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  • il y a 11 heures
Tous les matins à 7h42, l'invité qui fait l'actualité. Un acteur incontournable, un expert renseigné... 10 minutes d'interview sans concession avec Apolline de Malherbe et les témoignages des auditeurs de RMC au 3216.

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Transcription
00:02R.M.C. jusqu'à 9h, Apolline Matin, Apolline de Malherbe.
00:09A 8 semaines de Noël, les commerçants sont inquiets.
00:12Bonjour Alain Dicresenzo, vous êtes le président des chambres de commerce et d'industrie de France.
00:17Ça regroupe l'ensemble des chambres de commerce et d'industrie et vous dressez ce matin le bilan.
00:22Deux week-ends de mobilisation et évidemment l'inquiétude de la suite.
00:25D'abord, la journée du 17 octobre. Pour les commerçants, combien cassés, combien pillés, quel manque à gagner ?
00:32Alors, sur les commerces qui ont été touchés, c'est 2284 que nous avons recensé visiter.
00:37Au total, on a visité 4000 de commerces.
00:40Et donc, sur ceux qui ont été endommagés sérieusement, il y en a 2284.
00:43Sur ceux qui sont encore cassés aujourd'hui, où il n'y a pas eu de réparation, il y en
00:47a 635.
00:48Ils n'ont pas pu réparer ? Ils n'ont pas voulu réparer ?
00:50Les deux. Parce que, dans l'incertitude de ce que nous disent les commerçants,
00:54pourquoi réparer et faire entrer du stock si je dois me faire casser la semaine d'après ?
00:58Ça n'a pas de sens. Donc, à ce moment-là, ils préfèrent mettre le pied sur le frein.
01:01Et évidemment, si vous voulez, c'est tout un centre-ville qui se meurt à Paris, comme à Toulouse, comme
01:06ailleurs.
01:06Ça veut dire qu'il y a effectivement ceux qui ont été cassés, ceux qui ont été pillés.
01:10Et puis, il y a ceux qui ont fermé boutique, notamment le samedi dernier, de peur que ça ne recommence.
01:16Et il y a ceux, effectivement, qui font du non-commerce, ça veut dire pas de chiffre d'affaires.
01:20Et eux n'ont aucune aide, aucune aide, aucune police d'assurance, parce qu'ils ont pris la précaution de
01:25ce qu'elles feutraient.
01:26Et là, on commence à évoluer les pertes.
01:29Globalement, on fait à peu près 100 milliards de chiffres d'affaires par an sur le commerce de proximité, sur
01:33nos centres-villes.
01:34Et sur la période actuelle, qui est 40% de chiffre d'affaires sur deux mois, c'est 1,5
01:39% par week-end.
01:401,5% du chiffre d'affaires annuel par week-end qui est perdu ?
01:44Alors, pour toutes ou parties. Donc, si c'est perdu à 100%, c'est 1,5 milliard de chiffre d
01:49'affaires qui est perdu pour les commerçants.
01:52Et les retours qu'on a sur les centres-villes, c'est 80% de baisse d'activité.
01:57Oui, parce que même si le président Macron a annoncé de vouloir délocaliser, je dirais, les manifestations aux abords des
02:03villes, et non pas dans les centres-villes,
02:04quand bien même les commerçants anticipent ou par peur ferment boutique, alors qu'aucune manifestation ne pourra avoir lieu dans
02:10le quartier.
02:11Alors, premièrement, les manifestations, c'est une chose, la casse, c'est autre chose.
02:14Parce qu'on a vu que les groupes s'infiltraient. Et puis, deuxièmement, vous consommateurs, avez-vous envie d'aller
02:18consommer ?
02:19Vous regardez, c'est vos chiffres. Vous avez annoncé ce matin, à 6h du matin, si j'ai bien compris,
02:2343% de baisse d'activité à Bordeaux.
02:25C'est pas uniquement là où il y a eu de la casse, c'est généralement.
02:28Donc, si vous voulez, ces mouvements de manifestation, qu'ils soient en périphérie ou en centre-ville,
02:32oui, c'est mis en périphérie, mais ça gêne le commerce.
02:34Et c'est y compris, et ce chiffre pour Bordeaux, c'est aussi le commerce de bouche.
02:39C'est-à-dire, c'est des cafés, c'est des restaurants où les gens ne vont pas.
02:43Parce qu'effectivement, le week-end dernier, par exemple, dans la plupart des centres-villes, chacun est resté chez soi,
02:48il n'y avait personne dans les rues.
02:49Comment vous voyez la suite ?
02:50Écoutez, la suite, c'est... Moi, j'ai demandé une pause.
02:54Parce que le commerce est en train de mourir.
02:55Une pause.
02:55Une pause, voilà. Une pause.
