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  • il y a 6 heures
Ce vendredi 23 octobre, Sylvain Bersinger, économiste chez BSI et Bersingéco, a abordé le ralentissement de la croissance de la zone euro et la contraction de l’activité économique en France en octobre, le verdict de Moody’s concernant la dette française, attendu ce vendredi, ainsi que l’approche d’un cycle de hausse des taux des banques centrales, dans l’émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, l'éco du monde.
00:04Et Sylvain Bersager nous rejoint, économiste pour BSI et Bersin Géco.
00:07Bonjour Sylvain, ravi de vous retrouver.
00:09Bonjour, avec plaisir.
00:09On va parler des taux français dans un instant, on est toujours à plus de 5%.
00:12On semble ancré au-delà des 5%.
00:14D'abord les PMI de la zone euro qui ont été publiés,
00:16donc le moral des milieux d'affaires ici en zone euro,
00:19ils ralentissent, ils se dégradent un peu, mais restent en expansion en octobre malgré tout.
00:24Oui, alors ils se dégradent, je dirais qu'on s'y attendait un petit peu,
00:27vu le contexte conjoncturel avec toujours les difficultés au Moyen-Orient,
00:32le pétrole qui reste élevé, les difficultés d'approvisionnement,
00:36toujours ce choc énergétique.
00:37On ne s'attendait pas à ce que les indicateurs conjoncturels s'améliorent
00:40et je crains malheureusement que ça ne s'améliore pas non plus dans les mois prochains.
00:43Donc voilà, dans un contexte morose, on le savait,
00:46ça fait partie d'un indicateur supplémentaire qui vient confirmer cette tendance.
00:50Oui, et la France dans tout ça, le problème c'est qu'au milieu de cette tendance
00:53effectivement de ralentissement ou de légère perte de confiance en zone euro,
00:56il y a un point noir, c'est la France, voilà.
00:58Il se trouve qu'on n'avait pas anticipé, mais la France passe en contraction au mois d'octobre.
01:04Oui, mais la France actuellement, c'est un peu la lanterne rouge de l'Europe.
01:08Vous parliez des taux à l'instant et on va en reparler.
01:10Malheureusement, je pense qu'on va en parler encore pendant des mois,
01:12mais on le voit que sur les aides publiques, c'est clairement la France
01:15qui est un peu dans l'œil du cyclone.
01:18Et si on regarde la croissance, ou même les derniers chiffres,
01:22même les derniers indicateurs conjoncturels,
01:24les chiffres de croissance sur le premier semestre,
01:26globalement, c'est la France qui a la traîne en Europe.
01:30Et puis on le voit aussi avec le contexte social, le contexte politique,
01:33les incertitudes qu'il y a autour du budget, autour des élections.
01:36Donc on sait que malheureusement, c'est la France qui est un peu à la traîne actuellement en zone euro.
01:39Et encore une fois, ça se vérifie dans les indicateurs conjoncturels.
01:42– Oui, et l'indicateur de confiance de l'enquête PMI qui a été publiée,
01:46qui interroge cet indicateur de confiance explicitement les entreprises
01:49sur leurs prévisions les 12 prochains mois,
01:52eh bien il chute, il chute cet indicateur de confiance
01:53à son plus bas niveau pour la France depuis 6 ans et demi.
01:56C'est-à-dire l'ampleur des craintes des milieux d'affaires et des chefs d'entreprise,
02:00alors que l'élection, en tout cas, est dans 6 mois,
02:03et la campagne ne fait elle que commencer.
02:04On voit que les débats budgétaires à l'Assemblée sont compliqués,
02:07le volet sécurité sociale, la partie recette a été rejetée,
02:12si bien que l'examen du plan de sécurité sociale pour la sécurité sociale
02:17va revenir au Sénat à son niveau initial.
02:19Bref, on n'avance pas, et ce soir Moody's doit actualiser la note de la France,
02:23sans doute la dégrader d'ailleurs.
02:24Est-ce que cette dégradation attendue de la note de la France va compter
02:27ou finalement Moody's prendra acte de ce que le marché a déjà acté depuis longtemps ?
02:34Moi, je trouve que depuis plusieurs années déjà, en France et dans d'autres pays,
02:37les agences de notation arrivent souvent un petit peu après la bataille.
02:40C'est-à-dire que vous avez des évolutions macroéconomiques,
02:43des évolutions sur les marchés financiers,
02:44et ensuite les agences de notation viennent acter le fait
02:47que les choses s'améliorent ou se dégradent, en l'occurrence se dégradent.
02:50La théorie économique qu'on apprend sur les bancs de la fac, c'est un petit peu l'inverse.
