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  • il y a 19 heures
Dans ce documentaire, cinq familles retracent les circonstances du décès d’un de leurs proches après une intervention de police. Pendant un an, StreetPress a suivi leur combat pour obtenir vérité et justice.

Chaque année, la liste de ces morts s’agrandit. Il est troublant de constater que les histoires de ces défunts et de leurs proches présentent une multitude de similitudes. Un chemin de croix sur lequel ces familles endeuillées avancent chacune à leur rythme, et où les obstacles sont nombreux.

Ce film est surtout une plongée dans l’intimité de ces cinq familles, qui peinent à surmonter le deuil et à reprendre leur vie sans leurs proches : Cédric Chouviat, Allan Lambin, Claude Jean-Pierre, Wissam El-Yamni et Gaye Camara.

Ce documentaire est disponible pour la première fois en intégralité sur la chaîne de StreetPress après une diffusion en 2023 sur France Télévisions.

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Transcription
00:11Le 3 janvier, on s'est vu le matin avant qu'il parte, mais sur un coup de vent parce
00:16qu'il était pressé, il devait travailler le plus rapidement possible.
00:20Il faisait quoi ?
00:20Mon père, il était livreur.
00:23Cédric bossait pour moi, mais Cédric bossait avec moi.
00:26A chaque fois qu'il partait le matin, je lui disais tout le temps, fais attention à toi mon fils,
00:30parce que j'avais toujours peur de l'accident, le truc bête.
00:35Et il est 9h20 et il s'en a.
00:38Je vois son scooter qui est gélocalisé et je vois le scooter, il est qu'ébranli et je vois que
00:43le scooter, il ne bouge plus.
00:45Et je dis, c'est bizarre, pourquoi il ne bouge plus son scooter ? Je commence à l'appeler, pas
00:49de réponse.
00:50C'est juste que vous avez mis de l'huile, c'est volontairement sur votre plaque qu'on l'a
00:52décelé.
00:52Ah non, ça c'est là, alors, vous savez même pas, ne me touchez pas s'il vous plaît.
00:56Ne me touchez pas, ne me touchez pas.
00:58Mon scooter est sale, ma plaque est sale, il n'y a pas d'huile, il n'y a pas
01:03d'huile, il n'y a pas d'huile, il n'y a pas d'huile, c'est la saleté,
01:05c'est la pollution, monsieur, on est à Paris.
01:07Vous reculez, monsieur.
01:08Oh non, non, pauvre de toi.
01:10Vous ne me touchez pas en fait, vous ne me touchez pas, vous ne me touchez pas.
01:14Je l'appelle, je l'appelle, je l'appelle au moins une quinzaine de fois, pas de réponse.
01:16Ah, pas bizarrement, allez le provinciaux, mettez toutes les armes que vous voulez, vous kiffez faire ça.
01:22Allez, allez, allez, allez, allez, allez.
01:25Bon, vous savez quoi, à partir de maintenant, je ne parle plus, vous allez souhaiter.
01:27Oh, magnifique, merci monsieur, on a réussi, merci, merci, merci.
01:31Vous êtes des vrais clowns, des vrais clowns.
01:33Il faut remonter dans la voiture, hein ?
01:35Enfin, vous allez parler, de toute façon, il ne faut pas s'approcher.
01:38Ah ben, attention, mais regarde-toi, mais regarde-toi, regardez-vous, mon dieu clown.
01:44Tu crois que j'ai peur d'un mec comme toi ?
01:46Toi, t'es obligé, tu fais le mot parce que t'as appelé un avis de police, c'est tout.
01:51Espèce de pauvre type, pauvre type.
01:54C'est horrible de voir ces images-là parce que tu crois que ça y est, en fait, il va
01:58enfin partir.
01:59Il ne va pas se produire ce qui s'est produit en fait.
02:02Et finalement, non, tu sais c'est quoi à la fin.
02:05Ouais, pauvre type.
02:06Vous avez dit quoi ?
02:06Vous avez dit quoi ?
02:07J'ai dit quoi ?
02:08Vous avez dit quoi ? C'est qu'il fait un bon mot sur.
02:09Fils de pute m'avait dit.
02:10Ah non, j'ai dit pauvre type.
02:11Pauvre type, sans registrer.
02:13Pauvre type.
02:14Oh là, j'ai dit pauvre type.
02:15Allo, allo, allo.
02:16On ramène, on ramène.
02:16Oh, oh, oh, oh.
02:22Arrête, je m'arrête, je m'enquête.
02:24Je tueche, je tueche, je tueche, je tueche, je tueche, je tueche.
02:30Je tueche, je tueche, je tueche, je tueche, je tueche.
02:33C'est bon, c'est bon, je tueche.
02:34Je tueche, je tueche, je tueche.
02:36Monsieur, je tueche.
02:42Pour Street Press, ça fait des années que je suis des familles qui ont perdu un proche
02:46après une intervention de police.
02:47En 2023, j'ai réalisé le documentaire que vous allez voir pour France Télévisions.
02:52Ça s'appelle « Violence policière, le combat des familles ».
02:55Ça montre tout ce qui se passe après les drames.
02:57Ça raconte aussi la difficulté de faire reconnaître la culpabilité d'un policier devant les tribunaux.
03:03Cette mission, quasi impossible, elle pourrait être rendue encore plus complexe par une proposition de loi.
03:09Le 7 juillet 2026, l'Assemblée nationale a adopté un texte de loi sur la présomption d'usage légitime des
03:15armes pour les forces de l'ordre.
03:17Selon ce texte, si un policier ou un gendarme tire sur quelqu'un, il est présumé avoir agi dans le
03:23cadre de la loi.
03:23De nombreuses voix se sont élevées contre cette proposition portée par des députés macronistes, LR et d'extrême droite.
03:30Une pétition qui a rassemblé plus de 730 000 signatures n'a pas été étudiée.
03:36Ce permis de tuer doit désormais être débattu au Sénat avant une possible adoption définitive.
03:41À Street Press, ça nous a paru essentiel de diffuser ce documentaire en intégralité sur YouTube pour la première fois.
04:01Sous-titrage Société Radio-Canada
04:48Je passe beaucoup de temps ici, toutes mes journées d'ailleurs.
04:52Du matin au soir, je vais uniquement voir mon fils au cimetière et chez le médecin.
05:05Je sais que tu sais comme je t'aime et tu sais que je sais comme tu m'aimes.
05:14On a eu du mal à se sortir du décès de ma femme, on a vraiment eu du mal tous
05:19les deux.
05:19Et puis c'est lui qui m'a remis sur pied, c'est Alain.
05:25Il est avec moi tout le temps.
05:34Le 9 février 2019, c'est ma mort.
05:43La vérité, c'est qu'on était avec Alain tous les deux à un tournoi de billard et on devait
05:46rejoindre des amis à un camping.
05:51Et on a passé ce camping sur la route.
05:53Donc Alain m'a dit je vais faire demi-tour plus loin.
05:58Donc il a freiné un peu trop dur et la voiture a glissé parce qu'il tombait des cordes.
06:03Et voilà la police qui arrive.
06:06Ils étaient arrogants, ils nous ont pris de haut.
06:09Et ils s'en sont pris assez vite à Alain.
06:11Parce qu'Alain a pris une bière dans son coffre.
06:14Et voilà, Alain en bat une et puis il en prend une deuxième.
