Passer au playerPasser au contenu principal
Actuellement à l’affiche de "Karma", de Guillaume Canet, et bientôt dans "Jupiter", d’Alexandre Smia, en novembre, Denis Ménochet raconte sa manière d’habiter un personnage et défend un cinéma qui fait entendre les victimes et ouvre le débat.

France Inter, la radio généraliste du service public, vous propose chaque jour l'actualité, des débats de société, de l'humour et de grands entretiens. Retrouvez ici les meilleurs moments de nos émissions : interviews, chroniques et coups de gueule qui font l'identité de France Inter depuis plus de 60 ans.

📻 Écoutez France Inter en direct et en podcast sur l'application Radio France : https://radiofrance.onelink.me/kg7D/7awrzmhf

👉 Abonnez-vous pour ne rien manquer de nos vidéos : https://www.youtube.com/@FranceInter

#FranceInter #RadioFrance #Podcast #Actualité

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Musique
00:11Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans la régulière, l'émission de Toutes tes cultures.
00:15Depuis une vingtaine d'années, Denis Menocher s'est construit une filmographie exceptionnelle.
00:19Il a tourné avec Quentin Tarantino, Ridley Scott, Wes Anderson, François Ozon ou encore Harry Astor.
00:24On se souvient évidemment de lui dans la grande scène d'ouverture mythique de Los Bastards,
00:28dans le terrifiant Jusqu'à la Garde ou dans Asbestas qui lui a valu le Goya du meilleur acteur.
00:33Ce mercredi, on le retrouve à l'affiche de Karma, le nouveau thriller de Guillaume Canet aux côtés de Marion
00:37Cotillard.
00:38Et en novembre prochain, il interprétera le président de la République dans Jupiter, premier long-métrage d'Alexandre Smilla.
00:43On va donc raconter cette actualité chargée mais aussi le parcours de cet acteur hors du commun.
00:48Denis Menocher est avec nous jusqu'à 23h à la régulière.
00:51France Inter
00:55À la régulière
01:02Denis, comment vas-tu ?
01:03Je vais très bien, un peu fatigué.
01:05On fait une tournée à travers la France avec les deux films dont tu viens de parler.
01:08Donc on rencontre le public.
01:10Là, je pars à Strasbourg juste après et on est à Bordeaux, Toulouse, Lyon.
01:13Donc une vie rapide là.
01:15C'est génial.
01:15T'aimes bien ça ?
01:16Je ne l'avais vraiment jamais fait à ce point-là, sur deux mois pleins.
01:21Et rencontrer les gens, c'est génial parce qu'ils sont émerveillés.
01:25En même temps, ils sont contents d'être là.
01:26Ils échangent.
01:27Ils te racontent leur vie.
01:28C'est fabuleux.
01:29Est-ce que c'est là aussi où tu as peut-être les premiers retours concrets de personnes
01:33qui ne sont pas du milieu, c'est-à-dire pas des journalistes, qui n'ont pas travaillé
01:37sur le film.
01:37Donc tu as aussi peut-être les premiers vrais retours, entre guillemets, de personnes
01:41qui n'ont pas de lien avec ce film au préalable.
01:44Oui, c'est d'une grande sincérité, parfois à double tranchant aussi.
01:48Les gens osent ? Les gens qu'on n'y n'aime pas, ils arrivent quand même ?
01:51Certaines personnes, surtout sur Jupiter, ce n'est pas qu'ils n'aiment pas, c'est
01:55que le sujet leur fait peur.
01:56Et donc, c'est beaucoup de débats après le film, de longs, longs débats où les gens
02:01s'écoutent enfin, arrêtent de se regarder à travers leur téléphone.
02:05Donc ça, c'est génial, mais c'est aussi des déclarations d'amour, des exages, comme
02:09on dit, sur le travail.
02:11Et ça fait chaud au cœur parce que faire des films, c'est faire des choix aussi.
02:14Essayer de construire des choses pour le public, qui est le miroir de nos
02:17travails.
02:18Et donc, je suis heureux, en fait, fatigué, mais heureux.
02:22Quand on a deux films comme ça qui sortent à des intervalles rapprochés, j'imagine
02:26que c'est peut-être aussi parfois le hasard du calendrier, du destin.
02:29Je ne sais pas si tu les as tournés au même moment ou si on a peur de rapprocher.
02:32Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise chose d'avoir deux films comme ça qui sortent
02:36à un mois d'intervalle, même pas ?
02:38C'est une chance incroyable.
02:39Ça m'était déjà arrivé avec Peter Van Kante et Asbestas qui étaient sortis l'un après
02:43l'autre.
02:43Et là, il y a eu trois semaines entre les deux pour le tournage et moins d'un mois pour
02:47les sorties.
02:48Donc, ça se présente.
02:49Et en même temps, j'espère que du coup, ça ne va pas m'enfermer dans un seul rôle
02:54parce que karma, c'est quand même bien vénère.
02:57Et du coup, de voir que je peux faire aussi autre chose après, j'espère que ça montre
03:03que c'est mon travail et que j'essaie de le faire du mieux possible.
03:06On va en parler un peu après, mais toi, de ta façon d'appréhender ce métier, ta manière
03:12même de t'investir dans les rôles.
03:14Quand on tourne à trois semaines d'intervalle comme ça, dans quelle mesure on est encore
03:18un peu le personnage qu'on a joué pendant je ne sais combien de mois, trois semaines
03:23auparavant ?
03:25J'ai essayé vraiment de travailler longtemps.
03:27J'ai eu le temps de travailler neuf mois sur karma et six mois sur Jupiter.
03:30Donc, j'étais prêt et j'ai été très content de laisser karma derrière moi.
03:35Je dois t'avouer.
03:36Et donc, j'ai eu un petit rituel.
03:38Je ne sais pas si ça a marché.
03:39J'ai écrit une lettre à vos personnages que j'ai brûlées sur le décor en disant
03:42« Tu restes là ».
03:43Mais c'est plus pour marquer un point de rupture, une fin.
03:46Et puis après, le challenge de Jupiter, il était tellement énorme que j'ai oublié
03:51complètement karma direct.
03:53Quand tu dis « Je prépare neuf mois un film », ça ressemble à quoi ? C'est quoi
03:58neuf mois de préparation justement pour un rôle ?
04:01C'est un état créatif en fait, où c'est comme si tu tirais un fil d'Ariane, tu t
04:05'intéresses
04:06et tu découvres ça et tu découvres ça et tu avances comme ça.
04:10Et ça devient une obsession.
04:13Ça devient une obsession tant et si bien que Guillaume Canet m'a dit « Fais gaffe,
04:16ton algorithme, si tu regardes trop de trucs religieux, tu vas te réveiller avec des
04:21chants grégoriens ». Et il avait raison, je me suis endormi.
04:24Et une fois, je me réveille et j'avais des chants grégoriens sur ma page YouTube et
04:28ça m'a bien fait rire.
04:29Et lui aussi d'ailleurs.
04:30Mais c'est aussi parce que j'ai une forme de dyslexie, j'inverse les lettres, c'est
04:34très compliqué pour moi de lire à haute voix, etc.
04:36Donc il faut que je m'y prenne très longtemps à l'avance pour oublier le texte, pour
04:40l'absorber le mieux possible, pour l'oublier et m'en servir pour jouer.
04:49Je vais dire quelque chose si j'ai besoin que tu m'écoutes.
04:54Je te demande pardon d'être partie comme ça.
04:59Mais je ne pouvais pas faire autrement.
05:02Mathéo !
05:07Mathéo !
05:08Nous avons été contactés par Interpol au sujet d'une femme recherchée en Espagne.
05:14Jeanne !
05:16Jeanne !
05:16Elle est suspectée d'être en lien avec la disparition d'un enfant.
05:20Qu'est-ce que tu veux ?
05:23Revenir.
05:26C'est ici ma vie.
05:28Parmi les miens.
05:35Tu n'aurais jamais dû revenir.
05:42Ça donc, c'est un extrait de la bande-annonce de Karma.
05:45Alors cette semaine, Eric Judor m'a dit, est-ce que ça a vraiment de l'intérêt de mettre des
05:48bandes-annonces en radio ?
05:49Moi, je trouve que oui quand même.
05:51Je trouve que oui, ça donne un peu le ton du film.
05:53On est avec toi, donc, Denis Ménoché, pour la sortie entre autres de Karma, même si
05:58on l'a dit, ton activité est un peu plus chargée que ça.