02:54C'est un peu que les agences donnent une information
02:55et que les marchés réagissent à cette information,
02:58mais on voit depuis plusieurs années que les taux souvent ne bougent pas vraiment
03:01quand il y a des décisions d'agence, que ce soit la hausse ou la baisse.
03:05Et si vous voulez, là, on n'a pas besoin de Moody's ou des agences de notation
03:08pour voir qu'il y a un sujet sur la dette publique française.
03:10Vous l'avez dit, les taux dépassent 5%.
03:11On a une grosse hausse, un gros écartement du spread.
03:14Donc je pense que les agents de notation, comme c'est maintenant un peu le cas,
03:18vont arriver après coup pour nous dire
03:20qu'il y a un problème sur la dette publique française,
03:21que tout le monde sait déjà.
03:22Et pour vous, ce sera quoi la vie de la France avec des taux à 5%
03:25si l'on reste à 5, mais pourquoi pas plus d'ailleurs,
03:27ou peut-être une détente qu'on espère ?
03:29Sait-on jamais des bonnes surprises ? On n'est jamais à l'abri de bonnes surprises.
03:31Mais voilà, dans un monde à 5% ou plus, ce sera quoi la France ?
03:36Le problème, c'est qu'au vu de notre niveau de déficit et de dette,
03:415%, ça ne va pas pouvoir tenir très longtemps.
03:43Parce qu'après, vous avez un effet boule de neige qui va se mettre en place
03:45avec des charges d'intérêt.
03:46Alors, ce n'est pas instantané, parce que la dette publique,
03:48elle est sur une maturité assez longue.
03:50Elle ne se renouvelle pas tous les ans.
03:52Mais on est sur des niveaux qui, à mon avis, ne sont pas tenables à long terme.
03:56Parce qu'après, les charges d'intérêt vont entraîner en elles-mêmes
03:59un creusement du déficit.
04:02Donc, on est dans une situation qui, je trouve, clairement inquiétante.
04:09Évidemment, c'est très lié à la situation politique.
04:11Il faudra voir le résultat de l'élection présidentielle
04:14pour y voir plus clair.
04:16Mais vu les derniers sondages et les programmes des candidats
04:18qui sont au plus haut dans les sondages,
04:20on comprend qu'il y ait une certaine inquiétude
04:22des marchés financiers et des milieux d'affaires.
04:24– La BCE devrait sans doute relever ses taux.
04:26Alors, peut-être la semaine prochaine,
04:28décision politique monétaire jeudi prochain,
04:30ou peut-être lors de la réunion suivante.
04:32Mais on est toujours sur un cycle plutôt de resserrement monétaire de la BCE.
04:34Est-ce que si la BCE, effectivement, poursuit ses hausses de taux,
04:37quelque part, elle ne va pas, comment dire,
04:42faire mourir, c'est beaucoup dire.
04:43Enfin, voilà, rendre l'Europe malade de ses propres hausses de taux
04:47qui, pourtant, ses hausses de taux sont supposées être vertueuses.
04:49Est-ce que la BCE ne cherche pas à être trop vertueuse face à l'inflation,
04:52alors qu'il y a des États comme la France et même l'Italie
04:54qui sont en grande difficulté sur le marché obligataire ?
04:56Vincent.
04:58– C'est vrai que là, la question de la hausse de taux, à mon avis,
05:01elle se pose.
05:02À mon avis, ce n'est pas une bonne idée d'augmenter les taux maintenant.
05:04C'est vrai qu'il y a un peu d'inflation,
05:06mais qui est une inflation avant tout énergétique.
05:08Quand on regarde les derniers chiffres, par exemple, de l'inflation en France,
05:10c'est l'énergie qui flambe et le reste, pour l'instant,
05:12alors voilà, après, il peut y avoir des effets de second tour,
05:14mais pour l'instant, les autres composants de l'inflation
05:16restent quand même très contrôlés.
05:19Augmenter les taux, quand il y a quand même une France
05:20qui est au bord d'une crise des finances publiques
05:22avec des taux qui ont beaucoup augmenté
05:24et des risques sur des pays, vous l'avez dit, l'Italie,
05:27voilà, je pense qu'il ne faut pas non plus faire un zèle excessif.
05:30Il vaut mieux un point de plus d'inflation pendant un an ou deux
05:33et éviter des grosses turbulences sur les marchés obligataires,
05:38les marchés de la dette souveraine.
05:41Voilà, c'est plutôt mon sentiment.
05:43Après, est-ce que la BCE suivra cette voie-là ? Je ne sais pas.
05:45Merci Sylvain, Bercinget, jeudi prochain,
05:48décision politique monétaire de la BCE,
05:49juste après la fête, ce sera mercredi la fête.
05:51Bon après-midi, Sylvain.
05:52La BCE suivra cette voie-là.

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