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Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, était l'invité de BFMTV ce mardi 27 octobre. Il a été interrogé sur les mesures énoncées ce 26 octobre notamment sur Parcoursup, le bâti scolaire ou encore la réforme du baccalauréat.
"J'ai mal à ma démocratie", lance Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, invité sur BFMTV après que des élus de gauche ont quitté l'hémicycle lors d'une question du chef des députés RN Sébastien Chenu sur l'attentat dans les Yvelines.
"Ce à quoi on a assisté aujourd'hui ne correspond pas à la culture de notre pays qui est le pluralisme. Aujourd'hui, il y a un écart entre la culture du débat et un spectacle un peu triste. Ça devrait être un moment de communion nationale."
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray affirme que "l'intérêt général aujourd'hui, c'est que les élèves aillent en cours"
"Pendant trois semaines, on a dialogué. J'ai vu plusieurs fois les associations de lycéens", retrace Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale. Il rappelle que les élèves ont déposé plus de 100.000 contributions sur la plateforme dédiée à faire remonter leurs revendications.
Malgré les annonces et "le dialogue", l'intersyndicale jeunesse a appelé les lycéens à poursuivre la mobilisation. "L'intérêt général aujourd'hui, c'est que les élèves aillent en cours", réagit-il à la fin de son entretien au micro de BFMTV.
"La rentrée 2027, c'est moi qui la prépare": le ministre de l'Éducation nationale rassure sur le choix des dates pour la mise en place des mesures
Les mesures annoncées par le gouvernement en faveur des lycéens seront mises en place à la rentrée 2027 ou lors de l'année 2028. Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, rassure sur le choix de ces dates même si une élection présidentielle se tient en avril 2027.
"La rentrée 2027, c'est moi qui la prépare. Personne n'est en mesure de changer une rentrée au mois de mai. Tout ce qui devra être fait sera fait. Pour Parcoursup en 2028, le travail va commencer dès maintenant. On va essayer de trouver une base législative commune."
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"J'ai mal à ma démocratie", lance Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, invité sur BFMTV après que des élus de gauche ont quitté l'hémicycle lors d'une question du chef des députés RN Sébastien Chenu sur l'attentat dans les Yvelines.
"Ce à quoi on a assisté aujourd'hui ne correspond pas à la culture de notre pays qui est le pluralisme. Aujourd'hui, il y a un écart entre la culture du débat et un spectacle un peu triste. Ça devrait être un moment de communion nationale."
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray affirme que "l'intérêt général aujourd'hui, c'est que les élèves aillent en cours"
"Pendant trois semaines, on a dialogué. J'ai vu plusieurs fois les associations de lycéens", retrace Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale. Il rappelle que les élèves ont déposé plus de 100.000 contributions sur la plateforme dédiée à faire remonter leurs revendications.
Malgré les annonces et "le dialogue", l'intersyndicale jeunesse a appelé les lycéens à poursuivre la mobilisation. "L'intérêt général aujourd'hui, c'est que les élèves aillent en cours", réagit-il à la fin de son entretien au micro de BFMTV.
"La rentrée 2027, c'est moi qui la prépare": le ministre de l'Éducation nationale rassure sur le choix des dates pour la mise en place des mesures
Les mesures annoncées par le gouvernement en faveur des lycéens seront mises en place à la rentrée 2027 ou lors de l'année 2028. Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, rassure sur le choix de ces dates même si une élection présidentielle se tient en avril 2027.
"La rentrée 2027, c'est moi qui la prépare. Personne n'est en mesure de changer une rentrée au mois de mai. Tout ce qui devra être fait sera fait. Pour Parcoursup en 2028, le travail va commencer dès maintenant. On va essayer de trouver une base législative commune."
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TVTranscription
00:00Plusieurs organisations syndicales lycéennes ont appelé malgré tout à poursuivre le mouvement.
00:05Donc rien n'y fait pour le moment.
00:07C'est le ministre de l'Éducation nationale qui va nous rejoindre.
00:11Et on va regarder de nouveau, en attendant que tout le monde s'installe,
00:14ces images à l'Assemblée nationale des députés de gauche qui ont donc quitté, vous allez le voir, l'hémicycle.
00:20Quand le RN, notamment le député Sébastien Chenu, a pris la parole, des moments de grande tension.
00:26Il y a eu également les prises de parole du Premier ministre.
00:29Et puis cette minute de silence également à l'Assemblée nationale.
