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David Lisnard fait jeu égal avec Bruno Retailleau : 7 %
des intentions de vote dans un sondage exclusif Cluster17 pour
Le Point.
Bulle médiatique ou vraie dynamique ? Jean-Yves Dormagen, fondateur de Cluster17, a passé son électorat au rayon X.
Un électorat demandeur de « rupture forte », séduit à 59 % par Javier Milei, dont 45 % avaient voté Bardella ou Maréchal aux européennes.
Mais le maire de Cannes reste loin du second tour, et l’union
de la droite et du centre ne s’additionne pas.
Étude Cluster17 pour Le Point réalisée en ligne du 14 au 15 octobre 2026 auprès de 1 263 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Marge d’erreur comprise entre 1,2 et 2,8 points.
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des intentions de vote dans un sondage exclusif Cluster17 pour
Le Point.
Bulle médiatique ou vraie dynamique ? Jean-Yves Dormagen, fondateur de Cluster17, a passé son électorat au rayon X.
Un électorat demandeur de « rupture forte », séduit à 59 % par Javier Milei, dont 45 % avaient voté Bardella ou Maréchal aux européennes.
Mais le maire de Cannes reste loin du second tour, et l’union
de la droite et du centre ne s’additionne pas.
Étude Cluster17 pour Le Point réalisée en ligne du 14 au 15 octobre 2026 auprès de 1 263 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Marge d’erreur comprise entre 1,2 et 2,8 points.
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NewsTranscription
00:00L'électorat Lysnard se singularise et on voit que c'est un électorat qui est demandeur de ruptures fortes,
00:05ce qui n'est évidemment pas le cas de l'électorat beaucoup plus modéré d'Edouard Philippe.
00:10Depuis quelques semaines, il est partout. David Lysnard sera-t-il la surprise de la présidentielle à venir ?
00:15L'Institut Cluster 17 a réalisé une intention de vote et un sondage pour le point.
00:20Le maire de Cannes y obtient 7%, c'est-à-dire autant que Bruno Retailleau, le candidat officiel des Républicains.
00:25Peu connu du grand public, David Lysnard peut-il vraiment bousculer 2027 ?
00:30Pour le savoir, le fondateur de Cluster 17 a passé son électorat potentiel au rayon X et il nous raconte
00:36tout.
00:37Bonjour Jean-Yves Dormagin.
00:38Bonjour Clément Petreau.
00:39Première question, 7% d'intention de vote pour un homme qui est finalement assez peu connu du grand public,
00:45est-ce que c'est très peu ou au contraire énorme ?
00:48Alors c'est ni très peu ni énorme, ce sont 7%, mais c'est vrai que compte tenu de la
00:53notoriété de David Lysnard,
00:557% c'est déjà un capital de départ électoral qui n'est pas négligeable,
00:59surtout, vous y avez fait allusion, si on le compare aux autres candidats du centre et de la droite,
01:04en gros à part Edouard Philippe aujourd'hui, dans cet espace, personne n'est beaucoup plus fort que David Lysnard.
01:11Et c'est vrai que compte tenu de sa notoriété qui reste relativement limitée,
01:15c'est un score plutôt important et plutôt en hausse aussi.
01:18Nous l'avions testé il y a quelques semaines, il était plutôt autour de 5%,
01:21donc ça signifie qu'il est dans une dynamique haussière,
01:24donc il est à un niveau qui n'est pas dérisoire,
01:27qui est plutôt intéressant et significatif pour un début de campagne.
01:30Donc certains parlent d'une bulle, d'une bulle qui serait algorithmique,
01:33qui a un effet performatif, c'est-à-dire en gros, on dit qu'il se passe quelque chose,
01:36donc il se passe quelque chose.
01:37Et en fait, ce que vous êtes en train de dire, c'est qu'on est au-delà de l
01:41'effet performatif,
01:42ce n'est pas un effet de sondage,
01:44il y a réellement un mouvement de l'opinion qui est en train de découvrir et un peu soutenir David
01:50Lissner.
