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  • il y a 12 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour de Louis Letoublon, vice-président de l'organisation "Les Lycéens !", de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:00Alors c'est bientôt fini les vacances également pour les lycéens, puisque la reprise des cours c'est lundi prochain.
00:04Mais pas sûr, étant donné qu'ils ont décidé de continuer leur mouvement.
00:08On va en parler avec Louis Le Toublon qui est avec nous. Bonjour.
00:11Bonjour.
00:12Vous êtes l'une des figures de ce mouvement qui a démarré il y a maintenant cinq semaines,
00:16qui ne s'est pas arrêté pendant les vacances.
00:18C'était peut-être le pari du gouvernement, pari raté,
00:20puisqu'on a vu quand même beaucoup de jeunes encore dans la rue samedi dernier.
00:24Il y a deux autres journées déjà de programmées, celle de samedi 31 octobre,
00:28celle de jeudi prochain, le 5 novembre, dans pas celui-là mais l'autre.
00:33Là c'est un mouvement général avec les syndicats.
00:36Mais je ne comprends pas Louis, parce que finalement, Sébastien Lecornu a été dans votre sens.
00:41Parcoursup sera changé dans les deux prochaines années.
00:45Il y aura un non-limité d'élèves par classe en seconde.
00:48Un prêt de 5 milliards d'euros aux régions pour rénover le bâti, pour rénover les lycées.
00:53Plus de place dans l'enseignement supérieur, notamment dans les filières courtes.
00:58Et malgré ces annonces, vous continuez à appeler à la mobilisation ?
01:01Ces annonces-là, c'est des miettes, il faut le redire.
01:04C'est-à-dire que sur un certain nombre d'annonces, c'est absolument pas suffisant.
01:08Si on prend, par exemple, le plafonnement à 28 élèves par classe.
01:12Moi je suis pour, complètement.
01:14Mais la faisabilité de la chose avec les moyens qui sont proposés par le ministère,
01:18c'est-à-dire une augmentation de 500 enseignants dans le secondaire,
01:20pour mettre ça en place, c'est absolument pas suffisant.
01:22A priori, il faudrait plutôt 2200 postes, d'après les estimations qui sont faites par certains.
01:27Et donc, clairement, ça sera pas suffisant.
01:29Donc ce sont des miettes ?
01:30A priori, c'est des miettes.
01:31Et puis là, en l'occurrence, c'est même pas une miette réalisable.
01:35Et sur le reste des annonces, de la même façon, je pense que, par exemple,
01:38sur les 15 000 places dans l'enseignement supérieur,
01:40c'est 15 000 places en BTS, en IUT et en IFSI, entre autres.
01:44Et c'est pas suffisant.
01:46Nous, on veut des places en licence pour que les lycéens qui,
01:49sur la nouvelle plateforme qu'on va travailler,
01:52et sur laquelle le gouvernement temporise beaucoup, c'est pas très clair,
01:55pour que les lycéens qui, sur cette plateforme-là,
01:57puissent avoir des formations derrière.
01:58En fait, enlevez Parcoursup.
02:00Si on met pas de moyens derrière dans l'enseignement supérieur,
02:02pour avoir des places pour que chacun puisse, avec son bac, aller à la fac,
02:06ça sert à rien.
02:07Dans tout cas, la sélection, elle s'opérera.
02:09Moi, j'ai une question, vraiment, d'une maman.
02:13Et je me dis, mais est-ce que c'est nécessaire
02:19que tout le monde aille à la fac ?
02:21Moi, je vais vous donner un exemple.
02:22J'ai cinq petits-enfants.
02:23Ils ont entre 16, bientôt, et le dernier à 7 ans.
02:27Et bon, je suis très proche d'eux, et je m'intéresse beaucoup à ce qu'ils font.
02:31Et je leur demande régulièrement ce qu'ils ont envie de faire.
02:33Et moi, honnêtement, je rêve pas que mes petits-enfants aillent à la fac.
02:37Et bonheur, ils ont pas du tout envie d'y aller.
02:40Ils s'orientent vers pâtisserie, coiffure, réparer des robots, électromécanique, etc.
02:47Je pense qu'il faudrait peut-être que, là où ce serait intéressant que votre génération réfléchisse...
02:52Ils ont plus de chances de trouver du boulot qu'à la fac.