06:17Et là, ils ont pris ça comme une provocation.
06:20Ils sont devenus agressifs et là, ils s'en sont pris aux mains.
06:25Et Alain s'est retrouvé assez vite au sol.
06:27Je suis arrivé, je me suis couché à côté de lui
06:31pour éviter les coups qu'il prenait.
06:33Après, quand tout s'est calmé, Alain s'est relevé.
06:35Mais Alain était complètement à gare.
06:37Il n'était plus là, Alain.
06:41Quand je sois avec le commissariat de Saint-Malo, c'est pareil.
06:43Ils m'ont pris de haut, ils m'ont agressé.
06:46Ils m'ont mis en cellule.
06:48Et j'ai appelé mon fils qui était à deux ou trois cellules après moi.
06:52Et je n'avais pas de réponse.
06:54Je n'avais pas de réponse.
06:55J'ai hurlé, je l'ai appelé de toutes mes forces.
06:58Et au final, je me suis dit, il doit dormir, Alain.
07:03En fait, Alain était en train d'agoniser au sol
07:05déjà depuis plus d'une heure.
07:10Moi, ils me l'ont dit que le lendemain matin,
07:11à 10h, que mon fils était décédé.
07:16On m'a dit, j'ai une mauvaise nouvelle pour vous,
07:18votre fils est décédé.
07:22Voilà comment on me l'a dit.
07:31Je m'en veux de lui avoir dit de venir.
07:35Si ce ne serait pas une Alina, ça ne se serait pas passé.
07:39C'est ça, un café, un café, un café.
07:42Café, un café.
07:42C'est un bon bien.
07:43Bambino, il y a du perrier, si tu préfères.
07:45Non, non, un café.
07:46Café.
07:47Non, Rémi, ça a été ta semaine ?
07:50Oui, ça a été.
07:53Et toi ?
07:55C'est compliqué cette semaine.
07:56C'est vrai ?
07:59Il y a l'effet de caproche aussi, non ?
08:01Hein ?
08:01Et tu as l'effet de caproche ?
08:03Il y a ça, il y a ça,
08:05et puis j'essaye de diminuer certains cachets
08:07de ma vie, sans l'avis des médecins.
08:10Ça joue, hein ?
08:11Ouais, c'est clair.
08:12Ouais.
08:13T'as diminué de combien, là ?
08:15Là, la morphine, j'ai diminué de 20 mg, là.
08:17Le matin et le soir.
08:19Pas la morphine de la journée, je ne la baisse pas.
08:20Ça fait 40 dans la journée.
08:22Mais j'essaye de diminuer les calmants et les antidépresseurs.
08:26Ils sont puissants, hein.
08:29Vos interventions que vous avez faites à la manif la semaine dernière,
08:32ce serait peut-être bien de couper des petits morceaux
08:34et de les balancer déjà sur le...
08:36Ouais, mais moi, je ne sais pas faire ça.
08:38Non, mais je me disais que j'allais les récupérer,
08:40j'allais garder des petits morceaux.
08:42Je vais faire un montage.
08:43Je te laisserai mettre sur Facebook, comme on fait d'habitude.
08:47Tu vas voir ce que mon maman va mettre bientôt.
08:51Qu'est-ce que... Pourquoi ?
08:52Elle va avoir Facebook.
08:53Oui, j'ai vu ça.
08:55C'est qui qui lui a créé ?
08:56Maman, elle va prendre son mari.
08:59Elle a répondu ma couille.
09:01T'as répondu quoi ?
09:02J'ai répondu, toi-même, tu sais ma couille.
09:05Florent, il m'a dit mais ça, mais ça...
09:07Amy, c'est la petite amie à Alan.
09:12Je la considère comme ma fille.
09:16Je n'aurais pas conçu que Amy et moi, on se sépare.
09:21Je ne l'imagine même pas.
09:23Et bien sûr, Amy, elle va avoir sa vie à refaire.
09:26Elle est toute jeune.
09:27Mais Amy restera Amy.
09:29Ça restera la petite amie de mon garçon.
09:34Amy reste discrète sur le...
09:36Sur le fait que Alan soit parti.
09:40Elle a ses sentiments à elle et elle ne veut pas les historioriser.
09:47Alors du coup, au moment où on se met ensemble, on a 15 ans, 15 ans et demi.
09:53Donc voilà, on est un peu jeunes.
09:59Alan, je dirais que c'était quelqu'un qui était toujours joyeux,
10:04toujours prêt à rendre service, un peu fou.
10:07Des projets plein la tête, avec beaucoup, beaucoup d'humour.
10:12Les passions d'Alan, c'était la moto, la musique.
10:16Par exemple, il avait pour projet de monter une entreprise avec son papa,
10:20de pouvoir travailler ensemble, de construire une maison,
10:25d'avoir une vie stable, une famille, de devenir papa.
10:30Ça, c'est des choses dont on a pu échanger ensemble.
10:37C'est vrai que malgré le fait qu'on était jeunes,
10:39quand on s'est mis ensemble, on avait nos petites habitudes
10:41et très régulièrement, ça arrivait qu'on parte en week-end à Saint-Malo,
10:46qu'on fasse des petites activités comme ça, sympa.
10:48C'est une ville dans laquelle il se sentait bien,
10:52qui nous permettait aussi d'être au bord de la mer,
10:54de s'aérer un peu.
10:57Voilà, c'était sympa, c'était le bon moment.
11:04C'est douloureux parce que c'est une ville dans laquelle il est parti
11:08et qu'il aimait pourtant beaucoup.
11:12J'y suis retournée peut-être une seule fois,
11:14mais autrement, j'y ai parmi les pieds.
11:23Les premiers articles qui sont apparus à la suite du décès d'Alan,
11:27c'était des articles qui représentaient plutôt la version des policiers.
11:49Par exemple, dans l'article, il ne précise pas qu'il y avait des témoins,
11:51il ne précise pas réellement le contexte finalement de pourquoi l'année Franck était là.
11:57On voyait bien que finalement, ils avaient uniquement la version des policiers.
12:00Au moment de son décès, il est décrit comme quelqu'un qui a bu de trois verres de trop,
12:07qui a pris le volant et finalement, c'est un peu bien fait pour sa gueule ce qui lui est
12:13arrivé.
12:15Au moment où on était à l'hôpital en train d'attendre un miracle,
12:19on ne savait même pas s'il allait mourir ou pas,
12:21il y a un article du Parisien qui sort.
12:24Cédric Chouvia a fait un malaise cardiaque.
12:28Ils ont menti sur ce qui s'était passé, ils ont dit qu'il était tombé
12:32et que ce qui lui était arrivé, c'était de sa faute et pas de la faute des policiers.
12:55Au moment où il rendait ses derniers souffles, j'ai l'impression que j'étais avec lui.
13:00Et pendant longtemps, à cause de ces images, j'ai vécu un cauchemar.
13:04Quand je fermais l'œil, je me retrouvais à la place de mon père, étouffée et étranglée.
13:10Et j'avais l'impression qu'on m'étranglait jusqu'à me casser aussi le larynx.
13:17Mon père et moi, on a une relation fusionnelle.
13:21C'est vrai que j'étais habituée à la voir tout le temps, au téléphone, au quotidien.
13:27On aime bien être tout le temps en contact, donc là, c'est vrai que c'est bizarre.
13:34C'est un meilleur ami, c'est un confident.
