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Président-directeur général de Coopérative U, Dominique Schelcher était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Orbin, c'est Dominique Schellcher.
00:04Bonjour à vous, bienvenue.
00:05Bonjour Laurence Ferrer.
00:06PDG de Coopérative U.
00:07Comme tous les commerçants, vous avez été impacté par les manifestations qui se sont déroulées samedi après samedi.
00:12On va évoquer dans un instant le président de la République qui dit qu'il n'y a pas besoin
00:15d'état d'urgence et que l'ordre va revenir.
00:17Mais d'abord, quel est le bilan pour vous, pour les commerces qui, dans votre enseigne, ont été attaqués ?
00:22Le bilan est très dur.
00:24La journée du 17 octobre a été absolument dramatique.
00:28Ce à quoi on a assisté, c'était du jamais vu.
00:31C'était d'une violence inimaginable.
00:33Donc, on a nous aussi eu des magasins pillés, saccagés, mais des magasins simplement parfois attaqués avec les équipes desquelles
00:43on a dû déclencher notre cellule de soutien psychologique.
00:47Tant elles étaient affectées ?
00:48Tant elles étaient affectées, tant elles étaient bouleversées, tant elles avaient du mal à revenir même au travail.
00:56C'était pour nous absolument du jamais vu.
00:58Parce qu'ils ont eu peur pour leur vie, vos personnels ?
01:01Ils étaient enfermés dans le magasin, y compris en province, y compris en province, enfermés dans le magasin.
01:07Les vitrines ont été, comment dire, vandalisées.
01:10Ils étaient à l'intérieur, ils ont eu très peur.
01:12Voilà, on a déclenché notre cellule interne de soutien et qui a beaucoup travaillé ces derniers jours.
01:18Il y a eu des vitrines barricadées, vous dites, parfois des murs de parpaings érigés pour se protéger.
01:23C'est ça la France de 2026 ? Vous vous en étonnez ? Vous vous en inquiétez, Dominique Schellcher ?
01:27Mais j'en ai fait un post ce week-end en disant, mais est-ce que c'est ça la
01:32façon de faire du commerce ?
01:33Moi, j'ai des collègues à Lyon ce week-end, c'était plus des planches en bois, c'était des
01:38plaques de tôle pour éviter le maximum de dégâts.
01:42Heureusement, ce week-end, samedi, là, il y a eu moins d'impact.
01:46Et quels dispositifs il faudrait prendre, selon vous ? Il faut plus de force de l'ordre ? Il faut
01:51que tous les magasins soient désormais équipés par brise en tôle, enfin de cash en tôle ?
01:57Je pense qu'une des mesures les plus importantes, c'est ce qu'on a vécu ce week-end, c
02:02'est que les cortèges ne passent plus dans les centres-villes au cœur de la concentration des commerces.
02:08Et sauf erreur, je crois que le président de la République, c'est ce qu'il a dit hier, il
02:11a dit, il ne faut plus qu'on passe en centre-ville.
02:13Ça, ça me paraît déjà une première mesure.
02:15Deuxième mesure, c'est des forces de l'ordre en nombre suffisant pour faire face et pouvoir réagir.
02:23Parce que je me souviens très bien que le 17, justement, vous appelez le numéro 17 des secours, ils étaient
02:32débordés.
02:33Et rien ne se passait. Est-ce qu'on est en train de s'habituer à la violence ? Est
02:36-ce qu'on est dans un confinement sécuritaire, Dominique Chéchère ?
02:38Puis on va parler de l'impact sur la consommation.
02:41Il ne faut pas qu'on s'habitue à la violence.
02:43Ça, ce serait un drame de s'habituer à la violence.
02:46Et c'est le risque.
02:47Derrière votre question, il y a le risque de s'y habituer.
02:49Nous, on refuse de s'y habituer.
02:51Et il faut prendre toutes les mesures.
02:54Manifester est un droit incontestable.
02:57Mais travailler est un droit aussi.
02:59Et les commerçants et les travailleurs, nos collaborateurs, ils veulent pouvoir travailler librement et en sécurité.
03:08D'accord.
03:08Mais donc, qu'est-ce qu'il faut faire, encore une fois ?
03:10Vous dites qu'il faut sortir de cet impasse.
03:12C'est une urgence absolue.
03:13L'état d'urgence, non, dit le président de la République.
03:16On annonce des journées difficiles encore ce samedi et le 5 novembre.
03:20Là, ça sera une grosse manifestation avec les syndicats.