02:54Ce serait intéressant que vous vous intéressiez peut-être à quel avenir,
03:00du point de vue des métiers, qu'est-ce qu'on veut faire ?
03:03Est-ce que c'est nécessaire qu'on aille tous à la fac ?
03:05Et peut-être que, là, moi, en tout cas, j'attends de vous que vous nous disiez,
03:09dans votre génération, ouais, finalement, notre avenir, du point de vue du travail,
03:14il serait celui-là à partir du bac ou sans bac, etc.
03:18Voilà ce qu'on veut faire.
03:19Parce qu'un gosse, aujourd'hui, qui devient pâtissier, qui devient plombier, qui devient décorateur, etc.,
03:26il y a énormément, vous allez voir sur le monde, des jeunes qui sont partis avec des études de droit
03:32et qui rebrouchent chemin pour aller faire des CAP.
03:34Est-ce que vous pouvez creuser cette question ?
03:37Bon, alors, déjà, ce qu'il faut dire, c'est que c'est pas pareil de faire un bac pro
03:41que de faire un bac général.
03:42Et qu'en fait, quelqu'un qui a un bac général, s'il fait pas d'études supérieures, ça va
03:46être compliqué pour lui.
03:48C'est-à-dire que quand on sort d'un bac...
03:49Ça dépend de quelles études supérieures ?
03:50Non, mais dans tous les cas, quand on sort avec un bac général, le bac général, il ne vous qualifie
03:54pas, actuellement.
03:55Non, mais tu peux faire un BTS derrière.
03:57Oui, d'accord.
03:58Mais, alors, faire du BTS en sortant d'un bac général, c'est très compliqué.
04:01Parce qu'en réalité, la sélection en BTS est faite de telle sorte que les lycéens du professionnel y sont
04:07prioritaires.
04:08Sauf que la politique éducative d'Emmanuel Macron, c'est faire en sorte que les lycéens du professionnel,
04:13dès qu'ils ont fini leurs études, dès qu'ils ont leur bac pro, se mettent à bosser.
04:18Et donc, du coup, ils ne prennent pas les places en BTS.
04:20Ce qui fait que, en fait, les BTS refoulent beaucoup de gens.
04:23Ça en fait une filière sélective.
04:25Mais pour autant, ce n'est pas plein.
04:26Oui, mais ce que veut dire Zora derrière, c'est que quand on regarde le tout d'échec à la
04:30fac,
04:31pardon, mais on se dit qu'un peu plus de sélection, ça ne serait pas de mal.
04:37Parce qu'en fait, la sélection, elle se fait par l'échec.
04:39Donc, c'est assez dramatique.
04:42Parce que ça veut dire que c'est des gens qui perdent confiance,
04:44qui sont dans des filières où ça ne marche pas.
04:46Vous dites quoi aux individus qui se retrouvent sans rien, à la fin ?
04:50Enfin, quelqu'un qui a un mal-séché.
04:51Il va les mieux les orienter avant.
04:52Peut-être qu'ils sont mal orientés, c'est pour ça.
04:54Oui, alors là, ce vers quoi vous tendez, c'est derrière, revenir sur le collège unique.
05:00Et revenir...
05:00Mais si, si, si, tout ce discours-là, il conduit vers ça.
05:03Si, si, c'est clairement ça.
05:04Non, non, moi, c'est pas si grave.
05:06Bon, la question...
05:07C'est pas si grave.
05:07Bah si, monsieur, moi, je pense que c'est très grave.
05:09Je vous pose une question.
05:09Parce qu'après, vous faites de cette sélection-là une sélection sociale.
05:12Je vous pose une question.
05:13Mais elle existe déjà, la sélection sociale.
05:14Il y a une sélection académique.
05:17Vous êtes, si je ne dis pas de bêtises,
05:19dans une filière d'études supérieures,
05:22à l'IEP de Bordeaux, si j'ai bien lu,
05:24qui est une filière sélective.
05:26Et vous avez choisi d'aller à l'IEP parce que c'était sélectif.
05:29Vous faites ici une attaque à dominème qui est...
05:31Non, mais c'est pas une attaque.
05:32Non, mais c'est un argument à dominème.
05:34Mais non, on parlerait de quelqu'un d'autre, ce serait pareil.
05:36N'importe quel nom.
05:38Moi aussi, j'ai essayé d'y rentrer à Sciences Po.
05:40Parce que c'était un diplôme.