02:57Alors, on me dit, oui, mais il y a un droit constitutionnel à manifester, oui, mais quand il s'agit
03:00de la mort du commerce,
03:02la mort des centres-villes, la mort des lieux où vont nos jeunes, moi, je leur dis, la place Saint
03:06-Pierre, vous allez boire un coup à Toulouse,
03:07elle va fermer si ça continue.
03:09Donc, je demande une pause pour deux raisons.
03:11Premièrement, il faut qu'on puisse reconstruire ces 600 et quelques commerces.
03:14Il faut reconstruire, et ne se reconstruiront pas s'il n'y a pas de pause.
03:17Et deuxièmement, il faut refaire commerce.
03:19Et est-ce qu'on ne peut pas avoir un petit peu d'espoir ?
03:22Parce que, par exemple, pour la période de Noël, parfois, il y a des années, on a des prévisions catastrophiques,
03:26et on assiste à des rebonds spectaculaires.
03:28C'est, par exemple, ce qui s'était passé l'année dernière, où, en fait, on avait un mauvais mois
03:31de novembre,
03:31un mois de décembre poussif, et à la fin, finalement, on avait terminé à plus de 10% par rapport
03:35à 2024.
03:36Parce que les gens s'étaient rattrapés.
03:37Exactement, c'est ce qu'on appelle le découplage, en fait, entre les intentions d'achat et ce que font
03:41réellement les gens à Noël.
03:43Est-ce qu'on n'a pas un petit peu un message d'espoir là-dessus, où les fêtes pourront
03:46tout sauver ?
03:47Écoutez, moi, j'aime bien l'espoir, et je me bats là-dessus.
03:49On vous propose.
03:50Mais, simplement, je crois que vous parlez du commerce de bouche, là.
03:52Non.
03:52C'était le commerce de bouche qui avait eu une énorme augmentation, un pic en fin d'année.
03:56Une augmentation globale des ventes à la fin du mois de décembre par rapport à 2024.
03:59Et donc, aujourd'hui, moi, je cherche l'espoir, mais je ne suis pas dans l'incantation.
04:02Pour avoir de l'espoir, il faut avoir une pause d'une part, il faut reconstruire.
04:06Et puis, après, ce que je demande, je vais demander à Serge Papin, il faut qu'ensemble, on crée des
04:10animations de nos centres-villes.
04:11Voilà, il faut refaire des animations de nos centres-villes.
04:13Je verrai les associations des maires de France pour regarder ce qu'on peut faire pour dynamiser les opérations de
04:18fin d'année.
04:18Mais, est-ce que vous dites aux commerçants qui nous écoutent aujourd'hui, allez-y rouvrez, ou est-ce qu
04:23'au contraire, vous restez très prudent ?
04:25Non, je ne peux pas leur dire ça. Il faut être sérieux.
04:27Je leur dis, premièrement, appelez-nous, on a un numéro vert 0800 921 921, on est connecté avec la préfecture.
04:35Avant de nous prendre une décision d'ouverture, voire de fermeture, vous nous appelez.
04:39Et on vous dira comment ça va se passer, parce que c'est différent dans chaque ville et dans chaque
04:43quartier.
04:44Soyez prudent, et ce que je leur dis aussi, restez calme.
04:47Et ça, c'est le grand message que je veux faire passer.
04:49J'ai bien entendu ce qui s'est passé avec ce bus qui aurait pu mal tourner.
04:52Je dis, on n'est pas là pour faire de l'autodéfense.
04:55Fermez s'il faut le faire.
04:56Ils sont tentés, ils sont tentés, parfois.
04:58Bien sûr, bien sûr.
04:59Mais, en une journée, vous perdez tout, madame.
05:02Moi, j'ai vu des gens en pleurs.
05:03On a créé des cellules de soutien psychologique dans toutes les chambres de commerce et d'industrie.
05:07On nous dit, certains de vos commerçants sont suicidaires.
05:10Alors, c'est suicidaire d'une part, et d'autre part, envie d'en découdre.
05:13Bien sûr qu'ils sont armés.
05:14Bien sûr qu'ils ont des bats de baseball.
05:15Bien sûr qu'ils ont des barres à mines.
05:17Bien sûr qu'ils ont des fiches de chasse.
05:18Pas tous, mais ils en ont.
05:19Et puis, comme on est fatigué, comme on est au bord du gouffre, parce que c'est ça,
05:24à ce moment-là, on peut craquer.
05:25Et je veux qu'on évite ça.
05:26On n'ajoute pas de la peine à la peine, de la souffrance à la souffrance.
05:29C'est très fort ce que vous dites.
05:30Merci infiniment d'avoir été notre invité ce matin.
05:33Alain Di Crescenzo, vous êtes président de CCI France.
05:36Vous regroupez l'ensemble des chambres de commerce et d'industrie.
05:38Ce chiffre que vous nous donnez, 2284 commerces qui ont donc été cassés, touchés.
05:44Et effectivement, ces chiffres partout du commerce en baisse.
05:48Votre appel à la pause et au calme.

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