06:00C'est le nouveau film de Guillaume Canet, avec toi, avec Maman Cotillard.
06:03C'est un sujet particulier aussi.
06:06Tu joues un rôle particulier, donc le personnage de Marc, qui est plus ou moins, tu vas me dire,
06:10c'est d'accord, mais quelqu'un qui dirige en tout cas une communauté fermée, pour ne
06:16pas dire autre chose, pour ne pas dire un gourou.
06:19Comment on aborde un personnage comme ça ? Je crois que Guillaume Canet t'envoie le
06:22scénario en 2024, si je ne dis pas de bêtises.
06:26Je crois que c'est ça, et que très vite, toi, tu veux jouer ce personnage-là.
06:31Qu'est-ce qui t'attire chez ce personnage-là, qui est pour le moment ambigu, mais effectivement
06:34qui est multiple et qui est complexe en tout cas ?
06:37C'est un terrain de jeu incroyable.
06:39Et puis Guillaume Canet, moi, Guillaume, j'ai toujours admiré son parcours.
06:42Il a quand même été, très tôt, il a mis son désir de cinéma en mouvement, il
06:47a embarqué tout le monde, il a été tout de suite, il a eu le courage de faire ça,
06:49donc j'étais assez fasciné.
06:51Je crois que tu disais, j'ai cru voir dans l'interview que toi, t'es allé voir Mon Idole,
06:54qui est son premier film de réalisateur à l'époque, avec lui, François Berléand.
06:58Très bon film d'ailleurs, qui est différent de celui-ci, mais qui est une comédie, en
07:02fait, un peu assez caustique.
07:04Donc t'avais déjà, toi, quand t'étais pas encore vraiment dans le milieu, t'étais
07:07allé voir son premier film, c'est ça ?
07:09Oui, je sortais de l'école de théâtre, je me souviens du casting de La Plage, dans
07:12tout Paris, que lui avait décroché.
07:15Moi, j'étais, voilà, on a trois ans d'écart, il a trois ans de plus que moi, mais voilà,
07:18c'est quelqu'un, j'avais envie de faire partie de son univers, voilà.
07:22Et puis jouer avec Marion, j'ai toujours été fan, on parlait du silence des agneaux
07:27hors antenne, et j'ai toujours été très fan de ces duos de cinéma-là, un petit
07:32peu, et partager la fille.
07:34C'est une situation un peu ambiguë.
07:36De que ce soit dégueulasse.
07:38Non, mais j'avais hâte de voir ce que Marion allait faire de ça, et surtout, moi, j'avais
07:42un terrain de jeu exceptionnel, enfin, d'aller, c'est une communauté, mais c'est une communauté
07:47particulière, ils sont nés là-dedans, ils n'ont pas choisi, c'est des règles qui
07:50s'appliquent depuis des années, et puis moi, je suis devenu le chef, donc il y avait
07:55plein de choses à aller chercher, découvrir, essayer de comprendre l'emprise, comprendre
08:00ce que c'est d'être un chef, de parler à Dieu, enfin, il y a toutes ces choses-là,
08:03et le scénario, il a plein de rebondissements, c'est vraiment un bon thriller, donc c'était
08:08un cadeau, en fait, vraiment.
08:10Tu parles de terrain de jeu, je parlais dans l'introduction du film Jusqu'à la Garde,
08:16qui est un film qui a marqué les gens, dans lequel il était question de jouer un personnage
08:19qui était coupable de violence, et c'est un film qui a, comment dire, bouleversé les
08:26gens, et c'est un méchant au cinéma, en tout cas, même si quand on parle de méchants,
08:31tu sais, on pense souvent à des méchants dans des blockbusters, des méchants un peu
08:34caricaturaux, là, c'est les méchants dans la vraie vie, donc avec des mauvaises actions,
08:37avec aussi parfois les nuances que ça peut avoir, c'est encore le cas avec un personnage
08:42comme Marc, finalement.
08:43Est-ce que c'est ça aussi qui, toi, t'attire, c'est-à-dire que jouer des méchants, mais
08:47qui ne sont pas méchants, je dirais à 100%, comme le Joker dans Batman, j'ai n'importe
08:51quoi, c'est un méchant, et on sait que c'est un méchant du début.
08:54Là, c'est un peu plus compliqué, en fait, dans des films comme ça.
08:56C'est la magie du cinéma, c'est-à-dire qu'on peut aller chercher, moi j'adore savoir
09:01d'où vient le personnage, donc c'est pas que je ne le juge pas pour ses actions, c'est
09:06que j'essaie de le comprendre, et j'essaie de le comprendre avec mon imaginaire, donc
09:09j'utilise l'empathie et l'imaginaire pour essayer de rentrer dedans et d'essayer
09:13de me l'approprier, de me faire sortir.
09:15Et aussi, la beauté du cinéma en France, c'est que, par exemple, jusqu'à la garde,
09:20c'est utile, parce que les gens vivent ça et le ressentent, donc ils écoutent dans
09:24la vraie vie, les femmes qui disent « il m'arrive ça », ils sont là pour
09:28elles, ils comprennent ce qui se passe, même s'il y a encore trop de féministes.
09:31Mais grâce à Dieu, c'était le cas pour la pédophie dans l'église, les
09:35survivants, c'était le cas pour les migrants, et le film de Guillaume pour ces
09:39dérives-là aussi.
09:40C'est-à-dire que c'est important de faire des films qui, quand même, comptent un
09:44petit peu dans le débat sociétal pour toi ? C'est important d'en faire partie
09:47de ça ?
09:48C'est un honneur d'en faire partie, vraiment.
09:52On parlait de… tu disais que toi, quand tu prépares un rôle, tu vas même, comment
09:59dire, non pas inventer, mais écrire en fait l'histoire préalable du personnage.
10:03C'est une méthode de comédien qui est la tienne.
10:07Comment on fait ça ? C'est-à-dire que moi, ça me fascine.
10:09Qu'est-ce que c'est ? Tu le fais tout seul, et dans ce cas-là, c'est toi
10:11qui décides
10:13tout seul du background, en tout cas, de l'histoire du personnage.
10:17Est-ce qu'il y a du dialogue avec d'autres personnes ? Comment tu mets en place ça ?
10:20C'est jamais vraiment la même façon, mais c'est toujours… En fait, si tu veux,
10:24concrètement, c'est comme si tu t'allongeais et tu fermais les yeux, et tu créais des souvenirs
10:30de quelqu'un d'autre qui est ici, qui est dans le ventre, qui est dans ton âme.
10:35Et en fait, d'un seul coup, ça va lester le dialogue, ça va lester le texte, ça va
10:40lester le comportement, parce que tu sais d'où tu viens.
10:44Je pense que dans Karma, mon personnage, il a dû subir des sévices également, donc
10:49il a fallu que j'aille les imaginer, que je les invente, mais pas avec ma tête, que
10:54je les invente organiquement, que je les ressente.
10:57Donc parfois, c'est hardcore, mais en tout cas, ça aide à te comporter et à bouger
11:03dans le film, dans l'histoire du film.
11:04Il n'y a jamais eu la crainte, tu sais, qu'on t'associe trop à des personnages comme
11:08ça, tu sais, quand tu viens de te proposer que des rôles comme ça, parce que tu les
11:12joues trop bien.
11:14Écoute, jusqu'à la garde, c'était il y a dix ans, donc j'estime d'avoir un passe-droit
11:19d'en faire un autre, mais j'en ai fait que deux.
11:21Alors après, ça marque plus.
11:22C'est sûr que les gens sont plus marqués par ça.
11:25J'espère qu'on ne me proposera pas que ça, et pouvoir utiliser ma cuisine pour faire
11:31d'autres choses et créer d'autres personnages.
11:33Jupiter, c'est le président de la République, il est bien sous tout rapport, mais c'est
11:38vrai que les méchants au cinéma marquent plus.
11:40Tu sais quoi, toi ? Je crois que tu as évidemment des comédiens qui t'ont particulièrement
11:44marqué, tu l'as déjà cité, Anthony Hopkins, on parlait du silence des agneaux, qui aussi
11:49a cette capacité, tu sais, à pouvoir tout jouer.
11:51C'est ce qu'on dit souvent des grands comédiens.
11:53De Niro, on dit, il peut tout jouer.
11:55Est-ce que c'est ça, les grands comédiens, ceux qui peuvent justement être méconnaissables
11:59d'un film à l'autre ?