00:33Où vous étiez, Monsieur le ministre, bonjour à vous, Édouard Geffray.
00:37Bonsoir.
00:38Merci d'être là.
00:39Et je remercie Anne-Sora Dubois et Rocaille Diallo qui sont restés avec nous, ministres de l'Éducation nationale.
00:44Nous avons évidemment plein de questions à vous poser très concrètes pour l'avenir de nos enfants, de la jeunesse.
00:49Mais tout d'abord, vous étiez évidemment à l'Assemblée.
00:52Vous avez vécu ces échanges extrêmement vifs.
00:55Vous avez vu également cette séquence de députés de gauche qui quittent l'hémicycle quand les bancs du RN prennent
00:59la parole.
01:00Est-ce que vous-même, vous dites, Monsieur le ministre, qu'il y a un contexte délétère, une atmosphère nauséabonde,
01:06comme l'a dit le Premier ministre,
01:07et qu'il y a un lien de causalité entre des paroles dans le débat politique et le terrible attentat
01:12raciste de Trappes ?
01:15Moi, j'ai mal à ma démocratie. Je vous le dis franchement.
01:19Je suis venu à la politique, j'ai été appelé il y a quelques mois, avec quelque chose qui m
01:26'anime profondément, qui s'appelle le service de l'intérêt général.
01:28Quand vous êtes à l'Assemblée, on ne le voit pas, il y a une grande tapisserie au-dessus de
01:32la présidence.
01:33Et cette tapisserie, elle représente l'école d'Athènes.
01:35Vous avez Platon et Astote qui débattent, et vous avez les sciences et les lettres qui débattent, etc.
01:39Normalement, c'est le temple où on cherche la vérité, la raison, la contradiction, le pluralisme.
01:44Le pluralisme qui peut être très radical, très vif.
01:48Oui, vif, affirmé, assumé.
01:49Mais c'est le temple du pluralisme.
01:51Et effectivement, ce à quoi on a assisté aujourd'hui est infiniment triste,
01:55et ne correspond pas surtout à la culture politique, je crois, d'un pays qui fondamentalement aime le pluralisme,
02:03aime la liberté de manifester, aime les libertés publiques.
02:05Et donc, moi, je suis très frappé de voir qu'il y a parfois un écart,
02:10enfin aujourd'hui, il y avait un écart en tout cas,
02:12entre une culture pluraliste très profonde, une culture de débat très profonde,
02:17et puis tout d'un coup, comme ça, un spectacle un peu triste,
02:21surtout à l'occasion d'un attentat terroriste raciste qui est dramatique.
02:25Ça vous surprend ?
02:26Non, mais ça devrait être un moment de communion nationale.
02:28Il faut que tout le monde se reprenne sur ce qui se passe.
02:30Qui doit se reprendre exactement ?
02:33Non, je ne peux pas être surpris de voir ce niveau de tension à l'Assemblée,
02:37mais une fois encore, soit on commande tout ce qui se passe,
02:41soit bon d'un moment, on revient à l'essentiel.
02:43Qu'est-ce qu'on est ? On est la France.
02:45La France, c'est un pays qui s'est donné pour mission depuis plus de 150 ans
02:50de dire à tous ses enfants, quelle que soit ton origine,
02:53que tu sois arrivé ici il y a deux jours,
02:55ou que tes ancêtres aient fait la bataille de Waterloo ou de Fontenois,
02:58on va t'emmener au bout de tes potentialités, tu feras partie d'un destin commun.
03:01C'est ça la France.
03:02Et donc, quand il y a des faits comme ceux qu'on a vécu ces jours-ci,
03:05normalement, il devrait y avoir un réflexe unitaire extrêmement puissant
03:08de tout le monde se disant, bon sang, on est la France et on arrête.
03:10Donc, monsieur le ministre...
03:11Chacun essaye de faire commerce du truc dans un sens...
03:14J'imagine que quand le président de la République a eu une mémoire sélective
03:16sur tous les chocs et les attentats que nous avons subis,
03:19vous avez eu mal également à la France et à la République.
03:22Mais cela a été rectifié.
03:23Voilà, j'allais dire, on adore aussi...
03:25Là, pardon, c'est pareil.
03:26On adore saisir une phrase.
03:28À un moment donné...
03:28Dans un moment aussi important, c'est vrai que ça nous a tous séduit, je pense.
03:30Oui, mais quand vous êtes...
03:31Vous savez, il y a quelques semaines, j'étais...