01:51Oui, alors moi je ne crois pas trop aux explications uniquement performatives.
01:56Bien sûr, le fait d'avoir une couverture médiatique plus importante,
02:00le fait d'être en dynamique dans les sondages,
02:02c'est toujours positif.
02:05Oui, non, parce que la politique, ça ne marche pas comme ça.
02:07C'est-à-dire que les sondés et les électeurs plus tard choisissent pour des raisons qui sont en général,
02:12des raisons relativement profondes, les candidats sur lesquels ils portent leur choix.
02:17Et en l'occurrence, David Lissner correspond à quelque chose,
02:19on l'avait vu d'ailleurs avec le barmètre de personnalité qu'on fait régulièrement tous les mois avec Le
02:23Point,
02:24on avait vu qu'il y avait un public qui était pro-Lissner,
02:26qui avait une partie de l'électorat, une partie de la population,
02:30qui soutient David Lissner, pour des raisons qui sont des raisons profondes
02:33et qui sont liées à son positionnement politique.
02:35Ce qu'incarne Lissner, c'est-à-dire à la fois des positions qui sont très libérales en économie
02:39et plutôt conservatrices sur le plan sociétal et sur le plan des valeurs,
02:44correspond à une réalité électorale dans ce pays.
02:46Il y a la question de la notoriété.
02:48Dans le sondage que vous avez fait, il y a 22% des électeurs potentiels
02:51qui disent ne pas bien le connaître, ne pas suffisamment le connaître,
02:54contre, je crois, 3% seulement pour Bruno Retailleau.
02:58Est-ce que ce n'est pas un handicap quand même important
03:00que d'être aussi peu identifié par le grand public ?
03:04Oui, alors c'est à la fois un handicap et un avantage.
03:06Mais ce qu'il faut voir, c'est que si un nombre important de sondés déclarent
03:10ne pas le connaître ou ne pas le connaître suffisamment,
03:12ça signifie que ceux qui le connaissent, le connaissent sans doute aussi un peu moins
03:15qu'ils connaissent les autres candidats.
03:17Ce déficit de notoriété et de visibilité, il est général.
03:20Et David Lissner est beaucoup moins connu qu'un Bruno Retailleau
03:23qui a été ministre de l'Intérieur, qui est très médiatisé,
03:25qui est le leader d'un des plus grands partis politiques français,
03:28et évidemment infiniment moins connu qu'Édouard Philippe,
03:30qui occupe la scène politique depuis des années et qui a été Premier ministre.
03:33Donc ça signifie quoi ?
03:34Ça signifie que c'est un handicap à ce stade,
03:37parce que c'est beaucoup plus compliqué évidemment
03:39de déclarer une intention de vote pour quelqu'un qu'on connaît mal,
03:42peu, voire pas du tout.
03:43Donc ça limite son potentiel électoral à ce stade.
03:46L'avantage pour David Lissner, c'est qu'il peut monter en notoriété
03:49durant une campagne présidentielle.
03:50Et donc sous réserve que cette montée en notoriété soit positive,
03:54il peut envisager d'avoir une dynamique positive,
03:56ce qui est beaucoup plus compliqué pour les autres candidats du centre et de la droite
04:00qui eux sont très connus.
04:01Donc dans une certaine mesure,
04:03leur potentiel de progression est beaucoup plus limité.
04:06On voit dans les différentes hypothèses que vous avez posées
04:09que David Lissner obtient 7% et Bruno Retailleau obtient aussi 7%.
04:13C'est un score à peu près équivalent.
04:15Est-ce pour autant la même composition sociologique et électorale ?
04:19Est-ce que ce sont les mêmes électeurs finalement
04:21qui sont prêts à voter pour les deux ?
04:23Ce sont des électeurs assez proches.
04:25Il y a une relative proximité entre l'électorat de Bruno Retailleau
04:28et celui de David Lissner.