12:00Oui, c'est le cas sur des films, mais c'est Stella Adler quand on lui a demandé, est-ce
12:03que...
12:04Donc une grande professeure, c'est ça ?
12:06Oui, d'une certaine époque, qui était la professeure de Marlon Brando notamment,
12:11et on lui a demandé, est-ce que Marlon Brando est le plus grand acteur du monde ? Elle
12:15a dit, on ne le saura jamais.
12:16On lui a dit, pourquoi ? Parce qu'il ne s'est pas confronté au grand texte au théâtre.
12:20Et donc, je pense que les grands, grands, grands acteurs sont ceux qui vont se confronter
12:24à Hamlet, à Molière en France.
12:27Donc Patino est peut-être le plus grand. Parce que Patino a cet amour-là du théâtre,
12:33etc.
12:33Probablement. Et bon, après, De Niro, c'est exceptionnel. Meryl Streep, c'est exceptionnel.
12:38Mais en France, on a des acteurs incroyables. On a Olivier Gourmet. Je ne vais pas commencer
12:42à citer des gens. Léa Drucker, notamment. Mais voilà. Et donc, il faut se confronter
12:47au grand texte. Après, Stella Adler, pour savoir si on est vraiment bon.
12:51Vraiment bon. Tu parles d'être confronté au grand texte. On peut aussi parler de se confronter
12:54aux grands comédiens, aux grandes comédiennes. Là, c'est le cas avec Marion Cotillard,
12:59évidemment. Il y a une relation particulière entre vous dans le film. Et je crois qu'il
13:01y avait une relation, en tout cas une absence de relation entre vous, surtout là. C'est-à-dire
13:06que vous ne vouliez pas qu'il y ait trop de liens entre vous pour pas que ça parasite
13:10justement le film et les relations des personnages. Comment ça s'est mis en place ? Vous
13:14ne vous parliez pas ?
13:15Alors, on ne se parlait pas, on ne se regardait pas. En fait, on s'est dit, le dernier jour
13:19de répétition des cascades, donc avant qu'on tourne, on s'est dit, bon ben on se reverra
13:24de l'autre côté. De l'autre côté du film. C'est-à-dire qu'on est allé devenir ces
13:28personnages-là. Ça paraît un peu acteur studio ou ça peut paraître aussi on se fait
13:32la gueule. Ce n'est pas du tout le cas. C'est-à-dire qu'on ne pouvait pas se
13:36regarder,
13:37débriefer. Tu as fait quoi ? Tu as mangé quoi hier ? Ça n'avait aucun intérêt par
13:40rapport à l'intensité des personnages et ce qu'il fallait qu'on donne à Guillaume,
13:45ce qu'il fallait qu'on crée. Et en même temps, c'était génial parce qu'il y avait
13:48vraiment un jeu de chat et souris en plus. C'est-à-dire que quand je la regardais, c'était
13:52Jeanne et quand elle me regardait, j'étais Marc. Donc c'est très jubilatoire. Il y a
13:56une énergie là-dedans. C'est un peu comme un match de tennis où tu peux mourir.
14:01C'est vraiment ça.
14:03Mais ça veut dire qu'on reste dans le personnage tout le temps ?
14:06Non. Au action, on est là.
14:10Donc ça veut dire... Mais t'arrives parce qu'il y a toujours ces légendes sur des questions
14:14Baël et Robert De Niro. Il parait que sur la valse des Pantins, King of Comédie,
14:17De Niro était horrible avec Jerry Lewis sur le tournage pour justement maintenir cette
14:21tension entre les deux. Là, ce n'était pas jusque-là. C'est-à-dire qu'en fait,
14:25quand ça ne tournait pas, tu étais Denis.
14:27Oui, oui. Alors je soupçonne que Jerry Lewis était un sombre connard.
14:31Ah peut-être que c'est pour ça que De Niro...
14:32Oui, je pense que De Niro... Mais bon, ça a dû aider.
14:36Non, non. On est avec une équipe. On ne peut pas commencer à être bizarre et commencer à dire
14:41« Ne me regardez pas dans les yeux. Vous voyez moi. C'est absurde. »
14:45Mais en revanche, il y a une forme de concentration qu'on gardait.
14:47Mais c'est aussi une connexion. C'est-à-dire que quand on ne se regardait pas et qu'on
14:50était
14:50à un mètre de distance, c'était électrique jusqu'aux actions.
14:55Oui, donc ça crée quelque chose en plus, en fait, d'investissement même peut-être dans vos passages.
15:00Est-ce que tu as toujours eu ça, toi, dès le début ? T'as eu cet investissement-là si
15:04particulier dans tes rôles ?
15:05Ou est-ce que c'est quelque chose que tu apprends presque même, que tu as appris avec le temps
15:09?
15:09Oui, je l'ai appris avec le temps, très juste. Parce que j'ai eu la carte Tarantino qui est
15:13tombée du ciel, vraiment, littéralement.
15:15J'ai fait Julie Lescaux et Tarantino la même année. Il y a un énorme Venteca.
15:19C'est exceptionnel.
15:20Mais du coup...
15:21Ça, on ne manque pas de respect.
15:22Ah oui, pardon.
15:24Non, non, mais c'est vrai que c'est fou.
15:25Si tu m'entends, je t'embrasse.
15:27Mais au-delà de ça, c'est d'avoir cette chance-là, en fait.
15:29Donc j'ai gardé ma carte Tarantino très près pour apprendre et pour lui montrer qu'il avait eu raison
15:34de me faire confiance.
15:35Donc j'ai pu faire des choix, j'ai pu auditionner pour des choses plus importantes et grandir à travers
15:41ça et développer ma passion du jeu.
15:44J'adore ça.
15:45Je lis tous les bouquins.
15:46J'adore ça.
15:47C'est vraiment...
15:47C'est ma vie, en fait.
15:49À quel moment tu t'es pris d'amour pour le jeu, justement ?
15:52Est-ce qu'il y a un film, un moment, un déclencheur ou ça a toujours été vraiment un peu
15:56en toi ?
15:57Le cinéma m'a toujours profondément marqué.
16:01C'est comme si je vivais le film en même temps.
16:03Parfois, c'est un peu difficile, d'ailleurs, parce que je suis...
16:05Je crois que l'on bouleversait pour mon film d'horreur.
16:07Ça me fait vraiment peur.
16:08Mais au-delà de ça, c'est aussi quand j'ai rencontré Leslie Chatterley, qui était ma professeure à acting
16:12international.
16:14Qui, malheureusement, nous a quittés.
16:15Mais le plaisir du mot, d'aller chercher dans le texte ce qu'il y a en dessous, de savoir
16:24qu'est-ce que ton personnage veut.
16:26Et de vraiment développer toute cette forme d'enquête et d'état créatif très organique.
16:31Tu as dit très tôt, j'ai eu la carte Tarantino.
16:34Il y a cette scène d'introduction, évidemment, toi face à Christopher Wiles, qui est dans l'histoire du cinéma,
16:41en fait, qui est vraiment une scène...
16:42Je pense que toutes les personnes qui l'ont vu la première fois, il y a une tension que seul
16:45Tarantino a réussi à installer.
16:47Juste fait de dialogue, il n'y a pas de violence, mais on comprend tout ce qui se passe.
16:52Comment on prépare une scène comme celle-ci ?
16:54Et toi, à ce moment-là, Tarantino, et déjà Tarantino, il fait ce film-là, tu sais l'importance que
17:00ça peut avoir.
17:00Est-ce que tu te rends compte du, entre guillemets, du monument dans lequel tu es potentiellement en train de
17:05jouer ?
17:06Pas du tout, parce que je ne pensais pas l'avoir à la base.
17:10Je l'ai préparée pendant 48 heures, je voulais avoir ce plaisir de...
17:16C'était une référence, toujours aujourd'hui.
17:20Et donc, je ne pensais pas l'avoir, mais quand je l'ai eue, c'était...
17:24En fait, c'est bizarre, je m'en suis rendu compte au fur et à mesure.
17:27Parce qu'au moment, j'étais concentré sur il fallait que j'assure, il fallait que j'assure.
17:31Et en même temps, le terrain de jeu, encore une fois, mais l'écriture de cette scène est tellement parfaite.
17:37Jusque dans les silences.
17:39Comme tu le dis, c'est une scène qui est étudiée dans les écoles de cinéma, que tout le monde
17:42a vue.
17:43Donc, encore aujourd'hui, je ne réalise pas à quel point j'ai gagné au loto de mon travail.