05:42Et t'as pas réussi ?
05:43Moi, j'ai pas réussi.
05:44T'étais nul.
05:44À l'époque, il y avait un concours.
05:46Mais bon, c'est pas le sujet.
05:47C'était plus dur.
05:47Là, vous êtes passé par Parcoursup qui vous a sélectionné.
05:49J'ai vérifié pour 40% sur vos résultats.
05:52Et c'est légitime.
05:53C'est les résultats qui doivent faire l'entrée.
05:55Si on fait entrer tout le monde partout,
05:57en fait, les diplômes perdent de leur valeur.
06:00S'il n'y a plus de sélection,
06:01vous n'auriez plus d'intérêt à aller à l'IEP.
06:04Le truc, c'est que si, à la sortie du bac général,
06:08quelqu'un se retrouve sans rien,
06:09il ne peut rien faire.
06:11Un bac général ne le qualifie pas.
06:12Et donc, faire en sorte que chacun qui a un bac général
06:15puisse aller à la fac,
06:16qu'on mette le paquet en fac en première année
06:18pour de l'accompagnement,
06:20qu'on fasse en sorte que tous les étudiants
06:21n'aient pas salariés, parce que c'est ça aussi.
06:23C'est pas grave de se salarié.
06:24Vous dites comme qu'il était ceux prostitués.
06:27Monsieur, quelqu'un qui rentre en première année de fac
06:29et qui doit se salarié,
06:30il n'a pas les mêmes conditions.
06:30Moi, je suis allé à la fac de droit,
06:32j'ai travaillé à côté de mes études,
06:33on s'en sort.
06:33Mais bien sûr, mais ça vous a réussi.
06:35C'est très bien pour vous.
06:36On est nombreux à avoir fait ça.
06:37Mais il y a un certain nombre d'étudiants
06:38qui sont pollués par leur travail
06:41et qui ne peuvent pas derrière bosser.
06:44Vous connaissez les bourses ?
06:47On est dans un pays où on donne des bourses aussi.
06:50Les bourses ne sont absolument pas suffisantes
06:51pour subvenir aux besoins des élèves.
06:53Il y a plein de gens de milieux privilégiés
06:55qui travaillent.
06:56Si vous permettez...
06:57Alors, Jérôme Marty.
06:58C'est vous qui avez les clés de l'avenir.
07:00Bah oui, c'est pour ça.
07:01C'est vous qui allez construire votre avenir
07:02et c'est vous qui allez construire le nôtre.
07:04Il faut quand même qu'on soit conscients
07:05que c'est vous qui avez les clés du pays
07:08pour les années qui viennent.
07:09Moi, ce que je ne voudrais pas,
07:11c'est qu'on continue dans un mensonge
07:13qu'on fait à la jeunesse depuis des années
07:15sans préparer son avenir.
07:17Et votre rôle, c'est d'aller botter le cul du politique
07:19qui vous ment et qui vous envoie dans des filières
07:21et qui demain seront des filières d'échecs.
07:24On est en train de vivre un virage
07:26comme le monde n'en a jamais connu,
07:28avec l'intelligence artificielle, la robotique,
07:30avec tout ça.
07:30On a donc des métiers entiers qui vont disparaître.
07:33On a donc des filières entières qui vont disparaître.
07:35Et vouloir continuer de se diriger
07:38vers des facs notamment
07:39qui vont demain devenir s'en déboucher
07:41là où elles étaient avant
07:43des filières de richesse.
07:45Quand j'entends richesse, c'est richesse professionnelle.
07:47C'est à mon avis une erreur.
07:49Et vous, vous avez le rôle, vous,
07:50de prévoir cet avenir
07:51que les politiques sont incapables de prévoir.
07:54Depuis des années, ils sont incapables.
07:55Dans les programmes, vous le voyez,
07:57dans les programmes, vous avez très peu
07:58de l'impact de l'IA sur les métiers et tout ça.
08:00Et c'est à vous d'impliquer ça.
08:02Je termine juste.
08:04Moi, je suis très, très heureux
08:06et impressionné
08:09du sens politique
08:10que cette jeunesse nous montre.
08:11Ça fait des années qu'on dit
08:12« Oh, moi, la jeunesse,
08:13elle n'a aucun sens politique,
08:14c'était mieux de notre temps, etc. »
08:16Il n'est pas des magos, là, le marty, là.
