00:00Europe 1. Pascal Proé-Vous.
00:03Il est 16h46, on est avec Reda Bellat. Je voulais vous faire écouter un échange à l'Assemblée nationale entre
00:10Mathilde Panot, députée de la France soumise, et Sébastien Lecornu.
00:15Vos jours à la tête de l'ultime gouvernement d'Emmanuel Macron sont comptés, mais vous nous ferez honte jusqu
00:21'au dernier.
00:21Depuis 18 jours, un puissant mouvement de jeunesse se lève pour l'égalité scolaire.
00:26Depuis 18 jours, vous jouez le pourrissement et déchaînez une répression inédite contre les manifestants.
00:334400 enfants ont été placés en garde à vue. Les images ont saisi d'effroi le pays.
00:38Un enfant de 15 ans a eu la main arrachée. Un de 16 ans a perdu un oeil. Un de
00:4314 ans a la mâchoire fracturée.
00:44Un jeune a eu la tête enfoncée dans l'eau. Une lycéenne a été étranglée. Une autre a agressé sexuellement.
00:50Vous faites honte à la France.
00:51Juste une question. Pourquoi le député Raphaël Arnaud, qui a été condamné pour violence en réunion, dont les deux assistants
01:01parlementaires ont été placés en détention pour meurtre du jeune Quentin,
01:06pourquoi le député Raphaël Arnaud est toujours membre de votre groupe, Madame la Présidente Panot ?
01:11Pourquoi le maire de Saint-Denis a-t-il légitimé la violence, Madame la Présidente Panot ?
01:16Pourquoi M. Mélenchon a été condamné pour rébellion lors d'une perquisition menée par l'autorité judiciaire, Madame la Présidente
01:23Panot ?
01:24Pourquoi votre candidat à l'élection présidentielle fait des jeux de mots pour le mois nauséabond et avec un relant
01:31antisémite, Madame la Présidente Panot ?
01:35Pourquoi mettre un brassard blanc pour mieux faire la courte échelle à celles et ceux qui ont une cagoule noire,
01:41Madame la Présidente Panot ?
01:42La réalité, c'est que vous êtes ambigu avec la violence, car la violence fait partie de votre projet politique
01:49de bordélisation du pays entre maintenant et l'élection présidentielle.
01:54J'entends ce que dit évidemment M. Lecornu. Je rappelle quand même que lors des dernières élections législatives, le camp
02:01de M. Lecornu a fait passer certains députés de la France Insoumise qui sont précisément aujourd'hui à l'Assemblée
02:07Nationale.
02:08C'est une réalité. Donc on récolte, comme je le disais tout à l'heure, ce qu'on sème.
02:14Alors on est avec Yanis. Bonjour Yanis, qui soutient la France Insoumise. Et c'est intéressant peut-être d'avoir
02:21un point de vue. Bonjour Yanis, vous nous appelez ?
02:25Bonjour Pascal, moi je vous appelle de Paris.
02:28De Paris. Est-ce qu'on peut connaître votre profil ? Vous avez 52 ans, vous travaillez dans quelles activités
02:34?
02:34Moi je suis aide-soignant dans la fonction publique et papa solo avec une petite fille de 7 ans.
02:40Bon bah écoutez, c'est le plus important de s'occuper de sa fille et j'imagine que c'est
02:44pas forcément facile pour vous. Mais pourquoi soutenez-vous la France Insoumise ?
02:49Mais pour moi c'est le béaba de la bien-conscience. Du moins pour moi je suis outré d'entendre
02:58toutes ces critiques envers la France Insoumise ou de leurs dirigeants comme Mélenchon.
03:05Et on déforme tous ces propos et on les retourne de la façon qu'on a envie de les entendre.
03:12C'est incroyable de dire par exemple que Mélenchon est contre la police.
03:16Ça, ça m'insupporte. Mélenchon il est pour une police républicaine.
03:20Personnellement j'ai fait partie des gilets jaunes. Les CRS, je peux vous assurer que les gilets jaunes, ils ont
03:26été caricaturés comme nous, comme là en ce moment les lycéens, avec effectivement des casseurs et que je suis le
03:31premier à condamner que ça soit la casse ou le projectile lancé sur les CRS ou quoi que ce soit.
03:36Mais il faut dire aussi en face, donc ça c'est un acte, les casseurs sont des racailles et méritent
03:42d'être sanctionnés par moyens de la justice.
03:44Mais il faut dire également que dans le milieu de la police, il y a aussi des racailles qui eux
03:51sont en uniforme et qui provoquent des problèmes de civilité.
03:54– Yannis, moi j'entends, Yannis, on va prendre deux exemples.
04:00Là il y a effectivement des manifestations et la police intervient parce que ces manifestations se passent mal et parce
04:05qu'il y a des violences.
