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  • il y a 14 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:0016h, 18h, Pascal Proulx et vous sur Europe 1.
00:04Rudy Manin, porte-parole nationale de l'UNSA Police.
00:07Le ministre de l'Intérieur Laurent Nounas a fait état de nombreux appels sur les réseaux sociaux
00:11à commettre des exactions mais aussi des pillages lors de la nouvelle journée de contestation demain.
00:16Évidemment, il ne souhaite pas qu'il y ait...
00:20Il a souligné qu'il existait de nombreux appels sur les réseaux sociaux, bien évidemment.
00:25Bon. Rudy Manin, le climat général de cette France qui nous inquiète
00:32avec demain les manifestations et puis avec ce qui est arrivé à Trappes de dramatique.
00:37Oui. Bonsoir, Pascal Proulx.
00:39Écoutez, vous avez bien décrit.
00:41Vous savez, la semaine dernière, quand on a vécu un samedi comme la semaine dernière,
00:45c'est comme si vous preniez 40 points rugby, que vous sortiez avec beaucoup de blessés
00:48et on vous demande la semaine d'après d'y retourner
00:50et de faire face probablement à la même équipe
00:53qui a toujours autant envie de vous fracasser, de violenter les policiers,
00:58éventuellement de les tuer et de s'en prendre encore à notre état
01:01pour essayer de le renverser.
01:03Donc on y va avec en tête ce qui s'est passé la semaine dernière.
01:09On y va certes beaucoup plus nombreux que la semaine dernière
01:12et on espère vraiment, vraiment qu'on va réussir à tenir le choc
01:16pour protéger ces commerçants, pour protéger ces bâtiments publics,
01:20pour protéger ces commissariats, etc. On en est là malheureusement en France,
01:24donc on va tout faire pour que ça se passe bien.
01:26– Bon, à Marseille, parce que vous êtes de Marseille, bien sûr,
01:29l'Unimana et on vous connaît, puisque vous intervenez régulièrement sur notre antenne.
01:32À Marseille, les manifestations sont interdites ?
01:35– Oui, alors les manifestations sont interdites,
01:37mais vous savez, les manifestations sont interdites avec ce genre d'individus,
01:40j'ai presque envie de vous dire qu'ils n'en ont rien à faire.
01:42Parce que de toute façon, ils ne demandent jamais l'autorisation,
01:44ils sont juste là pour semer le chaos et le désordre.
01:47Donc ce n'est pas des gens qui, en général, font des déclarations
01:51pour manifester quand ils ont envie de tout casser.
01:54Donc effectivement, la manifestation est interdite,
01:56mais il y aura quand même un énorme dispositif de sécurité.
02:00On va protéger surtout tous les commerces,
02:03du centre-ville dans un premier temps,
02:05tous les centres commerciaux qui sont à la périphérie de Marseille.
02:08Vous savez que Marseille est la ville la plus grande dans la superficie de France,
02:10donc on a beaucoup, beaucoup à faire demain.
02:12J'espère qu'on va tenir le choc, qu'on va tenir les équilibres
02:15et qu'on va protéger cette belle ville.
02:17– Est-ce que dans la réponse pour le service d'ordre,
02:21pour maintenir l'ordre plus exactement,
02:23est-ce que vous avez des possibilités d'utiliser des armes non létales,
02:28bien sûr, qu'on vous avait retirées ces dernières semaines ?
02:31– En fait, effectivement, c'était un peu le problème aujourd'hui,
02:35c'est qu'on a tellement été mis en accusation,
02:39il y a tellement eu de poursuites,
02:40pour les policiers qui utilisaient les armes non létales,
02:45je le précise,
02:45mais qui ont commis des dommages physiques
02:48sur certains manifestants ou parfois certains émeutiers,
02:51que je ne vous le cache pas,
02:52beaucoup de policiers aujourd'hui ne veulent plus utiliser ces armes-là,
02:56parce qu'ils n'ont pas envie de subir le carcan judiciaire derrière,
03:01le carcan des auditions à l'IGPN,
03:04et puis surtout, ils veulent continuer à travailler.