04:30Et en gros, c'est un électorat de droite traditionnel,
04:33libéral sur les valeurs économiques,
04:35un peu plus dans le cas de Lissner.
04:37Lissner a des électeurs qui sont un peu plus libéraux
04:39que ceux de Bruno Retailleau.
04:41L'électorat de Bruno Retailleau est un peu plus conservateur
04:43sur les questions sociétales et sur les enjeux d'immigration.
04:46Mais ce sont des nuances.
04:47Globalement, ce sont des électorats assez voisins,
04:50ce qui signifie que si David Lissner devait progresser,
04:53ce serait très probablement au détriment de Bruno Retailleau.
04:57On voit aussi dans cette étude que 14%, je crois,
05:00des artisans se disent prêts à voter David Lissner
05:03contre 2% pour Bruno Retailleau.
05:07Est-ce le signe d'une forme de renouveau, d'un libéralisme ?
05:12Vous avez parlé, je crois, de libéralisme par le bas.
05:15Oui. Alors, effectivement, on peut imaginer que dans l'électorat de David Lissner,
05:20à partir des données dont on dispose, il y a un certain nombre d'acteurs
05:23qui peuvent être des chefs d'entreprise, des petits chefs d'entreprise
05:26ou des commerçants, qui sont exaspérés par les normes,
05:30par les charges, par les taxes, par les complexités bureaucratiques,
05:33et qui peuvent se reconnaître dans un discours libéral,
05:36voire un peu libertarien, porté par David Lissner.
05:40Ça, c'est effectivement une forme de libéralisme par le bas.
05:42C'est-à-dire que ce n'est pas un libéralisme idéologique.
05:45Ce ne sont pas des gens qui sont forcément des théoriciens du libéralisme.
05:48C'est des gens qui, dans leur pratique quotidienne,
05:52considèrent qu'un certain nombre de contraintes ou de pesanteurs
05:54doivent être éliminés et peuvent avoir une sympathie
05:57pour une offre lysnardienne, voire un peu milléiste.
06:00C'est des gens qui peuvent avoir des tendances milléistes.
06:02Justement, vous parlez de milléistes.
06:03Vous avez testé les personnalités préférées,
06:08ou en tout cas, vous avez testé des personnalités internationales
06:10auprès des différents électorats.
06:12Et sur l'électorat potentiel de David Lissner,
06:14je crois que Milley obtient 59% de sympathie ou d'adhésion
06:20contre seulement, je crois, de mémoire, 13%
06:24chez les électeurs d'Edouard Philippe.
06:25Donc, on voit qu'il y a quand même une différence très, très nette
06:28dans les imaginaires électoraux de ces potentiels soutiens.
06:35Est-ce que, pour vous, c'est le signe qu'il y a aussi
06:39dans l'électorat David Lissner, une forme presque d'adhésion
06:44à un libéralisme un peu musclé, comme le fait Milley ?
06:49Oui, alors effectivement.
06:50Et d'ailleurs, ça prouve d'une certaine manière
06:53que l'électorat Lissner n'est pas une bulle.
06:56C'est-à-dire qu'il y a effectivement, comme vous le dites, un imaginaire
06:58des références nationales, internationales,
07:00des valeurs profondes derrière cette préférence.
07:04Milley, à mon sens, incarne effectivement une forme de rupture aussi.
07:11Il y a une forme de rupturisme, évidemment.
07:12C'est une personnalité transgressive, c'est une personnalité radicale.
07:15C'est l'homme de la tronçonneuse.
07:17C'est un libertarien extrêmement radical.
07:21Donc, le fait que l'électorat Lissner, en partie,
07:24il y a la différence des Français, d'ailleurs,
07:26parce que Milley, dans l'étude, on le voit, est très minoritaire.
07:27C'est 20% des Français qui l'apprécient,
07:30contre 80% du goût qui ne l'apprécient pas.
07:33Donc, effectivement, là-dessus,
07:34l'électorat Lissner se singularise.
07:36Et on voit que c'est un électorat qui est demandeur
07:39de ruptures fortes.
