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  • il y a 6 jours
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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

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Transcription
00:02Bonjour Maya, bonjour à tous, bienvenue dans les 4 vérités.
00:04Mon invité aujourd'hui est le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barreau.
00:07Bonjour Jean-Noël Barreau.
00:08Bonjour.
00:08On va parler d'abord des élections en Israël, où c'est au coude à coude actuellement entre Benhamid Netanyahou
00:12et Gadi Eisenkot.
00:14Même s'il y a un léger avantage au cours des dernières minutes pour Benhamid Netanyahou,
00:18quoi qu'il en soit, Israël entre dans une période d'instabilité politique.
00:21Pour la diplomatie française, c'est une période compliquée qui arrive ?
00:24Non, parce que notre cap est très clair et notre position est inchangée.
00:30S'agissant des élections, il faut quand même attendre la fin du dépouillement,
00:33puisqu'on est à 50% des bulletins dépouillés.
00:36Et ensuite, effectivement, il appartiendra au président d'Israël de désigner celui qui sera chargé de former un gouvernement.
00:43En clair, que ce soit l'un ou l'autre, ça ne change rien pour vous ?
00:44Que ce soit Benhamid Netanyahou ou Gadi Eisenkot, ça ne change rien ?
00:47Notre cap ne variera pas.
00:49Ce que je relève en tout cas, c'est-à-dire que ce que nous souhaitons, c'est la sécurité
00:53pour Israël,
00:54mais c'est aussi la perspective de deux États vivant côte à côte, reconnus et respectés dans leurs droits,
01:00en paix et en sécurité, la solution à deux États.
01:02Ça risque d'être plus facile, j'allais dire, avec Gadi Eisenkot qu'avec Benhamid Netanyahou.
01:06Mais ça ne changera pas notre cap, quoi qu'il y a.
01:08Oui, mais ce sera plus facile avec l'un qu'avec l'autre, non ?
01:11Vous savez, il faut laisser les choses se faire.
01:13Il faut prendre que les gouvernements que les peuples vous donnent,
01:16c'est ainsi que nous procédons, c'est ainsi que nous travaillons et c'est ainsi que nous allons le
01:19faire.
01:20Donc, que ce soit l'un ou l'autre, ça ne change rien pour la diplomatie française ?
01:22Vous savez qu'en Israël, ce sont des coalitions qui doivent se former.
01:27Et ce que je relève s'agissant de cette élection, c'est d'abord le taux de participation record.
01:31Le peuple israélien avait quelque chose à dire.
01:34Et la deuxième chose, c'est le score des partis arabes qui atteignent des scores historiques
01:39puisqu'on oublie souvent de rappeler qu'en Israël vivent 20% de citoyens arabes.
01:43Et donc, quelle conclusion vous en tirez ?
01:44Eh bien, j'en tire que cela va sans doute peser dans les choix qui seront ceux du futur gouvernement
01:49car il y aura une force nouvelle au Parlement, en tout cas une force plus importante formée par les pays
01:54arabes.
01:54Et pour les territoires palestiniens, pour les territoires palestiniens notamment ?
01:57Notamment, mais pas seulement.
01:58C'est là que vous avez des espoirs, éventuellement, en disant les partis arabes qui arrivent, en force ?
02:02Mais vous savez, je n'ai ni inquiétude ni espoir.
02:04J'ai de la détermination.
02:06Parce qu'il n'y a pas d'autre solution que la solution à deux États
02:09pour que la paix et la stabilité puissent être instaurées dans cette région.
02:12En septembre, vous annonciez que la France allait cesser le commerce
02:14avec les colonies israéliennes illégales situées en Cisjordanie.
02:17Ça, on est où, cette histoire ?
02:19Alors d'abord, pourquoi est-ce qu'on a pris cette décision ?
02:21Eh bien, c'est parce qu'il se passe en Cisjordanie et tout simplement révoltant.
02:25On assiste à une explosion des violences, à une accélération effrénée de la colonisation.
02:30Et depuis la fin septembre, c'est la période de la cueillette des olives,
02:34qui est une période agricole importante en Palestine,
02:37pendant laquelle les colons terrorisent les agriculteurs de Palestine.
02:41Qu'est-ce qui a été fait depuis ?
02:42Nous avons pris cette décision avec 11 autres pays.