08:17Non, parce que leur mouvement
08:18Le roi des centristes.
08:19Le mouvement qui dure des semaines,
08:21il nous montre ça.
08:22Il nous montre qu'il y a une conscience politique.
08:23Mais la conscience politique,
08:24elle doit aller plus loin.
08:25Elle doit construire l'avenir
08:27et imposer aux politiques l'avenir
08:29en disant « Vous, vous êtes trompés,
08:30vous êtes fou, vous voyez,
08:31vous nous avouez dans des finaires qui ne sont plus à rien. »
08:33Et l'argument de Zora est très important.
08:34Parce que là où les travaux manuels
08:37étaient jusqu'à aujourd'hui la voie de garage,
08:39c'est demain la voie d'avenir.
08:40Vous allez répondre dans un instant.
08:41Jean-Marc Marti a été très court.
08:43Je compte toujours.
08:45Vous allez répondre dans un instant.
08:46On fait une pause.
08:47A tout de suite.
08:47On va quand même se poser la question
08:48« Est-ce que ce mouvement,
08:50il n'est pas temps de l'arrêter ? »
08:51C'est ce que dit d'ailleurs
08:52le mouvement Philippe Baptiste
08:53et qui dit « Il est temps maintenant
08:55de revenir en cours,
08:57de continuer vos études. »
08:59Parce qu'un lycéen s'est fait pour étudier
09:00et un étudiant également.
09:01A tout de suite sur RMC, RMC Story.
09:16La Clique des Grandes Gueules,
09:1711h42 sur RMC, RMC Story
09:19avec Zora Bittan,
09:21Jérôme Marti, Antoine Diers
09:22et notre invité,
09:23Louis Le Toulon,
09:24sur la crise ICN.
09:26Vous êtes l'une des figures
09:26de ce mouvement.
09:28Hier, vous avez quand même
09:29obtenu pas mal de choses,
09:30mais vous dites que ce sont des miettes.
09:31Donc, le mouvement va continuer.
09:33Vous participez donc samedi prochain
09:36au rassemblement,
09:37à l'acte 3.
09:38Oui, on sera samedi prochain
09:39à l'acte 3
09:40et le 5 novembre dans les rues
09:43pour soutenir l'intersyndical
09:44de l'éducation nationale.
09:45D'accord.
09:46Et peut-être ensuite
09:47d'autres dates ?
09:49Peut-être d'autres dates,
09:50peut-être des blocages
09:52pour suivre la mobilisation.
09:53Donc, en fait,
09:53ça veut dire que vous ne reprenez
09:54pas les cours lundi prochain ?
09:55Je pense que ça doit
09:57se travailler en interne.
09:58C'est des questions
09:59qu'on va se poser nous,
09:59entre nous,
10:00de savoir si lundi prochain
10:02on bloque,
10:03si on attend le 5 novembre
10:04pour reprendre,
10:05parce que je pense que le 5 novembre
10:06on bloquera,
10:06ça c'est sûr.
10:08Et faire en sorte
10:09que nos revendications
10:10soient satisfaites à terme.
10:12J'entends bloquer.
10:13J'entends bloquer.
10:14Moi, j'ai été étudiant,
10:16responsable syndical étudiant
10:18et j'ai subi les blocages.
10:20Les gens qui physiquement
10:21m'empêchaient d'aller en cours.
10:23Et ça m'a toujours outré.
10:25C'est une atteinte
10:26à ma liberté la plus profonde
10:27de pouvoir entrer
10:28dans un établissement de savoir
10:30auquel je suis inscrit.
10:31Vous n'avez vraiment pas
10:32une réflexion
10:33sur un autre mode d'action
10:34que le blocage
10:35qui s'impose,
10:36y compris aux gens
10:37qui ne veulent pas se mobiliser.
10:38Cher monsieur,
10:39je crois que
10:40le blocage,
10:41en réalité,
10:41c'est comme la grève.
10:42C'est un moyen
10:43d'avoir du rapport de force.
10:44La grève,
10:45elle est individuelle.
10:46Chacun décide
10:46d'aller travailler ou pas.
10:47Là, vous l'imposez à tous.
10:49Alors d'abord,
10:50il peut y avoir des grèves
10:50avec occupation
10:51qui entraînent.
10:53Évacuation par la police.
10:54L'occupation,
10:55c'est pas trop toléré.