07:40Ce qui n'est évidemment pas le cas
07:41de l'électorat beaucoup plus modéré d'Édouard Philippe,
07:44qui peut avoir des positions, parfois libérales,
07:47en économie, mais qui ne se reconnaît absolument pas
07:49dans la transgression et dans le rupturisme d'un Milley.
07:51Donc, ça montre que Lissner incarne un autre segment des droites
07:57qui est un segment beaucoup plus radical
07:59et beaucoup plus rupturiste.
08:00D'ailleurs, il y a une part significative de l'électorat Lissner
08:03qui vient d'un vote pour le Rassemblement National.
08:05Je crois que 45% aux européennes,
08:08vous avez voté Jordan-Anne Mardella dans votre étude,
08:11c'est un des taux les plus élevés des personnalités à droite.
08:14Donc, ça veut dire quoi ?
08:15David Lissner est potentiellement un sas
08:18ou un passage entre la droite classique et le RN ?
08:24Ça signifie qu'il arrive effectivement à capter,
08:27parmi ceux qui ont voté aux européennes,
08:28c'est une action où il y a quand même la moitié des citoyens
08:30qui n'ont pas voté,
08:31mais parmi ceux qui ont voté aux européennes,
08:33en effet, une part conséquente de ceux qui votent aujourd'hui,
08:37David Lissner avait voté Rassemblement National ou Reconquête.
08:39D'ailleurs, Reconquête est aussi une sensibilité
08:42que Lissner touche de manière très significative.
08:45Il y a une vraie...
08:47David Lissner est aussi en concurrence
08:49avec quelqu'un comme Sarah Knafo, dans l'opinion,
08:53parce que, justement, il incarna à la fois
08:55une forme de conservatisme,
08:57alors sans doute nettement moins radical
08:59que celui d'Éric Zemmour et de Reconquête,
09:01mais une forme de conservatisme
09:03sur les questions sociétales,
09:05sur les questions d'immigration,
09:06et en même temps, ce libéralisme très fort
09:08qui, aujourd'hui, correspond à une demande importante
09:12d'une partie de l'électorat du centre
09:13et d'une partie d'un électorat très conservateur,
09:16voire ultra-conservateur,
09:18qui, de plus en plus,
09:20adhère à des thèses libérales,
09:21mais même libertariennes,
09:22de rejet radical des normes,
09:24des taxes, des impôts, des charges,
09:26et qui voudrait une rupture très forte
09:30sur ces enjeux.
09:32Alors, j'aimerais que vous nous expliquiez
09:34un mystère de la science politique.
09:37quand on met Lysnard, Retailleau et Édouard Philippe
09:42côte à côte, on les additionne et on obtient 31%.
09:44Quand on les teste chacun indépendamment les uns des autres,
09:48il n'y en a pas un qui dépasse les 20%,
09:50qui atteint même les 20%.
09:51Comment est-ce que vous expliquez ce phénomène ?
09:54Ça ne s'additionne pas, en fait.
09:56Non, non, mais le mystère est assez simple, en réalité.
09:59Il ne faut pas confondre les stratégies des partis politiques
10:02ou les stratégies qui sont évoquées.
10:04Par exemple, une stratégie qui est défendue
10:06par certains d'Union, du centre et de la droite,
10:09qui consisterait à croire que les électeurs
10:11qui, aujourd'hui, se prononcent pour Édouard Philippe,
10:13pour Bruno Retailleau,
10:14ou pourquoi pas David Lysnard,
10:16seraient des électeurs compatibles,
10:17pouvant voter ensemble.
10:18Et la réalité électorale,
10:19dans la réalité électorale,
10:21les seconds choix de Bruno Retailleau
10:22sont bien plus souvent des choix
10:24en faveur de Marine Le Pen
10:26que de l'électorat centriste.
10:28Il y a une composante,
10:30au moins la moitié d'électorat de Retailleau,
10:32parfois un peu plus,
10:33penche plutôt vers Marine Le Pen en second choix
10:35que vers Édouard Philippe.
