00:01Europe 1, 11h-13h, Christine Kelly et vous.
00:06Il est 12h04 sur Europe 1, le principal suspect dans l'attaque terroriste qui a lieu à Trappes.
00:14Et il est en garde à vue, enfin sa garde à vue a été suspendue pour des raisons psychiatriques.
00:18Il est dans l'unité psychiatrique de la police de Paris pour 48 heures maximum.
00:23Il sera examiné par des experts, des psychiatres qui vont déterminer si sa garde à vue est compatible avec son
00:31état de santé ou pas.
00:32Il est schizophrène, sa schizophrénie a été diagnostiquée, il suit a priori un traitement.
00:39Les questions que l'on va se poser et que l'on se pose en ce moment sur Europe 1,
00:42c'est est-ce qu'il était en pleine possession de ses moyens ?
00:46On rappelle qu'il y a plusieurs associations et syndicats qui ont appelé à des rassemblements aujourd'hui en fin
00:51de journée dans plusieurs villes de France.
00:53Des villes de gauche, des villes de droite, des villes communistes, des villes écolo, des villes du rassemblement national comme
00:58Carcassonne.
00:59Appelez-nous au standard d'Europe 1 si vous pensez que l'homme était en pleine possession de ses moyens.
01:04Appelez-vous, appelez-nous au standard d'Europe 1 si vous pensez que l'idéologie, une certaine idéologie aurait armé
01:10peut-être Kevin T dans son acte.
01:13Appelez-nous au standard d'Europe 1.
01:14Un seul numéro, le 01-80-20-39-21, ce numéro est non surtaxé.
01:18Vous avez la parole avec Christine Kelly, il est 12h05, bienvenue sur Europe 1.
01:27Nous avons Sébastien qui nous appelle des Alpes-Maritimes.
01:30On a vu beaucoup d'informations sur la teneur raciste de l'acte et vous avez envie de réagir.
01:38Oui, bonjour.
01:40Moi, ce que je voyais, c'est qu'en fait, il y a quand même pas mal d'informations en
01:44tant que raciste, etc.
01:45Sauf qu'en fait, quand on voit le passé de cette personne, je ne sais pas trop où l'âge,
01:50mais il a grandi quand même à Guinancourt apparemment.
01:53Il y a même des témoignages de proches de ce monsieur qui disaient qu'il était proche, en fait, justement,
01:58d'une population différente,
02:01parce que c'était une recité plus ou moins pas très grave en soi, mais comme il a contribué au
02:07marché, etc.,
02:08parce qu'il consommait des produits stupéchants, il l'en revendait, etc.
02:11Enfin, je ne comprends pas parce que je pense qu'il était ami avec des personnes de ce type-là.
02:15Voilà, donc je ne comprends pas pourquoi on pourrait dire qu'il est raciste,
02:18ou du moins que c'est un acte raciste en soi, du fait qu'il tue des personnes de couleur.
02:24Je fais une petite parenthèse.
02:26La première, c'est qu'évidemment, c'est vrai que tout ce qu'on dit,
02:29on ne sait pas clairement, on attend évidemment que l'enquête avance.
02:33Deuxièmement, sur le fait qu'il aurait lui-même déclaré en garde à vue que ce serait un acte raciste.
02:39Je ferme la parenthèse.
02:40Ah, d'accord.
02:41Tout est à vérifier, je mets tout au conditionnel.
02:44Bien sûr, bien sûr.
02:46Et ensuite, sinon...
02:48Il m'a dit aux Eosketeurs avoir visé les Noirs et les Arabes pour venger les commerçants pillés le 17
02:52octobre.
02:52Je mets tout au conditionnel, évidemment, parce que ce sont des informations qu'il faudrait vérifier complètement après l'enquête.
03:03Oui, bien sûr, bien sûr.
03:04Et sinon, un deuxième élément aussi, c'est que du coup, les gens aussi qui se mettent à dire
03:09« Oui, on dit qu'il a un problème psychiatrique, comme par hasard, parce qu'il y a justement ce
03:14vertu raciste, etc. »
03:16Sauf que si la personne, elle était déjà reconnue et traitée,
03:19donc ça déteste complètement cet esprit de...