13:36Il a toujours conservé son âme d'enfant.
13:38Il avait plein d'aspects fantastiques, quoi.
13:43Cédric, c'était le noyau de ses enfants, de sa femme.
13:47Vraiment, il me manque.
13:50Parce que c'était une personne imposante qui était bon.
13:57Et voilà, aujourd'hui, on a perdu une pièce maîtresse du pols, quoi.
14:02Les gens, ils sont servis du fait qu'ils contestaient l'ordre du contrôle
14:05pour l'accuser de personnes violentes ou provocatrices.
14:09J'ai eu cette impression qu'on a fait passer mon père pour un criminel au lieu d'une victime.
14:14Quand il dit aux gens, voilà, ton fils s'est fait tuer par la presse, qu'est-ce qu'il
14:20a fait ?
14:20La première chose, si ce n'est pas arrivé à Ouissam, j'aurais dit pareil, sûr.
14:26J'aurais dit, qu'est-ce qu'il a fait ?
14:28Mais même s'il avait fait quelque chose, même le pire, même la pire des personnes mérite d'être jugée.
14:43Ça va ? Ça te fait quoi d'être ici, maman ?
14:46Quand je regarde là, je sais que c'est là qu'ils l'ont massacré et finir par le tuer.
14:58C'est dur quelque part, et quelque part j'ai des souvenirs de l'école, de mes enfants.
15:09Et dans ma tête, ça me mélange des beaux souvenirs qui s'est passés là, et des mauvais souvenirs qui
15:15s'est passés ici.
15:17Tu te rappelles de l'appartement là-bas ?
15:18Oui.
15:20Le balcon là-bas.
15:23Le balcon.
15:25Et c'est pour ça que c'est dur.
15:27Très dur.
15:30Je suis arrivée en France, parce que mon mari est venu en 1973, parce que Michelin est allé chercher des
15:37ouvriers au Maroc, et mon mari est venu.
15:43Moi, j'ai des beaux souvenirs du quartier de la Gautière.
15:48Mes enfants sont nés là-bas, et on était mélangés.
15:54Il y avait toutes les nationalités.
15:56Et j'ai adoré.
15:59J'ai mon premier, c'est 81, c'est Wissam.
16:03Et après, Marois, 83.
16:06Farid, 85.
16:08Et c'est après 85 que j'ai commencé à travailler.
16:11Je faisais le ménage.
16:14J'ai dit, allez, j'inscris mes enfants dans l'école privée.
16:18Les gens font 8 heures, moi je fais plus pour gagner de l'argent, pour payer les études à mes
16:22enfants.
16:24Pour que je voie mes enfants, ils ne galèrent pas, parce que j'ai galéré moi.
16:29Moi, je ne suis même pas allée à l'école.
16:32Et je voulais qu'ils aient une meilleure vie.
16:36Oussam était le majeur de la famille.
16:40Ensuite, il y avait moi, il y avait Farid et Warda qui arrivaient 17 ans après.
16:47Donc c'était la petite sœur.
16:49Il s'occupait super bien de sa petite sœur.
16:52Il adorait cuisiner, il adorait sortir, avoir des activités, conduire.
17:00Donc il est devenu routier.
17:04Quand je monte avec lui dans la voiture, des fois je dis, va dans ce moment.
17:08Comme moi, je ne rône pas beaucoup.
17:14En plus, c'est épreuvé avec son père, il ouvre un garage.
17:21Ce n'est pas parce que c'est mon fils.
17:25Je sais, c'est des âges.
17:27Ce n'est pas parce que c'est un ange.
17:29Pour moi, c'est un ange.
17:32Après, je ne le dirai pas, il est parfait.
17:34Il est comme tu l'es jeune.
17:37Mais c'était un gentil garçon.
17:40Dans l'actualité également, la tension dans une ville qui n'a pas l'habitude de faire parler d'elle.
17:45Une interpellation musclée par des policiers aurait-elle mal tourné.
17:48Dans le quartier de la Gautière à Clermont, un jeune homme d'une trentaine d'années a été retrouvé dans
17:52la nuit de la Saint-Sylvestre.
17:54Gisant au sol, blessé et victime d'un arrêt cardiaque, il est tombé dans le coma.
18:19Mais des témoins affirment que l'intervention des policiers a été disproportionnée.
18:23Deux hommes sont arrêtés vers lui, ils l'ont plaqué sur le sol.
18:28Ils sont mis tous les deux à donner des coups violemment sur lui.
18:51Le procureur de la République a saisi la police des polices.
18:55Généralement, une interpellation ne conduit pas à un état de coma.
18:59Ah bah bien sûr que non.
19:01C'est évident, là il y a eu un phénomène médical qu'on cherche à expliquer, c'est-à-dire
19:06on cherche à déterminer les causes.
19:08Et c'est ça le travail.
19:12Et c'est le soir de... c'était à l'Indé.
19:18Lundé 9 janvier 2012.
19:22La machine arrêtée.
19:27Là c'est le monde, elle est tombée sur ma tête.
19:35Aujourd'hui, tant qu'on est encore là, on ne l'oubliera jamais.
19:39Et dix ans après, on en rêve encore.
19:42On est dans un cauchemar et ça continue encore.
19:53C'est la caméra ? On peut parler nous aussi ?
19:57Oui.
19:57Moi je suis d'ici depuis tout petit.
20:00Milsam, j'ai grandi avec lui.
20:01Franchement, c'était un gars très très très bien.
20:03Juste, après ça arrive, faire des conneries quoi.
20:06C'est pas un jet de pierre qui cause la mort de quelqu'un.
20:08C'est interdit ça normalement.
20:10Voilà, il y en a eu beaucoup de baveurs policières.
20:13Et franchement, faut arrêter ça là.
20:15Est-ce que pour toi, ça continue toujours ?
20:17Ça continue toujours et ça continuera toujours.
20:20Tout le temps, quand ils viennent vers nous, c'est que de la violence.
20:22Parce qu'on dirait qu'ils ont peur de nous.
20:24Soit ils ont peur de nous, ou soit c'est, je sais pas.
20:27Je crois à l'école de police.
20:27C'est de la violence gratuite.
20:28Après, voilà, quand on n'est pas leur souffre-douleur.
20:32Vous voyez, qu'est-ce qu'ils font ?
20:33Ils font des trucs de fou.
20:33Ils sont là, ils nous volent.
20:35La dernière fois, ils ont embarqué mon frère, ils ont insulté ma mère.
20:37Tout le temps, c'est que dénique ta mère.
20:38En fait, c'est des cow-boys.
20:46Ce qui me fait mal, le plus, j'ai tout fait pour que mes enfants soient bien élus de qui.
20:53J'ai tout fait.
20:55Avant, je croyais que c'était de ma faute.
20:56Qu'est-ce que j'ai pas fait ?
20:59Et des fois, je dis, mince, il avait 30 ans.
21:03Il aurait 15 ans, je dirais, c'est ma faute.
21:05Il sortait très net.
21:07Il avait 30 ans, il a une femme, il a une maison.
21:09Il a un travail, il a une voiture, il a...
21:14Je sais pas pourquoi ils ont fait ça, mon fils.
21:19Pourquoi on est là aujourd'hui ?
21:20C'est parce qu'il y a eu une tragédie qui a été passée.
21:22Il y a un jeune, notre frère à tous, qui est mort dans des conditions que personne ne doit accepter.