03:34Enfin, même pas quelques semaines, il y a 15 jours, j'étais à Aubagne
03:36au moment où un principal s'est fait tirer dessus.
03:38Par définition, quand vous êtes en situation de la souffrance
03:41et de la détresse humaine et d'un crime terroriste,
03:44je ne suis pas sûr que...
03:45Vous voyez, ce n'est pas illogique que puissent y avoir des phrases
03:48qui ne peuvent être pas tout à fait les bonnes.
03:49C'est dommage, ok, très bien.
03:51Mais enfin, faire des semaines, des semaines sur ces phrases-là...
03:54On connaissait que c'est difficile à entendre, mais cela a été corrigé.
03:55Bien sûr, mais je crois que tout le monde sait bien aussi
03:56ce que tous les gens raisonnables pensent aujourd'hui.
03:59C'est qu'on est dans un contexte qui n'est pas bon.
04:00En tous les cas, le résultat, c'est une classe politique
04:02incapable de se finir dans des moments aussi graves.
04:05Je mets autre chose, parce que je vais passer à nos sujets.
04:07Un climat social, malgré tout, il est là, toujours éruptif.
04:10Et des organisations syndicales, M. le ministre,
04:12qui ont pour certaines appelé de nouveau à descendre dans la rue,
04:15malgré vos annonces que nous allons détailler et interroger.
04:19Est-ce que vous considérez que c'est un échec
04:21qu'elles descendent de nouveau dans la rue ?
04:24D'abord, les gens ont le droit de descendre dans la rue.
04:25Bon, première chose.
04:28Donc, je ne vis pas ça en mode échec ou pas.
04:30Après, il y a deux...
04:30Je pense que vous vouliez quand même stopper le mouvement.
04:33Oui, moi, je m'adresse d'abord aux lycéens.
04:35Les lycéens, ils nous ont dit des choses très précises.
04:37On les a consultées d'abord.
04:39On a pris le temps de les consulter.
04:40Ah oui, ça, vous avez pris trois semaines.
04:42On aurait pu se demander pourquoi les annonces
04:43n'ont pas été faites il y a trois semaines.
04:45Et si on l'avait fait il y a dix jours,
04:46on nous aurait dit, vous faites ça,
04:47alors même que la plateforme n'est pas encore finie,
04:49que vous avez pas été consacrée avec tout le monde, etc.
04:52Et deuxième chose, quand même, pardon,
04:53mais là aussi, c'est une question de responsabilité.
04:55Et ça rejoint un tout petit peu ce qu'on s'est dit précédemment.
04:57Il y a un moment, il faut arrêter de balancer les trucs en l'air
04:59en s'imaginant que les slogans vont résoudre les problèmes.
05:02Moi, pardon, mais je suis un peu sérieux.
05:08Donc là, ce qu'on a dit, ce sont des choses qu'on tient.
05:11Ils nous ont dit, le bâti scolaire est dégradé.
05:14On a regardé, comme on pouvait dire,
05:164 milliards de prêts.
05:17On va détailler.
05:18Vous voyez, mais c'est des choses très concrètes comme ça.
05:20Allons-y, alors.
05:21On commence, alors allons-y.
05:23Parcoursup, c'est vraiment, on peut le dire,
05:25c'est vraiment l'angoisse de l'orientation.
05:26Vous promettez la transparence, c'est important, des algorithmes.
05:29La transparence sur l'explication des refus également.
05:32Et ça, c'est très important.
05:34Et c'est en 2028 que la plateforme va être remplacée.
05:36Mais je me dis, pourquoi en deux temps,
05:38au risque que ça soit encore pris pour un temps de retard ?
05:42Alors, deux temps pour deux raisons très précises.
05:44La première, c'est que la plateforme,
05:45elle ouvre pour les universités dans quatre semaines.
05:48Et qu'évidemment, on ne sait pas mettre en place autre chose en quatre semaines.
05:52Les gens qui disent, il faudra broger maintenant,
05:54juste, en fait, ils laissent nos élèves avec le bec dans l'eau.
05:57Donc ça, ça ne serait pas possible.
05:58Et puis, deuxièmement, il se trouve que Parcoursup est rendu possible par une loi.
06:03Et qu'en réalité, si on veut avoir un temps de, c'est un vrai remplacement,
06:05il faut forcément modifier la loi.
06:08Donc, tout ce qu'on peut faire en dehors de la loi, on le fait cette année.