03:23Vous redoutez le pire encore sur ces journées ?
03:24On est très préoccupés et très inquiets.
03:27Donc, il faut...
03:28Moi, je reprends les paroles du président de la République hier aussi.
03:31Il a dit quoi ?
03:32Il a dit que le premier samedi, les effectifs étaient insuffisants.
03:38C'était le premier point.
03:39Et on n'a pas assez anticipé.
03:40Donc, cette fois, il faut anticiper les effectifs suffisants,
03:44changer les parcours pour éviter les centres-villes où il y a plein de commerces
03:48et nous, être très précautionneux.
03:51Et puis, au moindre mouvement, réagir, évidemment.
03:53Il en va de la survie de certaines entreprises.
03:56Mais bien évidemment.
03:57Vous savez, il y a un an, j'ai rendu à deux ministres de ce gouvernement
04:01un rapport sur l'avenir des centres-villes.
04:03Et donc, je connais bien ce sujet.
04:05Les centres-villes de France, beaucoup, sont en grande souffrance,
04:09en grande difficulté.
04:11La vacance commerciale en centre-ville n'a jamais été aussi importante en France.
04:15Et on rajoute une nouvelle crise à tous ces commerçants,
04:20qui est cette crise de la fréquentation.
04:22parce que même s'il n'y a pas eu de cas ce samedi,
04:24il y a eu quoi ?
04:25Des rideaux fermés, beaucoup moins de clients en ville
04:28parce que les gens avaient peur de se déplacer.
04:31Et donc, c'est du chiffre d'affaires en moins
04:33au moment où démarre la période commerciale la plus importante de l'année.
04:37Donc, face à tout ça, et notamment dans le non-alimentaire,
04:41les confrères du non-alimentaire,
04:42beaucoup ne tiendront pas si les samedis se répètent.
04:45Ça, c'est évident.
04:46C'est évident.
04:46Donc, c'est une crise de la consommation.
04:49Il y a un impact que vous voyez d'ores et déjà dans vos magasins ?
04:52Dans les cœurs de ville, il y a un impact direct
04:56avec une baisse de chiffre d'affaires le premier samedi, le deuxième samedi.
05:01Donc, même s'il n'y a pas de casse,
05:02il y a un impact maintenant qui est économique.
05:04Et donc, il faut résoudre la situation pour éviter qu'on s'enfonce économiquement.
05:09Quand vous parlez, Dominique Scherzer, d'une période stratégique,
05:11c'est Noël, c'est le Black Friday, c'est toutes ces périodes où les Français commencent déjà leurs achats.
05:17C'est bien ça ?
05:18Normalement, ils le commencent maintenant.
05:20Je veux dire, le coup d'envoi, c'est un peu la Toussaint.
05:25En fait, les achats de Noël vont commencer.
05:27Voilà, les magasins sont prêts maintenant, sont décorés.
05:30Ça va commencer maintenant.
05:31Donc, si la période est perturbée, 31 octobre, 5 novembre,
05:35ça risque d'être compliqué et de mettre vraiment certaines entreprises en grande difficulté.
05:40Vous savez qu'il y a plein de chaînes d'habillement qui ont mis la clé sous la porte depuis
05:432-3 ans.
05:44Je crains que ça puisse encore être le cas si la situation perdure.
05:50Sur les achats de Noël, est-ce que vous avez déjà des tendances ?
05:53Vous savez, est-ce que privilégient les consommateurs ?
05:56Est-ce qu'ils ont déjà fait leur préférence ?
05:58Non, c'est trop tôt.
06:00C'est trop tôt.
06:01Par contre, ce qu'on peut dire, les Français sont terriblement inquiets.
06:05Ils sont dans un attentisme et dans un arbitrage que j'ai rarement vu.
06:10À l'euro près ?
06:11Mais complètement à l'euro près.
06:12De toute façon, 46% des Français ont des fins de moins difficiles.
06:1646%, je n'ai pas le souvenir d'un chiffre aussi important.
06:20Un Français sur 10, c'est même en réalité 13% aujourd'hui, sont en précarité alimentaire.
06:26C'est un niveau de difficulté qu'on n'a jamais vu.
06:29Et j'observe, alors là, c'est pour moi la chose la plus frappante actuellement,
06:33un véritable effondrement de la consommation de carburant.
06:38J'utilise ce mot sciemment, effondrement au mois d'octobre.
06:43Chez Coopérative U, c'est moins 10 de volume depuis le début de l'année.
