et même du point de vue de la Banque Centrale Européenne,
01:58on reste sur des niveaux qui sont gérables.
02:01Après la tendance, et si on continue d'avoir cette accélération dans les semaines qui viennent,
02:07il est certain que pour la BCE, cette situation-là ne sera pas tenable.
02:11Oui, c'est sûr, on peut imaginer, alors on ne sait pas quel est le seuil où la BCE pourrait
02:15intervenir,
02:16on pourrait peut-être imaginer que ce soit 250 points de base, comme ce qui s'était passé en 2022
02:21avec l'Italie en Guéran.
02:23Alors on ne sait pas, on le rappelle, mais c'est vrai que ça peut être ce seuil,
02:28ou même avant, selon peut-être la vitesse de l'écart de spread entre la France et l'Allemagne.
02:35Sur le risque politique en Guéran, où sont les vrais risques en France évidemment ?
02:40Et où est-ce que le marché s'alarme inutilement ?
02:44Sur la France, effectivement, il y a un vrai risque, et pour revenir sur d'ailleurs ce que peut faire
02:48la BCE,
02:51l'activation du mécanisme qu'on appelle le TPI, c'est très clairement ce qu'elle peut mettre en place,
02:56parce que même si quelque part ce mouvement est lié à des fondamentaux réels sur le plan de la dégradation
03:02budgétaire en France,
03:04on a quand même une accélération et puis un début de contagion au reste de la zone.
03:07Donc même si, selon les critères définis par la BCE, la France ne coche pas toutes les cases,
03:13notamment les procédures pour déficit excessif au niveau de la Commission européenne, il faut le rappeler,
03:19malgré tout, ça n'empêchera pas a priori la BCE d'intervenir,
03:21parce que, exactement comme l'Italie en 2022, on commence à avoir ce risque de contagion.
03:26Effectivement, je pense qu'on vous le disait, il faudra que ça aille un peu plus loin.
03:28Alors il n'y aura pas qu'une question de niveau, il y aura une question de rapidité aussi du
03:32mouvement.
03:32Sur ces niveaux-là, la BCE n'interviendra pas, si on commence à aller tutoyer les 200 points de base
03:37de spread,
03:38il est certain que la question se posera.
03:42Mais, effectivement, ce qu'on voit, c'est que le cas français qui est réel, il n'y a aucun
03:45débat là-dessus,
03:46commence à avoir un effet de contagion vis-à-vis du reste de la zone euro,
03:51et les marchés commencent à mélanger un petit peu tout sur la question risque politique.
03:56C'est assez classique de la part des investisseurs étrangers, notamment américains,
04:02quand il y a une question politique en Europe, surtout quand il y en a plusieurs en même temps,
04:06on ne se pose pas trop la question, on bazar de tout, et puis on réfléchit après.
04:10C'est un peu ce qui s'est passé ces derniers jours.
04:12Or, en réalité, les autres sujets politiques en Europe,
04:16ils n'ont pas du tout du même enjeu que l'enjeu français.
04:19L'enjeu français, il y a un vrai enjeu quand même de quel modèle budgétaire on a après,
04:23de soutenabilité de la dette.
04:24L'élection de 2027 va avoir quand même un enjeu crucial de ce point de vue-là.
04:28Sur les autres échanges politiques en Europe,
04:31il y a quand même moins d'enjeux.
04:33Si on prend le cas de l'Allemagne, qui a beaucoup inquiété ces dernières semaines.
04:36Oui, il y a une montée de l'AFD, tout le monde l'a vue, etc.
04:39Ça fragilise un peu la coalition,
04:40ça fragilise la position de Friedrich Merz au sein de la coalition.
04:44Mais en réalité, il n'y a aucune chance que la coalition éclate,
04:47puisque dans l'état actuel des choses,
04:49un éclatement de la coalition, ça veut dire une quasi-incapacité
04:52à reformer une coalition après de nouvelles élections,
04:54étant donné le poids de l'AFD aujourd'hui dans les sondages.
04:57Donc personne parmi les partis au sein de la coalition
05:01n'a intérêt à ce que la coalition éclate.
05:04Donc oui, il y a des jeux de lutte de pouvoir interne au sein de la coalition,
05:08chacun essaie de gagner un peu de pouvoir.
05:10Peut-être que la proposition de Friedrich Merz sera un moment mise en question,
05:15et encore, parce qu'il faut vouloir prendre la place,
05:17et très honnêtement, il n'y a pas qu'il remonte comme candidat à ce stade.
05:21Donc il y a de l'agitation politique.
05:23Est-ce qu'il y a un vrai risque en Allemagne ?
05:25Moi, je ne pense pas.
05:26Je ne pense pas qu'on aura d'élections anticipées.
05:29Les prochaines élections en Allemagne seront en 2029, comme prévu.
05:31Oui, alors après, il y a d'autres pays.
05:33Par exemple, l'Espagne.
05:34Alors, ce n'est pas du tout la même économie qu'en France.
05:37Alors, est-ce qu'on peut comparer ? Je ne sais pas.
05:39Mais par exemple, en Espagne, il y a des élections anticipées
05:42qui arrivent fin novembre, là.
05:44Mais quand on regarde ces élections anticipées,
05:46les sondages prévoient à ce stade qu'arrive au pouvoir
05:50plutôt une coalition de droite, plutôt conservateur sur le plan budgétaire.
