- il y a 1 semaine
Tous les matins à 7h42, l'invité qui fait l'actualité. Un acteur incontournable, un expert renseigné... 10 minutes d'interview sans concession avec Apolline de Malherbe et les témoignages des auditeurs de RMC au 3216.
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00:00Du lundi au jeudi, un jour, une proposition politique concrète, droite, gauche, Charles Consigny, Cécile Duflo, et le vendredi, c
00:09'est le grand invité du vendredi, et c'est vous Sébastien Martin.
00:12Bonjour, ministre de l'Industrie, on va évidemment prendre le temps avec vous de comprendre comment va notre industrie, et
00:18vous allez essayer de nous convaincre pour nous dire qu'elle a encore des atouts.
00:21C'est surtout les chefs d'entreprise qu'il faut convaincre, on en avait une, en l'occurrence, il y
00:25a quelques minutes ici même, elle était aux premières loges hier pour interroger les patrons qui étaient face au MEDEF,
00:31et quand je lui ai dit que je vous recevais, elle qui est à la tête d'une entreprise de
00:3420 salariés, du ciment, dans les Landes, vous l'avez vu, elle a dit moi j'ai 10 entreprises, 10
00:40usines que je voudrais créer,
00:41et franchement, je ne sais pas pourquoi je les créerais en France.
00:45Peut-être d'abord parce que la France, visiblement, continue à attirer des usines et des entreprises. On a été
00:51le premier en 2026, pardon, pour la septième année consécutive,
00:56le pays qui a attiré le plus d'investissements étrangers. J'ai vu le baromètre Trendéo qui est sorti il
01:02y a quelques jours, on a un niveau d'investissement industriel sur le premier semestre 2026,
01:06qui est bien supérieur à ce qu'on connaît depuis la moyenne depuis 2009. Et puis, dans son secteur particulier,
01:13elle est un secteur de la cimenterie décarbonée.
01:15Il y a des dispositifs d'accompagnement qui existent pour accompagner ce type de projet en France et qui d
01:19'ailleurs n'existent pas ailleurs et que certains pays nous envient.
01:23Donc, je pense que si cette personne a une envie de porter des projets comme cela, c'est bien en
01:27France qu'il faut qu'elle les fasse.
01:28Alors, en Europe, peut-être, mais il y a aujourd'hui une déferlante qui vient...
01:34Oui, mais les cimenteries servent le marché local en général.
01:36Qui servent le marché local, mais plus largement, on voit bien aujourd'hui qu'il y a une déferlante chinoise
01:41sur tous les secteurs.
01:42On va y venir dans un instant parce que j'aimerais bien qu'on écoute. Ça a été vraiment au
01:45cœur des débats hier, la question de la Chine.
01:47Mais effectivement, un patron ce matin qui nous écoute et qui se dit « je voudrais essayer de monter des
01:52entreprises »,
01:53est-ce que sa principale préoccupation, ce n'est pas aussi la question du coût du travail ?
01:56Ils sont nombreux à l'avoir dit hier et on a entendu ce moment fou où Jean-Luc Mélenchon disait
02:01« il faut augmenter les salaires » et où les patrons ont ri.
02:04Les patrons ont ri parce qu'eux, ils sont dans la réalité. Ils sont dans la réalité et qu'on
02:09n'augmente pas les salaires par décret.
02:11On augmente les salaires quand l'activité économique permet de le faire.
02:15Et excusez-moi, permettez-moi de le dire, mais si on pense qu'en effaçant de la dette et en
02:20ramenant la retraite à 60 ans,
02:21qui fera augmenter les cotisations sociales, on va pouvoir augmenter les salaires, on se gourre complètement.
02:26Il y a Mickaël qui est au téléphone avec nous. Il nous a appelé au 32 16 depuis le Nord.
02:29Vous êtes chef d'entreprise dans l'informatique. Vous entendez la réponse à l'instant du ministre de l'Industrie.
02:35Vous, si vous aviez été face à Jean-Luc Mélenchon hier qui dit « il faut augmenter les salaires »,
02:40ou ce matin, comme vous l'êtes face au ministre de l'Industrie, vous ririez jaune ou vous pleuriez ?
02:47Moi, je pense que je pleurerais parce qu'en fait, Jean-Luc Mélenchon n'a jamais dirigé d'entreprise.
02:53Il a gagné son argent juste en politique toute sa vie, donc il ne sait pas ce que c'est.
02:56Moi, je vais vous donner la réalité. Et monsieur le ministre, bonjour. Bonjour à Pauline.
02:59Bonjour.
