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  • il y a 5 heures
Lors des questions au gouvernement au Sénat, Bruno Retailleau a interrogé Laurent Nunez sur les violences urbaines du 17 octobre. «La France a subi une débâcle. (...). Il y a-t-il encore un chef ? Il y a-t-il encore un Etat ?», a questionné le patron des Républicains et candidat à l'élection présidentielle.

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Transcription
00:00Premier ministre, vous connaissez très certainement cette phrase définitive du général de Gaulle sur le dernier président de la Troisième
00:08République.
00:10Comme chef d'État, au fond, deux choses lui manquaient. Qu'il fût un chef et qu'il y eut
00:16un État.
00:17Samedi, le 17 octobre dernier, la France a connu une sorte de débâcle.
00:22On l'a dit, on a énuméré ce fiasco. D'abord des commerces pillés, saccagés, des bâtiments publics incendiés, des
00:32policiers souvent agressés brutalement.
00:36Et il faut, chers collègues, leur rendre hommage, rendre hommage à leur courage, bien sûr.
00:46Et des Français totalement sidérés, sidérés de voir la République reculer.
00:52Tous posent une seule question. Y a-t-il encore un chef ? Y a-t-il encore un État
00:58?
01:02Pour vous répondre la parole, les communistes de l'Intérieur, M. Lunez.
01:10M. le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, M. le Ministre,
01:15Vous connaissez bien ces questions puisque vous avez été dans mes fonctions.
01:18Et ensemble, ensemble, nous avons aussi traversé des épreuves.
01:22Vous vous souvenez de la finale de la Ligue des Champions à Paris et ailleurs sur le territoire national,
01:27où il y avait eu des commerces pillés de nombreuses exactions.
01:30Vous connaissez comme moi, je sais que vous le savez,
01:33la grande humilité qu'il faut avoir quand on parle de sécurité, d'ordre public.
01:36Ça n'est jamais une science exacte.
01:38Et il y a parfois, effectivement, un certain nombre de loupés.
01:42Alors, est-ce qu'il y a un État ? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui dirige
01:45cet État ?
01:45Il y a un Président de la République, il y a un Premier ministre, il y a un ministre de
01:47l'Intérieur qui est devant vous.
01:50Monsieur le Ministre, je devine ce qu'il y a derrière votre question.
01:54Et comme vous avez gardé du temps pour me répondre, vous allez en faire l'annonce.
01:57Donc j'anticipe la réponse.
01:59J'anticipe la réponse.
02:00Nous ne sommes pas à un stade où il y aura déclaration de l'état d'urgence,
02:04car nous avons demandé au préfet d'engager un certain nombre de mesures de droit commun,
02:09des mesures de police administrative que vous connaissez bien,
02:12les arrêtés d'interdiction de regroupement, les arrêtés de manifestation,
02:16les couvre-feu également, les couvre-feu que nous avons appliqués
02:19et qui, s'agissant de ces mesures, ces jours derniers produisent des effets.
02:23Produisent des effets.
02:24Dimanche soir, il y a eu des incidents graves dans le pays.
02:26Nous y avons mis un terme et on se prépare évidemment à gérer ce samedi qui arrive
02:31où il y a des appels à manifestation et où je vais augmenter les effectifs présents sur le terrain.
02:37Mais je veux évidemment vous rassurer, Monsieur le Ministre,
02:39vous connaissez bien le ministère, vous connaissez bien ses fonctionnaires,
02:42ses militaires de la gendarmerie que vous avez salués.
02:44A mon tour, évidemment, je veux leur rendre hommage et vous remercier de l'hommage que vous leur avez rendu.
02:48Mais je peux vous assurer, et vous me connaissez puisque nous nous connaissons bien,
02:51nous avons travaillé ensemble, moi sous votre autorité,
02:54je peux vous rassurer, la fermeté que j'avais comme préfet de police,
02:57c'est la même comme ministre de l'Intérieur,
02:58sous l'autorité du Premier ministre et du Président de la République,
03:02et il y a un État, et la main de l'État ne tremble pas.
03:08Bruno Rotaillot.
03:10On pourrait évoquer le bilan de la finale de foot en mai 2025,
03:16on pourrait évoquer le bilan aussi des deux mouvements bloquant tout,
03:20mais la question n'est plus là, si l'État a été humilié,
03:23c'est parce que ses chefs ont failli,
03:26et en premier lieu à commencer par le chef de l'État,
03:29parce que lorsqu'on est un chef, on est à la tête de ses troupes,
03:33et surtout on les soutient, il ne l'a pas fait,
03:35il les a désarmés, en parlant curieusement de l'empathie.
03:39Un policier, un gendarme, ça n'est pas un animateur socio-culturel,
03:43il les a désarmés.
03:44Lorsqu'il y a eu ce va-et-vient sur les grenades assourdissantes,
03:49on ne peut pas piloter une doctrine d'emploi par la peur,
03:53par l'émotion ou par la panique,
03:55mais c'est révélateur, ces hésitations sont révélatrices,
03:58parce qu'elles sont la marque d'un pouvoir
04:01qui n'ose plus assumer la légitimité, justement, de la force,
04:06le monopole de la force légitime.
04:08Il faut déclarer, décréter,
04:11Monsieur le Premier ministre, il faut décréter l'état d'urgence.
04:13Lâchons-lits, ça suffit.
04:15Donnez aux préfets, donnez aux forces de l'ordre
04:17les moyens qu'ils n'ont pas, y compris,
04:19je vous écoutais tout à l'heure, en matière de réseaux sociaux,
04:23vous les avez cités.
04:24Et donc, arrêtons aujourd'hui, lâchons-lits
04:27et protégeons les Français.
04:29Sous-titrage Société Radio-Canada

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