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  • il y a 18 minutes
Avec Jean-Louis Thiériot, ancien ministre délégué auprès du ministre des Armées, député LR de Seine-et-Marne
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##PARLONS_CASH-2026-10-26##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, Parlons Cash.
00:04Et l'on vous retrouve, Clara Piernet, pour parler de ce budget qui pourrait ne pas être voté.
00:10On le sait, les discussions sont en cours en ce moment à l'Assemblée Nationale
00:14et la conséquence, elle pourrait être dramatique pour les armées françaises.
00:18Clara, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, était auditionnée jeudi à l'Assemblée
00:22et elle a sorti des mots forts, sans budget voté d'ici la fin de l'année.
00:26Ce serait un arrêt, dit-elle, pour la stratégie d'investissement, de préparation et d'entraînement de nos armées.
00:31On est vraiment à ce niveau de gravité.
00:32Oui, et les chiffres donnent le vertige.
00:34Le projet de budget 2027 prévoit plus de 63 milliards d'euros pour les armées,
00:40soit une hausse de 11% conformément à la loi de programmation militaire actualisée l'été dernier.
00:46Si le Parlement n'adopte pas ce budget, les crédits seront automatiquement plafonnés au niveau de 2026.
00:53Dans ce cas, 6,5 milliards d'euros qui disparaissent avec l'impossibilité légale d'engager des investissements sur la
01:00durée.
01:01Ce n'est pas une coupe, c'est un gel donc.
01:03Concrètement, qu'est-ce qui ne se ferait pas en 2027 si ce budget n'est pas voté ?
01:08La liste est précise. Les armées prévoient d'acquérir plus de 4 milliards d'euros de munitions.
01:13C'était 2,4 milliards cette année.
01:15Plus d'un milliard pour la défense sol-air.
01:18Un autre milliard pour l'espace et l'alerte avancée.
01:21700 millions pour la massification des drones et de la robotique.
01:25Autant de programmes qui ne pourraient pas être engagés.
01:28Et côté effectif, un peu plus de 2000 postes civils et militaires supplémentaires.
01:335500 réservistes de plus pour atteindre 57500 réservistes opérationnels.
01:40Tout cela suspendu à un vote.
01:42Dans un contexte géopolitique tendu, c'est le moment le plus mal choisi finalement pour bloquer le réarmement de la
01:48France.
01:48C'est le paradoxe que souligne la ministre.
01:50La France s'est engagée dans une trajectoire de remontée en puissance face à la guerre en Ukraine,
01:56face aux engagements de l'OTAN, face aux menaces qui s'accumulent à l'Est et au Sahel.
02:00Je l'ai le budget au niveau de 2026.
02:02C'est dérogé à des engagements pris devant nos alliés.
02:06Et c'est envoyé un signal de faiblesse au moment où l'Europe redécouvre que la défense a un prix.
02:11Quel est ce prix ? Et peut-on se permettre de ne pas le payer ?
02:15C'est ce qu'on va demander à notre invité Jacques.
02:17Oui, notre invité c'est Jean-Louis Thieriot, qui est ancien ministre délégué auprès du ministre des Armées,
02:23député Les Républicains de Seine-et-Marne.
02:24Bonjour Jean-Louis Thieriot.
02:26Bonjour.
02:28Alors, quelles conséquences pour l'armée française ?
02:31On a abordé quelques points.
02:32Si le budget n'est pas voté, vous diriez en un mot que c'est un recul ?
02:38C'est un immense danger.
02:40C'est la fin de l'effort de réarmement qui a été engagé depuis plusieurs années.
02:47Ça veut dire plus de nouvelles commandes.
02:52Votre interlocuteur, votre journaliste le disait très justement,
02:56comme les programmes sont sûrs de nombreuses années,
02:59on devra déjà payer les factures des commandes déjà faites.
03:02Donc ça veut dire pas de munitions en plus.
03:05Ça veut dire pas de défense spatiale, pas de défense solaire.
03:08À un moment où les menaces de drones sont partout.
03:12Donc c'est une conséquence sur l'équipement.
03:14C'est une conséquence sur l'activité des soldats, leur quotidien,
03:18puisqu'il y a une hausse qui est prévue.
03:20C'est un décrochage par rapport à nos alliés européens.
03:24Nous devons dépenser 63 milliards.
03:27Les Allemands, cette année, vont en dépenser 120.
03:29Enfin, et c'est un élément qu'on oublie trop,
03:32s'il n'y a pas ce budget des armées,
03:35c'est 4500 PME qui vont terriblement souffrir,
03:39parce qu'elles ont déjà intégré ces hausses de commandes,
03:42près de 40 milliards, dans leur plan d'activité.
03:47Les grands, alors les Dassault, les Thalès, etc.
03:50ne seront pas menacés.