03:00Alors, moi aujourd'hui, j'ai une entreprise, j'ai 11 salariés.
03:05À chaque élection, on me dit « on n'augmentera pas les charges », on n'augmentera pas les charges.
03:10Et au mieux, on nous dit « on les baissera ».
03:12Alors c'est vrai que vous n'augmentez pas les charges. Pas les charges directes, pas ce qui se voit,
03:15pas dans les chiffres.
03:15Par contre, derrière, ce que vous nous demandez, c'est, il y a quelques années, c'est de participer à
03:20la mutuelle.
03:22Donc, participer à 50% de la mutuelle des salariés.
03:26C'est une très bonne chose. Il y a 5 ans, je payais 38 euros.
03:29Mais en même temps, vous avez remboursé plein de choses sur la sécu.
03:34Les mutuelles nous disent « on est obligé d'impacter ça ».
03:375 ans après, je suis passé de 38 à 85 euros.
03:40On m'a résilié ma mutuelle en décembre dernier parce que ce n'était pas rentable.
03:44On nous demande de participer au transport.
03:45Mais tout ça, ça ne se voit pas dans les chiffres.
03:47Alors vous nous dites « on n'a pas augmenté les charges ».
03:49Oui, mais vous nous faites payer ailleurs. Ce n'est pas une charge.
03:52Vous manipulez les chiffres, c'est inadmissible.
03:55Moi non plus, je n'ai plus confiance.
03:56Je n'ai plus envie de développer mon entreprise en France.
03:58Je suis en concurrence avec des sociétés informatiques
04:01qui travaillent à distance, comme on le fait en France avec le télétravail,
04:04et qui n'ont pas ces obligations-là.
04:06Comprenez-le.
04:07Je voudrais qu'il puisse vous répondre, le ministre de l'Industrie, Michael.
04:09Mais d'abord, ce que vous dites, je le comprends parfaitement.
04:12La volonté d'un chef d'entreprise, ce n'est pas, contrairement à ce que j'ai pu entendre,
04:15de ne pas payer ses salariés, de ne pas leur apporter des services ou quoi que ce soit.
04:20La volonté d'un chef d'entreprise, c'est plutôt de pouvoir augmenter ses salariés quand il le fait.
04:24Juste rappelez quand même qu'il y a eu à un moment la baisse des cotisations sociales de la branche
04:30famille,
04:31que la CVAE a été divisée par deux,
04:33que l'impôt sur les sociétés a été ramené de 33% à 25%.
04:37Je ne sais pas si ça compense, et honnêtement, je ne suis pas là pour faire le catalogue
04:41et dire à Michael qu'il a tort et que moi j'ai raison, ce n'est pas ça le
04:44sujet.
04:44Je vais vous dire, Sébastien Martin, je pense que Michael, il le regarde sous-par-sous le catalogue.
04:48Et ligne par ligne. Michael ?
04:50Ce sont des bases communiquantes, vous baissez d'un côté pour augmenter de l'autre,
04:53vous changez les noms et vous n'annoncez que les baisses, les augmentations jamais.
04:57Donc c'est un peu facile, ce n'est que de la com.
05:00Et on n'a plus confiance, je vous le dis, je vous le dis pour vous, arrêtez la com.
05:04Redonnez une confiance avec des actes, pas des folles.
05:07Est-ce qu'il y a des points, Michael, hier, je ne sais pas si vous avez eu le temps
05:10d'écouter tout ou partie du débat hier,
05:12est-ce qu'il y a des points qui vous ont convaincus, où vous vous êtes dit, tiens, ça c
05:15'est un vrai changement,
05:16oui, ça, ça répond vraiment à nos demandes ?
05:19Je n'écoute plus, parce que ce ne sont que des annonces.
05:22Je ne vote même plus, ça fait...
05:23Oh non, ça, Michael, franchement, si en plus vous votez plus, ce n'est pas possible, ça !
05:27Je ne crois plus en rien, mais vraiment, parce qu'aujourd'hui, on nous assassine.
05:32Et je vais vous dire une autre chose, il n'y a pas forcément de rapport, mais c'est un
05:34rapport avec vous au gouvernement,
05:36je facture des entreprises publiques, je suis entre 6 mois et 1 an pour être payé.
05:41Et ça, vous êtes nombreux à le dire, Michael, la question des délais de paiement,
05:46à la fois des très grosses entreprises, des petites, mais aussi de l'Etat.
05:48Ah, Michael, parce que Michael dit que vous avez des délais de paiement avec des entreprises publiques
05:53ou avec des collectivités publiques ?
