00:0013h, 13h, Christine Kelly et vous sur Europe 1.
00:04Écoutons le procureur de la République qu'il dit que Kevin T n'exprime aucun regret.
00:12Il contestait en revanche toute intention terroriste, considérant son action comme légitime.
00:17S'il réfutait avoir voulu tuer des enfants, indiquant avoir pu se méprendre au regard de la taille de la
00:22victime de 11 ans,
00:23il déclarait toutefois n'éprouver aucun regret.
00:27Avant d'avoir Éric qui nous appelle de Dunkinque, Sabrina Medjibur,
00:31vous vouliez réagir à la fois à cette conférence de presse du procureur de la République et au propos d
00:37'Emmanuel Macron ?
00:38Oui, tout a été dit par Karim.
00:41De toute façon, nous restons prudents sur les éléments de l'enquête.
00:44Là, nous en avons de nouveau, ce qui prouve évidemment que Kevin T avait l'intention réelle
00:50de cibler des personnes en raison de leur confession religieuse et de leur couleur de peau.
00:56Donc c'est évidemment abominable et c'est évidemment inqualifiable au regard des éléments de l'enquête qui ont été
01:02démontrés.
01:04Moi, ce qui m'intéresse, si vous voulez, chère Christine, dans cette affaire absolument ignominieuse,
01:10c'est le traitement politique qui en est fait.
01:15C'est-à-dire que consécutivement à cette attaque,
01:20nous avons vu et assisté à une vélocité, une dextérité hallucinante
01:26sur l'empathie de la victime en raison de la religion supposée.
01:33Parce que certains ont considéré qu'il était musulman, que la victime était musulmane.
01:40Et de fait, on a tout de suite assisté à un procès en islamophobie
01:45de la part de certains élus, de la part de certaines figures associatives
01:50qui se sont jetées comme des vautours et des charognards
01:53sur la mort de ce jeune homme, cette petite fille qui est encore à l'hôpital,
01:59pour des raisons purement électoralistes, lucratives et politiques.
02:05Et là où je tenais à intervenir, c'est que je remarque tout de même
02:09que lorsqu'il y a des attentats islamistes commis en France,
02:14on nous demande, et à raison bien évidemment, de ne pas faire d'amalgame.
02:18Je remarque un réel mutisme sur des victimes telles que Thomas,
02:24telles que Lola, telles que Philippine,
02:26au nom du fantasme d'extrême droite,
02:29au nom du « il ne faut pas faire le jeu de ».
02:33Voyez-vous, et ce qui me frappe, ce qui me désole,
02:36c'est qu'il y a aujourd'hui en France, et je le dis,
02:40des élus et des figures associatives
02:43qui pensent qu'une certaine partie de la population
02:46doit être administrée comme des sujets ethno-religieux
02:51dans une conception fixiste de la victime éternelle
02:54face à une France blanche ontologiquement raciste.
02:58Et à partir de ce paradigme et de ce postulat,
03:01il se donne le droit de hiérarchiser les victimes
03:04et de relativiser les violences.
03:06C'est ça qui me frappe.
03:07Au moment où, Christine, vous parliez d'unité de la nation,
03:10moi je pense fortement au discours d'Ernest Renan
03:12qui nous disait que la nation française est un plébiscite de tous les jours.
03:17Ce sont ces gens-là qui réhabilitent la race,
03:19et franchement, Claude Lévi-Strauss, en ayant écrit « Races et histoires »,
03:22doit se retourner dans sa tombe aujourd'hui.
03:24Ce sont les mêmes qui réactivent le clivage de la race
03:28pour mieux diviser la société.
03:30Alors que la République française,
03:32c'est une contingence citoyenne,
03:33au-dessus de l'ethnie et au-dessus de la religion.
03:36Bonjour Eric, vous nous appelez.
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