10:56Je peux vous dire
10:56que les blocages
10:56ont été fortement réprimés
10:57par la police
10:58dans un certain nombre de cas.
10:59Vous dites réprimés ?
11:00Oui, il y a eu
11:00un certain nombre de blocages
11:01fortement réprimés.
11:02Le blocage est interdit.
11:04Le blocage est interdit dans la loi.
11:05Il a été fortement réprimé
11:06par la police.
11:07On travaille à la liberté.
11:08Et sur ce moyen d'action-là,
11:10moi, ce que je peux vous dire,
11:11c'est qu'en tout cas,
11:12quand on veut faire plier
11:13un gouvernement,
11:14faire en sorte que
11:15le lycée soit bloqué...
11:17Vous faites plier
11:18une génération
11:19qui dit déjà
11:20qu'elle a trop de problèmes
11:21et qui ne peut plus aller en cours.
11:22Ma génération, monsieur,
11:24elle a des conditions
11:25d'apprentissage
11:26qui ne sont pas justes.
11:27Elle a des lycées
11:28qui ne sont pas en bon état.
11:29Pas tous.
11:30Bloquer un lycée
11:31qui n'est pas en bon état,
11:32je ne vois pas
11:32ce que ça change en fait.
11:33Il y a un moment,
11:34il faut que la situation change.
11:35Et si notre seul moyen
11:38pour que la situation
11:39dans les lycées s'améliore,
11:41c'est de bloquer les lycées,
11:42c'est de faire en sorte
11:42qu'effectivement
11:43personne n'aille en cours
11:44parce que ça nous permet
11:45d'avoir l'écoute du gouvernement
11:47et potentiellement
11:48des actions politiques
11:48de la part du gouvernement,
11:49c'est ce qu'on parle.
11:50D'accord, mais ce que je ne comprends pas...
11:51En fait, si le gouvernement répondait,
11:52on bloquait...
11:53Le gouvernement a répondu
11:55par des miettes,
11:55par du rien.
11:56Non, mais par exemple,
11:57prenons, si vous supprimez
11:59Parcoursup, là,
12:00comment on fait, là ?
12:00Parce que dès janvier,
12:02il faut déposer ses voeux
12:03sur Parcoursup.
12:03Vous voyez bien
12:04que les choses
12:05ne sont pas aussi simples que ça.
12:06Pareil, embaucher des gens,
12:08ça ne va pas se faire
12:08du jour au lendemain.
12:09Bon, rénover le bâti.
12:10Qu'est-ce que vous pouvez
12:12obtenir de plus
12:13que ce qui a été dit hier ?
12:14Avoir sur le bâti,
12:16par exemple,
12:16des garanties
12:17que ce sera mis en oeuvre,
12:18ça peut être pertinent.
12:20Et ça veut dire...
12:20Quelle garantie ?
12:21Il y a des élections
12:21dans 6 mois.
12:22Oui, mais il y a le budget
12:23à l'Assemblée.
12:23Quelle garantie ?
12:24Il y a le budget à l'Assemblée
12:25qui va se jouer,
12:25à l'Assemblée, au Parlement.
12:27Et c'est par des amendements,
12:28par des augmentations de budget
12:30dans l'enseignement supérieur,
12:31dans le budget
12:31des collectivités territoriales,
12:33qu'on pourra permettre
12:34que nos revendications
12:36seront satisfaites.
12:37Et si, dans le budget,
12:38on provisionne de l'argent
12:39pour qu'il y ait des places
12:40en université,
12:41d'accord, on y retourne.
12:42Il n'y a pas de problème.
12:43Mais il y a un moment,
12:44il faut qu'on ait des garanties.
12:44Donc vous n'avez pas confiance ?
12:46Bien sûr que non,
12:47on n'a pas confiance.
12:47Ce gouvernement ment,
12:49c'est ce qui caractérise
12:50la Macronie depuis une décennie.
12:51La Macronie,
12:52depuis une décennie,
12:53à chaque mouvement social,
12:54ment.
12:54Ne répond pas aux revendications.
12:56On se souvient des cahiers
12:57de doléances,
12:57des gilets jaunes.
12:58Qu'est-ce que ça vous a fait
12:59d'apprendre qu'avant
13:00de vous recevoir,
13:01Sébastien Lecornu
13:02a reçu des influenceuses
13:04dans le monde de l'éducation.