06:47C'était déjà très fort en baisse au mois de septembre.
06:50Et là, on a des stations au mois d'octobre, c'est jusqu'à moins 40% de volume de
06:54consommation.
06:55Les gens ne bougent plus.
06:56Les gens restent à la maison, sacrifient beaucoup de choses.
06:59Le sport, l'activité sportive des jeunes, ils ne bougent plus
07:03parce que le prix du carbone, c'est trop lourd, pèse trop sur leur budget à date.
07:09Le geste du gouvernement qui a libéré les stocks stratégiques,
07:12a donné une toute petite bouffée d'air sur le gasoil, mais jusqu'à quand ?
07:16Va le donner à partir de la semaine prochaine.
07:20Dans des modalités qui doivent encore être travaillées cette semaine,
07:23il y a plusieurs réunions avec le gouvernement pour caler le sujet.
07:26Ça donnera une petite bouffée d'oxygène à partir de la semaine prochaine,
07:30mais ce ne sera pas tous les jours et pas tout le temps
07:32parce que c'est qu'une part de la consommation qui est concernée à partir du 2 novembre exactement.
07:38D'autant que vous l'avez noté, le prix du baril de pétrole continue d'augmenter,
07:41a refranchi des niveaux encore.
07:42Il était au plus haut la semaine dernière, depuis le début de la guerre,
07:45à 115 dollars le baril la semaine dernière.
07:48Donc pour l'instant, on n'a aucun signal d'amélioration sur le plan du carburant
07:52qui, encore une fois, conduisent à un véritable effondrement de la consommation de carburant.
08:00L'inflation, où est-ce que vous en êtes ?
08:01Aujourd'hui, on avait Michel-Edouard Leclerc qui l'a prévoyé à près de 4% pour la fin de
08:06l'année.
08:06Vous confirmez ce qu'il disait ?
08:07Alors, à date, l'inflation est à 3,1% essentiellement à cause des prix de l'énergie.
08:15Sur l'alimentaire, c'est plutôt flat actuellement, ça ne bouge pas.
08:20Par contre, le sujet, c'est que va-t-il se passer après les négociations commerciales
08:23qui se termineront le 28 février prochain.
08:26Et là, effectivement, après l'année qu'on a connue,
08:29après tous les impacts pour les entreprises qu'on a connues,
08:33il faut s'attendre effectivement à de l'inflation à l'issue des négociations,
08:39donc au printemps prochain.
08:40Ça veut dire qu'il y aura forcément un impact sur les prix au printemps prochain, Dominique Elchec ?
08:45Absolument, tous les signes vont dans ce sens.
08:49La question, c'est dans quelle ampleur il y aura plusieurs points d'inflation alimentaire
08:54après les négociations pour tenir compte d'une réalité.
08:58Payer justement les agriculteurs,
08:59ça c'est une cause à laquelle on tient chez Coopérative U,
09:03donc ça c'est par exemple nécessaire.
09:05Les fruits et légumes ont augmenté cette année,
09:07c'est pour juste bien rémunérer les producteurs.
09:11Vous êtes aussi étonné de certains comportements,
09:13vous dites certains préfèrent ne pas manger et se payer,
09:15ou faire un crédit à la consommation pour se payer le dernier téléphone portable.
09:19C'est les arbitrages qu'aujourd'hui font les Français, Dominique Schotcher ?
09:23Mais de plus en plus, si vous voulez, c'est vrai que ça c'est un petit coup de gueule
09:26que j'ai partagé sur les réseaux sociaux et qui a été assez largement repris
09:31parce que parfois il y a une inversion de valeur.
09:33Les mêmes clients qui ont un téléphone dernier cri dans la poche
09:37viennent nous voir en se plaignant de l'augmentation des tomates
09:40dont l'augmentation est justifiée pour rémunérer justement le producteur.
09:45Donc derrière ça, la question est,
09:48quelle est la juste valeur qu'on veut donner à l'alimentation ?
09:51Et je crois que parfois les valeurs sont inversées
09:54et c'est un débat qui mérite d'être posé.
09:56Donc il y a un problème de hiérarchie des valeurs ?
09:58Tout à fait, de hiérarchie des valeurs.
09:58Une société de consommation qui est devenue folle, c'est ce que vous nous dites ?
10:00Qui est parfois allée un peu trop loin.
10:04Et je rappelle ces chiffres, il y a 50 ans,
10:07l'alimentation représentait un peu moins de 30% dans le budget d'un ménage,
10:10c'est encore 13% aujourd'hui.