03:06Et vous savez que c'est ce qui nourrit notre famille de travailler, d'être policier.
03:11Et quand vous êtes dans un cycle judiciaire ou cycle administratif de l'IGPN,
03:16parfois, vous pouvez avoir des sanctions qui vous mettent en difficulté,
03:20et c'est bien une partie du problème de la semaine dernière,
03:22que les policiers aujourd'hui, ils n'osent plus utiliser toutes ces armes intermédiaires
03:26qui sont mises à disposition, par crainte d'être poursuivies derrière.
03:29On a les collègues de la BAC, du RED, qui sont employés demain.
03:34Et je rappelle qu'il y a trois mises en examen suite aux émeutes de Naël,
03:38tout simplement, parce qu'ils avaient utilisé des fusils,
03:41pas des fusils, des gongognes, pour faire fuir les émeutiers
03:44qui cassaient tout dans le centre-ville de Marseille.
03:47Donc, c'est très compliqué.
03:48Laurent Nunez est en train de s'exprimer,
03:50parce que Laurent Nunez, figurez-vous, est à Orléans.
03:52Il était tout à l'heure à Trappes,
03:54et il est sans doute en train de donner le dispositif qu'il y aura demain à Orléans.
03:58Parce que vous avez quand même une actualité qui est dramatique de tous les côtés.
04:02Vous avez d'abord le drame du jour, le drame le plus important du jour,
04:05avec cet homme qui est mort, qui a 26 ans,
04:08cette petite fille, Rudy Mana, qui a 12 ans.
04:11Je sais que vous, vous êtes confronté en permanence à la réalité, à la mort,
04:18aux difficultés des familles que vous avez vu souffrir.
04:20Mais c'est tellement invraisemblable qu'un individu, évidemment,
04:25tire sur des innocents et tire sur une petite fille de 12 ans.
04:30De 12 ans, cette petite fille.
04:33Donc, que dire ?
04:35D'ailleurs, il n'y a absolument rien à dire.
04:37Les mots sont inutiles, absolument inutiles.
04:40Simplement, cette violence-là, elle nous inquiète,
04:42parce que moi, j'ai utilisé plusieurs fois le mot engrenage depuis ces heures.
04:48Lorsqu'une société, la confiance sociale, c'est très important,
04:53et c'est ce qui rend les sociétés heureuses.
04:55C'est quoi la confiance sociale ?
04:56C'est de savoir que je peux aller au stade Vélodrome et qu'il ne m'arrivera rien.
05:00Bon, la confiance sociale, moi j'ai grandi dans la confiance sociale,
05:03je suis un enfant des années 60, j'avais 10 ans en 74,
05:06mes parents me laissaient aller quand j'avais déjà 9 ans, 10 ans,
05:10tout seul sur la plage, on rentrait le soir,
05:12il n'y avait pas de soucis et il ne nous arrivait rien.
05:14C'est ça la confiance sociale.
05:16Quand on avait 18 ans, on sortait et on savait que le soir,
05:20en mobilette d'ailleurs, parfois, quand on avait 16 ans, 17 ans,
05:23on savait qu'il ne nous arriverait rien.
05:25Bon, cette confiance sociale, aujourd'hui, elle a disparu, Rulli Manéa.
05:28Notre société a changé.
05:31Évidemment que ce n'est pas la même France qu'il y a 20 ans, 30 ans, 40 ans.
05:35Simplement, comment ?
05:36Et il n'y a pas que la France, pour être tout à fait honnête.
05:39Ce sont toutes les sociétés qui sont devenues violentes.
05:41Alors, est-ce que cette parenthèse enchantée,
05:44je crois que vous êtes un peu plus jeune que moi, peut-être, Rulli,
05:47mais est-ce que cette parenthèse enchantée est terminée,
05:50ou est-ce qu'il y a possibilité ?