17:49Tu vois, il y a vraiment quelque chose qui m'a ouvert des portes à jamais, en fait.
17:52Quand on gagne au loto, pour ton expression, est-ce que ça met une pression particulière sur la suite ?
17:56Parce qu'aujourd'hui, je pense que c'est aussi une des grandes forces de ton parcours,
17:59c'est que les gens ne te parlent pas, même si là, je suis en train de le faire,
18:03mais en permanence de ce film-là.
18:05C'est-à-dire que tu as construit, toi, ton parcours, ta légitimité, ta crédibilité, etc.
18:10Mais est-ce que quand on a cette chance-là, et Dieu sait à quel point aussi
18:14les carrières de comédiennes et comédiennes peuvent être compliquées,
18:16qu'il y a peu de place, etc.
18:18Quand on a cette chance-là, est-ce que ça met une pression et une détermination encore plus forte pour
18:22réussir derrière ?
18:23Oui, parce que, quelque part, je voulais, comme je l'ai dit,
18:26je voulais qu'il soit fier de la confiance qu'il m'a donnée,
18:29et en même temps, je voulais apprendre, je voulais m'en servir pour progresser.
18:32Mais ça n'a pas été simple, j'ai quand même eu des moments où c'était plus difficile,
18:37où, quelque part, tu as fait un film américain pour commencer,
18:40donc forcément, tu fais les choses à l'envers.
18:42Et les Français, ils te disent, oui, il faut que tu redémarres en bas et que tu remontes.
18:47Enfin, il y avait pas mal de choses, même si ça reste qu'une seule scène.
18:50Et il fallait manœuvrer tout ça, et c'est très bien d'avoir eu des...
18:55Pas des déceptions, mais des moments où c'était pas facile,
18:58parce que j'ai encore plus appris.
19:00Je crois que quand t'es petite, t'as beaucoup voyagé.
19:04Est-ce que c'est ça aussi qui donne cette capacité à aussi bien jouer en France qu'aux Etats
19:08-Unis,
19:09qu'en Espagne, avec Sorogoyen, etc.
19:12Est-ce que ça te vient de ton enfance, ça ?
19:14Je pense qu'avec mon grand frère, on a développé une faculté d'adaptation,
19:18tout simplement pour se faire des potes, pour jouer dans la cour.
19:21Encore le jeu, hein !
19:22Toujours le jeu, en fait !
19:23C'est vrai, c'est exactement ça, mais de pouvoir s'adapter aux autres,
19:28ou en tout cas, de se retrouver dans des environnements radicalement différents,
19:33quelque part, ça m'est familier.
19:36Ouais, c'est comme ça que tu t'es construit, en fait.
19:39Ouais.
19:40On l'a dit, il y a Jupiter qui arrive un peu après.
19:44Donc là, tu joues le président de la République.
19:47On t'a expliqué un petit peu ta manière de te préparer pour un rôle.
19:50Est-ce que là, tu prends justement des...
19:53Est-ce que tu étudies des présidents qui ont vraiment ouvré lors de la Ve République ?
19:57Est-ce que tu t'inspires d'eux ? Tu les as observés ?
20:00Alors, j'hésite à faire ça parce que j'ai toujours peur de vouloir imiter,
20:05et ça va sonner creux, et je vais me ridiculiser à vouloir faire comme.
20:09C'est plus le pourquoi, ce que ça fait, ce qu'il y a en dessous, tu vois, de devenir...
20:13Et le mot, c'est responsabilité.
20:14C'est-à-dire que tu te sens responsable d'un pays, d'un peuple,
20:18à mon niveau, mais c'est mon travail d'incarnation, c'est ce sentiment-là.
20:22Et avec ce qui se passe dans le scénario, qui va au fur et à mesure vers une responsabilité
20:27qui devient impossible, une décision qui devient impossible.
20:32Et c'était un parcours qui était lourd, et en même temps, c'était exaltant,
20:37parce que je n'avais jamais été là-bas.
20:40C'est un premier film.
20:42Comment aussi, quand on a statut d'un comédien accompli,
20:47comment on choisit, tu sais, les rôles ?
20:49Parce que tu pourrais te dire, là, moi, non, je veux cocher des caves,
20:52je veux tourner avec les plus grands.
20:54Là, Alexandre Smilla, c'est potentiellement un futur grand,
20:57mais ce n'est pas encore le cas, c'est un premier film.
20:59Comment on fait ces pas de côté-là ?
21:01C'est le scénario.
21:03Quand tu lis un scénario et que tu es embarqué, c'est comme un bon bouquin.
21:06Enfin, il y a un truc, tout de suite, tu es dans l'imaginaire,
21:09dans l'univers du truc.
21:12Jusqu'à la gare, je ne l'ai pas reposé, je l'ai lu deux fois d'affilée.
21:15Puis là, pareil, c'est des choses.
21:17Tu fais, ah, karma, je l'ai lu en une heure et demie,
21:20j'ai appelé Guillaume, il a cru que l'email n'était pas parti.
21:23C'est vrai, quand c'est bien écrit, tu as envie d'en faire partie,
21:27en fait, ça devient presque viscéral.
21:29Donc là, c'était le cas, en fait.
21:30Il fallait que tu joues ce président-là.
21:33Oui, et puis quand on vous propose un rôle de président,
21:35c'est quand même chouette.
21:36C'est vrai, ouais ?
21:37Ouais, c'est chouette.
21:37Est-ce qu'il y a des rôles comme ça que tu aimerais vraiment qu'on te propose ?
21:41En fait, c'est plus la surprise de quelque chose de nouveau.
21:43Donc, je n'ai pas vraiment de, j'aimerais jouer un tel ou...
21:46Non, je n'ai pas vraiment ça.
21:48Est-ce qu'il y a déjà eu des rôles récemment où je t'ai dit,
21:51ah, là, j'aurais bien aimé l'avoir celui-là,
21:53j'aurais bien aimé qu'on me le propose ?
21:55Ben non, parce qu'en général, c'est que quelqu'un d'autre l'a fait et que c'est
21:58super.
21:59Donc, forcément, quand Usain Bolt court,
22:01il regarde dans le couloir d'à côté, à la fin, quand il a gagné.
22:04Il ne faut pas regarder les couloirs des autres.
22:06Ce n'est pas bien, ce n'est pas bien.
22:07Tu parles du Usain Bolt, tu apparaîtes le skate.
22:10Est-ce que ça, c'est des parcours, en tout cas des profils,
22:12c'est des profils de sportifs que tu peux regarder,
22:16dont tu peux t'inspirer, donc toi, dans ta carrière ?
22:18Ah oui, le skateboard, déjà, c'est un sport où tu tombes,
22:20tu tombes, tu tombes et tu te relèves jusqu'à ce que tu as.
22:22Mais ça fait partie du... C'est ça, en fait, c'est tomber.
22:23C'est tomber, mais apprendre à sentir le moment.
22:25Tu vois, comme une prise. Action coupée, c'est pareil qu'une figure.
22:28Il faut que tu arrives à évoluer dans l'espace et dans le moment.
22:31Et quand, à force de tomber, tu sens mieux les choses,
22:33donc tu fais une meilleure prise, il y a de ça.
22:36Et en fait, en plus, c'est un sport collectif, mais pas groupe,
22:40mais chacun est individuellement célébré pour son progrès, pour ce qu'il fait.
22:44Et donc, il n'y a pas de forme de compétition. C'est sain.
22:48C'est vraiment une culture que j'adore, franchement.
22:51Est-ce que tu pratiques encore ou est-ce que tu suis encore ?
22:53Je suis encore. Là, il y avait les championnats amateurs à Tampa, en Floride,
22:57donc je me suis couché tard avant-hier pour voir.
23:01Donc, ça dure deux jours.
23:03Et ensuite, il y avait SLS, le Street League à Paris, à Roland-Garros,
23:07qui était le 3 octobre.
23:09Donc, je regarde ça. Je ne suis pas encore allé.
23:11Vincent Milou, magnifique skateboarder français, fantastique.
23:16Il a été cinquième, mais il avait gagné l'année dernière, l'année d'avant.
23:19Mais en plus, parce que toi, on le dit en hantenne, tu es né en 76.
23:23Donc, c'est aussi, c'est un moment, enfin, dans la fin des années 80, début 90,
23:27le skateboard explose.
23:29Alors, moi, je n'ai pas connu ça parce que ce n'est pas ma culture,
23:31mais c'est que quelqu'un comme Pedro Winter a beaucoup raconté ça.
