00:00Donc déjà, on avait un mouvement qui était annoncé.
00:02Je pense qu'à part le gouvernement et les pouvoirs publics,
00:05personne ne pensait que ce ne serait pas une réussite.
00:07Moi, dans tous les milieux où j'étais,
00:08tout le monde se donnait rendez-vous dans les manifestations,
00:10que ce soit à Paris, à Lille, chez moi, etc.
00:11Sous-dimensionnés, donc.
00:13Oui, j'avais même croisé la semaine d'avant
00:16quelqu'un qui est très haut placé dans la chaîne de commandement,
00:19comme vous dites, qui me disait, vous savez,
00:20ce mouvement est terminé, ce sera un flop.
00:22Et moi, je disais, bon, d'accord, si vous le dites.
00:24Mais en plus, ils me disaient ça avec un petit sourire,
00:26en mode, on a gagné.
00:27Parce qu'en fait, ils ont mis en place une stratégie de force.
00:29Il y avait des revendications des lycéens.
00:31Eux, ils répondaient l'ordre, l'ordre, l'ordre.
00:33On en parlera sûrement après,
00:34mais avec vraiment beaucoup de brutalité
00:36envoyé envers le mouvement lycéen.
00:37Et ils pensaient vraiment que ça marcherait,
00:38que les gens seraient intimidés, seraient effrayés
00:40et qu'ils auraient réglé cette crise sociale par de l'ordre.
00:43Résultat, bon, toujours aucune réponse sociale
00:46à toutes les revendications qui sont posées.
00:49Une manifestation en République
00:50où des tas de manifestants pacifistes,
00:52genre moi, les écologistes se rendent
00:54et on est gazés, nassés.
00:57C'était complètement hallucinant.
00:59Et moi, ce que je retiens de ce week-end,
01:00c'est qu'il était plus difficile de manifester
01:02que de piller des magasins.
01:04Et ça, forcément, ça doit nous interpeller.
01:06Donc, on se demande, voilà,
01:08comment avaient été positionnées les forces de police
01:10et surtout, comment ont-ils fait
01:13pour ne rien voir venir ?
01:14Ni le nombre de manifestants record à République,
01:16ni ces organisations qui se préparaient.
01:19J'étais, je vous le disais, cet après-midi
01:20avec des commerçants du 11e arrondissement.
01:22Certains qui ont défendu leur magasin eux-mêmes
01:24ou leur restaurant eux-mêmes
01:24et qui ont préservé leur magasin du pillage.
01:27D'autres qui ont été pillés.
01:28Je vous donnerai tous les détails
01:29si vous le souhaitez.
01:31Mais on me racontait des scènes
01:32où c'est au moins d'être un truc improvisé
01:34où on a l'impression des fois dans les médias
01:36que les gens, ils sont chez eux,
01:37ils disent, tiens, il y a des pillages.
01:38Bon, du coup, je prends le métro, j'y vais.
01:39Eux, ils me racontaient des scènes
01:40d'une camionnette qui arrive,
01:42de cinq personnes qui descendent,
01:43la disqueuse, ils découpent, ils rentrent,
01:45tout est dans la camionnette en 10 minutes,
01:46ils partent à 23 heures.
01:48C'est-à-dire que ça, clairement,
01:49c'était prémédité.
01:50Mais vous dites, ça n'a pas été anticipé.
01:51Comment on anticipe ça ?
01:52Quelqu'un qui arrive avec une camionnette ?
01:54Les renseignements.
01:55Alors moi, je ne veux pas accabler
01:56l'institution renseignement
01:57parce que je sais aussi
01:58qu'il manque de moyens.
02:00Et surtout que là aussi,
02:02en termes de priorisation,
02:03on les met parfois sur des missions...
02:04Vous êtes contradictoire
02:04parce que vous dites
02:06l'anticipation n'a pas été faite.
02:08Oui, oui, mais elle n'a pas été faite.
02:10Mais c'est comme quand on dit
02:12les procureurs, les juges,
02:14la police avec les violences sur les enfants.
02:16qu'à un moment,
02:16s'ils n'ont pas les moyens de travailler,
02:17ils n'ont pas les moyens de travailler.
02:19Donc ça sera regardé, je pense, de près.
02:21Mais je pense qu'il y a aussi
02:23une question de moyens.
02:24Et surtout, on leur dit,
02:25telle priorité, c'est maintenant.
02:27Et il y a aussi telle priorité,
02:28et il y a aussi telle priorité
02:28à un moment,
02:29quand tout est prioritaire,
02:30plus rien ne l'est.
02:31Donc je pense qu'ils n'ont pas anticipé.