03:23Comme par hasard, ça tombe...
03:24Voilà, s'il était schizophrène, justement, à tester avec un traitement,
03:28toutes les personnes qui sont à chaque fois à dire « Oui, comme par hasard, on dit qu'il est
03:31schizophrène,
03:32maintenant qu'il est en garde à vue »,
03:34ça tombe complètement, parce qu'à chaque fois, on cherche à trouver des excuses sur ce côté-là.
03:40Mais là, on fait un compte qu'il était déjà traité.
03:42Donc, il n'y a pas de surprise, en fait, du fait qu'il était atteint psychiatriquement, éventuellement.
03:48Ça n'a rien à voir avec le fait que ce soit raciste et que, du coup, on veut dédouaner
03:51en disant « Ah, mais il était fou ! »
03:53Et c'est ce que dit Laurent Nunez, effectivement, qu'il soit schizophrène ou pas,
03:58ça n'enlève rien à l'acte raciste qui est tout à fait condamnable.
04:03Et vous avez raison de l'arrêter, mon cher Sébastien.
04:05– Bien sûr. Moi, ce que je n'aime pas, c'est quand on globalise toujours,
04:09à chaque fois, on fait des généralités de toute situation.
04:13Et voilà, encore plus énervant, quand on a le président, bien sûr,
04:16qui est uni sur un discours tous les autres actes racistes, quels qu'ils soient.
04:21D'ailleurs, dans notre pays, je pense qu'on est touchés quand même assez régulièrement, malheureusement.
04:25– Et puis Sébastien, restez en lien avec nous.
04:27N'oublions pas, moi, je n'oublierai jamais ce 8 juin 2023.
04:31Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais c'était Annecy.
04:33C'était l'homme qui avait donné des coups de couteau à des bébés.
04:38Tout de suite, il y a eu l'expertise psychiatrique contradictoire.
04:41On a l'affaire Sarah Halimi, on a le meurtre de Lola,
04:44on a le père Jacques Hamel, on a etc.
04:46Il y a beaucoup d'actes comme ça où on ne peut pas dire, effectivement,
04:51que souvent, le côté psychiatrique est entré immédiatement en jeu
04:58après des actes criminels violents.
05:00Et parfois, certains criminels ont été dédouanés, parfois non.
05:05Par exemple, pour Dabia Benkiré, non.
05:07Pour d'autres, oui.
05:08Pour Sarah Halimi, oui.
05:10Merci d'avoir appelé au standard d'Europe 1, mon cher Sébastien.
05:13– Merci, bonne journée à tous.
05:14– Merci, excellente journée sur Europe 1.
05:15– Brina Medjeber voulait réagir au repos de Sébastien.
05:18– Oui, bien sûr, je souscris tout à fait à ce qui était dit.
05:23En effet, il faut rester très prudent sur l'enquête,
05:26puisqu'il y a plusieurs éléments qui apparaissent.
05:28Donc, il faut vraiment rester très vétilleux sur ce que le Parc national antiterroriste
05:32nous délivre comme élément.
05:33– Excusez-moi, je vous interromps, n'oubliez pas ce que vous alliez dire,
05:36mais c'est vrai qu'il faut rester très prudent.
05:37On a vu comment certains ont un peu critiqués tout de suite islamophobes
05:42alors qu'on se rend compte que lui-même, la victime, la malheureuse victime est chrétienne.
05:47Donc, il faut vraiment rester prudent sur tout ça.
05:49– Absolument, chère Christine, et c'est précisément là-dessus
05:53que je voulais mettre, si vous voulez, un peu la plume dans la plaie,
05:56c'est-à-dire la récupération politique, ou en tout cas le traitement politique
06:00qui est fait sur ce meurtre raciste abominable qu'il faut universellement condamner.
06:07C'est que j'ai observé, mais d'une manière très véloce,
06:11comment certains hommes politiques, comment certains élus,
06:14comment certains membres d'associations,
06:16comment certaines figures politiques du néo-antiracisme
06:20sont venues malheureusement se vautrer dans l'accusation diffamatoire
06:25et les différentes accusations qui portent justement sur l'islamophobie d'une part
06:33et sur le racisme d'autre part.