23:34Les vidéos de skate, qui sont vraiment des moments culturels,
23:37avec la musique, tu parlais de NTM tout à l'heure,
23:39donc tu disais que tu avais peut-être découvert ça dans une vidéo de skate.
23:41Mais c'était vraiment des moments dans les années 90,
23:43les vidéos de skateboard, les figures, mais aussi la musique.
23:46Enfin, c'est toute une culture, en fait.
23:47Tout, les vêtements, la musique.
23:49Pedro Winter, en fait, c'est un peu une...
23:51On le faisait partie tous d'une même genre de bande
23:55qui était bercée dans cette culture-là,
23:57avec les vidéos de skate, les vidéos...
23:59Est-ce que Denis Menoschi a skaté avec Pedro Winter ?
24:02Non, mais j'ai le croisé, je n'en sens jamais...
24:04Ouais, non, non, on était tous...
24:05Enfin, nous, on était à la défense.
24:06Eux, ils n'étaient plus au palais de Tokyo.
24:09Après, il y a eu Bastille, ça se mélangeait,
24:11mais en tout cas, on est baigné de la même culture,
24:13des vidéos H Street, plan B, les sapes, la musique,
24:17et puis eux, ce qu'ils ont fait après,
24:19Pedro Winter et sa bande, ils ont tout niqué.
24:22Vraiment, chapeau.
24:23Mais c'est intéressant aussi de voir ce moment.
24:25Est-ce qu'il y a des films aussi de skate ?
24:27Moi, je pense à Larry Clark, quand je pense, tu sais, au skateboard.
24:30Il y a des choses aussi que tu as beau...
24:31Keys, bien sûr.
24:32C'est des choses que tu as beaucoup regardées aussi à cette époque-là.
24:34Ça va être partie de ta culture ou pas ?
24:35Ouais, Keys, c'était un choc, vraiment.
24:38Mais on était déjà dedans, en fait.
24:40Donc, vous voyez, c'était plus mainstream.
24:41Donc, quelque part, parfois, on pouvait bannir.
24:44C'est normal.
24:45Quand on est jeune, c'est un peu ça.
24:46Dès que ça devient mainstream, c'est un peu chiant.
24:49Mais non, non, c'est sûr.
24:50C'est des vidéos de skate qui étaient vraiment...
24:54Quelle époque ?
24:55Ça te manque ?
24:56Ouais.
24:57J'écoute beaucoup de musique de cette époque-là
24:59pour me donner la gouache, pour avoir la banane.
25:02Quand tu...
25:03Tu vois, parce qu'il y a eu beaucoup de films, évidemment,
25:05ces dernières années, des films importants,
25:07des réalisateurs aussi importants.
25:08Je pense à, évidemment, François Ozon,
25:10mais aussi parfois des réalisateurs importants
25:12pour lesquels tu peux jouer un second rôle.
25:13Je pense à Wes Anderson, par exemple.
25:15Et je crois que tu disais que,
25:17quelque chose qui peut se passer
25:18quand il y a des grands réalisateurs qui t'appellent,
25:20même s'ils t'appellent pour jouer...
25:2330 secondes, tu ne peux pas dire non.
25:25Il y a des gens à qui on ne peut pas dire non ?
25:26Pour l'expérience, parce qu'en tant que cinéphile,
25:30quand tu as Wes Anderson qui t'appelle, tu y vas.
25:32Oui, parce que tu as envie de faire partie de ça.
25:35Mais c'est surtout comme Guillaume Canet,
25:36tu vois, d'être curieux de son univers,
25:38de voir comment il travaille,
25:40de faire partie de cette famille-là
25:42pour quelque temps.
25:44Est-ce que tu parles des réalisateurs ?
25:46Est-ce que toi, tu as cette envie-là ?
25:47Il faudrait que j'ai quelque chose à dire,
25:49ou en tout cas que je sache le formuler correctement.
25:52Et puis, il faudrait que j'ai le temps, surtout.
25:54Parce que c'est quand même...
25:55Voilà, sur Karma, Guillaume, c'est 4 ans de sa vie.
25:58Il faut vraiment tout donner,
26:00surtout lui qui donne tout, tout le temps.
26:02Je ne sais pas si j'aurai cette énergie-là.
26:04Et puis surtout, j'ai peur de...
26:06Sur un plateau,
26:08il faut quand même être très patient
26:09avec l'horloge qui tourne.
26:11Ça coûte beaucoup d'argent.
26:13Est-ce que je deviendrai un tyran ?
26:14Est-ce que je deviendrai quelqu'un de pas sympa ?
26:17C'est sous la pression.
26:19Je me pose la question.
26:21Je parlais de Ray Lester.
26:22Il y a notamment Harry Astor.
26:24Tu as joué pour lui.
26:25Et dans un film, il y avait Joaquin Phoenix,
26:26qui, je crois, fait aussi partie de tes...
26:29Vous êtes d'une génération similaire,
26:30mais en tout cas, ça fait partie des gens
26:31que tu as regardés,
26:32peut-être dans les années 90, 2000,
26:33et encore aujourd'hui, d'ailleurs.
26:35Comment c'était...
26:36Est-ce que tu as pu l'observer ?
26:37Ah oui, je n'ai fait que ça.
26:38Je n'ai fait que ça.
26:39Mais je l'avais déjà rencontré
26:40sur un film qui s'appelait
26:41Marie-Madeleine,
26:42où il jouait Jésus.
26:43Oui, oui.
26:43Très brièvement.
26:45Mais après, avec les gens comme ça,
26:47moi, je ne les approche pas.
26:48C'est-à-dire que Joaquin, je le laisse.
26:50Et sur Boys Afraid,
26:52je le laissais, je le laissais.
26:53Et puis, c'est lui qui avait dit
26:54qu'il faut qu'il vienne.
26:55Il m'avait vu jouer.
26:55Il me dit qu'il faut qu'il vienne.
26:56Donc, c'est lui qui a voulu que tu joues ?
26:58C'est Harry qui en a parlé à lui.
26:59Et ils m'ont dit
27:00viens jouer avec nous.
27:00Parce que j'étais au Canada, eux aussi.
27:02Donc, ils m'ont dit
27:03tu vas faire ce rôle-là.
27:05Mais après, Joaquin, je le laisse venir
27:06parce que j'ai tellement peur d'être déçu.
27:08Oui, c'est vrai qu'on dit Joaquin, pardon.
27:09J'ai dit Joaquin Phoenix.
27:11Mais c'est vrai que c'est Joaquin Phoenix.
27:13Oui, on peut dire Joaquin Phoenix.
27:14C'est vrai.
27:14Mais j'avais tellement peur d'être déçu
27:16parce que j'admire ce gars depuis toujours.
27:19C'est quelque chose.
27:19Il a un truc animal.
27:20Il a un instinct.
27:21Il ne fait jamais la même chose.
27:23Et donc, je le laissais venir
27:24un peu comme un chat.
27:25Et ça a marché.
27:26Donc, il venait me voir.
27:27Il venait me parler.
27:28Donc, j'étais là.
27:28Yes !
27:28Et on a développé une relation.
27:30Moi, j'étais fan de son frère
27:33qui nous a quittés.
27:34River Phoenix.
27:35D'ailleurs, il jouait entre autres
27:36dans Indiana Jones.
27:38Il a recoursé plein de choses
27:39qui avaient vraiment ce côté
27:41James Dean des années 90.
27:43Il avait cette espèce de grâce.
27:46C'est-à-dire que dans Stand By Me,
27:48on a l'impression qu'il a toujours joué,
27:52qu'il est, il est, mais incroyable.
27:54Toujours.
27:55Donc, ouais.
27:56Et puis après, c'est tragique.
27:57Donc, ouais.
27:58En plus, j'imagine que pour Joaquin,
28:00c'est une revanche aussi.
28:01Ouais, évidemment.
28:03Tu cites beaucoup,
28:04quand on parle actuel,
28:04tu cites beaucoup de films.
28:05On sent qu'il y a une grande cinéphilie.
28:08Tu regardes énormément de films
28:10encore aujourd'hui.
28:10Est-ce que c'est ça,
28:12quand tu ne regardes pas du skateboard ?
28:13C'est des films,
28:15des nouveaux films,
28:15des anciens films ?
28:16C'est plutôt des vieux films,
28:17mais moins qu'avant.
28:20C'est-à-dire qu'après, maintenant,
28:21j'ai un peu...
