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  • il y a 5 minutes
Avec Alain Di Crescenzo, président de CCI France
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##PARLONS_CASH-2026-10-20##

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News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, Parlons Cash.
00:03Et dans Parlons Cash, aujourd'hui nous évoquons le sort des commerces.
00:08Le gouvernement annonce une première série de mesures à destination d'un secteur sous le choc.
00:12Ces mesures vont-elles suffire ?
00:14Et bien sûr, on va d'abord en parler avec vous, Alain Di Crescenzo.
00:18Vous êtes président de la Chambre de Commerce et d'Industrie.
00:21Mais d'abord, Clément Barguin, quelques chiffres.
00:243 000 commerces touchés selon les dernières estimations.
00:28Des pillages à Paris, Rennes, Lille, Bordeaux.
00:30On parle de plusieurs centaines de millions d'euros de dégâts.
00:33C'est réaliste comme chiffre.
00:34Oui, c'est le premier chiffrage de la Fédération du Commerce et de la Distribution.
00:38Et les bilans s'arlourdissent heure après heure.
00:41Carrefour, à lui seul, compte 50 magasins touchés, dont 19 pillés ou saccagés.
00:46Plus de 10 millions d'euros de travaux, selon Alexandre Bompard.
00:50La FNAC d'Arti parle d'intrusion et de dégradation insupportable dans plusieurs magasins de centre-ville.
00:55Et derrière les grands groupes, il y a les artisans et les indépendants
01:00qui, eux, n'ont pas les reins aussi solides pour attendre le passage de l'expert d'assurance.
01:05Alors, le ministre du Commerce, Serge Papin, sera en entretien exclusif sur Sud Radio tout à l'heure à 8h30.
01:10Ne manquez pas le rendez-vous.
01:11Mais d'abord, on va voir avec vous, Alain Di Crescenzo.
01:14Vous êtes président de la Chambre de Commerce et d'Industrie.
01:16On va faire le bilan et vous allez nous dire ce dont vous avez besoin.
01:19Bonjour.
01:21Bienvenue dans le studio.
01:22D'abord, faisons un point sur le nombre.
01:24Combien de commerces sont touchés ce matin ?
01:26Est-ce que vous avez pu consolider le bilan ?
01:28On parlait de 3 000. Est-ce que ça a évolué ?
01:30Alors, nous, on est entre 2 000 et 3 000.
01:32Mais on en a visité 1 629.
01:34Pour être très précis, 1 629 commerces ont été visités
01:38et sur lesquels on a commencé à faire le point sur les dégâts
01:41et sur les différentes difficultés qu'ils ont.
01:43Quelles sont les remontées que vous avez sur ces premiers 1 600 commerces saccagés ?
01:49Ce qui vous choque, c'est peut-être l'ampleur des dégâts ?
01:52Alors, c'est l'ampleur des dégâts et surtout la période.
01:55Il n'y a jamais de bonne période pour être cassée.
01:57Mais là, c'est une mauvaise période puisque c'est la période des fêtes de fin d'année.
02:01Entre novembre et décembre, c'est 40% de chiffre d'affaires.
02:04Et cette période intervient après un été qui a été mauvais.
02:07Vous le savez, ça a été à peu près moins 20% de chiffre d'affaires sur l'été.
02:11Donc, on ajoute de la souffrance à la souffrance.
02:13Et là où il faut aller très vite,
02:14c'est le message que j'ai fait passer d'ailleurs entendu par le gouvernement,
02:17c'est que si on ne veut pas perdre cette saison,
02:21il faut absolument recommander les stocks.
02:23Parce que si nos commerces en pleurent,
02:25ce n'est pas ce qu'ils ont perdu,
02:26la matière première pour vendre pendant cette période qui est hyper stratégique.
02:30Combien de temps ça prend de reconstituer les stocks ?
02:34Ça dépend évidemment des filières, j'imagine.
02:35Ça dépend des filières.
02:36Donc, lorsque vous avez, par exemple,
02:38vous parliez de la grande distribution,
02:39il y a des stocks externalisés.
02:41Mais pour ça, pour reconstituer les stocks,
02:43il faut resécuriser les magasins.
02:45Donc, la priorité, c'est qu'on resécurise les magasins
02:47et ensuite, on remplit les magasins
02:49de façon à pouvoir, encore une fois, faire commerce.
02:52C'est pour ça que ce qui va se passer,
02:54pourrait se passer la semaine prochaine,
02:56samedi prochain, est grave.
02:58C'est pour ça que j'ai demandé une pause.