02:46Et mon souhait, bien sûr, c'est que, puisque c'est une compétence européenne,
02:51c'est que l'Europe puisse en tirer les mêmes conclusions.
02:54Mais pour l'instant, il n'y a rien de changé.
02:56Il y a des discussions avec nos partenaires.
02:59Il y a une proposition de loi qui a été déposée à l'Assemblée nationale.
03:02Par les socialistes ?
03:03Par les socialistes, mais pas seulement.
03:04Et avec d'autres groupes parlementaires ?
03:06Donc, le modem en particulier, et nous échangeons avec eux.
03:09Il y a plusieurs modalités, si ce n'est pas l'Europe qui devait prendre cette décision.
03:13Et nous les examinons en ce moment.
03:14Donc, la proposition de loi déposée par le PS, en l'occurrence,
03:17ça vous aiderait si elle était adoptée ?
03:19C'est une des modalités pour parvenir à l'objectif.
03:22En France, de nouvelles manifestations sont prévues, samedi et le 5 novembre.
03:26Les images de manifestants, de blocages, de pillages,
03:28tournent dans le monde entier, vous imaginez bien, vous le savez.
03:30Ça flébite-t-il la crédibilité de la France à l'étranger ?
03:33Ce qui est certain, c'est que ces images,
03:35comme très souvent lorsqu'il se passe quelque chose dans notre pays,
03:38sont récupérées, déformées et amplifiées
03:41par tous ceux qui veulent nuire à l'image de la France à l'étranger.
03:44Et c'est le cas de mouvements qui viennent des États-Unis,
03:47parfois d'Israël, parfois d'Iran, parfois de Russie, bien sûr.
03:51Ce qu'on a vu, en l'occurrence, c'est la multiplication de messages sur les réseaux sociaux
03:58qui attribuent à l'immigration massive ou à l'islam radical les manifestations qui se sont déroulées.
04:05Alors ça vient d'où ça ?
04:06Ça vient, je vous le dis, de ceux qui veulent nuire à l'image de la France en exploitant…
04:11– Mais non, c'est très simple.
04:12– Vous dénoncez souvent des ingérences étrangères.
04:14– Non, c'est très simple.
04:15Ce sont des rivaux, des compétiteurs,
04:18ou tout simplement, je viens de vous le dire,
04:21des mouvements qui viennent des États-Unis,
04:22d'Israël, c'est la Russie,
04:24c'est parfois la Chine,
04:26qui veulent nous affaiblir,
04:27ternir notre image à l'étranger,
04:28qui récupèrent des événements qui se produisent dans notre pays,
04:33qui les déforment
04:34et qui racontent leur propre histoire sur la France.
04:36– Mais c'est vraiment important ce mouvement sur les réseaux sociaux ?
04:39Ou c'est marginal ?
04:40– Non, c'est très simple.
04:41Quand on fait l'analyse de ce qui s'est dit sur les manifestations,
04:45les événements de ces dernières semaines en France,
04:48deux tiers des contenus qui évoquent les questions d'immigration
04:52proviennent de l'étranger.
04:53Alors qu'on sait bien que les origines
04:56de ce à quoi on a assisté dans d'autres pays
04:58sont tout à fait différentes.
05:00Mais c'est comme d'habitude,
05:01et il faut en être conscient,
05:02parce que c'est ce qu'il se passe sur les réseaux sociaux,
05:04des récits, des histoires
05:07qui ont vocation à nous nuire
05:09et qui sont écrites,
05:10qui sont rédigées et diffusées
05:12par des adversaires ou des compétitions.
05:13– Alors, face à ça,
05:14le gouvernement veut restreindre l'accès
05:16à certains réseaux sociaux pendant les manifestations
05:18qui sont accusés, donc vous disiez,
05:20de propager les actions violentes sur les réseaux sociaux.
05:22Donc vous dénoncez les ingérences étrangères,
05:24mais la loi, c'est une loi qui va être une loi française
05:27pour interdire, j'allais dire,
05:28ou limiter les réseaux sociaux pour les Français.
05:30Donc, ça veut dire que vous ne pouvez pas agir
05:32directement contre ces pays.
05:33– Alors, il ne faut pas tout mélanger.