28:22Quand je regarde des films contemporains,
28:26parfois, en fait,
28:27comme la magie s'en va,
28:28tu te dis,
28:28ah, ils ont tourné de nuit.
28:29Ah, pourquoi il y en a ?
28:30Ah oui, tu analyses les choses.
28:31Et du coup, parfois,
28:32ton cerveau, il t'empêche
28:33de te laisser aller.
28:34Donc, je regarde plutôt des vieux films
28:35parce qu'au moins,
28:36je suis sûr que...
28:37Voilà.
28:38Est-ce qu'on prend encore des claques
28:40quand on fait du cinéma
28:42depuis longtemps,
28:43qu'on n'a forcément pas
28:44le même regard ?
28:46Est-ce que tu es encore impressionné ?
28:48Toujours.
28:49Toujours.
28:49Après, je ne pourrais pas citer
28:50parce que c'est un exercice.
28:51Mais toujours.
28:52Et heureusement,
28:53parce que ça te redonne l'envie,
28:55ça te montre
28:55que tu es toujours
28:58dans une forme
28:59d'admiration,
29:01d'être béat
29:02devant ce que des gens ont fait.
29:04Parce qu'un film,
29:05c'est plein de gens
29:06en même temps
29:06qui travaillent.
29:07Donc, d'être vraiment épaté
29:09et embarqué,
29:10c'est fabuleux.
29:11On parlait tout à l'heure
29:12de la bestace,
29:13de la réplique à Marina Foyce dedans.
29:14Je crois
29:15que tu étais un grand fan
29:17des Robin des Bois.
29:18Oui.
29:19qui est son collectif
29:20dans lequel elle a commencé
29:23des sketchs
29:24sur Canal,
29:26sur Comédie.
29:26Sur Comédie.
29:27Ça a commencé sur Comédie à la base.
29:28Oui, la grosse émission.
29:29Exactement.
29:30Je crois même que tu avais écrit
29:31un sketch
29:31que tu avais envoyé
29:32à Marina Foyce à l'époque.
29:33Non, alors j'avais écrit
29:34un sketch que j'avais envoyé
29:36à la grosse émission
29:37qui était animée
29:38par un achat à bas en plus.
29:39Tout à fait.
29:39Et on y allait
29:39avec mon meilleur pote,
29:40Ben,
29:40on allait voir en direct.
29:42Et j'avais chopé Marina
29:45à la sortie
29:46de la grosse émission
29:47en lui disant
29:48« Tu sais,
29:48j'ai écrit un sketch pour vous. »
29:49Elle était là
29:50« Oui,
29:50mais on n'écrit que pour nous,
29:52tu sais. »
29:53J'ai un peu envoyé pètre
29:56et regarde maintenant.
29:57Ça veut dire que quoi ?
29:58Tu avais envie d'être auteur ?
30:00Ça faisait partie des choses
30:01que tu avais envie de faire ?
30:02Ça me stimulait.
30:03Je trouvais leur énergie.
30:04J'ai toujours ça
30:05quand je vois des gens
30:06qui s'éclatent
30:06à faire des sketchs,
30:08des conneries.
30:08C'est pour ça que je regarde
30:09beaucoup Saturday Night Live aussi.
30:11C'est quelque chose
30:11qui me plaît.
30:12J'adorerais qu'il y en ait
30:13en France aussi,
30:14qu'on puisse faire des satires
30:15sur la politique
30:16ou des sketchs
30:17sur des trucs pour se marrer,
30:18pour que ça soude tout le monde.
30:20Que ce ne soit pas
30:22pour pointer du doigt,
30:22mais juste pour avoir
30:23plus de légèreté.
30:24C'est vrai que nous,
30:24on n'a pas cette culture-là
30:25du late show.
30:26On a essayé.
30:28Même, tu parlais
30:28d'Al-Achaba.
30:29Al-Achaba aussi avait essayé
30:30à un moment.
30:31Sur TF1,
30:32si je ne dis pas de bêtises.
30:33Mais on n'a pas ce...
30:34C'est un truc très américain.
30:36C'est un truc américain.
30:37Mais après, les sketchs,
30:38par exemple,
30:38les Robins,
30:38ils l'ont fait assez longtemps
30:39sur Canal après.
30:41Et c'était super.
30:42Il y avait vraiment...
30:43Et le théâtre de Bouvard,
30:45il y avait quand même
30:46pas mal de sketchs.
30:47C'est aussi une culture française,
30:48la culture du café-théâtre.
30:50Et même quand tu vois
30:52une série comme Friends,
30:53c'est des portes qui claquent.
30:54C'est vraiment
30:54un truc très français.
30:55C'est juste qu'il faudrait
30:57peut-être le faire un peu plus.
30:58T'as déjà eu envie, toi,
30:59de monter sur scène
31:00pour faire rire ?
31:01Ah ouais !
31:01Ouais ?
31:02Bah, c'est quand même
31:03très addictif, j'imagine.
31:05C'est mieux que de faire peur
31:06ou pleurer.
31:07Tu penses que c'est mieux ?
31:08Bah, ça se complète.
31:11Ça manque...
31:11J'aimerais bien.
31:13Donc, est-ce que tu pourrais le faire ?
31:15Ah bah oui.
31:15Moi, ok.
31:16Surtout aujourd'hui.
31:17Ce serait pas mal
31:18de faire rire les gens.
31:19Ouais.
31:19Donc, il y a peut-être
31:20une carrière de stand-upper
31:20qui peut s'ouvrir
31:21à un moment pour toi.
31:24Écoute,
31:24cette tournée province,
31:25je me découvre des talents
31:26pour faire rire une salle
31:27avec un ou deux mots
31:28et je suis toujours
31:29très fier de moi.
31:31Mais stand-upper,
31:32je sais pas.
31:32Mais en tout cas,
31:32faire partie d'un film,
31:34surtout,
31:35parce que c'est ce que je sais faire
31:36de qui fasse rire les gens,
31:37ce serait un rêve.
31:38Parce qu'effectivement,
31:39ce que tu me disais
31:40en rentaine,
31:40c'est que là,
31:41tu sillones la France.
31:43Oui.
31:43Pour les deux films,
31:43d'ailleurs,
31:44finalement,
31:45donc Karma et Jupiter.
31:47Et toi,
31:47t'aimes bien ça.
31:48Ça peut être très épuisant,
31:49j'imagine,
31:50mais c'est un énergie
31:51que t'aimes bien
31:51de te confronter
31:52au premier retour
31:53des personnes.
31:55Oui,
31:55de voir les visages des gens.
31:57Ça,
31:57c'est magique.
31:58Et de les rencontrer après,
32:01c'est encore mieux.
32:03Mais alors après,
32:03parfois,
32:04il y a des gens
32:04qui viennent te parler
32:05après Karma,
32:07qui ont vécu
32:07des choses similaires,
32:08donc qui t'en parlent.
32:10Ou Jupiter,
32:10ils sont concernés
32:12par une situation
32:12qui les touche directement.
32:14Donc c'est ça,
32:15mais c'est surtout
32:16un partage,
32:16en fait.
32:17On passe un moment ensemble,
32:18on est là en même temps,
32:19les gens sont venus,
32:20enfin,
32:20il y a vraiment un truc,
32:21c'est super.
32:22Et à travers toute la France,
32:23je fais ça pendant,
32:24ça fait un mois,
32:24j'en fais encore un mois.
32:27Et ouais,
32:28si je me présentais
32:29aux élections,
32:29je pense que
32:30j'aurais toutes mes chances.
32:32Non,
32:32je plaisante.
32:33On est encore
32:34dans les sorties.
32:35Non,
32:36en tout cas,
32:37humainement,
32:37c'est très fort
32:38et ça me fait
32:39beaucoup de bien.
32:40Et est-ce que,
32:41parce que,
32:42mineur,
32:42le public,
32:43c'est important
32:43pour les comédiens
32:44et les comédiennes
32:45parce que c'est nous
32:46qui venons vous voir
32:47et parfois qui décidons
32:48du sort d'un film ou pas.
32:50Est-ce que quand on joue,
32:52finalement,
32:53c'est ton travail.
32:54Quand on travaille,
32:56tous,
32:56on peut penser parfois
32:57à ce pour qui on le fait.
32:59Donc ça peut être
32:59pour un supérieur,
33:00ça peut être
33:00pour des gens
33:01qui écoutent une émission.
33:02Est-ce que toi,
33:03tu penses aussi au public
33:05quand tu joues
33:06ou ça ne rentre jamais en compte ?
