00:00... que l'on peut entendre de la part de certains maires au président d'intercommunalité.
00:04Pourquoi ? Eh bien parce que, à débuter dans l'hémicycle de l'Assemblée,
00:09les principales discussions autour du projet de loi de finances pour 2027.
00:14Nous sommes avec Romain Collat, qui est maire de Boussy-Saint-Antoine-Dans-Lesson,
00:18vice-président de la PVF, l'association des petites villes de France.
00:22Bonjour Romain Collat.
00:24Bonjour Jacques Cardose.
00:25Soyez le bienvenu sur Sud Radio.
00:27Est-ce que les discussions vous inquiètent concrètement avec ce qui semble être annoncé par le gouvernement ?
00:34Dans l'absence de majorité à l'Assemblée nationale, je suis incapable de vous dire sur quoi aboutiront les discussions.
00:42Ce qui m'inquiète, c'est le projet du gouvernement, qui in fine d'ailleurs,
00:44s'il n'y a aucune majorité qui peut se dégager sur le texte, aura la main soit par ordonnance,
00:48soit par 49.3.
00:49Et les propositions du gouvernement sont, alors qu'on a déjà eu un musée des horreurs, des ponctions sur les
00:58collectivités ces dernières années,
01:00je crois les pires que nous ayons jamais connues avec un prélèvement sur les recettes.
01:06C'est un peu la taille du XXIe siècle, si vous voulez.
01:09Un prélèvement sur les recettes à hauteur de 2,5 milliards d'euros sur les recettes des collectivités locales,
01:14qui est prévue par ce projet de budget, jamais autant un gouvernement n'avait assumé le fait,
01:20on y est malheureusement habitué, que les finances des collectivités locales,
01:24qui sont bien gérées parce qu'elles sont à l'équilibre, c'est une obligation,
01:27que les finances des collectivités locales étaient en fait une variable d'ajustement
01:32des échecs des stratégies budgétaires et fiscales nationales,
01:35parce qu'on nous ponctionne année après année,
01:36et on est toujours sur un déficit public au-delà des 5% du PIB.
01:39Oui, c'est un peu une forme de double peine finalement.
01:42Pour qu'on comprenne bien les chiffres que vous nous annoncez,
01:46pour une petite commune de moins de 3 000 habitants,
01:50quelle est la proportion de ce qui va être ponctionné sur un budget classique et moyen ?
01:56En fait, les plus petites communes, très majoritairement, sont globalement épargnées.
02:04En revanche, les petites villes, je parle des communes rurales,
02:08les petites villes de France, celles que nous représentons, la PVF,
02:11qui vont de 2 500 à 25 000 habitants,
02:14qui accueillent 40% de la population française.
02:18C'est 4 000 communes à l'échelle du pays.
02:20On est ou dans les centralités, dans le milieu rural,
02:23ou dans le périurbain, comme moi, en Essonne.
02:26Ces 4 000 communes, 90% d'entre elles,
02:29vont se faire prélever entre 0,5 et 3% de leurs recettes de fonctionnement,
02:36de façon directe.
02:37C'est-à-dire qu'autrefois, Bercy inventait des dispositifs pour nous prendre un peu de dotation,
02:43pour, avec le dispositif de lissage conjoncturel,
02:46il y a une inventivité sémantique à Bercy qui est assez phénoménale pour nous prendre des sous,
02:51nous prenait un peu d'argent pour nous le rendre après.
02:55Là, cette fois-ci, on est carrément, et c'est totalement assumé,
02:58dans le prélèvement sur recettes.
03:00C'est-à-dire qu'on prend dans la poche des collectivités pour tenter d'atténuer le déficit de l
03:04'État.
03:06Et bien sûr, nous sommes les uns et les autres conscients
03:08qu'on est tous dans le même bateau des finances publiques.
03:10Mais nous contestons, un, le fait que nous sommes responsables du déficit,
03:13parce qu'en fait, nous, nous sommes à l'équilibre.
03:16Et nous contestons surtout le fait que cette amputation de nos recettes,
03:19elle va nous poser des problèmes dans les financements des services publics du quotidien.
03:23Enfin, je veux dire, les cantines, les crèches, l'accueil périscolaire, l'entretien des voiries.
03:27Ça, c'est des boulots indispensables au quotidien que nous assumons.
03:30Et puis surtout, c'est ce qui va se passer dans ma commune.
03:33Moi, c'est une ville de 8000 habitants.
03:35Ça réduit considérablement mon auto-financement,
03:37c'est-à-dire l'excédent que je dégage chaque année.
03:39C'est pour ça que nous, on ne fait pas de déficit.
03:40On est obligé de dégager de l'excédent pour financer de l'investissement.
03:43Ça va se traduire très concrètement chez moi par le renoncement à des investissements,
03:47notamment en matière d'adaptation au changement climatique et de transition écologique,
03:50alors que dans le même temps, nous en constatons toutes et tous l'urgence.