05:54Parce que les collectivités publiques, les collectivités locales,
05:57ont fait des efforts considérables pour ramener les délais de paiement
06:00dans des délais tout à fait raisonnables.
06:02Moi, j'ai été élu local pendant 11 ans.
06:04Je vais vous dire, je prends un exemple, c'est le pire, mais bon.
06:08J'ai une facture qui date du 7 août 2025 à un hôpital.
06:127 août 2025 ?
06:14Et qui n'a toujours pas été payé ?
06:16Qui n'a pas été payé.
06:17Je peux vous envoyer le mail, l'hôpital nous dit, nous envoie un mail,
06:20j'ai relancé il y a un mois, qui me dit, je suis vraiment désolé,
06:22on a des problèmes de trésorerie, je vous promets, on fait le maximum.
06:26Merci pour votre témoignage, Michael.
06:27Il est très important, effectivement.
06:29Comme ça, on n'est pas dans la théorie avec vous, on comprend parfaitement.
06:33Il y a une autre question, effectivement, je le disais,
06:35qui a été évoquée hier et qui vous concerne au premier chef,
06:39vous qui êtes le ministre de l'Industrie, c'est la question de la Chine.
06:41Écoutez ce que Gabriel Attal, qui est le candidat de Renaissance, disait hier.
06:45Il y a une politique chinoise assumée visant à couler notre industrie.
06:50On peut avoir tous les débats.
06:51Si on n'apporte pas les réponses nécessaires, on n'arrivera pas à résister.
06:55Sébastien Martin.
06:56Sur le sujet de la Chine, qui aujourd'hui, au niveau européen,
07:01porte le plus fortement l'enjeu de la préférence européenne,
07:05l'enjeu d'avoir des outils de protection beaucoup plus réactifs et beaucoup plus rapides,
07:10et l'enjeu du made in Europe.
07:11C'est la France. Dans les débats que nous avons aujourd'hui au niveau européen,
07:15c'est la France qui porte le plus cette idée-là.
07:17Tout simplement pour deux raisons.
07:19Un, on ne doit pas fermer l'Europe.
07:21On ne doit pas faire, à mon avis, exactement comme fait M. Trump,
07:24qui ferme tous les États-Unis, en disant, j'ai mis d'énormes droits de droite sur la Chine,
07:27tu parles, ça s'est déporté sur l'Asie du Sud-Est.
07:30Par contre, qu'on puisse entrer en Europe, à partir du moment où on respecte des règles du jeu,
07:34qui sont conformes aux nôtres, là, il n'y a pas de problème.
07:37Et vous savez quoi ? Si les décisions de l'Union européenne ne vont pas dans ce sens,
07:41puisque vous dites, nous, on est lucides, ils ne le sont pas toujours.
07:43Est-ce qu'il faut, à ce moment-là, désobéir à l'Union européenne,
07:45parce que ça ne va pas dans le sens de la France, c'est ce que proposait hier Jean-Luc
07:48Mélenchon ?
07:48Juste un tout petit peu de cohérence.
07:50Peut-être qu'on parlera des petits colis tout à l'heure.
07:52On nous a rionni quand on a mis en place la taxe sur les petits colis.
07:56Le Rassemblement national, LFI, ils ont voté contre.
07:59Après, ils disent qu'il faut se défendre contre la Chine.
08:00OK ? Eh bien, qu'est-ce qu'on voit en ce moment ?
08:02Si la France n'avait pas pris cette initiative, l'Italie l'a prise aussi,
08:05de la taxe sur les petits colis national, qui ensuite s'est développée au niveau européen.
08:09Je ne pense pas qu'on aurait moins 30 à moins 40%.
08:12Il y a beaucoup de gens qui font de la politique, mais quand il s'agit d'agir, ils ne
08:14font rien.
08:15Il y a des petits colis qui arrivent effectivement en Europe, Emmanuel.
08:18Au-delà des petits colis...
08:20Sur mon domaine industriel, on peut parler des véhicules électriques, pas de problème.
08:22Oui, mais c'est ça.
08:23C'est-à-dire qu'on se dit quand même aujourd'hui, il y a des secteurs sur lesquels le
08:27combat est perdu.
08:28Est-ce qu'on va encore faire des automobiles en Europe ? Je ne vois pas comment.
08:32Donc, sur quel secteur aujourd'hui, la réindustrialisation, on doit se concentrer ?
08:36Sur quel secteur on a encore des chances aujourd'hui ?
08:38Et d'ailleurs, Manu, j'aimerais ajouter quelque chose.
08:39Parce qu'on parle beaucoup d'IA en France, parce qu'on est très bons en innovation et en recherche.