10:36Et si on prend Édouard Philippe,
10:38une part conséquente de ses électeurs
10:40préfère le centre-gauche à Bruno Retailleau
10:43et a fortiori à une droite plus radicale.
10:45Et d'ailleurs, c'est ce qui se passe
10:46quand on retire Édouard Philippe des hypothèses de vote.
10:48Je crois de mémoire que c'est un quart
10:50de ces électeurs qui votent pour Raphaël Glucksmann.
10:53Donc, ces électorats-là ne sont pas compatibles
10:56au sens où vous ne pouvez pas considérer
10:58que vous pouvez les additionner
10:59et que vous aurez une formule arithmétique parfaite
11:01très loin de là.
11:02Donc, si je résume,
11:04David Lysnard est en dynamique,
11:06comme on dit,
11:06c'est-à-dire qu'il s'impose dans le débat public,
11:08il est identifié,
11:10il monte de manière assez nette.
11:13Pour autant, il est quand même encore très loin
11:14du second tour.
11:16Très loin, oui,
11:16parce que le second tour,
11:18il sera probablement dans cette élection
11:20au-dessus de 20%.
11:21Il pourrait même être à un niveau proche de 25%.
11:24Donc, quand vous voyez le niveau actuel
11:26de Jean-Luc Mélenchon,
11:28quand vous voyez même le niveau actuel d'Édouard Philippe,
11:30tous les deux approchent les 20%,
11:33avec 7%,
11:34il vous manque 13 points,
11:35ça ne vous aura pas échappé.
11:36C'est beaucoup.
11:37Et ça signifie que pour y arriver,
11:39David Lysnard devrait à la fois bénéficier
11:41d'une dynamique haussière très importante
11:43et que ses principaux concurrents,
11:45à savoir Bruno Retailleau,
11:47Édouard Philippe,
11:48et dans une certaine mesure Marine Le Pen aussi,
11:50diminuent à son profit.
11:52Ce qui n'est pas impossible,
11:53évidemment,
11:54c'est une éventualité
11:57qui peut s'actualiser,
12:00qui peut se réaliser,
12:00mais enfin, on en est aujourd'hui très loin.
12:02On sait que les surgissements comme ça de campagne,
12:05les espèces d'élans et passions de dynamique
12:07autour d'un candidat
12:08peuvent les faire pousser,
12:10les monter très haut
12:11et aussi redescendre très bas,
12:13si on reprend,
12:13enfin très bas,
12:14en tout cas beaucoup plus bas
12:15qu'ils n'ont été donnés.
12:16Est-ce qu'on n'a pas ce risque-là aussi
12:19avec David Lysnard ?
12:21C'est parce qu'il y a deux temps,
12:22en gros, dans une élection.
12:24Aujourd'hui, quand on sonde les électeurs,
12:27les électeurs manifestent leur préférence,
12:30indépendamment de tout calcul électoral.
12:32C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
12:32il n'y a pas de vote utile dans les sondages,
12:34il n'y a pas de vote utile parmi les sondés.
12:37On sait qu'à partir d'un certain moment,
12:39au fur et à mesure où on s'approche du scrutin,
12:42les électeurs modifient légèrement,
12:44voire parfois radicalement,
12:45leur manière de raisonner
12:46et ils ne raisonnent plus uniquement
12:48en termes de préférence ou de sympathie,
12:50mais ils raisonnent aussi en termes d'utilité d'e-vote
12:52et en l'occurrence,
12:53ils cherchent à voir qui a une chance
12:55dans leur espace politique
12:56ou dans un espace plutôt proche
12:57d'être au second tour
12:58et qui a une chance de gagner l'élection présidentielle.
13:00Ou aussi, c'est une autre manière de voter utile,
13:03qui veulent-ils éliminer en priorité ?
13:05Quelle est la solution qui leur paraît aujourd'hui
13:07la plus dangereuse ou la plus néfaste pour le pays ?