06:11Tout ce qui nécessite de passer par le débat législatif,
06:13effectivement, c'est pour 2028.
06:14Et d'ailleurs, on lance le débat au Parlement demain.
06:15Après vous, d'ailleurs.
06:17Après vous, on lance le débat au Parlement demain.
06:19Arrive une question à ce stade, vous allez dire que je cherche la petite bête.
06:22Mais entre maintenant et 2028, il y a une élection présidentielle.
06:25Oui, tout à fait.
06:25Donc, on n'a pas de garantie, en fait, que ce travail et que ce chantier que vous lancez arrivera
06:29à son terme.
06:31Ou est-ce que dès maintenant, vous pouvez dire, législativement, on peut faire en sorte de graver dans le marbre.
06:36Et quel que soit le résultat de la présidentielle, le travail qu'on fait maintenant ira au bout.
06:41Alors, d'abord, demain, on a un premier débat parlementaire pour voir s'il y a un chemin dans le
06:45Parlement actuel.
06:46Ce qui est possible, on va voir ça demain.
06:4850-1, sans vote.
06:49Voilà, c'est-à-dire c'est un débat sans vote, mais où chacun va pouvoir exprimer ses positions
06:52et puis dire ce qu'il fait une fois que Parcoursup doit être remplacé.
06:54C'est quand même ça qui est intéressant.
06:55Oui, d'ailleurs, on sait qu'avant, pardon, il y avait une sorte de tirage au sort obscur pour aller
06:59à l'université,
07:00mais on ne sait pas comment on va révolutionner le système encore.
07:02Non, mais c'est pour ça que ça va être intéressant demain de voir toutes les forces politiques qui vont
07:05faire la proposition.
07:05Mais vous, si vous aviez une idée de ce qui remplacerait Parcoursup, M. le ministre ?
07:10Alors, ça pose des questions.
07:11Alors, pardon, parce que là, il faut qu'on ait deux heures au débat.
07:13Vous êtes dans le bain de l'éducation.
07:14Oui, non.
07:15Je suis sûr que vous êtes capable de me synthétiser votre pensée en quelques minutes.
07:18Moi, il y a des réflexions que j'ai actuellement avec les ministres de l'enseignement supérieur.
07:22Il y a une réflexion qui est de savoir jusqu'où il faut qu'il y ait une filiation entre
07:25le lycée d'origine et la formation qui suit après.
07:27Ça, c'est une vraie question.
07:29Il y a des questions sur le type de notes ou d'éléments qu'on prend en compte dans le
07:33parcours.
07:34Vous voyez, ça sort de choses.
07:35En revanche, qu'il y a au bout d'un an un outil qui permette aux lycéens de savoir quelle
07:39formation existe
07:40et de s'y inscrire plutôt que de déposer à la mano un dossier par site internet d'une université,
07:45ça, je crois que tout le monde, à la fin, sera d'accord pour dire qu'il faut un outil.
07:47Mais derrière, on voit bien que Parcoursup, en fait, c'est une marque avec une plateforme.
07:51Mais derrière, ce que nous disent nos élèves, c'est le processus qui va du début de la seconde jusqu
07:56'à ma licence.
07:57Ce processus-là me fait peur.
07:58Mais, monsieur le ministère, vous le saviez depuis que vous êtes arrivé au ministère.
08:02Vous le saviez il y a trois semaines.
08:03C'est pour ça que je m'entonne.
08:05Vraiment, c'est une question très sincère.
08:07Pourquoi a-t-il fallu attendre autant de blessés chez les lycéens, chez les forces de l'ordre ?
08:13Certains pour dire qu'on accouche, alors la montagne ou la souris, je ne sais pas, mais d'annonces parfois
08:18tardives.
08:20Pendant trois semaines, on n'a pas rien fait.
08:22Pendant trois semaines, on a d'abord, et dès le départ, je me permets de citer là-dessus,
08:25j'ai toujours dit qu'il fallait dialoguer.
08:27Je suis cohérent avec ce sujet tout à l'heure.
08:28En démocratie, on dialogue.
08:30On a écouté tout le monde.
08:31On a donné la parole aux lycéens.
08:32Y compris aux influenceuses, c'est l'argent dans l'écoute.
08:35Oui, mais écoutez...
08:36Non, mais je n'ai rien contre les influenceuses, mais je suis étonnée qu'on les reçoive en premier.
08:42Il y a une influenceuse qui a été arrêtée à sa sortie d'aéroport,
08:44journaliste influenceuse, pour les propos qu'elle avait tenus,
08:46critiques justement sur la mobilisation lycéenne.