33:08J'y pense jamais
33:09parce que,
33:10en fait,
33:11je suis dans le moment,
33:13tellement dans le moment
33:14pour jouer
33:15que mon personnage
33:17n'y pense pas
33:17au public.
33:18En revanche,
33:19parfois,
33:20sur Karma,
33:20par exemple,
33:21je sais que Marion
33:21et Guillaume,
33:22ils ont fait des choix
33:23de jeux
33:24pour justement
33:25penser au public
33:26dans le thriller,
33:27pour les contre-pieds
33:28que ça peut apporter.
33:30mais en fait,
33:31personnellement,
33:32je n'y pense jamais.
33:34Mais là,
33:34de les rencontrer
33:35de tous les jours,
33:37en fait,
33:38c'est magique,
33:39mais c'est le miroir
33:40de mon travail.
33:41C'est autre chose,
33:42tu vois.
33:42Les gens,
33:43ils viennent te voir
33:43et ils disent
33:44qu'on a vu ce film,
33:45ça nous a beaucoup touchés,
33:47continuer,
33:47rester discret sur tous
33:48et merci.
33:49Donc ça,
33:50voilà,
33:51c'est ma plus belle
33:52des récompenses,
33:53c'est ce genre de...
33:54C'est une récompense.
33:55C'est la vraie récompense.
33:56C'est le regard des autres.
33:58C'est les gens
33:59qui viennent te dire
34:00j'ai pris une baby-sitter,
34:01je suis venu là,
34:01j'ai fait ça,
34:02j'ai fait ça
34:02et là,
34:03on a passé un bon moment.
34:04Voilà.
34:05Quel est le film
34:06dont on te parle le plus
34:07quand on te reconnaît ?
34:10Ça dépend des gens,
34:11ça dépend des générations.
34:13Tu vois,
34:13j'ai fait un film
34:14qui s'appelle
34:14Force spéciale
34:15et à chaque fois
34:16quand c'est plutôt
34:18la police,
34:19c'est plutôt les gens
34:19de l'armée,
34:20c'est plutôt les jeunes
34:21et jusqu'à la garde surtout,
34:23Inglourious Bastard,
34:24beaucoup.
34:24Encore aujourd'hui ?
34:25Tout le temps, ouais.
34:27Asbestas,
34:27mais aussi
34:28Seules les bêtes,
34:29Dominique Moin,
34:31il y en a plein,
34:32grâce à Dieu.
34:32Enfin, il y en a plein,
34:33le mec il se la raconte.
34:34Non, non,
34:34en tout cas,
34:35il n'y a pas,
34:35je me pose le mot.
34:37Non, non,
34:38c'est varié
34:39mais c'est surtout
34:41jusqu'à la garde
34:41à profondément marquer
34:42les gens.
34:43Asbestas plus récemment
34:44mais Peter Van Kante aussi
34:45d'autres manières,
34:46c'est d'autres personnes,
34:47d'autres publics.
34:51Denis,
34:52tu es un grand cinéphile.
34:55Tu observes
34:56et peut-être même
34:56analyses et étudies
34:57les comédiens
34:58et les comédiennes
34:59par ailleurs.
35:00J'ai envie
35:01qu'on détermine aujourd'hui
35:02qui est pour toi
35:03le plus grand comédien
35:04de tous les temps.
35:04Je te mets deux comédiens,
35:06tu me dis lesquels tu gardes.
35:07Ah, c'est horrible.
35:08Il n'y a évidemment
35:08pas de mauvaise réponse.
35:10Mais c'est-à-dire
35:10que tu te rends compte
35:11que je peux avoir
35:12une vaine d'État ?
35:13Non, mais
35:14on dira du bien
35:15de chaque personne.
35:16C'est que des Américains.
35:18Ah,
35:18c'est pas un genre
35:19des Cefran qui...
35:20Non, non,
35:20comme ça,
35:20je te mets moins en difficulté.
35:22Il y a moins de chance
35:22qu'Anthony Hopkins,
35:23même si j'adorais
35:24qui suivait l'émission,
35:25qui tombe sur l'émission.
35:26OK.
35:26Moins de chance.
35:27Anthony Hopkins
35:29face à Daniel Day-Lewis.
35:32Anthony Hopkins.
35:33Ah ouais ?
35:34Ouais.
35:34Parce que souvent,
35:35Daniel Day-Lewis,
35:35aujourd'hui,
35:35est un peu vu comme
35:37le plus grand comédien contemporain.
35:38On sait à quel point
35:39il met beaucoup,
35:40beaucoup,
35:40beaucoup de lui
35:41dans chaque rôle.
35:42Toi, Anthony Hopkins,
35:42c'est vraiment au-dessus.
35:45Parce qu'il y a une simplicité
35:46et une rigueur
35:47et en même temps,
35:47si tu veux,
35:48quand on parlait
35:48du silence des agneaux,
35:50il a fait le silence des agneaux
35:51et il a fait retour
35:52à Howard's End
35:53la même année.
35:53Tout à fait.
35:54Et quand on voit
35:56les personnages
35:57qui sont vraiment subtils
35:59et sur le fil
35:59comme ça,
36:00à ce point-là,
36:01c'est extraordinaire.
36:02Day-Lewis,
36:03il est exceptionnel.
36:04Là, on parle que de géant,
36:05de toute façon, évidemment.
36:06Dave Bobby Blood,
36:07laisse tomber,
36:07je ne comprends pas
36:08pourquoi il a pu
36:0812 Oscars.
36:11Mais c'est vrai
36:12qu'Anthony Hopkins
36:13n'est jamais trop méconnaissable.
36:15Il y a beaucoup
36:15de grands comédiens,
36:16Denis Rowe,
36:17Day-Lewis,
36:18on ne les reconnaît presque pas
36:19d'un film à l'autre.
36:20Anthony Hopkins,
36:20c'est toujours le même visage
36:21et pourtant,
36:22c'est d'autres personnages.
36:24C'est vrai qu'il a ça.
36:25C'est le théâtre.
36:25Le théâtre,
36:26c'est les Anglais.
36:28Anthony Hopkins
36:29ou autre registre,
36:30Robin Williams.
36:36Alors,
36:37Robin Williams,
36:38parce que Robin Williams,
36:39c'est quand même
36:39au-delà de la carrière
36:42et tout,
36:42c'est vraiment un génie.
36:44Pour moi,
36:45c'est un génie.
36:45Il a cette faculté
36:47à improviser
36:49et à aller
36:50dans des endroits
36:51qui surprennent
36:51tout le monde.
36:52Il y a une vidéo
36:54où il est invité
36:55à l'Actor Studio.
36:56Tu sais,
36:57il y avait une émission
36:57de James Lipton
36:58qui était exceptionnelle.
37:01Ça ne se trouve pas trop
37:02sur YouTube.
37:03J'ai déjà cherché.
37:04Je pense que ça doit être
37:05sur une chaîne américaine
37:07qui ne doit pas être
37:07facilement trouvable.
37:08Mais c'était
37:09des super entretiens.
37:10C'était super.
37:10J'ai cherché les DVD
37:12et même ça,
37:13c'est compliqué.
37:14En tout cas,
37:14il y a un moment donné
37:15pour voir le génie
37:16de Robin Williams
37:17et aussi son rapport
37:18au public
37:18dans l'immédiaté.
37:20Il emprunte
37:21l'écharpe
37:22d'une jeune femme
37:23et il fait
37:24je ne sais pas
37:25combien de personnages.
37:28C'est magnifique.
37:29C'est grand comédien.
37:31Robin Williams
37:32ou Jack Nicholson ?
37:34On va aller sur Jack.
37:37Jack,
37:38il y a un côté
37:39très carnassier
37:39chez Jack Nicholson
37:41que je trouve,
37:42je pense qu'il devait
37:43prendre l'espace
37:44d'une manière
37:45comme un animal
37:46pour le coup.
37:48Je trouve qu'il est
37:49fascinant
37:50à regarder travailler
37:52et en même temps,
37:53on ne le voit pas travailler.
37:56Je pense que vous avez
37:57quelque chose
37:58en commun,
37:58c'est que vous n'avez pas
37:59peur aussi de jouer
38:01des méchants.
38:02Nicholson,
38:03il a joué
38:04des fat-tips
38:05et en fait,
38:06ça n'a pas entaché
38:07au contraire
38:07son image
38:09ou sa légende.