21:27Parce que quand on vit dans un pays qui se dit pays de droit,
21:30forcément, les policiers n'ont pas un droit de vie ou de mort sur qui que ce soit.
21:34Ces policiers sont censés arrêter la personne si elle a commis un délit ou une faute
21:37et les ramener devant les institutions.
21:39Parce que les gens, ils parlent des bavures, c'est pas des bavures.
21:41Une bavure, c'est une ou deux fois à l'année.
21:44Vous comprenez ?
21:44Et malheureusement, nous, on l'a subi, les violences policières, on les a toujours subies.
21:48On les a subies depuis qu'on est tout petits, on a grandi avec.
21:50Pour nous, c'était normal.
21:51Mais il ne faut pas que ça soit normal, en réalité.
21:53Tu ne peux pas accepter à chaque fois que ton fils, tu sort de droit, il se fait contrôler 10
21:55fois.
21:56Tu ne peux pas.
21:57Réalement, le petit, il est stressé, il en a marre quand il les voit, il court.
22:00Et après, les jeunes disent, pourquoi ils courent ?
22:01Mais c'est normal, pourquoi les jeunes, ils courent ?
22:03Pourquoi ? Parce qu'à chaque fois, ils sont contrôlés.
22:05Même si tu connais tes droits, ils se croivent tout permis.
22:08C'est ce qui est malheureux.
22:10Bah ouais, parce qu'ils viennent, ils t'humilent comme tu dis, t'es rien du tout.
22:15À un moment donné, c'est trop.
22:20Il y a une chose également qu'il faut répéter, c'est qu'il y a aussi des combats qui
22:24se mènent au niveau politique.
22:25La dernière en date, c'est le fait qu'on nous disait que, possiblement, il pouvait être interdit de filmer
22:33un flic.
22:33Aux Etats-Unis, quand George Floyd a été assassiné, quand Cédric Chouvia a été assassiné, on l'a vu, on
22:40en a pris connaissance qu'à travers le fait qu'on puisse filmer une intervention de la police.
22:46En fait, cette loi, c'est la loi sécurité globale.
22:49Le but, en fait, c'était de les protéger, de les préserver.
22:52Nous tous ici présents, ainsi que beaucoup de comités, de collectifs, on a toujours été contre, pour la simple bonne
22:58raison que, ok, les policiers ont dit qu'ils ont le droit d'être protégés.
23:02Mais nous, qui nous protègent Dieu.
23:06Comment, aujourd'hui, on va se venir autour de ce combat-là ?
23:09Après la moragaine, nous, ça y est, tout le monde s'est réveillé, on s'est tous engagés.
23:16Nous, malheureusement, ça nous est tombé dessus, mais on aimerait que ça n'arrive plus.
23:21La vérité, en tout cas, je vais l'arrêter à bien.
23:27Mon petit frère s'est fait tuer par la police déminée sur scène d'une blague dans la tête.
23:33Il y a un véhicule qui a été volé, dans la nuit du 15, à Champs-sur-Marne.
23:39On ne peut pas impliquer Gaël dans un véhicule volé, parce que Gaël n'était pas sûr qu'il était
23:42en français.
23:44Il était au 4 verres, il était en vacances au 4 verres.
24:06Ils sont trois dans le polo.
24:08Gaël était dans son véhicule, côté conducteur.
24:12Mon petit cousin, il était côté passager, à l'avant.
24:15Et son ami en question, il était derrière.
24:17Gaël a déposé son ami en question, proche du véhicule, qui était volé.
24:22Cet ami-là est rentré dans le véhicule et il s'est fait interpeller.
24:24Cet amour.
24:26Cet amour.
24:27Cet amour.
24:42V Skills.
24:44Cet amour.
24:45Cet amour.
24:47Cet amour.
24:54Vwl est le véhicule et qu'on va discuter.
24:54C'est là que les policiers ont surgi, ont voulu l'arrêter, il a voulu partir par peur.
24:58Et ils ont tiré dessus, ils ont tiré à 8 reprises dans son véhicule.
25:02Quand on veut arrêter un véhicule, quand on tire en bas du véhicule dans les pneus, on peut comprendre, c
25:07'est pour l'arrêter.
25:07Mais quand on vise la tête, c'est pas pour arrêter le véhicule, c'est pour tuer la personne.
25:34La violence, elle a toujours commencé chez nous.
25:36Tout le monde fermait les yeux et dit voilà, oui, il le mérite en fait.
25:41C'est ce que les gens disaient, il le mérite, de toute façon c'est de la racaille.
25:46Et aujourd'hui, quand les gens sortent dans la rue et qu'ils se font tabasser, qu'ils perdent des
25:53yeux, qu'ils se font arracher des mains et qu'ils perdent la vie,
25:56là les gens ils disent, ah ouais, en fait on a fermé les yeux sur 50 ans de violence policière
25:59mais on est en train de le payer le prix cher.
26:01Et le mouvement chez eux, ça a fait ouvrir le jeu à beaucoup de français.
26:04Parce qu'ils n'avaient jamais vécu ça.
26:05Mais nous, depuis qu'on est tout petit, on le vit ça.
26:09L'histoire d'Alan, elle prouve bien que finalement ça n'a pas arrivé à n'importe qui, à n
26:12'importe quel moment.
26:13Et que ça ne touche plus uniquement les quartiers populaires et que ça tend justement à concerner chacun d'entre
26:19nous.
26:20Peu importe notre couleur de peau, peu importe le quartier dans lequel on vit.
26:24Toujours un lendemain, un père de famille, 5 enfants, un travailleur, au pied de la tour Eiffel qui se fait
26:28tuer par 4 policiers.
26:30Je pense que les gens ils s'étaient habitués à entendre en banlieue, alors que c'est aussi choquant,
26:34mais qu'en banlieue ça se produit plus souvent dans ce genre de circonstances, ce genre de milieu.
26:40Donc du coup en fait c'est devenu banal je pense.
26:43Pour moi, dans ma vie, les violences policières, c'était bien loin de moi.
26:48Les cas de violences policières que je connaissais étaient la famille Chouvia et la famille Adama.
26:55Je ne pensais pas qu'un jour, le nom de mon père figurait dans cette liste.
27:00Le contrôle de gendarmerie a lieu le 21 novembre, dans la ville de Déhé.
27:05Mon père est décédé le 3 décembre au CHU de Pointe-à-Pitre.
27:18Ce retour en Guadeloupe est assez particulier.
27:20C'est la première fois que je reviens depuis les funérailles de mon papa.
27:25La ville de Déhé est une petite ville tranquille, 4000 habitants.
27:29Mon papa connaissait la ville de Déhé comme sa poche, puisqu'il y a grandi, il y a vécu.
27:34La relation de mon papa et moi depuis la métropole, on avait une tradition, c'est qu'on s'appelait
27:40le dimanche.
27:41Il était hors de question pour lui que je l'appelle la semaine, tout simplement parce que ça l'inquiétait.
27:46Parce qu'il me disait qu'il savait qu'on avait nos habitudes et que si je l'appelais un
27:50autre jour, c'est qu'il m'était arrivé quelque chose.
27:53Jusqu'à maintenant, je me dis, tiens, mon papa va m'appeler, on est dimanche.
27:57Et puis finalement, c'est l'appel qui n'arrive jamais.
28:02Donc il faut que je fasse une première tournée d'arbre.
28:06Je vais goûter pour voir s'il y a du sel, qu'est-ce qu'il manque.
28:09Je regarde si ces éponges...
28:10Pour moi, ils sont bien croustillants, ta patte, elle était bien.
28:14Mes parents étaient séparés depuis plusieurs années, à peu près 10 ans.
28:18J'ai toujours gardé des contacts avec mon papa et des contacts avec ma maman.
28:24En fait, la chose qui me chagrine aujourd'hui, c'est que je sais que je ne pourrais pas aller
28:30voir mon papa.
28:31Je pourrais me dire que je vais le voir, mais ça sera au cimetière.
28:41C'est calme.
28:43Ça fait bizarre de revenir après six mois.
28:47Ça fait longtemps pour vous, maintenant.
28:49Bah ouais, ça fait longtemps, c'est...
28:52Après, je ne sais pas comment vous vous le vivez, parce que vous êtes là sur place et que, tu
28:57vois, vu que c'est une rue à sens unique, vous êtes obligés de passer par là tous les jours.
29:02Et tu vois, ça fait bizarre, en fait, de voir les travaux.
29:05T'as l'impression, en fait, qu'ils ont tout détruit pour tout reconstruire, comme pour effacer le souvenir.
29:10Exactement.
29:11Comme ça, c'est trop bizarre.
29:13Il fallait tout oublier.
29:14Et comme si rien ne s'était passé.
29:16Donc, en fait, il était exactement là.
29:20OK.
29:21Il était exactement là.
29:22Donc, vers 14h, 30, 15h, il y a un passant qui connaît la famille, qui nous a contactés.
29:28Et donc, vu que les tantes, elles n'étaient pas présentes, donc c'est moi qui étais sur les lieux
29:33avec ma mère.
29:34Et donc, en arrivant, je me suis garée juste là et j'ai couru.
29:37Et donc, je vois au loin, je vois Tonton allongé dans le soleil, à terre.
29:43Et donc, en me rapprochant, je vois le gendarme et je lui demande...
29:46Enfin, ils étaient deux et je lui demande, bien, qu'est-ce qui s'est passé?
29:48Il me dit, ah, on lui a rien fait, on lui a rien fait, il s'est effondré.
29:52Et donc là, j'ai paniqué tout de suite, bien sûr.
29:57Et donc, en même temps, je le regarde à terre, il a les yeux ouverts et je vois qu'il
30:00a un hématome au niveau du nez et des petites égratignures.
30:04Donc, j'étais un peu paniquée, mais un peu sceptique, puisque je me suis dit, mais pourquoi il a des
30:08hématomes?
30:09Et donc, j'ai reposé la question, mais il s'est passé quoi?
30:12Et il m'a dit, bien, on lui a rien fait, c'est un contrôle, il s'est effondré, c
30:18'est un malaise.
30:18Quand je l'ai vu à terre, sincèrement, je me suis dit, bien, il me regarde dans les yeux et
30:23est-ce que ce sera la dernière fois?
30:33Et quand...
30:37Et en fait, ouais, c'était la dernière fois.
30:40Moi, je garde toujours un bon souvenir de lui, tu vois, parce que je sais que c'était quelqu'un
30:43de jovial et tout.
30:44C'est pour ça que je ne craque pas trop non plus, parce que je sais qu'il n'aurait
30:48pas aimé ça.
30:49Tu vois comment il est, lui qui nous utilise toujours les paroles, qui nous font rigoler, qui faisait toujours le
30:57clown, tu vois?
30:58Donc, je me dis qu'il n'aurait pas voulu ça.
31:00Mon papa, il n'est pas comme ça, il ne m'a pas appris ça et je ne dois pas
31:03céder à ça.
31:04C'est dur, on fait avec.
31:07C'est inconcevable pour moi qu'un retraité de 67 ans se fasse violenter par la police.
31:14Donc, franchement, quand on a vu cette vidéo, on a tout perdu, en fait, ce jour-là.
31:22Tu vois, quand il disait qu'il y avait des caméras partout, il y en a deux là, en fait.
31:26Ok, la fameuse vidéo qui nous a fait commencer le combat, en fait.
31:33Exactement.
31:33Parce que tu vois, si on n'avait pas ces images-là, c'était leur parole contre la nôtre.
31:37On n'aurait jamais su ce qui s'est passé.
31:39On serait resté sur la version qui t'ont donné qui était plausible.
31:43Diabétique, il a fait un malaise, il était fatigué.
31:45Oui, ça passe.
31:46Mais quand tu sais que ça, c'est là, qu'on voit ce qui s'est passé, il n'y
31:50a pas d'excuses.
31:53Le contrôle de gendarmerie a lieu le 21 novembre 2020.
31:59C'est des contrôles aléatoires qui ont lieu un petit peu partout dans les villes de Guadeloupe.
32:05Il obtempère, il se gare, il discute.
32:10Il lui fait un test d'alcoolémie.
32:12Il est assis dans son véhicule, il a une jambe posée au sol.
32:18On voit dans la vidéo que mon père est extrait.
32:21D'un coup, sec, par les deux gendarmes.
32:25Et à la sortie de son véhicule, il s'effondre.
32:30Et en fait, il est posé au sol comme ça.
32:34Il est totalement inerte.
32:36Il ne bouge plus.
32:38Il a l'air mort.
32:41Quand il est au sol,
32:44il n'y a aucune assistance.
32:46On ne lui porte aucune assistance.
32:50Et en fait, un des gendarmes
32:53prend son chapeau dans son véhicule
32:55et lui pose sur la tête.
32:57Le chapeau, il s'envole.
32:59Et il mettait le chapeau avec son pied.
33:01Comme si c'était un animal qui était à terre.
33:04Comme si c'était une chose.
33:09Ils lui ont retiré toute dignité.
33:12Ce n'était plus un animal.
33:18On ne peut pas faire ça à quelqu'un.
33:21Sur le mode d'action des gendarmes,
33:23la vidéo telle que j'ai pu l'apercevoir,
33:26je ne vais pas me prononcer
33:28sur la régularité de la pratique professionnelle.
33:30Mais néanmoins,
33:31on n'a pas observé d'action violente volontaire
33:35de la part des gendarmes
33:36vis-à-vis de M. Jean-Pierre.
34:00Sur Claude,
34:01il a dit qu'il a tenté de fuir.
34:04Qu'il a refusé d'obtempérer
34:06et qu'il était alcoolisé.
34:08Donc on ne comprend pas
34:09qu'un procureur,
34:10censé être impartial,
34:13dresse un portrait aussi néfaste
34:16d'un homme sans histoire.
34:18Il arrive à l'hôpital
34:19avec deux fractures,
34:21des vertèbres,
34:23compression de la moelle épinière
34:25et décède une dizaine de jours plus tard.
34:27Les vertèbres dont il est question,
34:29ce sont les vertèbres C4, C5
34:33qui sont derrière le cou.
34:34En gros, on lui a cassé le cou.
34:41Et c'est effectivement en discutant
34:43avec d'autres familles de victimes
34:44qu'on s'est vraiment rendu compte
34:46qu'on a eu quand même un peu de chance
34:48dans notre malheur.
34:49Ils n'ont pas voulu donner
34:50les vidéos de surveillance.
34:52Ça, ils ne veulent pas les donner.
34:53Et pourtant, il y a des vidéos de surveillance
34:55dans l'affaire Agaï.