08:48Vous avez reçu des influenceurs, mais une jeune influenceuse a été arrêtée
08:52suite aux propos qu'elle aurait tenus sur les réseaux sociaux.
08:54Je l'ignorais, mais ça serait intéressant de vous dire.
08:56Il faudrait avoir tel propos à la fin pour juste une arrestation.
08:58Je me permets juste de revenir sur ce que vous disiez sur le dialogue.
09:00Le mouvement lycéen qui se déroule actuellement est considéré comme celui qui a été le plus réprimé du XXIe siècle.
09:06Il n'y a pas eu autant d'arrestations le 1er octobre.
09:08C'est un record en nombre d'arrestations, un record qui avait été atteint précédemment en 1961
09:12à vraiment un jour de triste mémoire, puisque c'est un jour où des Algériens ont été décès par la
09:17police française.
09:18Vous parlez de dialogue, mais ce qu'on a perçu, c'est surtout un nombre d'arrestations incroyable
09:23avec plus de 80% de mineurs.
09:27Moi, je travaille beaucoup pour la presse étrangère et la France a vraiment l'image d'un pays répressif.
09:32Est-ce que c'est quelque chose que vous assumez ?
09:33Est-ce que vous avez le sentiment finalement d'avoir vraiment négocié et pas plutôt d'avoir réprimé ?
09:38Alors, pardon parce que là, on part un peu dans toutes les directions, mais c'est pas grave.
09:41Je vous réponds précisément.
09:42Il y a deux choses.
09:43Un, oui, on a dialogué.
09:45Moi, j'ai vu plusieurs fois les associations de lycéens.
09:47On a donné la parole.
09:48Il y a 100 000 contributions qui ont été déposées à la plateforme.
09:50C'est pas rien.
09:51Sur les 3 700 lycées de France, il y a plus de 3 000 lycées où des lycéens ont déposé
09:54leurs contributions.
09:55Donc, oui, on a donné la parole.
09:56Ensuite, pardon, vous parlez effectivement du contexte de très forte tension qui a émaillé l'ensemble de ce mouvement.
10:03Il ne faut pas oublier de dire qu'il y a des centaines de milliers de personnes qui ont pu
10:04manifester sans qu'il ne se passe rien, d'abord.
10:06Deuxième chose, pardon, mais vous ne dites pas que c'est la première fois qu'il y a autant de
10:12bâtiments scolaires et de personnes d'éducation nationale
10:15qui ont été directement visées et attaquées.
10:17Parce que depuis le début, qu'est-ce qui s'est passé ?
10:20Ce mouvement a été utilisé par des groupuscules violents qui, très tôt, et très tôt, c'est bien avant qu
10:27'on en parle sur votre plateau,
10:29dès la semaine du 21 au 25 septembre, ont fait des tirs tendus de mortier sur les personnels, ont tenté
10:35d'incendier des bâtiments, etc.
10:36Donc, il y a un contexte de violence, quand même, que tout le monde s'en mignorait.
10:40Et donc, les milliers d'arrestations dont vous parlez, elles s'inscrivent dans un contexte où on n'a jamais
10:44vu autant de violence
10:45à l'occasion d'un mouvement, je deviens, à l'occasion d'un mouvement lycéen.
10:48Ce n'est pas les lycéens qui...
10:50Je vais revenir sur les propositions, parce que beaucoup qui nous regardent, les parents, les lycéens, tout le monde attend.
10:54Je pense que vous avez besoin de savoir un peu ce qui va se passer.
10:55Alors, donc, le prêt de 4 milliards, pardonnez-moi, le prêt de 4 milliards d'euros, le prêt de 4
11:00milliards d'euros aux régions par l'État,
11:02pour qu'elles rénovent les lycées et les collèges.
11:04En réalité, que dites-vous à ceux qui se disent ?
11:07Bon, on est en train d'utiliser l'argent qu'on n'a pas.
11:09Est-ce que vous vous rassurez ?
11:10Vous dites, bon, on ne les a pas, mais quand même, c'est une priorité, c'est un prêt qui
11:14va être donné aux régions et on doit le faire ainsi.
11:16C'est un prêt de la Banque des Territoires, donc par définition, une banque prête, ce cas-là, c'est
11:19son métier,
11:20donc c'est la Banque des Territoires qui prête cet argent-là.