13:05C'est des influenceuses
13:07qui font un travail très bon.
13:09Elles sont spécialisées
13:10dans ce domaine.
13:11Elles sont spécialisées,
13:11elles font un travail
13:11plutôt très très bon.
13:12Mais je trouvais ça
13:15très bizarre
13:16de la part du gouvernement,
13:17un petit peu inexplicable.
13:19On vient déplacer.
13:20Exactement.
13:21Inviter des influenceuses
13:22avant même que les syndicats lycéens,
13:24étudiants puissent s'exprimer.
13:25Du coup, ce sont elles
13:26qui ont annoncé les mesures.
13:27C'est elles qui ont annoncé
13:27les mesures en plus,
13:29avec des inexactitudes
13:30parce qu'on ne peut pas
13:31demander à quelqu'un.
13:33En fait, on n'y peut rien.
13:35Mais toujours est-il
13:35que c'est aussi,
13:37je trouve quelque part
13:38un petit peu de mépris.
13:39Je trouve ça très ringard
13:40de la part du gouvernement
13:40de se dire
13:41on va prendre des jeunes
13:42qui vont parler aux jeunes,
13:43des influenceurs
13:43qui vont parler aux jeunes.
13:44Comme si les jeunes étaient...
13:46C'est un gouvernement ringard.
13:47C'est un peu ringard
13:49de faire ça.
13:49C'est symbolique
13:51quand même du macronisme.
13:52Je suis syndicaliste.
13:55Macron depuis 2017,
13:57c'est-à-dire
13:57quand il est arrivé,
13:58il s'est assis
13:59sur le syndicalisme
14:00mais c'est pour ça
14:00qu'il y a eu les gilets.
14:01Il avait même théorisé
14:02que les corps intermédiaires
14:03étaient un frère à l'arrêt.
14:03Voilà, les corps intermédiaires,
14:04il ne les fallait plus, etc.
14:05Là, on a un mouvement
14:06qui dure depuis des semaines.
14:07Que n'ont-ils pas commencé
14:08à négocier depuis des semaines ?
14:10Tu n'aurais pas eu...
14:11Oui, ce qu'ils ont annoncé hier,
14:12j'aurais pu l'annoncer
14:13il y a trois semaines.
14:14On est d'accord.
14:14Et ensuite,
14:15quand tu fais une négociation,
14:16tu sais très bien
14:17que la première négociation,
14:19elle n'amène rien.
14:20C'est comme au poker,
14:20tu montres tes cartes,
14:21tu ne vas pas jusqu'au bout.
14:22Donc là,
14:23tu dois donner une date
14:24avec une deuxième négociation
14:25et une troisième,
14:25exactement comme...
14:26Mais là, il vous revoit
14:27dans quelques jours.
14:27Un acte 2, un acte 3, etc.
14:29Tu as des dates de négociation.
14:30Ces dates,
14:31le mouvement lycéen
14:31et le mouvement des jeunes,
14:33leur boulot,
14:33c'est de les rapprocher.
14:35C'est de ne pas accepter
14:35la temporalité du gouvernement.
14:36C'est eux qui doivent imposer
14:37la temporalité.
14:38C'est comme ça que ça marche,
14:39le syndicalisme.
14:39Et à partir de là,
14:40si tu as une vraie démocratie,
14:41tu as une discussion qui se fait,
14:43une construction qui se fait
14:44par la négociation.
14:45Le Sébastien Lecornu
14:46a trop tardé à...
14:47Mais il n'a pas
14:48des influenceurs.
14:49C'est symbolique.
14:50Ça veut dire que je vous considère
14:51comme la seconde roue du carrosse,
14:52la cinquième roue du carrosse.
14:54C'est pas admissible.
14:54Je ne suis pas sûr.
14:55Je pense que c'est maladroit.
14:57C'est maladroit.
14:57C'est un conseiller comme
14:59qui dit...
15:00On va faire un très joli coup,
15:01monsieur le Premier ministre.
15:03Oui, non, mais voilà.
15:03Je pense qu'il y a aussi de ça.
15:05Mais ça révèle
15:06qu'ils n'en savent rien.
15:08Ça révèle qu'ils ne sont
15:08absolument pas jeunes.
15:10Ah ben ça,
15:11Sébastien Lecornu,
15:11vous ne trouvez pas
15:12qu'il fait jeunes.
15:12Pourtant, il a une quarantaine d'années.