34:56Si ça aurait été un jeune
34:56qui aurait tué un policier,
34:58les camarades sont sortis.
35:00Donc pourquoi ils ne veulent pas
35:00donner les vidéos ?
35:01S'ils ne veulent pas donner les vidéos,
35:02c'est qu'il y a une raison.
35:03Quelqu'un, il aurait filmé,
35:04Wissam,
35:05en train de le taper.
35:07Peut-être c'est barbare
35:11et pas errant ce qu'ils ont fait, Wissam.
35:13Les policiers présents au commissariat
35:16vont remplir une fiche de surveillance
35:19qui finalement indiquera
35:21que tous les quarts d'heure,
35:22Alan dort sur sa couchette
35:24ou RAS.
35:26Notre avocate a eu accès
35:27aux vidéos de surveillance
35:28de la cellule d'Alan.
35:31Moi, je ne l'ai pas vue.
35:32Sur la vidéo,
35:33on voit bien qu'Alan,
35:34finalement,
35:35il n'est pas allongé sur sa couchette
35:36mais il est en train d'agoniser au sol.
35:40Et voilà, finalement,
35:41on comprend qu'ils ont rempli
35:42une fausse fiche de surveillance.
35:44Et le médecin ne l'a pas ausculté.
35:47Il lui a juste donné
35:47un coup de stéthoscope
35:48dans le bas du dos
35:50mais Alan,
35:50il n'a pas répondu,
35:52rien,
35:52il ne s'est rien passé.
35:54Donc le médecin
35:54a été moins d'une minute
35:57pour le mettre apte.
35:59Il a été moins d'une minute
36:00si c'est prouvé par les caméras.
36:02Le rapport d'autopsie précise
36:04que si les secours
36:06avaient été prévenus
36:07plus rapidement
36:08et Alan aurait pu être sauvé.
36:10Ça n'a pas été facile
36:11de récupérer la vidéo.
36:12L'IGPN a mis presque un an
36:15avant de nous la donner.
36:18Il y a les caméras extérieures
36:20qui sont en haut,
36:21dans la rue.
36:22Après, il y a les témoins
36:24qui sont passés dans la rue.
36:26Là, le téléphone,
36:27c'est devenu énorme.
36:30Putain, ils sont à quatre
36:32sur un mec.
36:34Putain.
36:36Wallah, je suis choqué,
36:37je repasse.
36:39Je croyais qu'ils l'ont canné,
36:39le mec.
36:40Il appelle la témoin
36:41qui amène tout ça.
36:42Sans les vidéos,
36:43c'est pas une victime,
36:43c'est un délinquant.
36:47Les vidéos,
36:48c'est la chance
36:48de notre malheur.
36:49C'est une évidence
36:50parce que sans les vidéos,
36:53je te le dis,
36:54je te le redis,
36:56la cause est perdue.
36:57On va revenir également
36:58sur la mort de Cédric Chouvia.
37:00Il y avait quatre policiers
37:01sur les lieux.
37:02Trois policiers
37:02sont mis en examen.
37:03Selon une source policière
37:05à l'AFP,
37:06votre mari l'aurait résisté
37:07lors de l'interpellation
37:08et aurait donc fait
37:09un malheur cardiaque,
37:11une version contredite
37:12par plusieurs vidéos.
37:14Dans cette affaire,
37:15je trouve que ce qui est
37:16encore plus révoltant,
37:17c'est que s'il n'y avait pas
37:18ces images,
37:19peut-être qu'on serait encore
37:21dans le déni
37:21et dans le mensonge.
37:22On a été obligés
37:23de devenir des enquêteurs,
37:26des juristes,
37:28des avocats
37:29et en plus connaître
37:31des dossiers médicaux
37:33et ce n'est pas notre domaine.
37:34En fait,
37:35ils sont en train de créer
37:37des espères
37:38et des affaires policières.
37:39Il y en a énormément.
37:41Aujourd'hui,
37:41mon frère,
37:42c'en est un.
37:43Dans toutes les familles,
37:44il y en a un.
37:45Et on est obligés
37:46à chaque fois
37:46de démontrer
37:47le mauvais fonctionnement
37:49de la justice.
37:51Si on ne fait pas ça,
37:52personne ne le fera pour nous.
37:55Je suis devenu un militant
37:57contre les violences policières
37:58et contre toutes formes
37:59de violences.
38:00J'ai arrêté
38:01limite de travailler.
38:02Je survis.
38:03Je travaillais
38:04pratiquement 7 jours sur 7,
38:05mais aujourd'hui,
38:06mes week-ends,
38:07je ne travaille plus.
38:09On est obligés
38:10de s'organiser
38:11pour combattre
38:13l'injustice
38:14que ma famille a vécue
38:15et que les autres familles vivent.
38:18Il fallait bien
38:19qu'il y ait quelqu'un
38:19qui prenne le combat
38:21et le mène.
38:23Et c'était moi.
38:29Sacrifier un an,
38:30deux ans,
38:31trois ans,
38:31voire même cinq ans
38:33pour que la vérité
38:34et la justice
38:35soient rétablis
38:36pour son petit frère,
38:36pour moi,
38:37c'est rien.
38:39Sacrifier une vie,
38:40pour moi,
38:40pour Guel,
38:40c'était obligé.
38:44C'était une obligation.
38:49C'est pas facile
38:50d'enterrer
38:51son frère.
38:56Je pense que
38:59il n'y aura pas
39:00une épreuve aussi douloureuse
39:01qui pourra...
39:03Je pense que
39:03tout ce que je vais subir
39:04dans cette vie aujourd'hui
39:05ne pourra pas être pire
39:06que ce que j'ai subi
39:07en enterrant Guel.
39:13Quand je me lève,
39:14je pense à lui.
39:15Quand je dors,
39:15je pense à lui.
39:16Quand je suis au table,
39:17je pense à lui.
39:19En fait,
39:19Guel, c'était...
39:23Il représentait
39:24beaucoup pour moi,
39:25en fait.
39:25C'était quasiment...
39:26C'était ma moitié, Guel.
39:28Moi, j'étais l'homme
39:30à travailler.
39:32Charbon, charbon, charbon.
39:33J'étais l'aîné,
39:34il fallait que charbonne.
39:35Guel, c'était l'homme
39:36qui faisait tout à la maison.
39:37Voilà.
39:44Il avait pris
39:46le côté de mon père
39:46vis-à-vis de la gentillesse
39:49et la sagesse de ma mère.
39:51Mon père,
39:52c'est la première des choses
39:53qu'il a dit,
39:53c'est...
39:54Je me rappellerai toujours
39:55de cette phrase,
39:56il a dit
39:58Il disait
39:58C'est Dieu qui me l'a donné,
39:59C'est Dieu qui l'a repris.
40:01Cet enfant m'a jamais causé tort.
40:08Monsieur Kamara,
40:09donc, comme je vous l'avais
40:10indiqué à l'époque,
40:11nous avions fait
40:11un pourvoi en cassation
40:13suite à l'arrêt rendu
40:15par la chambre d'instruction
40:15qui rendait un non-lieu,
40:16qui confirmait le non-lieu
40:17et qui avait été rendu.
40:18Donc, nous avons fait
40:19un pourvoi en cassation
40:20pour contester cette décision
40:21de justice.