11:23Simplement, elles le prêtent à un taux qui est très très faible, ce qui permet aux régions d'avoir des
11:26liquidités,
11:27parce qu'aujourd'hui, si les régions empruntent, j'allais dire, sur le marché courant, elles vont avoir un taux
11:30d'intérêt très élevé.
11:31C'est à quel horizon, le déblocage de ces...
11:33C'est l'affaire de, je n'ose pas être infiniment précis, mais c'est l'affaire de quelques jours
11:38ou de 15 jours.
11:38C'est vraiment très très rapide.
11:40Dans les 15 jours, les régions recevront ce qui leur permettra de...
11:42Elles peuvent ensuite, en fait, c'est des lignes de crédit auxquelles elles font appel,
11:45comme si vous, vous alliez chez votre banquier pour demander un prêt.
11:47Vous évoquez également, Edouard Geffrey, la création de 1700 postes de professeurs, des postes supplémentaires, donc.
11:52Et vous revenez, on est bien d'accord, sur la suppression d'auprès de 800 et quelques postes sur les
11:57collèges et les lycées.
11:58Oui, parce que...
11:59Mais si vous voulez, c'est pareil.
12:01Il y a plein de gens qui ont dit qu'il faut revenir sur les suppressions de postes.
12:04Pas de problème, on le fait, même on en crée.
12:06Ce qu'il faut, c'est savoir pourquoi.
12:08Pourquoi, c'est très simple.
12:08On va plafonner les classes à 28 élèves en seconde, en commençant par les 50% d'établissements les moins
12:13favorisés à la rentrée 27,
12:15et puis en poursuivant à la rentrée 28 pour l'autre moitié.
12:17Tout simplement parce que c'est une année charnière, c'est une année compliquée.
12:20Actuellement, il y a en moyenne 31 élèves par classe en seconde.
12:22Et on sait bien que c'est là-nous, il y a un peu un saut.
12:24Vous arrivez du collège à la seconde, il y a un peu le fossé du lycée.
12:28Donc on fait ça et on crée aussi 10 000 places de BTS, donc post-bac,
12:32notamment pour les bacheliers professionnels,
12:34qui sont ceux qui sont aujourd'hui ceux qui ont le plus de difficultés à trouver une place dans le
12:38supérieur,
12:39et par ailleurs, pour lesquels il y a des vrais besoins en termes économiques, industriels, etc.
12:43On a tous envie de dire merci aux lycéens, que tout ça soit possible.
12:46C'est nous, on peut dire merci aux ministères, vous trouvez des solutions crédibles, étonnables aussi, ça marche.
12:50Aussi, aussi.
12:51Permettez-moi de vous reposer la question, parce qu'encore une fois, qu'il s'agisse de Parcoursup,
12:55ou effectivement des 50% des classes qui seront plafonnées à 28 élèves en 2027,
13:01et ensuite 2028, les 50% restants.
13:04Nous ne parlons que d'échéance, à part les lignes de crédit ouvertes pour les régions,
13:09qui dépassent la présidentielle, qui enjambent la présidentielle.
13:11Non.
13:11Quand on parle des transformations qu'on fait sur Parcoursup dès maintenant,
13:15c'est pour tout de suite, c'est pour la cession, pour les élèves terminales.
13:17Quand on parle de la rentrée de 2027, pardon,
13:18mais c'est moi qui ai la responsabilité de la préparer à cette rentrée.
13:21Personne n'est en mesure de changer une rentrée au mois de mai.
13:23Personne.
13:24Une rentrée, ça se prépare.
13:25Quoi qu'il arrive, ça sera tenu.
13:26Oui, ça se prépare de septembre à avril.
13:27Donc tout ça sera tenu.
13:31Informer, tout détricoter, ça sera toujours possible.
13:34Mais en tout cas, tout ce qui est pour la rentrée de 2027 sera fait,
13:36parce que ça, pour le coup, si je puis dire, le coup sera déjà parti.
13:39Et par ailleurs, sur Parcoursup, le travail en réalité pour 2028,
13:41il va être entamé dès maintenant, y compris avec une base législative.
13:45En fait, si je vous comprends bien, vous partez sur l'idée que ceux qui vont venir après
13:48n'ont aucun intérêt à détricoter le changement après Parcoursup.
13:54Sur Parcoursup, on va justement essayer de trouver notamment une base législative commune
13:57qui permette ensuite, quel que soit, je vais dire,
14:00– C'est l'objectif du débat de demain. – De poursuivre, exactement.
