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  • il y a 10 heures
«Les morts des émeutiers, il faudra les assumer si elles sont dans le cadre légal», estime Thibault de Montbrial

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur les violences, les dégradation, les émeutes et les pillages qui ont eu lieu tout le week-end dans de nombreuses villes en France.

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Transcription
00:00J'imagine qu'il y a un danger, je ne sais pas si vous le voyez vous de la même
00:03manière que moi.
00:04Est-ce qu'il faut, ça me dit, interdire les manifestations, oui ou non ?
00:09Si on interdit les manifestations, elles auront lieu quand même.
00:12Ce ne sont pas les manifestations qui auront lieu, c'est des émeutes.
00:14Donc ce que je voudrais dire ici une nouvelle fois,
00:17c'est que le premier rôle du gouvernement c'est de protéger la population.
00:21Ce qui est en train de se préparer déjà, on le voit à l'antenne, les gens le disent,
00:24ce qui est quand même nouveau, c'est que si l'État est défaillant à les protéger,
00:28ils vont se protéger eux-mêmes, moi j'ai des messages de gens qui...
00:32Non mais attendez, il y a un syndicat de restaurateurs qui fait état de messages massifs de ses adhérents.
00:38Mais qu'est-ce qu'il faut faire samedi ?
00:39Qu'est-ce qu'il faut faire samedi selon vous ?
00:41Je vais vous répondre Pascal, la deuxième chose, c'est que si l'État ne remet pas de l'ordre
00:44très vite,
00:45tous les gens qui ont les moyens, ils partiront avec femmes et enfants à l'étranger.
00:48C'est-à-dire que ce qu'il reste de force vive à notre pays, économiquement, va partir.
00:52Je suis d'accord avec vous, mais samedi, vous êtes...
00:54D'abord, on imagine parfois que vous puissiez être un jour ministre de l'Intérieur.
00:58Donc qu'est-ce que vous faites samedi si vous devez gérer cela concrètement ?
01:02Dites-moi.
01:03Je vais à la télé et j'assume que le mot d'ordre donné aux policiers et aux gendarmes
01:07sera de casser les casseurs en expliquant que l'attitude sera donnée aux policiers et aux gendarmes
01:12d'utiliser, mais en fait c'est juste l'application du droit qui existe déjà,
01:15toute la force légitime qui existe.
01:17Ensuite, Pascal, je vous réponds, parce que ça fait trois fois que vous me demandez
01:19s'il faut interdire, faire de l'état d'urgence, etc.
01:23L'armée ?
01:25Non, le rôle de l'armée n'est pas d'intervenir sur le territoire national,
01:28sauf en cas d'effondrement.
01:30Vous ne trouvez pas qu'on est dans un...
01:31Pardonnez-moi, c'est moi qui vois mal les choses.
01:34On n'est pas dans un état d'effondrement.
01:36Il y a combien de morts ?
01:37Aujourd'hui, là, il y a combien de morts ?
01:39Donc les morts, tant qu'il n'y a pas de morts, il n'y a pas d'effondrement.
01:41Il faut garder la tête froide.
01:43Aujourd'hui, il y a une défaillance dans l'utilisation de la force par l'État.
01:46Il faut garder ce qu'on appelle de la profondeur tactique.
01:49Qu'est-ce qui peut se passer ?
01:50Vous avez mis un certain nombre de scénarios.
01:52Ils sont possibles.
01:53Moi, je suis assez d'accord avec vous à titre personnel.
01:55Mais c'est la raison pour laquelle il faut garder de la profondeur juridique.
01:59Aujourd'hui, on ne va pas interdire à tous les Français de circuler librement
02:03pendant un état d'urgence qui n'améliorerait qu'à l'extrême marge.
02:08Parce que l'état d'urgence, si les gens descendent pour le braver,
02:11vous vous retrouvez avec le problème précédent.
02:12L'interdiction, si les gens descendent pour la braver,
02:15vous vous retrouvez avec le problème précédent.
02:16Le jour qu'à Dieu ne plaise où il y aura des morts,
02:19moi, je vous ai déjà dit que les morts des émeutiers,
02:21il faudra les assumer si elles sont dans le cadre légal.
02:23Mais le jour où il y aura des familles qui auront été violées, tuées, etc.,
02:29parce que l'État n'aura pas su l'empêcher,
02:31ce qui sera une défaillance abisale...
02:33Mais vous ne voulez pas imaginer en amont le pire ?
02:37Mais le problème, c'est qu'il faut l'éviter le pire.
02:42Vous êtes un spécialiste, moi, je vous écoute.
02:44Je ne le suis pas.
02:45Vous me posez la question de l'armée.
02:47J'ai parlé hier à un certain nombre de chefs de la police,
02:49de la gendarmerie et de l'armée,
02:50et je vous garantis que l'armée, elle est en réserve en cas d'effondrement.
02:55Et que nous avons les moyens, en effectif de CRS,
02:59de gendarmes mobiles et de compagnies d'intervention, etc.,
03:01de maintenir l'ordre à condition d'assumer la force légitime.
03:04Et donc, la violence d'État contre les émeutiers.
03:07L'armée, elle est déjà sur le terrain, ce sont les gendarmes.
03:09Bon, Natacha Polony est avec nous, elle va rester quelques minutes.
03:12Bon, Natacha.

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