04:06Bon, lorsqu'il y a eu 800 000 personnes, il y a 15 jours, lorsque le pape est venu, il
04:13n'y a pas eu un souci avec la police.
04:15La police, elle n'intervient pas si elle n'a pas à intervenir.
04:20Elle n'intervient, j'ai envie de dire, que lorsqu'elle est forcée à intervenir.
04:25L'inversion des valeurs, c'est ça qui me paraît fou dans nos discussions.
04:30Je le répète, il y a eu 800 000 personnes dans Paris, il n'y a pas un souci, il
04:35n'y a pas un policier qui est intervenu.
04:37Pourquoi ils ne sont pas intervenus ? Parce que les gens se tenaient comme il fallait et faisaient preuve de
04:42civilité.
04:44Qu'est-ce que vous voulez faire ?
04:46Ce n'est pas la police qui est responsable des attaques qu'elle reçoit, elle n'est qu'en réaction.
04:53C'est ça que, hier j'ai entendu, qu'est-ce que dit hier M. Mélenchon ? Je ne déforme
04:58pas ses propres mots.
04:59Il dit la police tue, il dit la police est pourrie à l'intérieur et notamment avec du racisme, dit
05:09-il.
05:09Et il ajoute effectivement sur cette police que cette troupe n'en fait qu'à sa tête.
05:16Mais tout cela est faux.
05:18Tout cela est faux.
05:19Yannis, moi je n'y peux rien, je viens de vous prendre un exemple précis avec la visite du pape
05:25où il y avait autant de policiers qu'il n'y en a dans les rues actuellement.
05:29Il n'y a pas eu un souci.
05:32Donc comment vous expliquez cela ?
05:34Moi là où je suis surpris, c'est que dans toute manifestation, il y a des débordements.
05:40La police est là pour justement faire régner l'ordre.
05:43Il n'y a pas eu une manifestation, je vous dis que l'autre jour avec le pape, c'est
05:47une manifestation en l'occurrence de personnes qui étaient ensemble pour écouter le pape, il n'y a pas eu
05:52un souci.
05:53Pourquoi dites-vous cela ?
05:54Toutes les manifestations ne dégénèrent pas que je sache.
05:57Il y en a des milliers de manifestations par jour, elles ne dégénèrent pas.
06:01Reda Belatch qui est policier, moi j'ai envie de défendre les policiers parce que franchement ce qu'ils font,
06:05je ne le ferai pas.
06:06Être sur le terrain en première ligne, je ne suis pas sûr que j'aurai ce courage.
06:10Et en plus, ils sont maltraités et pour terminer, ils ne sont pas toujours les mieux payés.
06:16Reda Belatch.
06:17Est-ce que vous avez vu à tout hasard le reportage de Mediapart sur les bassines de Sainte-Solène ?
06:22C'est que les gendarmes, les mécanismes, Mediapart, Mediapart sont contents, sont contents, mais là c'est les images qui
06:30viennent de la police.
06:31Mais Mediapart, ce sont des militants.
06:35Monsieur Proulx, est-ce que vous soutenez ce genre de comportement des forces de l'ordre par rapport à des
06:40personnes ?
06:40Monsieur, ils vont être sanctionnés, il y a des enquêtes, monsieur.
06:42Il y a des enquêtes, je ne comprends pas, monsieur.
06:46Si il y a des policiers qui se conduisent mal, ils seront sanctionnés.
06:49Reda Belatch, je vous réponds.
06:50Bonjour monsieur.
06:51Ouvrez votre esprit.
06:52Moi, vous savez, si vous me connaissez, je suis vraiment très apolitique.
06:54J'en ai absolument rien à foutre de la politique, ça ne m'intéresse pas.
06:58J'ai signé en 98, je suis rentré dans une politique de gauche, après j'ai une politique de droite,
07:02une politique de centre, on a tout eu.
07:04Et je voulais savoir, parce que moi ce qui me dérange avec vos pensées, c'est que qu'est-ce
07:11que vous pensez de la police qui est intervenue au Bataclan ?
07:13Est-ce qu'elle est pourrie de l'intérieur ?
07:15Pourquoi vous changez de sujet par rapport à un problème ?
07:17Mais je ne change pas de sujet, monsieur, parce que le problème de monsieur Mélenchon, c'est qu'il fait...
07:20Monsieur, excusez-moi, je vous réponds, j'ai travaillé en police secours, vous comprendrez.
07:26Est-ce que vous me parlez ? Vous me parlez d'un autre chose ?
07:28Non, je ne vous parle pas d'autre chose, parce que monsieur Mélenchon, il s'attaque à nous, mais on
07:32ne fait pas que du maintien de l'ordre, en fait.
07:34On prend des plaintes tous les jours, on traite des affaires de pédophilie, des affaires de viol, vous oubliez tout
07:41ça, tout ça, vous le mettez de côté, et vous vous appelez Yanis, vous vous acceptez, moi je m'appelle
07:45Reda, vous acceptez la généralité ?