08:43Mais le paradoxe, c'est qu'en robotisation, on est globalement nul.
08:45Quatrième au classement européen en robotisation industrielle.
08:48Et alors, les robots de service qui sont en train d'exploser en Chine, et j'aimerais vous entendre là
08:52-dessus.
08:52En Chine, on développe des robots qui, en gros, font les jobs qu'on appelle les jobs en tension en
08:56France.
08:56C'est-à-dire nettoyage, service au restaurant, tous les jobs où on a besoin de personne.
09:00Et on nous dit, les Français ne veulent plus faire ces travails-là parce qu'ils ne sont pas assez
09:03bien payés.
09:04Eh bien, ces jobs-là, en Chine, ils sont en train d'être remplacés par des robots.
09:06Quand vous êtes dans un hôtel à Shanghai, c'est un robot qui vous fait le room service.
09:09Il faut bien se rendre compte de ça.
09:11Aujourd'hui, la France est totalement à la ramasse là-dessus.
09:14Et la robotisation, c'est la révolution de demain.
09:16Qu'est-ce qu'on va faire avec ça, monsieur le ministre ?
09:17Mais vous parlez d'innovation technologique au sens large, en fait, dans ce que vous dites.
09:22Non, en innovation, on est bon en recherche, mais en robotisation industrielle.
09:24Oui, mais robotisation industrielle.
09:26On n'est pas mauvais non plus sur l'ordinateur quantique.
09:28Et on est le seul pays européen à avoir été capable de faire Mistral.
09:31Moi, je veux bien.
09:32Les seuls qui font de l'IA aujourd'hui, c'est la Chine et les Américains.
09:35Et puis, il y a un tout petit, soi-disant tout petit pays.
09:38Parce que le truc, c'est qu'on est nul, on est un tout petit pays, on ne sait rien
09:41faire.
09:41Non, je n'ai pas dit que le Téus, juste qu'on n'est pas très bien classé.
09:43Le seul pays qui est aujourd'hui capable, à 67 millions, 68 millions d'habitants,
09:47de faire un truc qui marche en IA, en Europe, ça s'appelle la France.
09:52Je veux juste le rappeler.
09:53Ça veut dire quoi ?
09:54Il y a quelques années en arrière, on était autour de la table.
09:57Framatome dans le nucléaire, parce qu'on parle des secteurs qu'il faut bien savoir préserver.
10:00Framatome dans le nucléaire, elle est fermée.
10:02En 2016, Areva.
10:04Et aujourd'hui, vous allez me dire que Framatome va fermer, certainement pas.
10:08On va dire qu'on ne sait plus faire des voitures, mais c'est faux.
10:10On sait faire des voitures.
10:11On est en train d'apprendre à savoir faire les véhicules électriques.
10:13Les véhicules électriques en France, les plus vendus, sont des véhicules français.
10:17Donc arrêtons un petit peu à dire qu'on ne sait pas faire les choses, on sait les faire.
10:20Sébastien Martin, Marine Le Pen a annoncé, notamment, supprimer l'impôt de production.
10:25Pourquoi vous ne le faites pas ?
10:27Attendez, vous avez vu le plan d'économie de Marine Le Pen ?
10:29Là, je vous pose une question très précise.
10:31L'impôt de production.
10:32On a divisé par deux la CVAE.
10:34Ce n'était pas un impôt de production ?
10:36En fait, attendez, l'impôt de production, ça n'existe pas.
10:39Ce qui existe, ce sont les impôts de production.
10:41D'ailleurs, il y a des définitions qui sont un peu différentes en fonction des uns ou des autres.
10:45Là, dans les impôts de production, il y a la CFE, par exemple, il y a la CVAE.
10:48Puis il y a des impôts qui sont prélevés directement par les collectivités territoriales.
10:51Donc, vous ne supprimez pas comme ça l'impôt de production d'un coup de baguette magique.
10:55Ça fait 100 milliards.
10:56Vous avez aussi des collectivités territoriales.
10:58Mais, moi, je vois son plan d'économie.
11:00Excusez-moi, en 2022, c'était 16 milliards basés sur quoi ?
11:04L'immigration, l'Europe et puis le train de vie de l'État.
11:07Aujourd'hui, c'est 120 milliards basés sur les trois mêmes choses.
11:09Sur les mêmes points.
11:10Donc, multiplié par 10 quasiment, avec exactement les mêmes recettes qui sont fausses.
11:13Merci Sébastien Martin d'avoir répondu à nos questions ce matin, ministre de l'Industrie.
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