02:59Parce que les commerçants me disent,
03:01qu'est-ce que je fais ?
03:02Je répare ma vitrine ou j'attends la semaine prochaine ?
03:04Et ça, si vous voulez...
03:06Quand vous dites une pause, c'est-à-dire ?
03:08Pas de manifestation la semaine prochaine.
03:10Vous demandez que les manifestations soient interdites.
03:12C'est ça, clairement.
03:13Parce que les conditions ne sont pas réunies.
03:15Parce qu'on va ajouter de la souffrance à la souffrance.
03:17Et puis, parce que, je crois que vous l'avez vu aussi,
03:20on en a parlé,
03:21les commerçants fatigués commencent à s'armer.
03:23Et ça, c'est pas bon.
03:24Alain Di Crescenzo, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie,
03:27vous nous annoncez sur Sud Radio ce matin
03:29que vous demandez au gouvernement
03:31de faire une pause,
03:32d'interdire toutes les manifestations.
03:34le week-end prochain ?
03:35C'est une pause que je demande.
03:36Alors, je veux être clair,
03:38il y a un droit constitutionnel à manifester,
03:39mais les conditions ne sont pas requises.
03:41Et quand les conditions ne sont pas requises,
03:42quand nos commerçants sont fatigués,
03:45quand les manifestations ne sont pas sous contrôle,
03:47on l'a vu,
03:48à ce moment-là, il faut faire une pause.
03:49Ça veut dire qu'on pause,
03:51on n'oublie pas nos revendications,
03:53mais on repousse à plus tard.
03:55Et je crois qu'il y avait quelque chose de prévu le 5 novembre.
03:58Oui, effectivement, les deux dates,
03:59c'est le week-end prochain,
04:00mais également le 5 novembre.
04:02Vous êtes allés rencontrer des commerçants,
04:04ils étaient en pleurs,
04:05dépassés par les événements.
04:07Le réseau Chambre de Commerce
04:08a ouvert des cellules psychologiques.
04:10Oui, on a été obligés d'ouvrir des cellules psychologiques.
04:12On a vu notamment,
04:13je ne sais pas si vous l'avez vu,
04:15cette femme interrogée sur TF1,
04:17qui pleurait,
04:18qui craquait complètement devant la caméra.
04:20C'est ce que vous avez vu,
04:21ce que vous avez constaté vous-même.
04:22Hier, j'étais à la Cécile de Paris-le-de-France,
04:24j'ai rencontré les personnes de la PESA.
04:26Donc, concrètement,
04:27il y a des risques,
04:28on a des risques de suicide.
04:30Je crois qu'il faut dire des choses clairement.
04:31Non, les gens sont au bout.
04:34Ça veut dire que parmi ceux que vous rencontrez,
04:35certains vous disent,
04:36j'arrête ?
04:37Alors, il y en a qui disent,
04:38j'arrête,
04:39sauf si vous nous trouvez des solutions,
04:40sauf si vous vous accompagnez.
04:42Et c'est là que,
04:42nous, on a plus de 1000 personnes sur le terrain.
04:45On a, sur la seule ville de Lyon,
04:47sur nos propres budgets,
04:48et vous savez qu'ils sont attaqués en ce moment,
04:50on a dépêché 150 vigiles,
04:52de façon à garder,
04:53donc, les magasins qui ont été fracturés.
04:55Voilà.
04:56On est sur le terrain,
04:57sur la ville de Lyon aussi.
04:59Donc, les dépôts de plaines
04:59se font dans la Chambre de Commerce et d'Industrie.
05:01Je veux simplement,
05:02si vous le permettez,
05:03remercier mes collaboratrices et collaborateurs
05:06qui ont travaillé tout le week-end,
05:08qui travaillent sans relâche,
05:09dans des conditions qui sont difficiles.
05:10Merci à eux.
05:11Merci à elles.
05:12Pour qu'on soit concret sur le temps que ça va prendre,
05:16parce que ceux qui ont été détruits
05:18et qui se disent
05:19« Je vais peut-être essayer de sauver ma saison avec Noël ».
05:22Les assurances.
05:23Est-ce qu'on a un espoir
05:24que les assurances puissent aller vite,
05:27rembourser vite,
05:28et que ces magasins, ces commerces
05:30puissent être opérationnels avant Noël ?
05:32C'est possible ?
05:33C'est réaliste ou pas ?
05:33Moi, je crois que c'est possible.
05:34Je crois que c'est possible.
05:35Vous avez vu les communiqués de France Assureur.
05:38On a des gens sérieux en face de nous.
