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  • il y a 2 jours
Pierre Allorant politologue orléanais

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Transcription
00:00Soyez les bienvenus, bonjour à tous, bon réveil avec votre radio locale ici à Orléans, il est 8h moins le
00:05quart.
00:05Cécile Dacosta, dans 6 mois nous serons tout juste dans l'entre-deux-tours de la présidentielle.
00:10Et à quelques mois du scrutin, la campagne électorale est bel et bien lancée, le tout dans un contexte tendu,
00:15dans la rue avec la crise sociale, la colère des lycéens, le retour des gilets jaunes.
00:19Une nouvelle journée d'action est encore prévue ce samedi, quel regard porté sur ces événements ?
00:23On pose la question à notre invité, bonjour Pierre-Alorent.
00:26Bonjour Cécile.
00:26Politologue orléanais, doyen de la faculté de droit, d'abord un mot sur ce week-end très particulier
00:31qu'on vient de vivre à Orléans, sous cloche pendant deux jours, en marge du congrès du RN et des
00:35contre-manifestations.
00:37Quel regard vous portez sur ce dispositif de sécurité qui a été mis en place, ce dispositif inédit finalement ?
00:43Que la priorité pour un préfet de région, pour un maire d'une métropole soit la sûreté, la sécurité, c
00:51'est logique.
00:52C'est le premier des droits de l'homme, c'est la première liberté, c'est la sécurité.
00:57En revanche, cette liberté, elle doit se concilier avec d'autres, avec la liberté d'aller et venir.
01:02Force est de constater, les orléanais l'ont vu, qu'on ne pouvait pas franchir la Loire.
01:06On avait l'impression soit d'être au moment du Covid, soit peut-être en juin 40, c'était moins
01:10dramatique quand même.
01:12Et puis, d'autres libertés, la liberté du commerce et de l'industrie par exemple.
01:16Les commerçants ont encore raté un samedi important à deux mois de Noël, c'est quand même gênant.
01:23Est-ce que le dispositif était adapté ?
01:25Si la ville avait été à feu et à sang, et si tous les commerces avaient été détruits, on aurait
01:29dit que le dispositif était insuffisant.
01:31Donc je n'ai pas moi les compétences techniques pour juger de ce dispositif.
01:34En revanche, c'est vrai que s'ils étaient amenés à se répéter pour d'autres manifestations politiques,
01:40vous avez dit qu'il y a encore six mois de campagne présidentielle et probablement une législative derrière,
01:46après une dissolution, ça poserait quand même de sérieux problèmes par rapport aux libertés publiques.
01:51Pierre Alorent, on le disait, le contexte social est aussi très tendu en ce moment.
01:54Encore un appel à manifester samedi, le 5 novembre aussi.
01:57Les lycéens veulent aussi continuer de se mobiliser.
02:00Vous pensez que ces manifestations vont durer combien de temps ?
02:02Est-ce qu'on peut aller jusqu'à la présidentielle à ce rythme ?
02:05Je n'en sais rien.
02:07Je pense que le pari du gouvernement était tout simplement de se dire,
02:09avec les vacances scolaires, 15 jours ou une semaine à l'université,
02:14le mouvement va retomber, force est de constater que ça n'est pas le cas.
02:17Et pourtant, enfin, il y a eu une réponse politique du gouvernement hier, simplement,
02:22sur les premières revendications des lycéens il y a plus d'un mois.
02:26C'est un peu tard quand même, on peut le regretter.
02:28La situation, on a laissé pourrir cette situation.
02:31D'où les violences, etc., qui ne sont évidemment pas excusables.
02:34Mais il y a eu des premières réponses sur Parcoursup,
02:37qui seraient éteints en quelque sorte en deux étapes, en deux ans,
02:41et puis sur la création d'environ 15 000 places dans l'enseignement supérieur,
02:46ce qui est d'ailleurs insuffisant.
02:48Donc, il y a des premières réponses, mais je pense que le mouvement va continuer.
02:52Vous qui êtes doyen de la faculté de droit à Orléans,
02:55vous partagez les revendications, une partie des revendications des étudiants qui manifestent aussi ?
03:00Alors oui, elles sont relativement raisonnables, celles des lycéens comme des étudiants.
03:05Pouvoir étudier dans des conditions convenables, matérielles,
03:10et avec des personnels en face des étudiants et des lycéens, c'est un petit peu le minimum.
03:16Sans doute à Orléans, aussi bien pour l'état du bâti des lycées,
03:21et dans la région globalement, comme pour les universités.
03:25Vous savez qu'il y a le projet Madeleine qui va ouvrir en septembre 2027.
03:27On n'est pas les plus mal placés.
03:29C'est peut-être pour cela d'ailleurs que le mouvement est moins fort,
03:32par exemple qu'à Tours ou dans d'autres grandes villes universitaires.
03:35Mais effectivement, ça fait au moins 30 ans, ce n'est pas dit hier,
03:39que les gouvernements en France ont peu investi sur l'enseignement supérieur et la recherche.
03:43On le paye cash par un déclin industriel et de l'innovation.
03:47C'est quelque chose qu'on avait vu venir, qu'on a vu monter,
03:51cette mobilisation lycéenne, en tout cas à Orléans ou dans le Loiret ?
03:55Apparemment. En tout cas, les décideurs, non.
03:58J'ai souvenir au début du mouvement que même certains candidats à la présidentielle,
04:02Édouard Philippe pour le nommer, ont pris à la légère en disant
04:05« Oui, la cantine n'est pas bonne, il n'y a pas de papier toilette, etc. »
04:10Eh bien oui, mais les conditions matérielles de base, si on avait répondu à cela,
04:14je pense que le mouvement aurait été moins vif et moins long.
04:17Un mot donc aussi sur ce contexte politique national.
04:20On est à six mois presque du premier tour de la présidentielle.
04:24Est-ce qu'on se dirige vers un duel, comme on a l'impression d'avoir dans la sphère médiatique,
04:28entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ?
04:31La photo d'aujourd'hui, oui, mais comme vous le dites, c'est l'en six mois.
04:35Donc on sait bien, vous suivez de manière attentive les sondages,
04:39on sait bien que depuis 1965, première élection au suffrage universel direct du président de la République
04:45sous la cinquième République, jamais les sondages à six mois n'ont donné le résultat exact,
04:50ou en tout cas le casting du second tour.
04:52Même par exemple en 1965, on donnait le général de Gaulle très largement vainqueur dès le premier tour.
04:57Il a été mis en balotage par François Mitterrand.
04:59C'est loin, mais c'est pour dire simplement qu'à six mois, non, la photo, elle reste floue.
05:04Ce qui est presque sûr aujourd'hui, c'est que la candidate du Rassemblement national,
05:08même éventuellement avec un bracelet électronique, sera au second tour.
05:13Qui sera face à elle ? C'est ça qui est décisif.
05:15Aujourd'hui, ce qui se détache, parce que ça se précise quand même,
05:19c'est que soit Jean-Luc Mélenchon, soit Raphaël Glucksmann,
05:22soit un candidat du Bloc central, comme on dit, Édouard Philippe, probablement, seront face à elle.
05:27Et c'est ça qui sera décisif.
05:29Est-ce qu'il y aura, comme en 2024, au second tour des législatives,
05:33une mobilisation républicaine contre le danger du Rassemblement national ?
05:38C'est ça qui sera décisif.
05:40Comme on avait eu avec la NUPES, on va continuer de suivre évidemment tout ça.
05:43Merci beaucoup Pierre Allouard, politologue orléanné.
05:46Merci d'avoir été avec nous.
05:46Sous-titrage Société Radio-Canada

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