05:54Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle au moment où l'Espagne
05:57a eu une croissance exceptionnelle, a pu réduire sa dette,
05:59mais où, à partir de 2027, elle va commencer à ne plus avoir
06:02tous les fonds européens dont elle a bénéficié ces dernières années ?
06:05Est-ce que dans un contexte comme ça, avoir au pouvoir des gens
06:09qui ont, on va dire, au moins dans l'esprit des marchés,
06:12la réalité peut être différente, mais au moins dans l'esprit des marchés,
06:15ont une position budgétaire un peu plus stricte ?
06:20Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle ? Je ne pense pas vraiment.
06:23Et le dernier cas politique, c'est le cas de l'Italie,
06:26où il y aura des élections legislatives en 2027.
06:31L'opposition à Giorgia Meloni, aujourd'hui, est très éclatée.
06:35On ne voit pas tellement d'où pourrait venir le chambardement.
06:40Alors, c'est toujours possible, en particulier en Italie,
06:43mais il y a quand même toutes les chances qu'il y ait une stabilité
06:47au niveau politique en Italie.
06:50Donc, quand on met tout bout à bout, oui, il y a des échéances.
06:53Est-ce qu'il y a un risque vraiment, notamment économique, budgétaire, etc.,
06:58sur ces échéances politiques ?
07:00Moi, il ne me semble pas.
07:01Donc, je pense qu'on est dans un moment où les marchés mélangent un peu tout,
07:04parce que le risque politique français, encore une fois,
07:05est en train d'avoir un effet de contagion sur tout le reste,
07:08de contaminer tout le sentiment de marché vis-à-vis de l'Europe.
07:11Mais le seul sujet inquiétant, il reste contenu en France.
07:16En revanche, les autres pays ne sont pas vraiment concernés.
07:17Le cas franco-français, on va suivre, évidemment,
07:20la présentation du budget 2027 et puis ces élections
07:24à venir dans quelques mois en guérant un autre sujet.
07:27Il est du côté des États-Unis.
07:29Il nous reste deux minutes pour en parler rapidement.
07:32On a pris connaissance la semaine dernière d'un rapport sur l'emploi
07:36plus faible qu'attendu, 29 000 créations.
07:39Et on a aussi pris connaissance des indices PCE et CORPCE
07:43qui sont évidemment privilégiés par la Réserve fédérale.
07:47Après cette semaine et après surtout ce rapport sur l'emploi,
07:50la hausse des taux qui était pricée à 80 % par le marché
07:53était pricée finalement à plus que 20 %.
07:55Alors, que faut-il attendre de la Réserve fédérale le 28 octobre prochain ?
08:00Je pense qu'il n'y aura pas d'hausse de taux.
08:02C'était déjà ma position avant ces chiffres
08:04et donc ça n'a pas vraiment bougé.
08:05La prochaine hausse de taux aura lieu en décembre.
08:08Ces chiffres, finalement, ils ont un intérêt.
08:10C'est que, bon, déjà, le PCE, c'est lié quand même
08:13à des révisions de méthodologie,
08:14mais ça montre finalement qu'il n'y a pas d'accélération
08:16de l'inflation cette année.
08:18Déjà, c'est rassurant pour la Fed.
08:20Et le rapport emploi, alors, les chiffres de l'année étaient faibles.
08:23Sous la surface, c'était un peu meilleur.
08:25C'est l'inverse du mois précédent.
08:26C'est un peu comme ça en ce moment aux États-Unis.
08:28Mais globalement, ça ne montre pas de faiblesse
08:31du marché de l'emploi, mais ça enlève un peu
08:33le risque de surchauffe qui avait commencé à émerger
08:35après le rapport emploi précédent, qui était très fort.
08:39Donc, ça donne du temps à la Fed.
08:41Je pense que ça ne remet pas en cause le fait
08:43qu'elle veuille continuer à relever les taux.
08:45Simplement, elle va se donner du temps.
08:46Donc, il n'y aura rien en octobre.
08:48Et on va se reporter sur décembre,
08:50où là, la probabilité est importante,
08:52sauf si vraiment, on a une accumulation de chiffres très faibles
08:56d'inflation et d'emploi d'ici là,
08:58auquel cas, peut-être qu'elle reverrait sa copie
09:00de manière un peu plus générale.
09:02Oui, on suivra ces chiffres jusqu'en décembre avec attention.
09:06Et puis, surtout qu'entre-temps, il y a les mid-turns
09:07qui arrivent dans un mois.
09:09Merci beaucoup, Anguéran Arthas.
09:11Vous êtes stratégiste et gérant à la financière de l'Échiquier.
09:15Merci beaucoup.
09:16Merci à vous de nous avoir suivis
09:19en parlant de la Réserve fédérale.
09:21Ce soir, on restera attentifs à la publication
09:23des minutes de la fête de la réunion du mois de septembre,
09:26la première hausse des taux de la Réserve fédérale
09:29depuis 2023, une hausse des taux
09:31qui avait été votée à l'unanimité aux États-Unis.
09:36Voilà, donc ce sera à 20h ce soir.
09:37On regardera ce compte-rendu de la Réserve fédérale.
09:40Merci à tous de nous avoir suivis.
09:42On se retrouve ce soir à 17h30 sur Bsmart.
09:51Sous-titrage Société Radio-Canada

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