05:39Ils nous l'ont démontré
05:40pendant les incendies qu'on a eus à Bordeaux et dans les Landes.
05:42Point numéro un.
05:43Moyennant quoi ?
05:45Donc, faire un dossier de Sydney, ça prend du temps.
05:46Donc, c'est pour ça qu'on a demandé des accomptes.
05:48Et ça, ça a été entendu.
05:50Mais pour faire le pont
05:52entre, justement,
05:53ou venir abonder ces accomptes
05:55et en attendant les remboursements,
05:57c'est pour ça qu'on a besoin d'un fonds de soutien.
05:58Et c'est la mesure.
06:00Vous en parlerez peut-être avec Serge Papin.
06:01C'est la mesure dont on a parlé ensemble
06:03pendant le week-end.
06:04Tout le reste a été fait.
06:05Tout ce dont on s'est parlé a été exécuté.
06:08Je parle du chômage.
06:09Je parle du chômage partiel.
06:10Je parle des moratoires sur les charges,
06:12les taxes sociales et fiscales.
06:14Le fonds de soutien est important.
06:16Donc, là, on a besoin d'un fonds de soutien
06:17pour avoir une aide d'urgence,
06:19justement, pour faire le pont
06:20et venir abonder ces accomptes
06:23qui vont arriver
06:23et qui ne seront pas suffisants.
06:25Bonne nouvelle.
06:26Bonne nouvelle.
06:27J'ai déjà deux fonds régionaux
06:28qui ont été créés
06:29autour des chambres de commerce et d'industrie.
06:31À Marseille, dotés de 15 millions d'euros
06:32par les trois collectivités
06:34que sont la région,
06:35le département et la métropole.
06:37Voir quelques entreprises
06:37qui pourra abonder.
06:38Et à Lyon, on a déjà 10 millions d'euros
06:40du fait de la métropole.
06:42Donc, ça, ça va venir aussi
06:43soutenir nos commerçants.
06:44Donc, ça, c'est pour le fonds.
06:45Est-ce que l'État doit aussi
06:47et est-ce que vous avez des engagements
06:48pour repousser les prélèvements de charges ?
06:51C'est fait.
06:52C'est fait, obtenu.
06:53Sur les moratoires.
06:54Alors, est-ce que le papier a été signé ?
06:56Là, je n'ai pas de doute.
06:57Ça sera fait.
06:58Oui, c'est une affaire de jour.
06:58Bon.
06:58Y compris les banquiers
06:59sur le report des échéances.
07:01L'objectif, c'est évidemment,
07:03et vous nous le disiez tout à l'heure,
07:04Alain Di Crescenzo,
07:05c'est de se remettre avant Noël
07:06pour profiter de la période.
07:08Est-ce que vous avez une évaluation
07:09sur les 3 000 commerces touchés ?
07:11Combien vont pouvoir relever la tête ?
07:12On ne sait pas.
07:13Déjà, sur les 1 620 et quelques
07:16qu'on a visités,
07:18on aura de sérieux problèmes.
07:19On aura de sérieux problèmes
07:20parce qu'encore une fois,
07:22les stocks étaient...
07:23Vous avez des magasins
07:24qui étaient complets, pleins.
07:25Et donc, refaire un stock complet
07:27pour attaquer les périodes
07:28de fin d'année,
07:29ça sera difficile.
07:30Bon, écoutez, on croise les doigts.
07:31Et simplement,
07:32ce qui pourrait nous aider,
07:33et c'est le message
07:34que je fais passer,
07:35c'est pas...
07:35Là, on ne parle pas du gouvernement,
07:36on ne parle pas d'une aide particulière,
07:38c'est la solidarité
07:39de nos concitoyens.
07:41Il faut absolument
07:42que pendant cette période,
07:43nous laissions tomber
07:44les plateformes de vente en ligne
07:45et qu'on retourne,
07:46donc dans nos quartiers,
07:48qu'on retourne
07:49auprès de nos commerçants
07:50pour consommer local.
07:51C'est fondamental.
07:52La solidarité
07:53est majeure
07:54et fondamentale.
07:56Alain Di Crescenzo,
07:57dernière question,
07:58je le redis,
07:59c'est votre appel
08:00ce matin sur Sud Radio,
08:02vous demandez au gouvernement
08:03une pause,
08:04vous ne souhaitez pas
08:05qu'il y ait de manifestation
08:06le 24,
08:07ce week-end prochain
08:08ou bien le 5 novembre ?
08:09Exactement,
08:10je souhaite une pause
08:10et ça s'appelle aussi
08:11de la solidarité.

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