15:14Le gilet, le poireau...
15:16Je ne sais pas,
15:17mais je pense que...
15:18Ça, c'est un coup bas.
15:18Je pense que...
15:19C'est un coup bas.
15:20C'est vrai.
15:20La façon dont ça a été fait,
15:21ça montre un manque de respect.
15:23Et je pense effectivement
15:24que c'est à nous
15:24d'imposer notre temporalité
15:25avec, entre chaque moment
15:26de négociation,
15:27des mobilisations
15:27qui prouvent
15:28que le mouvement est profond
15:29et ancré.
15:31Que pensez-vous aussi
15:32de l'idée
15:32d'interdire désormais
15:33les manifestations
15:35en centre-ville ?
15:35Ça a été déjà un peu le cas
15:36ce week-end à Paris
15:37puisque le cortège
15:39est passé sur
15:40ce qu'on appelle
15:40les boulevards maréchaux.
15:41Donc, les boulevards
15:42qui contournent la capitale
15:43entre la Porte d'Italie
15:44et la Porte de Vincennes.
15:45Est-ce que ce n'est pas
15:46un bon compromis ?
15:47Ça permet à vous
15:48de manifester,
15:49d'autoriser les manifestations
15:50et en même temps
15:51on protège les commerces ?
15:52En réalité,
15:53faire que les manifestations
15:55se passent en dehors
15:56des centres-villes,
15:57dans un certain nombre
15:58de villes,
15:59parce qu'il n'y a pas
16:00que Paris
16:00où on se mobilise,
16:02dans un certain nombre
16:03de villes,
16:03ça fait que les manifestations
16:05n'ont pas lieu
16:05tout court.
16:07que les tracés
16:08sont interdits
16:08et qu'il n'y a pas
16:09de voie de recours
16:10qui est possible.
16:10Par exemple,
16:11à Rennes,
16:11aucun tracé n'était autorisé.
16:14Et ça,
16:14c'est absolument problématique
16:15parce que dans un pays
16:16est-ce qu'on peut faire
16:16des tracés hors du centre-ville ?
16:18En réalité,
16:19dans des villes moyennes
16:21ou dans des grandes villes,
16:22même certaines grandes villes,
16:23faire des tracés
16:24hors des centres-villes,
16:25ce n'est pas vraiment possible.
16:27Et des manifestations,
16:28ça s'est toujours passé
16:29dans les centres-villes.
16:30Vous avez vu ça où ?
16:30Avant, il n'y avait pas
16:31autant de casse.
16:31Vous avez vu ça où ?
16:32Des manifs qui se passent
16:34comme ça en périphérie,
16:35c'est rare.
16:36C'est très rare.
16:37Le prochain coup,
16:37on les met sur l'île
16:38pendant de la scène.
16:39Pardon,
16:40mais moi,
16:40je n'ai jamais vu Paris
16:41saccager comme ça.
16:42Donc, je me dis,
16:43j'aimerais bien
16:43que ma ville
16:44ne soit pas saccagée
16:44tous les samedis.
16:45ça s'est très bien passé.
16:46Il n'y a eu absolument
16:46aucune casse.
16:48Et je pense qu'on doit
16:50le souligner.
16:51Non, mais arrêter.
16:52Ça s'est très bien passé.
16:52Dans certains villes,
16:53pas à Paris,
16:53mais il y en a eu ailleurs.
16:54Mais pourquoi ça s'est bien passé
16:55très bien passé ?
16:56Parce que ce n'était pas
16:57entre-bastillations aussi.
16:58Ce n'est pas que pour ça.
17:00C'est surtout parce que
17:00je pense que
17:01les manifestants
17:02ont compris qu'il fallait,
17:04enfin les manifestants,
17:05les casseurs,
17:05ont compris qu'il ne fallait plus venir
17:06parce que le gouvernement
17:07a fortement réprimé la casse
17:09et les pillages.
17:09Donc, il a eu raison alors.
17:10Il y a des individus
17:10qui, pour un suite,
17:11ont pris 4 mois de prison.
17:13Donc, la répression,
17:14ça marche alors ?
17:14Non, non, je ne pense pas
17:15parce que je pense que
17:164 mois de prison pour un suite
17:17dans un pays
17:18où les pédophiles
17:20peuvent se balader.
17:20Pour la casse,
17:21pour la casse,
17:26avec les dossiers d'avant.
