00:03Et retour ce matin sur les manifestations du week-end un peu partout en France.
00:08Globalement, elles se sont déroulées dans le calme.
00:10Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nouniez, a estimé que les cortèges s'étaient bien passés.
00:15Bonjour Valérie Beignet.
00:17Oui, bonjour.
00:19Et un grand merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
00:21Vous êtes relogère, vous êtes présidente de Coeur de Nîmes.
00:24C'est l'association des commerçants, des artisans du centre-ville nîmois.
00:28Expliquez-nous, racontez-nous comment ça s'est passé chez vous samedi, cette mobilisation.
00:34Quand on déroulait, écoutez, ça s'est plutôt bien passé.
00:37Le cortège n'est pas passé, l'avenue Général Perrier,
00:40qui a été l'avenue la plus touchée lors des précédentes manifestations.
00:46Et dans l'ensemble, les retours sont plutôt d'ordre classique, c'est-à-dire plutôt calme.
00:52Plutôt calme.
00:53Et c'est vrai que j'imagine que ça fait du bien par rapport à ce que vous avez vécu
00:58le 17 octobre dernier,
00:59avec un certain nombre de commerces qui avaient été pillés.
01:02Comment ça s'était passé d'ailleurs pour ce samedi-là ?
01:04Est-ce que les commerçants globalement s'étaient équipés pour se protéger face à d'éventuelles nouvelles dégradations ?
01:13Alors, pour le samedi précédent, effectivement, ça a été la surprise, une surprise totale,
01:20d'autant plus que les casseurs sont arrivés bien après le cortège.
01:24Donc, une totale surprise pour tout le monde.
01:28Et il n'y avait pas eu plus de protection que cela.
01:30Tandis que pour ce samedi-ci, effectivement, les commerçants,
01:34notamment ceux du Général Perrier, qui est toujours l'avenue la plus ciblée,
01:39se sont protégés, barricadés avec des planches,
01:43et d'autres ont dû vider leurs vitrines pour éviter toute tentation.
01:47Mais je tiens à signaler que ça, c'est quand même anormal et c'est terrible.
01:52Avec des commerces, en plus, j'imagine, qui ont dû fermer, tout simplement, aussi ?
01:56Oui, oui, bien sûr.
01:57Moi-même, j'ai fermé.
01:59Beaucoup, beaucoup, beaucoup de commerces en centre-ville de Nîmes ont également fermé.
02:02Donc, c'est une perte de chiffre d'affaires.
02:05C'est également une perte d'attractivité pour le centre-ville
02:08et un report direct pour les commerces en périphérie.
02:12Donc, ces manifestants nous expliquent que le pouvoir d'achat, etc.,
02:18sauf qu'en faisant cela, pas les manifestants, mais les casseurs,
02:21en faisant cela aussi, ça génère du chiffre d'affaires en dehors de la ville
02:27et ça met en péril les commerces du centre-ville
02:31ainsi que leurs employés, puisque nous faisons vivre des familles.
02:35Alors que la manifestation samedi avait été interdite à Nîmes, c'est ça, Valérie Beignet ?
02:42Oui, oui, oui.
02:44La manifestation, bien qu'étant interdite, s'est quand même tenue.
02:48Elle s'est déroulée un peu sur le Victor-Gault et sur le Jean Jaurès.
02:54Ça vous surprend, d'ailleurs, qu'une manifestation puisse avoir lieu comme ça
02:58alors qu'elle a été interdite par la préfecture ?
03:03Disons que c'est surprenant que l'on ne suive pas les directives données.
03:09Toutefois, ça met en avant la volonté et la détermination des grévistes.
03:15Pour le coup, je parle des manifestants et pas des casseurs,
03:17parce qu'il faut vraiment faire le distingo, des manifestants
03:21comme quoi la situation est problématique pour tout le monde.
03:25J'entends bien que vous faites effectivement la distinction
03:27entre les casseurs d'un côté, les pilleurs,
03:29et puis de l'autre, les manifestants qui se mobilisent contre la vie chère
03:33puisque c'est le mot d'ordre de ces mobilisations qui vont se poursuivre.
03:37Samedi prochain, nouvel appel.
03:38On a également le 5 novembre prochain, cette fois-ci,
03:41une manifestation à l'appel de l'intersyndical.
03:43Ça veut dire que vous restez sur le qui-vive, d'une certaine manière.
03:46Vous, les commerçants, avec des mobilisations à répétition
03:51qui provoquent, j'imagine, une forme d'inquiétude à deux mois de Noël ?
03:55Alors, ce n'est pas forcément à deux mois de Noël.