03:50Mais c'est toute la chaîne des sous-traitants,
03:544500 entreprises, qui seront menacées.
03:57Donc je crois vraiment que face à la gravité de la situation internationale,
04:01il faut un budget d'une manière ou d'une autre.
04:03S'il n'est pas voté et il ne sera pas voté,
04:05ce qui se passe au Parlement est ahurissant de démagogie.
04:0917 milliards de dépenses en plus.
04:11Des projets d'économie qu'on avait présentés,
04:15par exemple avec mon collègue Casparian,
04:17rejetés alors que ça pouvait faire 30 milliards.
04:18Bilan, il faut, je pense, recourir aux ordonnances,
04:22qui est le seul moyen de sauver l'effort de défense.
04:26Alors, vous le disiez, et à travers ce que vous nous dites,
04:29on mesure les conséquences et la difficulté pour des moyennes,
04:33ou en tous les cas pour les PME dont vous parliez,
04:35de faire des affaires et de préserver les acquis.
04:404500 PME qui avaient déjà intégré les augmentations budgétaires
04:45qui peut-être ne seront pas là.
04:47Et 200 000 salariés, ça représente 200 000 salariés.
04:50C'est énorme, c'est énorme.
04:51Vous avez raison de le préciser.
04:53Et dans tout ce qu'on a dit, moi, il y a quelque chose qui m'interpelle,
04:57c'est la question des drones et de la robotique.
04:59Si on ne prend pas ce terrain et ce tournant-là tout de suite,
05:02on se met en danger très vite.
05:05On est déjà en danger.
05:07On a eu du retard à l'allumage.
05:09Aujourd'hui, on voit à quel point ça va vite en Ukraine.
05:13Un drone développé ou un robot développé, il est caduque au bout de quelques mois.
05:17Donc, il faut aller très vite.
05:19On a en particulier un projet pour l'armée de terre,
05:21le projet de Pain Dragon,
05:23qui prévoit de robotiser une partie du combat terrestre.
05:28Un an de retard, c'est des années ensuite dans la mise en œuvre.
05:32Donc, on est vraiment, il est minuit moins cinq pour la défense française.
05:36Jean-Louis Thieriot, ancien ministre délégué auprès du ministre des Armées
05:39et député des Républicains de Seine-et-Marne.
05:42Pour qu'on comprenne bien ce que nous disent les spécialistes aujourd'hui
05:46sur les attaques hybrides du futur,
05:49elles passent inévitablement par les drones et la robotique.
05:53En tout cas, c'est un des champs d'action.
05:56Il y a aussi les attaques cyber.
05:59Il y a des sabotages, on l'a vu.
06:02Chez certains de nos alliés, je pense aux Pays-Bas ou en Pologne.
06:05Mais oui, les drones sont une menace majeure.
06:08Qu'est-ce qu'on fait demain
06:09si des drones embarqués sur un porte-container
06:14frappent Toulon, Brest ou Marseille ?
06:16Évidemment qu'il faut une défense anti-drone robuste.
06:21Et on n'en est qu'au début.
06:22Vous parliez, et on le précise, de 63 milliards de dotations supplémentaires.
06:28C'est ce qui était prévu dans ce projet.
06:30Donc on imagine le manque à gagner.
06:32Non, pas supplémentaire.
06:33Pas supplémentaire.
06:34C'est un budget à 63 milliards.
06:36Avec une hausse de 11%.
06:37Qui a été votée dans le cadre de l'actualisation
06:42dont j'ai été rapporteur, qui a été votée en juillet.
06:44Mais 6 milliards, donc je reprends le bon chiffre,
06:46mais avec la même question, 6 milliards et demi d'euros,
06:49ça représente évidemment des investissements considérables.
06:52S'ils ne sont pas là, les conséquences sont importantes.
06:55Le seul espoir, c'est donc de prendre cette décision par ordonnance ?
07:00Je n'en vois pas d'autres.
07:02Je doute que les parlementaires redeviennent raisonnables
07:06dans les quelques jours qui viennent.
07:08C'est l'intérêt du pays.
07:101.49.3 et une loi spéciale,
07:14ça aboutit à la reconduction de l'année dernière.
07:17Donc on perd les 6 milliards.
07:19Donc oui, pour les armées, l'ordonnance est la seule solution viable.
07:22J'ajoute que si le gouvernement tombe après les ordonnances,
07:25le budget demeure.
07:26Donc ça permet quand même d'avancer.
07:27ensuite au prochain ou à la prochaine présidente de la République
07:31d'adapter le budget.
07:32Mais ça permet au moins d'avancer,
07:34de faire pour les armées,
07:35et probablement d'éviter tout de suite une crise de la dette.
07:38Merci infiniment Jean-Louis Thieriot,
07:40ancien ministre délégué auprès du ministre des Armées,
07:42député des Républicains de Seine-et-Marne.

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