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  • il y a 5 minutes
Chaque matin dans Europe 1 Matin, Alexandre Le Mer reçoit un invité pour évoquer les dernières actualités. Aujourd'hui, Bertrand Cavallier, général de gendarmerie et expert en sécurité et en maintien de l'ordre.

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00:007h, 9h, Europe 1 matin.
00:03Il est 7h10 sur Europe 1, bon réveil, Alexandre Lemaire, vous recevez ce matin le général Bertrand Cavalier,
00:09général de gendarmerie, expert en sécurité et en maintien de l'ordre.
00:12Bonjour Bertrand Cavalier.
00:14Bonjour.
00:15Bienvenue sur Europe 1, la journée de manifestation de samedi a donc bénéficié cette fois d'un dispositif de sécurité
00:23plus adapté à la situation,
00:25en tout cas nettement renforcée, 70 000 policiers et gendarmes, ça veut dire 10 000 de plus que le 17
00:31octobre.
00:32Alors on a quand même vu des affrontements éclater en fin de cortège, même si globalement les manifestations étaient bien
00:37mieux encadrées.
00:39Tout cela au prix tout de même de centres-villes désertées, de commerces fermés qui ont déjà tant souffert ces
00:45commerces.
00:46Déjà première question pour vous, général Bertrand Cavalier, est-ce que ce dispositif annoncé par Laurent Nunez a parfaitement fonctionné
00:52?
00:53Diriez-vous, est-ce que l'ordre a été maintenu ?
00:56Oui, l'ordre a été globalement maintenu, à part quelques échauffourées, quelques commerces pillés,
01:04globalement le dispositif a parfaitement fonctionné, mais comme vous le soulignez, il a été massif,
01:09accompagné également de restrictions du droit de manifester dans les centres-villes,
01:15et puis la plupart des commerces étaient fermés dans certaines villes.
01:20Donc il faut prendre de la hauteur et analyser ce qui a permis d'éviter le chaos du 17 octobre.
01:27Alors justement, qu'est-ce qui l'a permis ? C'est l'effet dissuasif ?
01:31Attention cette fois-ci, on va mettre les moyens, c'est ça qui a fonctionné ?
01:35Oui, oui, je crois que le terrain a été tenu, parce que contrairement au 17 octobre,
01:40là il y a eu un déploiement beaucoup plus conséquent, le 17 octobre on avait surtout des unités de force
01:46mobile,
01:47mais les forces territoriales n'étaient pas assez déployées sur le terrain,
01:52le renseignement a été abondé, les moyens, il y a eu également un signal très fort
01:57dans le déploiement des véhicules d'intervention polyvalente de la gendarmerie, les Centaures.
02:03Et les Centaures, ça démonte, il y a bien entendu un avantage tactique,
02:08mais il y a également un signe très fort des pouvoirs publics.
02:12On rappelle en quelques mots peut-être, Général Cavallier, les Centaures,
02:16comment décrivez-nous un petit peu ?
02:18Ce sont les nouveaux blindés dont est équipée la gendarmerie,
02:23qui interviennent sur un spectre très large, partant du rétablissement de l'ordre,
02:27mais qui peuvent aller également sur des interventions de police judiciaire,
02:30voire des opérations de secours.
02:31Mais là, le message était destiné aux émeutiers.
02:36D'abord, ils offrent des capacités tactiques très intéressantes,
02:39en couvrant des zones importantes,
02:41mais c'est surtout également ce message de détermination des pouvoirs,
02:45des pouvoirs publics, de ne pas laisser se reproduire ce chaos du 17 octobre.
02:50Et de protection des hommes aussi, parce qu'on a beaucoup entendu dire,
02:53où sont-ils ? C'est ce qui a manqué.
02:54Les Centaures, ça protège aussi les forces de l'ordre, ça ouvre la voie.
02:58Ça protège, ça protège.
03:00Mais si vous voulez, le 17 octobre, on a avancé le chiffre de 60 000 personnels déployés,
03:06ça reste une question.
03:07Oui.
03:07En tout cas, pour ce qui est de samedi 24 octobre,
03:12là, il y a vraiment eu un déploiement massif,
03:14et puis il faut également intégrer le contrôle dans la profondeur.
03:17Bref, ce sont tous les leviers d'action,
03:20tous les modes d'action qui ont été utilisés
03:23par les forces de l'ordre en termes de contrôle de zone,
03:25contrôle dans la profondeur, optimisation du renseignement,
03:29dispositifs dissuasifs,
03:29et puis il y avait cette fermeté judiciaire quand même
03:32qui a été affichée ça et là après le 17 octobre.
03:36Enfin, je pense que s'agissant des émeutiers
03:39qui étaient venus massivement le 17 octobre,
03:42il y a peut-être également qu'ils ont observé les choses,
03:44parce que là, on est sur un événement
03:47que le 17 octobre,
03:49qui doit inciter maintenant les pouvoirs publics
03:53à appréhender la sécurité dans une toute autre dimension.
03:57Bon, le 17 octobre, c'était peut-être un peu plus que de l'optimisation
03:59qui manquait au renseignement.