10:12C'est devenu une variable d'ajustement par rapport à beaucoup d'autres dépenses,
10:16dont le logement qui pèse énormément,
10:19dont les dépenses pré-contraintes,
10:20mais aussi la technologie et les abonnements.
10:23Et à un moment, qu'est-ce qui est plus important ?
10:25Est-ce qu'il vaut mieux d'abord payer son abonnement à Netflix
10:28ou payer une alimentation de qualité ?
10:31C'est ça la question que je pose.
10:32Ça veut dire qu'il y a un problème sur la valeur de l'alimentation.
10:35Or, vous dites derrière l'alimentation,
10:37ce sont les territoires, ce sont nos paysans,
10:39et c'est notre santé au fond.
10:40Mais bien évidemment.
10:41Et c'est tout cet enchaînement-là,
10:43jusqu'à la santé, mais à court terme par exemple,
10:46c'est la survie de nos agriculteurs.
10:49Donc, payer le juste prix de l'alimentation,
10:52c'est assurer une alimentation de qualité en France
10:55pour les années qui viennent,
10:56et rien n'est moins sûr aujourd'hui.
10:57Dominique Schellcher, on est sur CNews et sur Europe 1.
10:59Votre grand combat, c'est les salaires.
11:01Vous dites, la prochaine présidentielle,
11:03le combat central, c'est améliorer les salaires pour les Français,
11:06donc rapprocher le brut du net.
11:07Qu'est-ce qu'il faut faire à votre avis ?
11:08Vous avez regardé toutes les propositions des différents candidats,
11:11elles sont nombreuses, variées.
11:12Très nombreuses.
11:13Est-ce qu'il y en a qui vous conviennent ?
11:14Écoutez, rappelons déjà ce chiffre.
11:17Il y a 50 ans, les Français touchaient 70% de leur super brut,
11:21c'est-à-dire toute charge comprise, patronale et salariale.
11:24Aujourd'hui, c'est encore 52%.
11:27Pourquoi ?
11:27Parce qu'on fait trop porter au travail,
11:30le coût de la protection sociale, c'est devenu trop lourd.
11:32Donc, quelle solution ?
11:33Moi, je propose, première chose, de réduire, de revoir le coût global de cette protection sociale.
11:42À un moment, il faut revisiter le volume de dépenses et le baisser.
11:45Donc, on propose des prestations sociales, Dominique ?
11:47En faisant des choix.
11:48Mais oui, absolument, il faut revisiter les choses.
11:50Peut-être qu'on va dans certains domaines trop loin.
11:53Donc, revisitons ça.
11:54Mais la deuxième mesure que je vois,
11:57et certains, effectivement, candidats le proposent,
11:59je propose de déplacer une partie de cette charge sur la TVA la plus élevée.
12:06La TVA la plus élevée, pas la TVA de première nécessité,
12:09celle-là, on ne la touche pas, ce n'est pas possible dans le contexte actuel,
12:12mais la TVA la plus élevée, on déplace.
12:14Donc, il y aurait un gain de salaire significatif d'un côté,
12:18une petite augmentation de prix sur certains produits à la TVA la plus élevée,
12:22mais l'augmentation de salaire doit compenser, comment dire, la charge de l'autre côté.
12:29Et si on ne fait pas ça, je ne vois pas comment on peut résoudre le problème des salaires
12:35qui sont aujourd'hui trop serrés en France.
12:37Et le gouvernement, justement, une des pistes envisagées par le gouvernement,
12:41c'est revaloriser le SMIC d'ici la fin de l'année.
12:43Bonne ou mauvaise piste, selon vous ?
12:45Alors, il n'y a pas de souci pour, évidemment, continuer à augmenter le SMIC.
12:50On l'a fait déjà au mois de juin.
12:52Mais ce qui se passe actuellement, c'est qu'on veut faire porter exclusivement aux entreprises
12:57la charge de toutes ces augmentations, parce qu'on parle du SMIC.
13:00Mais dans le projet de budget qui est en discussion actuellement,
13:03on veut en même temps revenir sur l'allègement des charges sur le travail.
13:09Et l'ensemble des dispositions dont on parle, c'est un coût de 11 milliards pour les entreprises en plus.
13:16Écoutez, depuis le début de ces deux quinquennats,
13:18il y avait une mesure qui était bonne, comment dire, saluée par le monde de l'entreprise,
13:23c'était l'allègement des charges.
13:25Pour faire quoi ?