07:47Moi, je n'aime pas la généralité.
07:49Donc, pour la police, c'est pareil.
07:50Donc, je vous jure, je ne veux pas me prendre la tête avec vous, j'essaie juste de vous dire,
07:55il y a des policiers qui interviennent là, qui interviennent tous les jours, qui étaient au Bataclan, et ils ne
08:01sont pas pourris de l'intérieur, monsieur.
08:03Je vous le dis, et le problème de cette société, c'est d'être, quel que soit l'extrême, c
08:09'est une vraie problématique, il faut avoir un esprit ouvert et objectif.
08:11On fait des conneries, moi je ne vais pas dire que, même moi j'en ai fait, même moi j
08:15'ai fait le projet de procédure judiciaire à l'IGPN,
08:17et j'ai été innocenté parce que c'était, mais les gens ont le droit de déposer plainte.
08:22On a changé, on a amélioré, on a mis un RIO, vous avez une passerelle pour déposer plainte, il y
08:27a plein de choses qui ont été faites.
08:28Mais le problème, ce que vous n'acceptez pas, monsieur, c'est que la violence, elle est en train d
08:33'exploser en France, et elle est dirigée vers nous.
08:35Et je pense que monsieur Mélenchon, il attise les flammes.
08:39Tout à l'heure, vous avez madame Panot qui a parlé, elle a osé parler, et j'espère qu'il
08:42y aura un dépôt de plainte.
08:43Je vous donne un exemple, pour le coup c'est du factuel, elle a parlé d'une agression sexuelle.
08:47Et bien là, il y a quelques instants, un communiqué du parquet concerné, qui dit que déjà, les parents ne
08:54déposent pas plainte, que la fille dément les faits.
08:56Donc à un moment, quand vous êtes devant les français, et vous dites des choses qui sont fausses, ça attise
09:03la haine contre nous.
09:04Et moi ça me pose problème, parce que après ça met mes collègues en danger.
09:07Et une dernière chose, il faut savoir que sur les manifestations de lycéens, d'accord, moi j'ai un fils
09:13au lycée, j'ai mes deux filles qui sont en études supérieures,
09:16et moi j'étais au lycée, j'ai pas eu de prof d'allemand pendant un an, et je brûlais
09:18pas de voiture, j'agressais pas des policiers.
09:20D'accord ? Mais je suis pas contre ça, les revendications, je les entends.
09:25Moi je suis à 100% d'accord avec les revendications.
09:27C'est la manière dont on revendique qui me déplaît.
09:29Et il faut savoir que dès le premier jour, c'était des patrouilles de police secours monsieur, c'était pas
09:34des CRS qui se sont fait caillasser.
09:36Merci Reda Bellage, Yanis, vous allez rester avec nous, parce que c'est toujours intéressant d'avoir un autre point
09:41de vue.
09:42Je vais remercier Reda Bellage à 5h56, et puis si vous n'aviez pas de professeur d'allemand, j'aurais
09:49pu moi-même vous aider,
09:51puisque chacun sait que je maîtrise.
09:54Je maîtrise effectivement la langue de Goethe, comme chacun sait.
09:58C'est la même tous les ans.
10:05C'est la même à chaque fois.
10:07Ça veut dire quoi cette phrase par exemple ?
10:09Mais je ne sais pas.
10:10Ça veut dire que c'est Deutsch ?
10:11Oui, ça veut dire, nous avons reçu Reda Bellage depuis une heure, et nous avons parlé des manifestations.
10:16Voilà ce que ça voulait dire.
10:18Je vais appeler un prof d'allemand, je vais lui faire réécouter le podcast.
10:21Appelez-le, wenn ich ein kleines Kind, lerne ich Deutsch, aber vergiss ich alles.
10:25Aber, ça veut dire mais.
10:26Moi aussi je peux faire semblant.
10:29Moi aussi je peux faire semblant.
10:30J'ai fait allemand première langue.
10:31A l'époque on ne disait pas LV1, on disait allemand première langue, et on n'avait qu'une langue
10:36en sixième.
10:36C'est pas vrai, langue vivante 1 quoi.
10:38Oui, mais on n'avait pas les mêmes termes.
10:40Et nous n'avions qu'une langue étrangère en sixième.
10:44Maintenant je crois qu'il y en a deux.
10:45Non, il y a toujours en cinquième qu'on a une deuxième langue, alors qu'avant c'était en quatrième.
10:49J'ai fait latin aussi.
10:50Je parlais latin à la maison.
10:52Là nous parlions jusqu'à 15 ans dans ma famille, on ne parlait que latin.
10:56Il est 16h57 à tout le temps.
10:58Avec Pascal Prost sur Europe 1 et vous au 01-80-20-39-21.