14:02– Mais est-ce que vous reconnaissez, Edouard-Gefray,
14:03que ce qui a été fait depuis des années,
14:05aller dans le mauvais sens, notamment avec chaque année des baccalauréats différents ?
14:08Moi, j'ai envie de dire, quel gâchis, quand même !
14:10– Vous savez, en fait…
14:11– Je suis sûre que vous pensez la même chose.
14:13– Moi, je vais vous dire, je pense que, par définition,
14:16la réforme du baccalauréat a généré ses propres inconvénients, par nature.
14:19– Oui, vous le dites avec un… – Non, mais…
14:21– Vous le dites de la même manière, faites quel gâchis.
14:24– Exactement, quand elle a été mise en œuvre,
14:25elle a été percutée dès la mise en œuvre par le Covid,
14:28et ça nous a obligés, en fait, à tout repenser en mode gestion de crise.
14:30Donc, c'est une réforme qui n'a pas eu le temps,
14:32enfin, qui n'a pas atterri dans un contexte où elle aurait dû atterrir.
14:35Et donc, par la suite, il y a eu des ajustements.
14:37Vous dire que je me réjouis qu'il y ait eu sept modalités
14:39de bacs différentes en sept ans, non, ça ne me réjouit pas.
14:41Ça m'attriste plutôt, d'ailleurs, c'est pour ça que je ne voulais pas y toucher en arrivant.
14:44Et finalement, ils saient me dire toucher, donc j'y touche parce qu'on me le demande.
14:46Mais je ne voulais pas le faire, justement, pour que le système s'apaise un peu.
14:50Mais, par ailleurs, il ne faut pas oublier pour autant les bons côtés de cette réforme.
14:54On avait avant des filières, je rappelle, on l'a connu, S, E, S et L,
14:58qui étaient sociologiquement hyper marquées.
15:0092% des enfants de cadre faisaient une ES,
15:0280% des enfants d'employés et d'ouvriers faisaient une ES.
15:05Tout ça a été profondément remanié, en termes de mixte et sociale,
15:10par la réforme du baccalauréat et du IC.
15:12Donc, il ne faut pas l'oublier non plus, parce qu'on ne fait pas perdre de vue.
15:15On interroge, parce que je crois que vous êtes le huitième, le septième,
15:17le neuvième ministre de l'éducation nationale, soit Emmanuel Macron.
15:20Ah, alors, je dois être le huitième, oui.
15:21Vous avez compté, le huitième.
15:22Donc, parfois, il peut y avoir des zigzags,
15:24surtout que vous reconnaissez que ce n'est pas la même, à chaque fois,
15:27les mêmes convictions, on va dire.
15:29On interroge également, monsieur le ministre,
15:31vous avez dit tout à l'heure que vous receviez tout le monde.
15:33Pourquoi l'Uni, le syndicat de l'Uni, n'a pas été reçu au même titre
15:37que les autres organisations syndicales par Matignon ?
15:41Alors là, on est du côté des étudiants, on n'est plus du côté des lycéens,
15:44mais parce que, sauf erreur, les associations ou les groupes,
15:48d'ailleurs, qui ont été reçus à Matignon,
15:50sont ceux qui ont appelé à la mobilisation,
15:52sous une forme ou sous une autre.
15:53Parce que ceux qui, je vous dis ça, sauf erreur...
15:55Si vous dialoguez avec tout le monde, autant recevoir tout le monde,
15:58y compris ceux qui rencontrent surtout les blocus.
16:01Quand vous recevez des gens qui, j'allais dire, portent un mouvement,
16:04vous recevez des gens qui portent le mouvement.
16:06Ensuite, il y a des instances, il y a un Conseil national supérieur
16:09de l'enseignement, enfin, il y a un Conseil national de l'enseignement supérieur
16:11ou l'Uni, je crois, a des sièges.
16:13Ça, c'est une instance de concertation globale.
16:15Donc, vous ne les avez pas mis de côté, comme certains ont entendu,
16:18parce que d'autres organisations, plutôt ancrées à gauche,
16:20ils voyaient un problème ?
16:21En tout cas, ce que j'observe, c'est qu'en général, dans un mouvement,
16:24vous recevez les gens qui portent un mouvement.
16:25C'est ce qui a été fait à Matignon.
16:27Il se trouve que j'ai assisté à cet échange, même si, pour le coup,
16:29le vol étudiant ne me concerne pas, en vrai, en termes de compétences.