13:26Ce n'est pas des cadeaux aux entreprises, comme le disent un certain nombre d'interlocuteurs.
13:30C'était simplement pour ramener le coût du travail au niveau le plus élevé en Europe.
13:36Au niveau le plus élevé en Europe.
13:37Et là, dans la dernière ligne droite du deuxième quinquennat, on fait quoi ?
13:41On revient sur cet allègement.
13:43Franchement, les entreprises ne le comprennent pas.
13:45Ne le comprennent pas.
13:46Donc, nous demander d'augmenter le SMIC,
13:49alors qu'en même temps, on veut augmenter le coût du travail de l'autre,
13:53là, ça va coincer.
13:55Ça veut dire qu'il y aura des emplois qui seront menacés.
13:58Le patron du MEDEF dit, voilà, ça va avoir un coût pour les entreprises en termes d'emplois.
14:03Les entreprises ne pourront pas tout prendre en charge.
14:06À la fois avoir moins d'allègements et donc, comment dire, un coût du travail qui se renchérit
14:12et qui est, je le rappelle, au plus élevé en Europe.
14:15Et de l'autre, augmenter tout de suite encore les salaires.
14:18On ne pourra pas tout faire en même temps.
14:20Beaucoup d'entreprises n'en ont pas les moyens.
14:22Et dans cette faible croissance actuellement,
14:25beaucoup d'acteurs ne pourront pas le faire.
14:27Avec une crise financière qui plane sur nous,
14:30une inquiétude sur la dette, ce qui est très intéressant dans les enquêtes que nous faisons,
14:34c'est que les Français comprennent maintenant le poids de la dette
14:37et ce qu'il veut dire pour eux et pour leurs enfants.
14:40Ça, ça vous surprend ?
14:40Jusqu'à présent, c'était très abstrait.
14:42Les milliards, les 3600 milliards de dettes, là, ils ont compris ce que ça veut dire.
14:45Je pense que les gens l'ont compris.
14:48Et moi, je le résume par un chiffre qui est très intéressant.
14:51Avec les niveaux de taux d'emprunt de la France actuellement,
14:55le coût du remboursement seulement des intérêts
14:58sera équivalent aux impôts prélevés en France l'année prochaine.
15:03Voilà où on en est.
15:04Donc ça, ce sont des chiffres, je pense, que tout le monde peut comprendre,
15:08qui expriment la gravité des choses
15:10et qui disent qu'il faut absolument réagir maintenant.
15:13Alors, quelle mesure ?
15:13Une mesure que vous demandez aujourd'hui ?
15:16Une mesure, c'est revoir nos dépenses.
15:18Et là, je suis très inquiet quand je vois les débats au Parlement,
15:22puisque toutes les mesures proposées pour baisser, justement,
15:26les dépenses publiques, revoir, sont à chaque fois revues
15:30et on rajoute plutôt des dépenses.
15:32Et ça, ce n'est pas possible.
15:33Et pareil dans les programmes des candidats pour la présidentielle ?
15:36On ne voit pas assez, notamment sur le sujet du travail,
15:40et donc trouver d'autres façons de financer.
15:42Mais trouver des économies, on ne les voit pas assez
15:45dans les projets dont on nous parle actuellement.
15:48Dominique Schellcher, il y a aussi ce malaise de la jeunesse,
15:51des lycéens qui vont poursuivre leur mobilisation,
15:54malgré les annonces faites par le gouvernement.
15:56Quel message vous pouvez leur transmettre ce matin ?
15:58Ils sont inquiets de leur entrée sur le marché du travail,
16:01de l'impact de l'IA qui est en train de ravager
16:04et renverser complètement le monde de l'emploi.
16:08Alors, tout d'abord, les hommes politiques ont une grande responsabilité
16:11dans cette campagne de s'adresser aux jeunes.
16:13Je le disais, je ne savais pas que les jeunes sortiraient dans la rue,
16:15mais je le disais dans les interviews depuis un certain temps,
16:19parce que beaucoup de parents nous disaient
16:20qu'on a peur pour l'avenir de nos enfants.
16:23Et les jeunes le disaient, on est préoccupés par tout ça.
16:26Donc, déjà, il y a une parole politique nécessaire
16:29avec un projet politique.
16:30Après, les entreprises ont leur rôle à jouer,
16:32de leur dire qu'il y a encore des belles carrières à faire.
16:35C'est le cas dans la grande distribution,
16:37où l'escalier social existe encore.
