00:00Nous allons nous poser la question, comment conjurer la guerre civile, même si personne ne nous y aide ?
00:05Un homme de 26 ans, Pengo Basio Wangui, abattu comme un chien,
00:10une enfant de 12 ans mitraillée, qui lutte contre la mort avec 8 balles dans le corps,
00:14et 4 blessés, dont 2 grièvement.
00:16Cet épouvantable tableau est à considérer comme une nouvelle étape de ce qui se rapproche de la guerre civile,
00:21de ce qui rapproche la France de la guerre civile.
00:23Attention, pour qu'il y ait guerre civile, il faut qu'une partie de la population prenne les armes
00:27contre une autre partie de la population, ou que l'armée tire sur un peuple insurgé.
00:31Heureusement, nous n'y sommes pas, pas encore, mais le cumul des tragédies, des violences,
00:35des folies barbares, des insultes, des menaces, et surtout des récupérations assassines,
00:39peut nous laisser craindre qu'un jour, ce terme ne raconte la réalité de ce pays.
00:44Les deux camps qui rêvent d'en découdre, et qui se font face, comme le redouté Gérard Collomb,
00:50ou souhaitent se faire face, bien que très minoritaires, en ont les moyens.
00:53Seule la puissance et la rigueur de l'État peut les en empêcher.
00:57Lorsque la conjoncture se dégrade à un tel point, il appartient aux dirigeants de cet État
01:01de rétablir l'ordre public, mais aussi l'ordre social, et pourquoi pas l'ordre moral,
01:05celui, pour ce qui est de la France, de la morale républicaine.
01:08C'est d'avoir négligé, tant dans le discours politique que dans l'instruction publique,
01:12cette fonction fondamentale que la société française en est rendue.
01:15Là, nous avons entendu le président de la République, lors de son déplacement à Trappes,
01:19tenir des propos impensables avant de rectifier.
01:22Écoutons-le à nouveau, car la séquence est un document.
01:24Certains sont flats d'une paix prétendue,
01:29mais cette paix n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires.
01:32Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ?
01:35Regardez ce qui se passe en Cisjordanie,
01:39où chaque jour des violations sont faites au nom de quoi ?
01:45Le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie.
01:49Et le président de la République poursuit, et c'est la phrase la plus polémique,
01:54en disant que pour la première fois, un crime a été commis contre des Français
01:59pour des régions d'origine ou de religion.
02:03Voilà, il l'a dit.
02:04Propos impensables, certes, pourtant il les a pensés.
02:08Impensables, car ils sont d'abord faux dans les faits.
02:11Je veux juste rappeler, pour ce qui est de la similitude du contexte,
02:13Alors, on va être bien précis ce que veut dire M. Macron.
02:17Il dit, c'est la première fois qu'un blanc, mâle blanc majeur,
02:23tire avec une arme sur un autre Français qui n'est pas de cette origine.
02:27C'est ça qu'il veut dire, il ne le dit pas.
02:29Voilà, mais on n'est pas dupe.
02:32C'est d'avoir négligé tant dans le discours politique, justement,
02:34cette approche de ce qu'est un Français.
02:36Et le propos est impensable, voilà.
02:38Parce que, pour ce qui est de la similitude du contexte,
02:41l'attentat du 28 octobre 2019 à Bayonne,
02:43lorsqu'un forcené de 84 ans, Claude Cinquet,
02:46après avoir mis le feu à la porte de l'unique mosquée de la ville,
02:49tira avec son arme de poing sur deux hommes présents sur les lieux,
02:52en les blessant grièvement.
02:53Il y a déjà un antécédent qui correspond à cette définition,
02:56et visiblement, le président de la République l'a oublié.
02:59Propos impensables, pourquoi ?
03:01Car on sait, l'homme entouré d'une cellule de communication omniprésente,
03:04très fournie, onéreuse,
03:06qui est devenue, depuis la dissolution,
03:07le seul ministère dont dispose Emmanuel Macron
03:11pour faire ce qu'il veut.
03:12Notre ami, conseiller Elisabeth Lévy,
03:14est revenu tout à l'heure sur cette affaire
03:15dans la matinale de Jacques Cardoz,
03:17avec les mots qu'il faut.
03:19Je ne vais donc pas la paraphraser,
03:20mais compléter son propos.
03:22Emmanuel Macron a dérapé.
03:24Dérapage incontrôlé,
03:25comme le laisse supposer le communiqué rectificatif
03:28qui a suivi.
03:29Il s'agit d'un annul et remplace,
03:31problématique quand il s'agit d'Elysée,
03:33ou l'hypothèse moins probable,
03:34un dérapage contrôlé,
03:36comme le soutiennent certains
03:37dans l'idée d'une retombée électorale négative
03:39pour celle que le président sortant
03:41redoute de voir lui succéder à l'Elysée.
03:44Quoi qu'il en soit,
03:45il convient de dire les choses sans contour.
03:48Pas plus Jean-Luc Mélenchon
03:49ou Emmanuel Bompard
03:50n'ont armé la main
03:51de celui qui a poignardé le jeune Thomas Acrépole.
03:54Et pas plus Marine Le Pen
03:55ou Jordan Bardella
03:56n'ont engagé les cartouches
03:57dans le fusil mitrailleur de Kevin T.
03:59À Trappes, ça suffit.
04:01Et pas plus Philippe Poutou
04:02qu'Éric Zemmour,
04:03malgré leur fascistie et leurs outrances,
04:05l'entraînent de milices armées
04:06le soir dans les bois
04:07pour ouvrir une sainte Barthélémy
04:09des temps modernes.
04:10Stop !
04:11Tous prennent le risque pourtant
04:13de tester les limites de l'exercice
04:14en jetant l'anathème
04:16des anathèmes définitifs.
04:18Je veux revenir sur une phrase
04:19de Raymond Bard
04:20lors de l'attentat de la rue Grobernik
04:22contre la synagogue
04:24le 3 octobre 1980.
04:25Raymond Bard s'adresse,
04:27il est sur TF1
04:27et il dit
04:28« C'est attentat visé
04:29des Israélites
04:30qui allaient à la synagogue
04:31et il a tué
04:32des Français innocents. »
04:35Bourde d'État absolument gigantesque
04:37qui avait soulevé
04:38une polémique totale.
04:40Eh bien, face à la barbarie
04:41et à la haine,
04:41nous sommes tous
04:42des Français innocents.
04:43Il n'y en a pas de vrai,
04:44il n'y en a pas de faux.
04:46Et je voudrais,
04:47pour finir,
04:48nous avons appris tout à l'heure
04:49que la jeune enfant de 12 ans
04:51peut-être va s'en sortir
04:52et qu'elle se remet.
04:53Pour moi,
04:54ça a été une information
04:55qui m'a comblé
04:55de bonheur qu'elle vive.
04:57Je ne sais pas
04:57comment elle s'appelle.
04:58Est-ce qu'elle s'appelle
04:59Mariam ?
05:00Est-ce qu'elle s'appelle Marie ?
05:01Est-ce qu'elle s'appelle Myriam ?
05:02Je vais l'appeler Marianne,
05:04cette jeune enfant de 12 ans,
05:05parce qu'elle nous représente tous
05:07et je veux que vive Marianne
05:08pour que vive la France.
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