16:32Je suis plutôt sur le vol lycéen.
16:33Mais je crois que c'était ça, la raison.
16:36Dans quelques instants, c'est Valérie Pécresse qui va nous rejoindre
16:39et prendre votre place, M. le ministre.
16:40Elle est la présidente de la région Île-des-France.
16:42Et peut-être, je ne sais pas, je ne peux pas parler à sa place,
16:44on va lui poser la question, qu'elle s'étonne de voir des milliards,
16:47même s'ils sont prêtés par une banque sortie,
16:50alors qu'il y a des millions d'euros de dégâts qu'on va devoir payer
16:53parce que, peut-être, les réponses ou la solution politique
16:56n'est pas arrivée assez rapidement.
16:58Qu'est-ce que vous dites à ces Français qui nous regardent,
17:00qui se disent, mais ce n'est pas possible, en fait ?
17:02En France, on ne donne un chèque, on ne cède que quand il y a des violences dans la rue.
17:06Alors, d'abord, je ne pense pas qu'elle s'étonnera quoi que ce soit
17:09parce que Valérie Pécresse fait partie des régions,
17:11enfin, des présidentes de régions qui ont porté la question du bâti scolaire
17:15comme peu avant elle.
17:18Et quand vous avez 1,9 milliard de crédits chaque année
17:21qui sont investis par la région Île-de-France dans le fonctionnement et l'investissement,
17:24s'il y a bien une région qui est peu réprochable en la matière,
17:27c'est la région Île-de-France.
17:28Donc ça, c'est la première chose.
17:29Je ne pense pas qu'elle soit surprise qu'on essaye d'abonder le système.
17:31Et j'insiste parce que, vraiment, ce qui a été fait en Île-de-France,
17:35ce n'est évidemment pas fini parce qu'il y a 500 lycées,
17:37mais c'est assez remarquable.
17:38En revanche, ce n'est pas la violence qui fait...
17:41Enfin, il ne faut pas se tromper de ça.
17:43Les millions d'euros de dégâts, c'est quand même les commerçants qui vont les subir
17:47et c'est nous qui allons les payer.
17:48Oui, mais ça, c'est autre chose.
17:49Mais ce n'est pas la violence qui fait qu'on change, si je puis dire,
17:53ou qu'on prend des mesures.
17:54Il y a une mobilisation lycée.
17:54Les organisations syndicales ont dit hier,
17:56le gouvernement est affaibli, c'est le moment.
17:58Je ne me sens pas particulièrement faible.
18:00D'abord, première chose.
18:01Deuxième chose, je ne crois pas avoir jamais eu peur de ma vie.
18:05Et troisième chose, en revanche,
18:07quand vous avez des demandes qui sont très, j'allais dire à la fois,
18:11unanimes, fondées, une fois encore, à la plateforme,
18:12c'est 100 000 contributions,
18:13qui nous disent quand même un peu la même chose,
18:15vous y répondez.
18:17On a un mouvement, on y répond.
18:18Ça s'appelle la démocratie.
18:19Et pourtant, ils continuent.
18:21Après ça, chacun prend sa responsabilité.
18:22Mais je pense que ce soir aussi, vous savez,
18:23les jeunes qui nous écoutent, et j'espère qu'ils sont nombreux,
18:25les parents, je pense que tout le monde se rend compte
18:26que les décisions qu'on a prises et les chantiers qu'on ouvre
18:29sont des décisions des chantiers qui sont objectivement importants
18:31et qui répondent à la revendication.
18:32Pour la rentrée, vous avez un message pour les lycéens ?
18:34Vous leur dites, pour la rentrée,
18:36d'aller à l'école.
18:37Moi, ma priorité absolue, c'est que les élèves aillent en cours
18:39parce que, tout simplement, derrière, c'est leur instruction,
18:43c'est leur réussite, c'est leurs examens qui jouent.
18:45Donc, bien sûr qu'il faut qu'ils aillent en cours.
18:47Mais je veux dire, ce n'est pas une injonction.
18:49C'est que ce qui nous fait vivre, c'est qu'ils aillent en cours.
18:52Et c'est pour ça qu'on prend ces mesures aussi.
18:53Pour l'instant, ils s'organisent beaucoup pour les blocus,
18:55pour les rassemblements.
18:56On verra qui.
18:57Mais une fois encore, parlons un peu d'intérêt général.
19:00L'intérêt général, aujourd'hui, c'est que les élèves aillent en cours.
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