40:22Nous avons reçu
40:22le rejet de ce pourvoi en cassation
40:24et aujourd'hui,
40:24nous allons maintenant saisir
40:25la Cour européenne de droit
40:26de l'homme.
40:27C'est le dernier recours possible
40:28pour nous dans cette affaire.
40:29Et sur quoi ça peut aboutir
40:31la Cour européenne
40:32des droits de l'homme ?
40:33Alors, la Cour européenne
40:33des droits de l'homme
40:34peut sanctionner la France.
40:35Elle ne pourra pas sanctionner
40:36les policiers.
40:36Leur non-lieu est définitif.
40:38Ils ne seront jamais condamnés
40:38en France.
40:39Par contre, la Cour européenne
40:40peut condamner la France
40:41pour des manquements,
40:42des manquements de la justice
40:43française dans cette affaire.
40:44Et il y en a beaucoup,
40:45beaucoup de manquements
40:46et notamment le fait
40:47que la justice a refusé
40:48de réaliser ce qu'on appelle
40:49une enquête effective
40:50en réalisant les actes
40:51les plus importants du dossier.
40:53Je vois, comme vous le savez,
40:55on a fait plusieurs demandes,
40:56notamment une reconstitution
40:57qui a été refusée.
40:58On avait également demandé
40:59à pouvoir visionner
41:00les différentes images
41:01de vidéosurveillance.
41:02Ça a également été refusé
41:03pour des raisons que j'ignore.
41:04Et lorsqu'on l'a fait,
41:05on a une reconstitution réalisée
41:06par des experts indépendants
41:08de grande qualité
41:09qui démontrent par A plus B
41:10qu'il n'y a pas de système de défense
41:11et surtout qui démontrent par A plus B
41:13que les policiers ont menti
41:15sur les procès-verbaux.
41:16La justice fait comme si
41:17ces éléments n'existent pas.
41:19Il n'est pas normal
41:19qu'une famille doit se mobiliser,
41:20faire des marches,
41:22faire des événements,
41:23demander de l'aide
41:24à des citoyens
41:25pour pouvoir payer les avocats,
41:27pour pouvoir faire
41:27le travail de la police.
41:32Toutes les familles redoutent
41:33le nom de lieu
41:34car ça veut dire que
41:36la France ne veut pas juger l'affaire.
41:50Quand des Américains
41:51ou bien dans les autres pays,
41:52des citoyens se font tuer,
41:53la France, ça passe dans tous les journaux.
41:56Mais quand un jeune issu d'immigration
41:57ou bien un jeune français
41:58se fait tuer
41:59par des policiers français,
42:01là c'est silence radio.
42:03Toutes les familles sont obligées
42:04d'aller en cour européenne.
42:06Toutes les familles sont obligées
42:07d'aller punir la France ailleurs.
42:09Pourquoi ils ne sont pas capables
42:11de punir leurs propres agents ?
42:27Et c'est pour ça qu'on est à 10 ans
42:28et 10 ans, rien n'est fait.
42:31Moi je m'attaque
42:32à toute une institution
42:34et je veux dire,
42:35je suis petit à côté d'eux
42:36donc forcément
42:38s'il m'arrivait quelque chose,
42:40il serait tranquille.
42:41Vous voyez ce que je veux dire ?
42:42Lutter contre l'Etat,
42:43ce n'est pas facile.
42:45On ne joue pas
42:47armes égales j'ai envie de dire.
42:49On est des êtres humains,
42:50on a des sentiments,
42:52on n'est pas des machines.
42:53On perd un être proche
42:55qu'on aime.
42:57La justice doit nous aider
42:59dans ce travail de deux
43:01et pas nous mettre
43:03des bâtons dans les roues
43:04comme parfois
43:04on a l'impression
43:05que c'est le cas.
43:06Je récuse le terme
43:07de violence policière.
43:08Quand j'entends le mot
43:09violence policière,
43:10moi je m'étouffe.
43:12Si ça,
43:13ce n'est pas de la provoque,
43:14quand j'entends parler
43:15des violences policières,
43:17j'étouffe.
43:19Mon fils a dit
43:20cette fois j'étouffe
43:21et Cédric,
43:22ça venait de sortir.
43:24Moi,
43:24je l'ai re-eussi devant moi
43:25ce jour-là,
43:26j'aurais sauté au cou.
43:44le jour où je prends nationalité,
43:46c'est que je me sens
43:47moitié française,
43:48moitié marocque.
43:53et le jour que j'ai dit
43:54voilà,
43:55cet pays
43:56qu'elle m'a donné beaucoup,
43:58je l'ai donné beaucoup
43:59et j'ai dit voilà,
44:00maintenant,
44:01je prends nationalité française.
44:04En 2011,
44:05j'ai posé mon danser.
44:17J'ai eu ma nationalité
44:20le décembre 2011.
44:27ils m'ont renvoyé une lettre
44:29que vous venez récupérer
44:31votre nationalité.
44:36C'est une feuille
44:37qu'ils le donnent
44:38à la mairie
44:39le 9 janvier 2012,
44:41le jour qu'il est mort,
44:42mon fils.
44:44Je ne suis pas allée
44:47parce que
44:50ils ont pris quelque chose
44:51parce que
44:53surtout c'est l'État,
44:54c'est pas,
44:55si c'était des gens,
44:58mais ça c'est l'État
44:59et elle n'a rien fait.
45:01Ils n'ont rien fait.
45:04Même,
45:04il est né ici,
45:06il a grandi ici.
45:10Ça veut dire
45:10que ta place
45:10n'est pas ici.
45:16Oissam,
45:18je l'ai ramené au Maroc.
45:22parce que j'ai dit
45:23que ce pays,
45:24elle ne l'a pas aimé.
45:25Même si il est ici.
45:28Je l'ai ramené
45:29dans mon pays.
45:33Et je l'ai enterré
45:34là-bas parce que
45:35pour moi,
45:36je savais que je ne pouvais
45:37pas rester ici.
45:39Je veux partir.
45:42Si je n'ai pas mes enfants,
45:44moi, je n'ai rien à foutre ici.
45:46Pardon,
45:46je dis,
45:47c'est pas méchant,
45:48mais je n'ai rien à foutre.
45:49Je n'ai rien à...
45:52je n'ai rien à foutre ici.
45:54Ici.
45:55Il n'y a rien
45:56qui me tient ici.
46:19Ma mère,
46:20depuis le début,
46:21elle a des autocollants
46:21partout de Oissam.
46:24et c'est vrai
46:24que sur sa voiture,
46:26il y a un autocollant
46:26justice et vérité
46:28pour Oissam.
46:28C'est la première militante
46:33de Oissam
46:34et elle restera à vie
46:35la militante de Oissam
46:36pour aider aussi
46:37toutes les familles
46:38des victimes.
46:39Il y a de la place
46:40pour la mettre
46:40sur le balcon au Maroc ?
46:42Oui,
46:42je suis très fière
46:43de mon père.
46:44Bravo.
46:45Toi,
46:45c'est le troisième.
46:48Exactement.
46:51On va essayer
46:52d'afficher
46:52un peu partout
46:53des banderoles
46:55qui vont être
46:56marquantes
46:56pour les gens.
46:57Justice étouffée,
46:58famille meurterie.
46:59Alors,
47:00du coup,
47:00il nous en manque deux.
47:03Le temps passe
47:04et les gens oublient.