03:58Oui, c'est à deux mois de Noël.
04:00Effectivement, cette récurrence, cette redondance de tous les samedis, etc.,
04:06il y aggrève.
04:07Et moi, je m'interroge.
04:08Pourquoi est-ce que les manifestants choisissent systématiquement les centres-villes ?
04:13On sait que les centres-villes sont en perte de vitesse,
04:17que le panier moyen baisse, qu'il y a moins de fréquentation.
04:20Ça rajoute de la problématique.
04:23Alors, certes, comme je le disais tout à l'heure,
04:25ils veulent défendre le pouvoir d'achat,
04:28ils veulent défendre tout un tas de choses, des droits.
04:31Mais en faisant ainsi, moi, je me pose la question,
04:35pourquoi les manifestations n'ont pas lieu dans les centres commerciaux en extérieur,
04:39dans les zones commerciales en extérieur,
04:41plutôt qu'une fois de plus, pesées sur les commerces du centre-ville ?
04:45Vous appelez ce matin sur Sud Radio les organisateurs de ces mobilisations
04:50finalement à déplacer ces cortèges en dehors du centre-ville.
04:56À réfléchir et à penser différemment.
04:59Je ne les appelle pas à aller dans tel ou tel centre.
05:02Je dis que là, à un moment donné, il faut réfléchir différemment.
05:05Manifester son mécontentement, oui.
05:08Sauf que là, les problématiques générées augmentent,
05:11celles déjà existantes.
05:13Et du coup, en fait, eux et nous, quand même, les commerçants,
05:17on est vraiment dans le même camp.
05:18Parce qu'aujourd'hui, on le sait,
05:22compte tenu de la baisse du pouvoir d'achat global,
05:24c'est pourquoi les manifestations ont lieu,
05:27les commerçants sont aussi en difficulté,
05:30voire très grande difficulté pour les commerces du textile.
05:34Donc je les appelle à penser autrement, oui.
05:36Je ne sais pas comment, je n'ai pas la solution.
05:38Mais il faut le faire.
05:39En tout cas, vous nous le dites ce matin sur Sud Radio,
05:42où vous-même, vous êtes horlogère.
05:43Vous avez dit en début de notre entretien
05:46que vous étiez restée fermée samedi dernier.
05:48Est-ce que vous serez de nouveau fermée samedi prochain ?
05:54Je ne sais pas encore.
05:56Pour être tout à fait franche et honnête avec vous,
05:57j'ai pris la décision de fermer vendredi soir seulement.
06:02au regard de ce qui se passait en centre-ville
06:07avec mes autres confrères commerçants.
06:11Je ne sais pas encore.
06:13Ça va dépendre un peu de la mouvance de cette semaine
06:15et des informations que nous pourrons recueillir
06:18de la part de la mairie de Nîmes
06:21ou d'autres services de police ou préfecture.
06:23Est-ce que la question de fond,
06:25c'est combien de temps vous allez pouvoir tenir comme ça ?
06:27Combien de samedis ? Combien de week-ends ?
06:30Pas.
06:32Cette solution, comme je le disais,
06:34n'est vraiment pas envisageable.
06:38De toute façon,
06:40on sera contraint et forcé
06:41d'être fermé
06:44si les dégradations continuent.
06:47Maintenant,
06:47si ce sont des manifestations
06:50tout à fait classiques
06:51et qui se déroulent
06:53comme elles le doivent,
06:56écoutez, oui,
06:56le temps du passage,
06:57effectivement,
06:58il y a une baisse de fréquentation,
07:00c'est normal,
07:00c'est entendu.
07:02Et,
07:02j'allais dire à titre personnel,
07:04je soutiens la démarche
07:07de cette problématique
07:08de pouvoir d'achat.
07:10Mais,
07:11il va falloir que,
07:13oui,
07:13que nous agissions tous
07:14et que nous prenions tous
07:16des décisions
07:17qui vont dans le bon sens.
07:19Et,
07:19on verra peut-être
07:20qu'il faudra juste
07:21fermer les rideaux
07:22au moment de,
07:23en fin de cortège
07:24ou quelque chose comme ça.
07:26Pour le moment,
07:26on n'a pas trouvé de solution.
07:27Merci en tout cas
07:28d'avoir pris la parole
07:30ce matin sur Sud Radio.
07:31Valérie Bénier,
07:31je rappelle que vous êtes
07:32président de Cœur de Nîmes,
07:34association de commerçants
07:34du centre-ville Nîmois.
07:36Merci d'avoir été avec nous
07:37ce matin sur Sud Radio
07:38et bonne journée à vous.
07:39Il est 6h.