00:00J'imagine qu'il y a un danger, je ne sais pas si vous le voyez vous de la même
00:03manière que moi.
00:04Est-ce qu'il faut, ça me dit, interdire les manifestations, oui ou non ?
00:09Si on interdit les manifestations, elles auront lieu quand même.
00:12Ce ne sont pas les manifestations qui auront lieu, c'est des émeutes.
00:14Donc ce que je voudrais dire ici une nouvelle fois,
00:17c'est que le premier rôle du gouvernement c'est de protéger la population.
00:21Ce qui est en train de se préparer déjà, on le voit à l'antenne, les gens le disent,
00:24ce qui est quand même nouveau, c'est que si l'État est défaillant à les protéger,
00:28ils vont se protéger eux-mêmes, moi j'ai des messages de gens qui...
00:32Non mais attendez, il y a un syndicat de restaurateurs qui fait état de messages massifs de ses adhérents.
00:38Mais qu'est-ce qu'il faut faire samedi ?
00:39Qu'est-ce qu'il faut faire samedi selon vous ?
00:41Je vais vous répondre Pascal, la deuxième chose, c'est que si l'État ne remet pas de l'ordre
00:44très vite,
00:45tous les gens qui ont les moyens, ils partiront avec femmes et enfants à l'étranger.
00:48C'est-à-dire que ce qu'il reste de force vive à notre pays, économiquement, va partir.
00:52Je suis d'accord avec vous, mais samedi, vous êtes...
00:54D'abord, on imagine parfois que vous puissiez être un jour ministre de l'Intérieur.
00:58Donc qu'est-ce que vous faites samedi si vous devez gérer cela concrètement ?
01:02Dites-moi.
01:03Je vais à la télé et j'assume que le mot d'ordre donné aux policiers et aux gendarmes
01:07sera de casser les casseurs en expliquant que l'attitude sera donnée aux policiers et aux gendarmes
01:12d'utiliser, mais en fait c'est juste l'application du droit qui existe déjà,
01:15toute la force légitime qui existe.
01:17Ensuite, Pascal, je vous réponds, parce que ça fait trois fois que vous me demandez
01:19s'il faut interdire, faire de l'état d'urgence, etc.
01:23L'armée ?
01:25Non, le rôle de l'armée n'est pas d'intervenir sur le territoire national,
01:28sauf en cas d'effondrement.
01:30Vous ne trouvez pas qu'on est dans un...
01:31Pardonnez-moi, c'est moi qui vois mal les choses.
01:34On n'est pas dans un état d'effondrement.
01:36Il y a combien de morts ?
01:37Aujourd'hui, là, il y a combien de morts ?
01:39Donc les morts, tant qu'il n'y a pas de morts, il n'y a pas d'effondrement.
01:41Il faut garder la tête froide.
01:43Aujourd'hui, il y a une défaillance dans l'utilisation de la force par l'État.
01:46Il faut garder ce qu'on appelle de la profondeur tactique.
01:49Qu'est-ce qui peut se passer ?
01:50Vous avez mis un certain nombre de scénarios.
01:52Ils sont possibles.
01:53Moi, je suis assez d'accord avec vous à titre personnel.
01:55Mais c'est la raison pour laquelle il faut garder de la profondeur juridique.
01:59Aujourd'hui, on ne va pas interdire à tous les Français de circuler librement
02:03pendant un état d'urgence qui n'améliorerait qu'à l'extrême marge.
02:08Parce que l'état d'urgence, si les gens descendent pour le braver,
02:11vous vous retrouvez avec le problème précédent.
02:12L'interdiction, si les gens descendent pour la braver,
02:15vous vous retrouvez avec le problème précédent.
02:16Le jour qu'à Dieu ne plaise où il y aura des morts,
02:19moi, je vous ai déjà dit que les morts des émeutiers,
02:21il faudra les assumer si elles sont dans le cadre légal.
02:23Mais le jour où il y aura des familles qui auront été violées, tuées, etc.,
02:29parce que l'État n'aura pas su l'empêcher,
02:31ce qui sera une défaillance abisale...
02:33Mais vous ne voulez pas imaginer en amont le pire ?
02:37Mais le problème, c'est qu'il faut l'éviter le pire.
02:42Vous êtes un spécialiste, moi, je vous écoute.
02:44Je ne le suis pas.
02:45Vous me posez la question de l'armée.
02:47J'ai parlé hier à un certain nombre de chefs de la police,
02:49de la gendarmerie et de l'armée,
02:50et je vous garantis que l'armée, elle est en réserve en cas d'effondrement.
02:55Et que nous avons les moyens, en effectif de CRS,
02:59de gendarmes mobiles et de compagnies d'intervention, etc.,
03:01de maintenir l'ordre à condition d'assumer la force légitime.
03:04Et donc, la violence d'État contre les émeutiers.
03:07L'armée, elle est déjà sur le terrain, ce sont les gendarmes.
03:09Bon, Natacha Polony est avec nous, elle va rester quelques minutes.
03:12Bon, Natacha.