13:09Et ça, ça modifie assez profondément
13:11les intentions de vote.
13:12C'est ce qui est arrivé à Éric Zemmour,
13:13qui a pâti d'un vote utile
13:14en faveur de Marine Le Pen
13:15pour tout un tas de raisons
13:16et aussi sans doute
13:18de l'élargissement de l'intérêt pour l'élection.
13:20C'est-à-dire qu'Éric Zemmour,
13:23quand des électorats plus populaires,
13:25moins politisés,
13:26ont commencé à s'intéresser à l'élection,
13:27ces électorats-là ont manifestement préféré
13:29Marine Le Pen à Éric Zemmour
13:31et ont rendu le vote Zemmour
13:32de moins en moins utile
13:33pour l'espace de la droite
13:35très à droite, nationaliste,
13:37au profit de Marine Le Pen,
13:39d'un vote utile pour Marine Le Pen.
13:40Donc, c'est ce qui peut arriver,
13:42mais ça peut arriver dans tous les sens.
13:43C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
13:44c'est compliqué,
13:45c'est difficile de prévoir
13:46qui bénéficiera
13:47ou qui pâtira
13:48des logiques de vote utile
13:50qui vont sans doute se mettre en place
13:51à partir de cet hiver,
13:52en général après les vacances de Noël,
13:54parfois au mois de février
13:55voire au mois de mars.
13:56Et là, ce frémissement
13:58d'un nouveau candidat
13:59dans le bloc de droite,
14:01est-ce que vous pensez
14:02que ça va apporter quelque chose
14:04de l'ordre de la clarification,
14:06qu'on va vers une clarification
14:07ou au contraire,
14:08cela va complexifier encore un peu plus
14:11la situation à droite
14:13et émietter encore un peu plus
14:14l'élection ?
14:15À ce stade,
14:16ça semble plutôt être un problème
14:17de complexification et d'émiettement.
14:19J'y vois d'ailleurs
14:20un relatif échec
14:22des candidatures actuelles.
14:24C'est-à-dire que si David Lysnard
14:26parvient à capter aujourd'hui
14:277% d'un électorat
14:29qui est quasi exclusivement
14:30un électorat de droite,
14:31c'est bien parce que les offres
14:33qui sont proposées aujourd'hui
14:34aux électeurs
14:35ne les satisfont pas complètement.
14:36J'y vois d'une certaine manière
14:38un symptôme de la relative faiblesse
14:39de Bruno Retailleau
14:40et de sa difficulté
14:41à cristalliser des électeurs,
14:44à impulser une dynamique électorale positive,
14:47mais aussi dans une certaine mesure
14:48les difficultés d'Édouard Philippe,
14:50puisque David Lysnard
14:51prend quand même aussi
14:52des électeurs au centre,
14:54parmi les centristes,
14:55parmi les libéraux modérés,
14:56un nombre significatif
14:58préfère David Lysnard.
14:59Donc ce sont,
15:00pour l'instant,
15:01ce sont des signaux relativement faibles.
15:02Lysnard ne fait que 7%.
15:05Mais enfin,
15:05les 7% de Lysnard,
15:07quand il est proposé
15:08en même temps que Bruno Retailleau
15:10ou Édouard Philippe,
15:11sont quand même des signaux
15:12assez inquiétants
15:13sur la capacité du candidat du centre
15:15et du candidat de la droite traditionnelle
15:17à capter les électeurs.
15:19Merci Jean-Louis Dormagin.
15:20Je rappelle que vous êtes fondateur
15:21de l'Institut de sondage Cluster 17,
15:23qu'on retrouve régulièrement
15:24vos études dans nos colonnes
15:27et sur notre site.
15:28Si vous avez aimé,
15:30abonnez-vous,
15:30envoyez-nous des pouces,
15:31des étoiles.
15:32Et sinon,
15:33salut et à très bientôt.
15:33Sous-titrage Société Radio-Canada
15:36Sous-titrage Société Radio-Canada