05:35Ce que j'ai évoqué, c'est l'amplification,
05:38la déformation, au fin de nous nuire
05:41par des rivaux, des adversaires
05:43de ce qui se passe dans notre pays.
05:45Face à ça, nous agissons en ripostant
05:47de plus en plus vigoureusement,
05:49mais aussi en développant,
05:50en tout cas c'est ce que nous faisons
05:51au ministère des Affaires étrangères,
05:53des récits sur la vérité de ce qu'est la France,
05:56de ce qu'elle pense,
05:57de ce qu'elle fait à travers le monde.
05:58Et évidemment, la destination,
06:00ce sont les audiences étrangères,
06:02pour contrer en fait ces récits
06:04qui nous font beaucoup de mal à l'étranger.
06:06Ensuite, il y a la propagation sur les réseaux sociaux
06:09de contenus illicites qui appellent au pillage,
06:11à la violence.
06:12Et cela, ça appelle de la part du gouvernement,
06:15c'est la décision qui a été prise hier soir au Sénat,
06:18de pouvoir beaucoup plus rapidement
06:20obtenir des plateformes
06:21qu'elles retirent ces contenus.
06:22Un appel au pillage, il est retiré.
06:25Donc, à défaut d'agir sur les pays,
06:26mais même si vous le faites, vous le disiez,
06:27mais c'est plus compliqué.
06:30Non, non, non.
06:30Je dis, attention,
06:31il ne faut pas mélanger les choses.
06:32Vous avez des messages sur les réseaux sociaux
06:34qui disent, regardez, la France est perdue,
06:36elle est décadente, etc.
06:37Nous ripostons,
06:38c'est notamment le rôle du Quai d'Orsay.
06:39Et ensuite, vous avez des messages
06:40qui peuvent provenir de la France,
06:42qui appellent au pillage,
06:43aux dégradations, aux violences.
06:44Ces contenus-là,
06:45ils doivent être retirés d'où qu'ils viennent.
06:46La préoccupation des Français,
06:47c'est le prix des carburants.
06:48La semaine dernière,
06:49Emmanuel Macron est allé au Moyen-Orient
06:50pour négocier des livraisons
06:51de diesel supplémentaires
06:53en provenance de Bahreïn
06:54ou des Émirats arabes unis.
06:55Est-ce que vous pensez
06:55que ça va vraiment permettre
06:57de faire baisser les prix à la pompe ?
06:58Ce qui est sûr,
06:59c'est que ça va sécuriser
07:00nos approvisionnements en diesel.
07:02300 000 tonnes par mois de diesel,
07:05vous l'avez dit,
07:05Bahreïn, Émirats,
07:06Arabie Saoudite,
07:07c'est un peu plus de 10%
07:09de notre consommation mensuelle.
07:11Et donc, ça nous met à l'abri
07:12de toute forme de pénurie,
07:14si je puis dire, de diesel.
07:14Pas forcément d'augmentation des prix.
07:16Oui, mais les prix, ça vient d'où ?
07:17Eh bien, ça vient de cette guerre
07:18qui n'est pas la nôtre,
07:19de ce blocage du détroit d'Hormuz.
07:21Et donc, notre présence dans la région,
07:23l'action du président de la République,
07:25c'est de trouver la sortie de crise
07:27pour faire baisser la pression sur les prix.
07:29Un dernier mot.
07:29Vous êtes vice-président du Modem,
07:31on est à six mois de la présidentielle.
07:32Il n'y a toujours pas de candidat évident
07:33dans le bloc central.
07:34Il y en a trop.
07:35Il y en a trop.
07:36Il y a urgence à trouver un accord ?
07:37Il y a urgence à identifier un candidat
07:40qui pourra représenter nos valeurs,
07:43qui pourra porter nos couleurs.
07:45qu'il n'y a pas que l'élection présidentielle
07:46dans la ville.
07:47Il y a les élections qui suivront
07:48et qui seront tout aussi importantes,
07:49les élections législatives
07:50auxquelles il faut également nous préparer.
07:52Merci, Jean-Noël Barraud,
07:53d'avoir accepté notre invitation
07:54dans les cas de vérité
07:55où vous êtes venu nous dire aujourd'hui
07:56que vous attendez évidemment
07:57le résultat définitif
07:58des élections en Israël.
07:59À vous, Maya.

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