05:51Et on la retrouve, cette parenthèse enchantée.
05:53Vous savez quand ?
05:54Des gens qui reviennent de Varsovie.
05:56Des gens qui étaient au Danemark.
05:58Moi, j'avais des amis qui étaient à Varsovie récemment.
06:00Ils te disent, mais c'est incroyable.
06:03Donc, il est minuit, tu sais qu'il ne t'arrivera rien.
06:07Et tu te balades tranquillement.
06:09Donc, c'est ça qui nous fait peur, Rudy Manat.
06:12Et dans une ville comme Marseille,
06:13qui est particulièrement exposée, bien sûr,
06:18est-ce qu'un jour, il est possible de revenir à des situations plus calmes ?
06:22Je n'ai pas envie d'être trop pessimiste,
06:24mais franchement, j'ai du mal à entrevoir cette situation-là.
06:29Je vous le dis de manière très claire,
06:30et ça me fait une peine terrible.
06:31Vous savez l'amour que j'ai pour ma ville.
06:34Vous savez que cette ville,
06:37j'essaie de voir tout le temps les bons côtés.
06:39Mais vous savez, la semaine dernière,
06:42on a été très marqués par ce qui s'est passé à Marseille.
06:44Vraiment très marqués,
06:45parce qu'il y avait une haine, une violence.
06:48Ils avaient envie de tuer du flic, quoi.
06:50Et ils avaient envie de tout péter,
06:52de tout casser, de tout voler.
06:53Mais c'était extrêmement haineux,
06:57ce qu'on a vu la semaine dernière.
06:59Et ça ne pousse pas à l'optimisme.
07:01Je vous le dis parce que...
07:02Mais ce qui est extraordinaire,
07:02parce que ces gens, vous les connaissez,
07:04vous vivez avec eux depuis toujours,
07:05et vous arrivez vous-même à être surpris
07:07par ce que vous avez vu samedi dernier ?
07:10Ce qui nous a surpris, c'est le nombre.
07:13C'est la quantité considérable d'individus.
07:16On ne s'y attendait pas,
07:17je vous le dis très clairement, très honnêtement,
07:19on ne s'attendait pas à ce qu'ils soient si nombreux.
07:21Et là, on s'est dit quand même,
07:23ils sont très, très, très nombreux face à nous.
07:26Et tous ces gens-là, ils nous haïssent, quoi.
07:29Ils ont envie de nous fumer.
07:31Ils ont envie de nous flinguer.
07:33Ils ont envie de nous tuer.
07:34Très clairement, je suis allé voir des collègues CRS
07:36qui ont été blessés la semaine dernière aussi,
07:38à Marseille, et qui venaient de l'Anne-Meusan,
07:40ou qui venaient de Saint-Etienne.
07:41Mais ils m'ont dit, c'est fou la haine qu'il y avait à Marseille,
07:44de la part de ces gens-là, notre encontre.
07:47Et franchement, ça me touche, moi, quand je vois ça.
07:50Parce que normalement, on devrait être...
07:51Marseille, c'est la ville cosmopolite.
07:53C'est la ville où on a toujours vécu ensemble.
07:55Tout petit, on n'a jamais transigé là-dessus.
07:59Et aujourd'hui, je trouve que c'est beaucoup, beaucoup plus difficile.
08:02Et très clairement, beaucoup de Marseillais partent de Marseille.
08:05C'est une réalité absolue.
08:06De vieux Marseillais partent de Marseille.
08:08Ils vont vivre ailleurs.
08:09Ils vont vivre dans le Var.
08:09Ils vont vivre à 40 km de Marseille après Aix.
08:12Et ça, c'est une réalité que l'on vit tous les jours.
08:15Et c'est ça qui nous fait de la peine
08:16quand on voit notre ville comme ça.
08:17Je vous remercie.
08:19Et évidemment, vous en parlez aussi avec émotion
08:22et avec tendresse, forcément,
08:25pour cette ville dans laquelle vous êtes.

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