17:28Non, non, mais ça,
17:29c'est trop facile.
17:29À mon avis, il y a récidive.
17:30Il y avait beaucoup de récidive.
17:32Il y a des...
17:32On va vérifier cette affaire,
17:34mais un casier judiciaire
17:35ou pas un casier judiciaire.
17:364 mois de prison, c'est...
17:37Quand tu détournes 4 millions,
17:38tu te présentes
17:39ta grosse élection.
17:39Voilà.
17:40Oui, mais toi, Jérôme,
17:42c'est trop facile.
17:44C'est trop facile.
17:45Mais non, mais...
17:46Mais c'est trop facile.
17:47Moi, je vais gauche comme droite.
17:48Oui, mais tu vois,
17:49là, tu excuses.
17:49Je ne veux pas un seul homme politique
17:50et un casier judiciaire.
17:51Le vol et la casse.
17:52Mais non !
17:53Là, tu viens de le dire.
17:54Mais si, exactement.
17:55En gros, il y a pire ailleurs.
17:56Donc, finalement...
17:59Jérôme Marti, c'est vraiment...
18:01Je suis le premier à dire
18:02qu'il faut être extrêmement ferme
18:03à l'égard des casseurs.
18:03Là, tu viens de dire la merde.
18:05Mais le politique doit montrer l'exemple.
18:07D'accord.
18:07Pas le seul politique avec le casier.
18:09Oui, mais quand tu dis ça,
18:10tu dis ça,
18:11tu es en train de donner raison.
18:12Non, non, non.
18:13Entre un suite à 40 euros
18:16et un vol à 4 millions d'euros
18:18pour le RN,
18:19c'est quoi le pire ?
18:19Mais pour le commerçant.
18:20Mais pour le commerçant...
18:22Mettez-vous à la place du commerçant.
18:24Il n'y a pas de rapport.
18:25Il n'y a pas de rapport.
18:26Eh bien, à la place du contribuable français,
18:28moi, je me mets à la place
18:29du contribuable français,
18:304 millions d'euros,
18:31j'ai envie de les voir aller en prison
18:32ou au moins ne pas pouvoir
18:33se présenter aux élections.
18:34Non, mais ça n'a aucun rapport.
18:35Ils n'ont cassé aucune vitrine.
18:37Ça n'a rien à voir.
18:38Ils n'ont cassé aucune vitrine.
18:39Et donc, on se rend compte là
18:40que votre discours est plus militant
18:42que vous de le laisser croire.
18:44C'était évident.
18:45Merci.
18:46Donc, Louis,
18:46prochaine étape, samedi prochain.
18:48Absolument.
18:49On a une consultation.
18:50On a demandé à ceux qui nous regardent
18:51et qui nous écoutent
18:52sur le compte X des Grandes Gueules
18:53de se prononcer.
18:54Est-ce que les lycéens
18:54doivent arrêter le mouvement ?
18:56Et ils sont quand même 73,9%
18:59à dire oui, il faut stopper.
19:00Mais vous avez encore 26,1%.
19:04Donc, il faut continuer.
19:04L'échantillonnage, il est quand même là.
19:06J'ai vu, madame,
19:07après, c'est un sondage X,
19:08n'importe qui, puis y répondre.
19:09Moi, demain, je peux y répondre.
19:11Et regardez les sondages élables
19:12qui sont faits
19:13avec un échantillon représentatif.
19:14Vous verrez qu'en réalité,
19:17les Français sont derrière nous.
19:1870% des parents nous soutiennent.
19:2050% des Français sont derrière nous, madame.
19:22C'était avant le 17 octobre.
19:23Vous disiez quoi tout à l'heure ?
19:24On a plein de l'auteur
19:25qui nous ont appelé
19:26pour demander ce que j'ai fait
19:27avec le connard ici.
19:27Madame Hoff,
19:28madame Hoff,
19:29vous me disiez
19:30qu'il fallait continuer.
19:30Ils ne soutiennent pas la casse.
19:31Allez, stop, c'est terminé.
19:32On peut continuer sans faire de casse.
19:33Voilà, exactement.
19:34On l'a prouvé.
19:35Et pendant les bloqués,
19:36ils ne sont cassés.
19:37Merci, c'est terminé.
19:38On ne va pas débattre maintenant
19:38de la consultation.
19:39Merci.

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