47:05C'est ce que veut
47:06la justice aujourd'hui,
47:08c'est ce que veut
47:08la France aujourd'hui.
47:10et nous,
47:11ce qu'on veut,
47:12c'est redire aux gens
47:13attention,
47:14ça fait dix ans.
47:15Dix ans,
47:16Oissam est décédé
47:16et pas naturellement
47:18et il ne faut pas l'oublier.
47:20Attends,
47:20inquiète.
47:21C'est bon.
47:22C'est passé.
47:32Aidez-nous.
47:34Faites comprendre
47:34à la nation
47:35que vous êtes
47:36avec nous,
47:38pas contre nous.
47:39Prenez partie.
47:40ou alors,
47:40je ne sais pas,
47:41faites,
47:42dites quelque chose.
47:44Dites que ce n'est pas normal.
47:46Le combat de violences policières,
47:47ça ne doit pas être
47:48le combat de quelqu'un.
47:49Ça doit être
47:49le combat de tout le monde.
47:51On a besoin
47:52du soutien populaire
47:53parce que c'est une cause
47:54qui est avant tout citoyenne.
47:56Aujourd'hui,
47:57on le fait pour nous,
47:58mais on a envie
47:59de le faire
48:00pour les autres.
48:12Le samedi 10 juillet,
48:14il y a eu
48:14ce qu'on peut appeler
48:16un événement historique,
48:17un événement marqué
48:18par la solidarité
48:19et le soutien
48:20de tout le peuple
48:21guadelouplé.
48:22Ça me fait bizarre
48:23de voir le nom
48:24de mon papa
48:24un peu partout,
48:25sur les t-shirts,
48:27sur les banderoles,
48:28son nom,
48:28sur les affiches.
48:29On regrette vraiment
48:30que...
48:30Le choix de la médiatisation
48:32ne l'a pas forcément fait.
48:34Il s'est imposé à nous.
48:36Alors,
48:36l'objectif aujourd'hui,
48:37c'est de tous être assemblés
48:38derrière une seule
48:39et même cause.
48:39La fin justifie les moyens.
48:41On a besoin de passer par là
48:42pour avoir la justice.
48:44Je viens,
48:45je suis sorti à 8000 km
48:46avant de mettre là à Paris.
48:48On fait nous faire
48:48un bel
48:50Waché l'homme
48:51Patia,
48:52Pia Clodo
48:53et pour Christophe Paris.
48:55Waché l'homme à eux.
48:58On parle beaucoup de la ferme,
48:59on ne parle pas beaucoup de Claude.
49:01Claude, c'est un homme extraordinaire.
49:02Il a rendu des services
49:03à tout le monde.
49:04Personne ne mérite
49:05ce qu'il a subi.
49:06Et c'est pour ça
49:06que cette manifestation,
49:07elle est importante aujourd'hui.
49:08on doit tous prendre conscience.
49:11Chacun d'entre nous
49:12qui est présent aujourd'hui
49:13doit pouvoir faire
49:14ce travail de pédagogie
49:15envers son voisin.
49:16Le déni de justice,
49:17il ne touche pas
49:18qu'une seule famille.
49:20Il touche toute une population.
49:21On l'a vu avec George Floyd,
49:23on l'a vu avec Michel Zéclair,
49:25on le voit avec Adama Traoré
49:26et maintenant Guadeloupe,
49:28on le voit avec
49:28Claude Jean-Pierre.
49:30Justice à Claudeau.
49:31Justice pour Claudeau.
49:33Plus fort.
49:34Justice pour Claudeau.
49:35Plus fort.
49:36Justice pour Claudeau.
49:37Voilà !
49:38Justice pour Claudeau.
49:53On est sortis pour faire reculer
49:55la violence policière.
49:57Vous, dans la voie contre,
49:59vous ne pouvez plus vous cacher.
50:01Parce que sans vous,
50:02rien n'est possible.
50:03pas de justice.
50:10Sous-titrage Société Radio-Canada
50:41Les points de similitude qu'on a avec toutes ces familles, c'est les mêmes causes de la mort, les
50:46mêmes acteurs concernés et aussi la même force.
50:52C'est un marathon, ça ne s'arrête pas, mais en fait on se relève toujours et on se dit
50:57toujours qu'il faut aider l'autre parce qu'il ne faut pas que ça se reproduise.
51:02Rencontrer les autres familles, ça permet de se sentir moins seul et surtout ça donne de l'énergie, ça donne
51:08de la force.
51:10On dit que le pardon devrait être naturel, mais je pense que je n'ai pas encore entamé ce travail.
51:17Parce que c'est quand même de la vie d'un homme dont il s'agit.
51:21Comment on peut imaginer, l'État français, elle accepte ça ?
51:26Et la France nous prône les droits de l'homme.
51:29Mon objectif aujourd'hui, c'est de voir tous ces policiers concernés être punis.
51:39C'est mon rêve, un Victor Robo.
51:46En 2023, quand le documentaire est sorti, j'ai essayé de contacter les policiers, les gendarmes ou les préfectures,
51:53mais personne n'a donné suite à mes demandes d'interview.
51:55Dans toutes les affaires en cours, les policiers et les gendarmes restent présumés innocents.
52:01Dans l'affaire Gaï Camara, tuée d'une balle dans la tête, la justice a confirmé le non-lieu.
52:05Elle a considéré que le policier auteur du tir a agi en état de légitime défense.
52:10La famille de Gaï a décidé de porter l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme.
52:15Pour Wissam El-Yamni, deux policiers ont été mis en examen pour violences volontaires
52:20ayant entraîné la mort sans intention de la donner en 2014.
52:23Ces poursuites ont été abandonnées un an plus tard.
52:26Ils sont depuis placés sous le statut de témoins assistés.
52:29Pour les autres affaires que vous venez de voir, il y a eu du changement en 2026.
52:34Quatre policiers ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire
52:38après la mort d'Alan Lambin dans le commissariat de Saint-Malo.
52:42Ils ont fait appel de cette décision.
52:44Pour les deux gendarmes qui ont contrôlé Claude Jean-Pierre en Guadeloupe,
52:47ils ont été mis en examen pour homicide involontaire.
52:50La famille attend désormais une date de procès.
52:53Il y a enfin l'affaire Cédric Chouvia.
52:55Trois policiers seront jugés à Paris en octobre 2026 pour homicide involontaire.
53:00Si on peut faire ce genre de documentaire et travailler comme on le fait sur les violences policières,
53:05c'est parce qu'on est soutenu par nos lecteurs.
53:07Alors faites un don à Street Press et abonnez-vous.
53:10Est-ce que t'es anti-police ?
53:11Hein ?
53:12Est-ce que t'es anti-police ?
53:14Non.
53:14Est-ce que t'es anti-police ?
53:16Non.
53:17Je préfère pas répondre à ça.
53:21Le soir où Alain est décédé, il y a eu sept policiers à intervenir.
53:26Sur les sept policiers, je leur posais la question, il était où le bon ?
53:30On a besoin de la police, mais il faut qu'il y ait une police qui respecte son code de
53:33déontologie.
53:34Je hais la police meurtrière.
53:37Violente.
53:38Je hais cette police-là.
53:40Moi, mon rêve, c'est que ça ne se reproduise jamais ce qui s'est passé.
53:42Que jamais aucune autre fille, fils, enfin enfant, frère, soeur, ami, jamais personne perde un proche dans ces conditions.

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