16:39On peut rentrer sans grande formation,
16:41et quand on est motivé, quand on travaille,
16:43on peut progresser et avoir, à la fin, de grandes responsabilités,
16:46et même être propriétaire d'un magasin.
16:49Donc, c'est une période de bouleversement.
16:51Il y a l'intelligence artificielle qui arrive,
16:53mais il y a encore de quoi faire des belles carrières
16:55pour les gens très motivés et qui ont envie de s'engager.
16:59Ça, vraiment, c'est aussi notre responsabilité de le dire aux jeunes.
17:02Et de dire peut-être aux jeunes,
17:03il ne faut pas forcément tous aller en faculté, en université.
17:06Il y a des métiers professionnels qu'on peut faire beaucoup plus tôt.
17:09Exactement, vive l'apprentissage, vive l'apprentissage.
17:12Il y a toujours dans notre profession des postes de boulanger
17:15que nous recrutons, des postes de boucher.
17:17Et ça, les parents, parfois, oublient que la voie de l'apprentissage
17:22est une tellement belle voie pour tous les jeunes.
17:26Donc, voilà.
17:27Une parole gouvernementale,
17:29ou une parole de nos hommes politiques,
17:30des candidats pour redonner de l'espoir,
17:32avec une vision pour les jeunes.
17:34Et puis, un engagement des entreprises,
17:36à continuer, bien sûr, à les recruter, à les former
17:38et à leur proposer de belles carrières
17:40et des belles progressions dans le temps.
17:43Il y a de l'espoir.
17:44Il y a de l'espoir.
17:45Dominique Chercher, une dernière question
17:46concernant la cybersécurité.
17:48Oui.
17:48Certains de vos magasins ont été impactés
17:50par des attaques informatiques
17:52qui ont impacté la température des frigos.
17:54Est-ce que, un, vous pouvez nous dire que c'est derrière vous ?
17:56Et deux, comment se prémunir à l'avenir
17:58pour d'autres types de cyberattaques ?
18:00Très bonne question.
18:01Tout d'abord, l'attaque des frigos,
18:04elle est aujourd'hui sous contrôle.
18:06On a pris toutes les mesures qu'il fallait
18:08pour que ça ne se reproduise pas.
18:10Et on va encore en prendre dans les prochains jours.
18:11Parce que c'est gravissime pour la consommation.
18:13C'est évidemment gravissime.
18:14C'est du jamais vu.
18:15Je rappelle qu'une chaîne de magasins hollandais
18:18a subi une attaque encore plus forte
18:20puisque là, les magasins étaient vides,
18:22puisque les entrepôts ne pouvaient plus livrer.
18:24On n'est pas arrivé jusque-là en France.
18:26Donc, il faut prendre des mesures drastiques
18:28pour se protéger.
18:29À un moment où on nous dit
18:31que l'intelligence artificielle développe
18:33le nombre d'attaques,
18:35la gravité de ces attaques, etc.
18:37Donc, nos équipes de cybersécurité
18:39sont sur le pont 24 heures sur 24.
18:43On continue les investissements très lourds
18:45pour se protéger, protéger nos entreprises
18:47et faire en sorte que la chaîne alimentaire
18:49soit protégée, préservée, évidemment.
18:51Mais c'est une menace pour l'avenir ?
18:53Pas seulement pour le secteur de la consommation,
18:55pour tous les secteurs d'activité de notre pays ?
18:57C'est une menace globale.
18:59Et vous savez ce qu'on a appris hier ?
19:00On a appris hier qu'il y a des enquêtes ouvertes
19:03au niveau de la France pour connaître
19:05les origines de cette cyberattaque des frigos.
19:07Les États-Unis s'associent à l'enquête
19:10parce qu'ils ont eux-mêmes été touchés.
19:12Les frigos de l'armée aux États-Unis
19:15ont été touchés l'été dernier
19:16par le même phénomène.
19:17Et donc, maintenant, tout le monde veut savoir
19:19d'où ça vient et qui cherche à déstabiliser.
19:22Quoi ? La chaîne alimentaire,
19:23c'est-à-dire l'approvisionnement des militaires d'un côté,
19:26des Français de l'autre.
19:28Qui est derrière ça ?
19:28Qui veut déstabiliser ça ?
19:30Il faut avoir la réponse.
19:31Vous avez raison.
19:31Merci beaucoup, Dominique Schell.
19:33Merci à vous.
19:33D'être venu ce matin sur CNews et sur Europe 1.
19:35Bonne journée à vous.
19:37Sous-titrage Société Radio-Canada