04:01Si l'on parle de l'anticipation des violences et des pillages,
04:05on dit aussi que le dispositif,
04:07alors je ne sais pas si ça a changé samedi,
04:09vous allez nous le dire, Général Cavallier,
04:10mais le dispositif n'est pas assez mobile de façon générale
04:13face aux casseurs et aux pilleurs.
04:16Est-ce que ce n'est pas toujours vrai, finalement,
04:18quand on voit ce que doivent porter en termes d'équipement
04:21les policiers, les gendarmes
04:23qui sont spécialisés dans le maintien de l'ordre ?
04:25Non, non, je crois que l'enseignement du 17 octobre,
04:29c'est quand les pouvoirs publics se sont limités
04:31au schéma classique, schéma traditionnel
04:33d'accompagnement, de protection, de manifestation
04:37qui pouvaient dégénérer.
04:39Mais le scénario de grande ampleur de pillage de masse,
04:43notamment dans des villes comme Paris,
04:46ce scénario qui était très probable,
04:48selon nous, simplement à une moindre échelle,
04:50ce qui était passé, la soirée, la finale de la Ligue des Champions
04:54autour du Stade de France.
04:56Oui, absolument.
04:56Le terrain n'était pas occupé.
04:57Donc, les pouvoirs publics doivent comprendre aujourd'hui
05:00que ces zones dites de non-droit,
05:03ces banlieues, ces dits quartiers sensibles,
05:05disposent de masses de manœuvres
05:06qui, pour des raisons idéologiques
05:08ou simplement pour piller,
05:11peuvent mettre à profit
05:12une situation de désordre dans Paris,
05:14causée par des manifestations,
05:18situation qui avait fixé les forces de l'ordre.
05:20Le terrain n'était pas occupé.
05:21Donc, aujourd'hui, vous avez un nouveau schéma
05:24qui devra être déployé de façon beaucoup plus systématique
05:26de contrôle de zones, de quadrillage.
05:28Ça veut dire une nouvelle façon de maintenir l'ordre, en fait.
05:30C'est ce que vous êtes en train de nous dire.
05:33Le maintien de l'ordre, c'est une approche très globale
05:36qu'il faut retenir.
05:36Il n'y a pas que la gestion,
05:38l'accompagnement des manifestations.
05:40C'est-à-dire protéger les personnes et les biens,
05:43assurer la tranquillité publique,
05:45sachant que là, il y a eu des atteintes massives.
05:48Massives, mais tout ça très bien.
05:50Mais la question, Général Bertrand Cavaillé,
05:51pardonnez-moi,
05:52mais est-ce qu'on est capable d'offrir ce dispositif
05:55dans la durée ?
05:56Les gendarmes, les policiers sont comme nous tous.
05:59Ils doivent prendre du repos.
06:00Il y a des congés.
06:01Comment ça va se passer ?
06:03C'est une question centrale.
06:06Une question centrale parce que,
06:09en termes de sécurité,
06:11aujourd'hui, il est vrai que
06:13ces zones de non-droit
06:14qui posent quand même
06:16des problèmes sérieux aux forces de l'ordre,
06:19ces zones de non-droit
06:20disposent maintenant de masses de jeunes
06:22qui, pour des raisons différentes,
06:25d'abord, peuvent être en convergence tactique
06:28avec l'ultra-gauche,
06:29sont appelés d'ailleurs par l'ultra-gauche
06:32à venir grossir le rang.
06:33Bon, ça, c'est véritablement une instrumentalisation
06:36pour provoquer un chaos.
06:37Alors, ça, c'est dans la stratégie,
06:40notamment, de l'extrême-gauche radicale.
06:43Mais ces masses de jeunes
06:47peuvent foncer de nouveau sur Paris
06:48ou les grandes villes.
06:49Et ça ne sera pas forcément que des pillages.
06:52Il y a eu des intrusions dans les appartements.
06:55Donc, il peut y avoir également
06:56des atteintes aux personnes.
06:57D'ailleurs, il y a eu une état de sidération
06:59de la population
07:01avec un recours massif
07:02à des armes de protection.
07:05Eh bien, gageons...
07:06Mais vous avez raison de souligner.
07:07Mais là, on touche, si vous voulez,
07:10on aborde un autre problème de fond.
07:12C'est la fracturation de notre société.
07:13C'est ce qui est évoqué Gérard Collomb.
07:16Ça, c'est un autre sujet.
07:18C'est une toute autre dimension
07:19dans l'approche des choses.
07:21Bon, gageons en tout cas
07:22que cette sidération dont vous parliez,
07:23nous avons passé ce stade
07:24et que l'exécutif,
07:27les forces de l'ordre,
07:28peuvent anticiper désormais
07:29les risques associés
07:31à toute nouvelle journée
07:32de mobilisation.
07:33Bertrand Cavalier,
07:34merci.
07:34Général de gendarmerie,
07:35expert en sécurité
07:36et en maintien de l'ordre.
07:36Merci d'avoir été avec nous
07:38sur Europe 1.
07:39Il est 7h18.

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