06:35Moi, ce qui m'interroge, voire même ce qui me désole,
06:37c'est qu'on nous serine en permanence et à juste titre
06:41sur le pas d'amalgame, sur le prêt-à-confusion
06:45concernant certaines victimes
06:47et d'observer que certains élus, une fois de plus,
06:51certains membres d'associations, certaines associations,
06:54certaines figures, aujourd'hui,
06:56se réclament justement de cette confusion,
06:59de cet amalgame et accusent
07:01non seulement certains élus d'opposition,
07:05je pense notamment aux accusations qui ont été portées
07:09contre M. Rotaillot, à certains médias
07:11de véhiculer des paroles qui armeraient idéologiquement
07:16ce passage à l'acte criminel.
07:18Et j'observe que les mêmes, les mêmes
07:20qui hurlent justement au pas d'amalgame et à juste titre
07:24n'ont pas eu un mot, n'ont pas eu un mot
07:26sur les attentats qui ont, malheureusement, islamistes,
07:30qui ont meurtri notre pays,
07:31n'ont pas eu un mot sur les actes antisémites
07:34qui, justement, sont le passage à l'acte criminel
07:38d'un armement idéologique et sémantique
07:40par une partie de l'extrême-gauche,
07:42n'ont pas un mot pour Thomas,
07:45n'ont pas eu un mot pour Lola,
07:47n'ont pas eu un mot pour toutes les victimes,
07:49pour Louis, par exemple,
07:51qui a été tué dans le cadre de l'aide sociale à l'enfance.
07:55Donc il y a cette indignation orpheline,
07:58cette indignation à géométrie variable
08:00qui, moi, me navre, qui, moi, me désole
08:02parce que les mêmes, encore une fois,
08:03qui hurlent au pas d'amalgame
08:04sont les premiers à se vautrer dans l'amalgamisme.
08:07Sabrina Medjieber, en direct sur Europe,
08:09indignation à géométrie variable, Olivier Vial.
08:12Oui, mais effectivement, on voit bien
08:14qu'il y a une volonté d'instrumentaliser,
08:16alors qu'en plus, le discours, effectivement,
08:20alors déjà, on n'est pas sur une idéologie,
08:22là, on parle de racisme,
08:23et donc quand il y a déjà un premier saut,
08:25c'est qu'une partie de la gauche et de l'extrême-gauche
08:28essaie de faire croire que le racisme
08:30serait une idéologie de droite.
08:31Ça, c'est déjà la première chose
08:32qu'il faut totalement déconstruire.
08:34Ce n'est pas une idéologie de droite,
08:35c'est quelque chose qui est malheureusement
08:37présent dans toute la société
08:39et qui n'est pas une idéologie,
08:41c'est même quelque chose
08:42qui est condamnable en tant que tel.
08:44Donc, on a cette première chose
08:46qu'il faut bien dire.
08:46La deuxième chose, c'est que, heureusement,
08:50on a une vraie différence
08:51entre la diffusion d'une idée
08:53et même du racisme
08:55et le passage à l'acte.
08:56Heureusement que tous les gens
08:57qui sont racistes en France,
08:58et ils sont malheureusement nombreux,
09:00ne passent pas à l'acte.
09:01Et en fait, ce qui est très intéressant,
09:02c'est de savoir
09:03qu'est-ce qui nous fait passer à l'acte.
09:04Alors, qu'est-ce qui nous fait passer à l'acte ?
09:05Dans un instant, on répond à cette question.
09:08Premièrement, vous dites Olivier Vial,
09:09le racisme n'est pas une idéologie de droite.
09:11Deuxièmement, il y a une différence
09:12entre la diffusion d'une idée
09:14et du passage à l'acte.
09:15Qu'est-ce qui fait passer à l'acte ?
09:16Les réseaux sociaux,
09:17les chaînes d'info,
09:19la schizophrénie ?
09:20On pose toutes les questions
09:21en direction européenne.
09:22A tout de suite.
09:22Avec vous au 01-90-20-39-21.
09:24Vous avez la parole de 11h à 13h
09:26avec Christine Kelly sur Europe 1.
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