38:10Et meilleur contrat
38:11du monde
38:11sur Batman
38:12parce qu'il a un droit
38:13sur tout
38:14ce qui est arrivé après.
38:16Tout à fait.
38:16Et c'était lui
38:17la star du film d'ailleurs
38:18à l'époque,
38:18ce n'était pas Michael Keaton
38:19même si c'était un super Batman.
38:21Moi, c'est un autre sujet.
38:22Jack Nicholson
38:23ou Joaquin Phoenix ?
38:25Joaquin ?
38:26Joaquin,
38:27c'est,
38:27vous voyez,
38:28Two Lovers,
38:29magistral,
38:31extraordinaire,
38:31Walk the Line,
38:32il a appris à jouer
38:33de la guitare
38:33et chanter,
38:34enfin bon,
38:34c'est exceptionnel.
38:36Mais même dans Signs,
38:37par exemple,
38:38où il avait remplacé
38:39Mark Ruffalo
38:40au PLV,
38:40il est hilarant,
38:43il est génial
38:43et dans à peu près
38:45tout ce qu'il fait,
38:46il me fascine
38:47mais même de le voir travailler,
38:49c'est jamais la même prise
38:50et il ne veut pas non plus
38:51aller dans des trucs
38:52déjà vus
38:52donc il a un instinct,
38:55il est complètement
38:57hyper là.
38:58Ouais, ouais.
38:59Ah, fabuleux.
39:01Joaquin Phoenix
39:02ou Marlon Brando ?
39:04Joaquin Phoenix.
39:05Ah, ça c'est important.
39:08Je vais me faire embrouiller.
39:09Mais non,
39:10mais Marlon Brando,
39:11oui,
39:11le parrain exceptionnel,
39:12un pro avec le chat,
39:14des cotons dans la bouche.
39:15Ok, super.
39:16Ok.
39:17Joaquin Phoenix
39:18ou Gary Oldman ?
39:19Gary Oldman ?
39:21Incroyable,
39:21Gary Oldman.
39:22Dracula ?
39:23Génial.
39:24Moi aussi,
39:24je l'adore dans un second rôle
39:25mais dans True Romance.
39:26Il joue ce dealer
39:29extraordinaire.
39:29Parfait.
39:30et même dans,
39:31il y a,
39:32c'est Dragon Rouge je crois,
39:33donc dans la série
39:34d'Anibal Lecter,
39:36il joue ce mec
39:38qui s'est coupé le visage
39:40avec un miroir
39:41parce qu'Anibal Lecter
39:42lui avait dit de le faire
39:42et il est obsédé par lui
39:44et donc il est complètement grimé
39:46et on lui amène le masque
39:47d'Anibal et il est là.
39:51Par contre,
39:52tu parles un peu trop
39:52d'Anibal Lecter.
39:54Silence des Agneaux,
39:55Dragon Rouge.
39:57C'est ma petite obsession.
39:58Est-ce que tu as vu la série
39:58avec Maz Mikkelfen ?
40:00Il paraît qu'elle est,
40:00je n'ai jamais regardé
40:01il paraît qu'elle est géniale.
40:02Non.
40:02Ok.
40:02Mais c'est mon côté skater,
40:04je l'ai banni direct.
40:05Pourquoi ?
40:05Parce que c'était,
40:06ça venait trop empiéter
40:07sur mon cinéma.
40:10Ok.
40:10Mais je vais le regarder,
40:11je le regarde ce soir.
40:12Non,
40:13vraiment,
40:13il y a plusieurs saisons.
40:15Gary Oldman
40:16ou Philippe Seymour Hoffman ?
40:17Philippe Seymour Hoffman.
40:18En fait,
40:18à savoir qu'aujourd'hui,
40:19tu me prends.
40:20C'est le jeu, non ?
40:21Sinon,
40:21tu peux choisir.
40:22Non, mais disons
40:23qu'on va tous dîner après.
40:24Ok, très bien.
40:26Philippe Seymour Hoffman,
40:27alors moi,
40:27c'est quand même
40:28pour moi,
40:29le génie
40:30de sa génération
40:31et même,
40:33je ne saurais pas quoi dire
40:34parce qu'en plus,
40:34il est mort trop vite
40:37mais sa façon de travailler,
40:39alors il y a
40:39dans The Master,
40:40il est face à Joaquin,
40:41il y a cette scène
40:42où il se regarde
40:43les yeux dans les yeux.
40:44C'est exceptionnel
40:45et c'est surtout
40:46Truman Capote,
40:47c'est-à-dire que le gars
40:49se met à parler
40:49avec la voix du personnage,
40:51improvise comme le personnage,
40:53il est futé,
40:54il est drôle,
40:55il est beau,
40:56il est laid,
40:56il a tout pour...
40:57C'est un génie,
40:59mais vraiment,
41:00de loin.
41:00D'ailleurs,
41:01toutes les personnes
41:02qui vont côtoyer
41:02le disent en fait.
41:03Quand il est parti,
41:04il n'y avait que des gens
41:05qui disent à quel point
41:05on perdait le plus grand en fait.
41:07et il y a un film
41:09qui s'appelle
41:09Le Doute,
41:10Doubt,
41:10avec Meryl Streep
41:11où il joue un curé
41:13qui se rapproche un peu
41:14de Karma.
41:15Je ne connais pas ce film,
41:17je le regarderai ce soir
41:17pour de vrai.
41:19Philip Seymour Hoffman
41:20ou Gene Hackman ?
41:22Philip Seymour Hoffman,
41:24non Gene Hackman,
41:25super,
41:25génial,
41:26génial,
41:26légende,
41:27super.
41:27Philip Seymour Hoffman
41:28ou De Niro ?
41:29Et je m'arrête là-dessus.
41:31Aïe,
41:32aïe,
41:32De Niro dans
41:33Raging Bull,
41:34quoi.
41:35De Niro dans tout.
41:37Non mais tout.
41:38Il y a un film d'ailleurs
41:38avec les deux,
41:39est-ce que tu as vu ce film ?
41:40Oui.
41:41J'ai oublié le titre.
41:42Oui.
41:43Où De Niro joue un voisin
41:44et Philip Seymour Hoffman
41:46et joué un tronc.
41:46D'une drag queen.
41:48Exactement.
41:48Et écoute,
41:49j'ai oublié ce film,
41:50je ne sais plus comment il s'appelle,
41:51je le retrouverai,
41:52mais il y a une confrontation
41:53entre De Niro et Philip Seymour Hoffman.
41:54Ah non,
41:55mais c'est magnifique ce film d'ailleurs,
41:56il faut le voir pour ça
41:57parce que c'est deux immenses acteurs
41:58et De Niro,
42:00tous les films,
42:01ça y est,
42:01j'ai des images de la scène
42:03de la roulette russe.
42:07Personne n'est parfait,
42:07le titre français.
42:08Personne n'est parfait.
42:09Et Flawless,
42:10le titre américain.
42:11Merci à Red One.
42:13Bon,
42:13Philip Seymour Hoffman,
42:14pour toi,
42:14c'est le plus grand ?
42:15Oui.
42:16On va se faire là-dessus ?
42:17C'est ce qui me touche le plus.
42:19Bien sûr.
42:20De toute façon,
42:21il n'y a pas de mauvaise réponse.
42:22Non.
42:23Il n'y a que des géants.
42:25Denis,
42:26c'était un grand plaisir
42:26de t'avoir aujourd'hui.
42:28Vraiment.
42:28Partagé.
42:29Donc,
42:29on rappelle donc que Karma sort
42:31aujourd'hui d'ailleurs en fait,
42:32parce qu'on est mercredi là.
42:33Allez-y.
42:34Donc,
42:34le film est disponible.
42:36Allez le voir.
42:37Et puis,
42:37il y aura Jupiter bien sûr
42:38qui sortira en novembre.
42:39Le 18 novembre.
42:40Le 18 novembre.
42:41Merci beaucoup.
42:42Merci à toi vraiment
42:43d'avoir été là.
42:43Merci à toutes les personnes
42:44qui ont participé
42:45à la fabrication de cette émission
42:46préparée par Alexe Lacour
42:48et Jacinso Red One Tella
42:49et réalisée mise en onde
42:50par Cibli Clamance
42:51la programmation musicale
42:52et signée Jean-Baptiste Odibert
42:53à la vidéo.
42:54Ce soir,
42:55c'était Loïs Moron.
42:56On se retrouve demain,
42:57même heure avec A2H.
42:59Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations