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  • il y a 10 minutes
BFMTV propose un nouveau numéro exceptionnel du FORUM BFMTV: “Pillages, émeutes : la France débordée” présenté par Maxime Switek. La chaîne consacre une soirée spéciale pour permettre à des citoyens, des personnalités politiques et des spécialistes d'échanger après la journée de manifestations du 17 octobre émaillée de violences.

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Transcription
00:00Je voudrais commencer ce soir par le témoignage de Soad.
00:05Bonsoir.
00:05Bonsoir. Merci beaucoup d'être là et d'avoir fait le trajet depuis Marseille.
00:09Vous, vous êtes buraliste.
00:10Tout à fait.
00:11On verra dans un instant les images que vous nous avez confiées, ce qui reste de votre bar tabac.
00:15La question est toute simple.
00:17Qu'est-ce qui s'est passé pour vous le 17 octobre, samedi ?
00:20Eh bien, le 17 octobre, samedi, je suis allée travailler normalement.
00:24Et puis, tout était tranquille, rue de la République à Marseille.
00:28À 13h30, on a commencé à me dire, tu sais, tu devrais fermer.
00:31Ils sont en train de monter la rue de la République.
00:33Ils arrivent.
00:33J'ai commencé à voir des camions de CRS passer par là.
00:36J'ai regardé mon salarié.
00:37Je lui ai dit, écoute, on va fermer et on va rentrer chez nous.
00:40On est rentrés.
00:41Et puis, ça a été tranquille l'après-midi.
00:43À 18h30, la télésurveillance me contacte et me dit, il y a un déclenchement dans votre tabac.
00:49Donc, je me connecte aux vidéos.
00:50Je regarde.
00:51Et là, je vois le rideau qui bouge de plus en plus.
00:54Et ça a duré une bonne demi-heure.
00:56Ils étaient là à cogner dessus.
00:58Jusqu'à ce qu'ils cèdent.
01:00Et je vois rentrer une personne, deux personnes.
01:03Comme j'avais un système de brouillard.
01:06Au bout de 10 secondes, on ne voyait plus rien.
01:09Malheureusement...
01:10C'est du brouillard qui se disperse, normalement, pour empêcher les cambriolages.
01:12Tout à fait.
01:13Sauf qu'ils sont quand même restés à l'intérieur.
01:15La télésurveillance m'appelait sans arrêt en me disant, on entend parler, on entend crier.
01:20Ça bouge énormément.
01:21L'alarme se déclenche constamment.
01:23Au bout de trois quarts d'heure, une heure, le brouillard s'est dissipé.
01:27Et je les ai vus dans le magasin.
01:29C'était déjà complètement saccagé.
01:32Ça ne s'est pas arrêté.
01:33Puisque la télésurveillance m'a contactée jusqu'à à peu près 23h30.
01:38À 23h30, on a décidé que ça suffisait.
01:42J'ai, moi, contacté la police qui m'a dit qu'elle ne pouvait pas intervenir et qu'elle ne
01:46pouvait pas agir au cas par cas.
01:48Voilà.
01:49Donc, de rester chez moi et d'attendre que ça passe.
01:53Le lendemain matin, à 7h, 7h30, je suis allée au tabac pour constater un petit peu ce qui s'était
01:59passé.
02:00Et j'ai découvert le carnage.
02:02Je vous ai transmis quelques images, d'ailleurs.
02:03On va voir les images qui vont apparaître dans ce mur d'images, ce sort, ce qui reste de votre
02:07bar tabac.
02:08Alors ça, c'est la devanture.
02:09C'est ça.
02:09Vous savez comment ils l'ont attaqué ?
02:11Avec quoi ils l'ont attaqué ?
02:12Voilà ce qui reste.
02:13Oui.
02:17Voilà ce qui reste de votre bar tabac.
02:18C'est ça.
02:22Oui, tout.
02:23Mais les monnayeurs sont par terre.
02:24Enfin, ils ont fait la totale.
02:28Qu'est-ce que ça vous fait de voir ça ?
02:30Ça me fait mal.
02:30J'ai l'impression d'être violée, réellement.
02:35J'ai mal dans ma chair.
02:37Parce que c'est quand même le travail de...
02:39C'est 19 ans de travail, le labeur de toute une vie.
02:42Ça fait 19 ans que vous étiez dans ce...
02:43Ça fait 19 ans que je tiens ce tabac.
02:4519 ans que je me lève tous les matins à 5h du matin, que je vais ouvrir mon tabac, que
02:49je travaille, que je fais des heures pas possibles pour en arriver là.
02:54Voilà.
02:54Et c'est très très très dur.
02:56Mais bon, là, je parle de moi, mais en fait, je parle aussi au nom de tous mes collègues buralistes
03:00qui ont subi le même sort et qui ne sont pas là pour pouvoir s'exprimer et raconter ce qui
03:05leur est arrivé.
03:06Oui.
03:07Il y a plusieurs choses.
03:08Ils sont restés jusqu'à quelle heure dans votre tabac ?
03:10Alors, d'après ce que m'ont dit des gens qui étaient sur place quand je suis arrivée le matin,
03:15ils y étaient jusqu'à à peu près 4h, 4h30 du matin.
03:17Ça a commencé à 18h30.
03:19C'est-à-dire qu'entre 18h30 et 4h30 du matin, la police n'est pas intervenue ?
03:23Personne n'est passé.
03:24Et quand vous appeliez la police, il se passait quoi ?
03:27Ils m'ont répondu une première fois et c'est là qu'ils m'ont dit qu'ils ne pourraient
03:30pas intervenir.
03:31Après, ils ne répondaient plus.
03:32Après, ils ne répondaient plus.
03:33Parce qu'ils devaient être submergés par les appels aussi.
03:34En même temps, je pense qu'il n'y avait pas les moyens nécessaires.
03:38Je ne défends personne.
03:39Mais je dis simplement que nous, on était livrés à ces malfaiteurs.
03:45Que la police n'a pas eu les moyens nécessaires pour faire son travail.
03:50Je pense que la défaillance, elle vient de beaucoup plus haut.
03:53Voilà.
03:55Vous disiez que c'est comme un viol pour vous ?
03:58C'est un viol, oui.
03:59Ça vous était déjà arrivé ?
04:00Oui, il y a trois ans.
04:01Le 30 juin 2023, pareil.
04:04Pareil ?
04:05Pareil.
04:05Dans des émeutes, pareil ?
04:06Pareil.
04:08Et vous avez reconstruit ?
04:09J'ai reconstruit.
04:10Vous êtes remontée ?
04:11Je suis remontée.
04:12Et là, j'ai déjà recommencé à reconstruire hier.
04:14Alors, le tabac est toujours comme ça parce qu'il y a aussi des lenteurs administratives.
04:19Mais voilà, j'ai sécurisé.
04:21J'ai commencé à demander des devis avant de pouvoir commencer le travail.
04:25Parce qu'il faut aussi que l'expert passe.
04:26Ce matin, j'étais avec l'huissier de justice qui est venu constater.
04:30En fait, on ne peut pas s'arrêter.
04:31On n'a même pas le droit de pleurer.
04:33On est obligé d'être réactif.
04:36Et on vous sent quand même combative ce soir ?
04:37Mais je suis combative parce que je ne cèderai pas.
04:40Je vais me relever.
04:40Il le faut.
04:41Il le faut pour moi, pour ma famille et pour tous les commerçants.
04:46Voilà.
04:47Vous ne voulez pas leur laisser la victoire ?
04:50Ce n'est pas une question de victoire.
04:51Je travaille.
04:52J'ai besoin de travailler.
04:53C'est mon outil de travail.
04:54Si je perds mon outil de travail, je n'ai plus de vie.
04:57Je n'ai plus de vie.
04:58Et je n'irai pas vivre de l'aide sociale.
05:00Voilà.
05:01Je n'irai pas vivre de l'aide sociale.
05:01Je n'irai pas vivre de l'aide sociale.
05:01Je n'irai pas vivre de l'aide sociale.
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