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  • il y a 1 minute
Entre engagement syndical et exercice de la médecine, Caroline Barichon, présidente de l’ISNAR-IMG, porte la voix des internes de médecine générale. Dans sa Consult, elle partage sa vision de l’avenir de la profession, revient sur les difficultés rencontrées par les jeunes médecins et défend une formation plus respectueuse de leurs aspirations et de leur bien-être.

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Transcription
00:00Des soignants qui ne sont pas en bonne santé et notamment en bonne santé mentale
00:03ne peuvent pas bien soigner leurs patients.
00:12De représenter, défendre et d'informer les internes de médecine générale.
00:19J'interviens notamment dans les différents entretiens avec nos ministères de tutelle,
00:24par exemple le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche,
00:27le ministère de la Santé également.
00:29Et nous faisons aussi différentes réunions avec d'autres syndicats,
00:33soit des syndicats seniors, soit les autres syndicats jeunes.
00:36Nous participons également à beaucoup de congrès.
00:41Depuis le début de mes études, j'ai toujours été dans la représentation des étudiants
00:46parce que c'est un sujet qui me tient à cœur, de défendre leurs droits.
00:49Et donc c'est tout naturellement qu'en tant qu'interne,
00:53je me suis investie dans ce combat qui, pour moi, a encore plus de sens à cette période-là,
00:59qui est assez charnière dans nos études au final.
01:01Pour moi, c'est très important d'aider les internes sur tous les plans de leur vie,
01:05que ce soit leur vie personnelle ou leur vie professionnelle,
01:08et notamment leur vie en stage et les accompagner dans leurs études.
01:13C'est pas toujours facile.
01:15J'ai beaucoup d'heures syndicales, notamment directement après le stage,
01:20parfois même entre deux consultations.
01:22Il faut être assez réactif sur certains sujets.
01:25Donc c'est un travail qui est constant, permanent.
01:28C'est difficile en plus des études,
01:30mais on essaye de le mener à bien pour l'intérêt de tous les internes.
01:36Nous avons toujours porté la parole des internes
01:38et le souhait de reporter cette quatrième année de médecine générale.
01:43Malheureusement, cela ne s'est pas fait.
01:45Pour nous, le plus important est de continuer à accompagner au mieux les docteurs juniors,
01:50en faisant notamment des remontées de toutes les problématiques qui ont eu lieu
01:54depuis le début de l'appariement jusqu'à la mise en place,
01:57et notamment au début du docteur junior,
01:59pour que cette année se passe au mieux et qu'on puisse l'améliorer de plus en plus,
02:04pour qu'elle respecte le projet professionnel
02:06et surtout qu'elle soit le plus professionnalisante possible.
02:09On tient à ce qu'elle reste une année de professionnalisation
02:13et non pas une année pour, comme on l'entend très souvent, irriguer les campagnes.
02:20Comme chaque année, un des sujets phares qui nous tient vraiment à cœur
02:24est la santé mentale des internes.
02:26À travers les différentes enquêtes santé mentale que nous avons portées
02:29aux côtés de l'ISNI et de l'ANEMF,
02:31les résultats sont accablants.
02:32Pour nous, des soignants qui ne sont pas en bonne santé,
02:35et notamment en bonne santé mentale,
02:37ne peuvent pas bien soigner leurs patients.
02:39Et cela passe notamment par l'information des différents dispositifs existants,
02:42à l'échelle nationale, mais également à l'échelle locale,
02:45pour tous les étudiants et les internes en médecine générale.
02:49Cela passe aussi par mieux encadrer les internes en stage,
02:52avec notamment la formation des encadrants,
02:56pour pouvoir mieux dépister les problèmes de santé mentale
02:59et mieux accompagner et rediriger les internes
03:02vers les structures et les professionnels adéquats.
03:06D'autres sujets sont importants,
03:07notamment avec l'arrivée imminente du projet de loi de financement
03:09de la Sécurité sociale, les présidentielles 2027,
03:13et bien entendu, la lutte contre la coercition,
03:16qui est toujours une menace,
03:17qui flotte au-dessus de la tête de chaque interne.
03:22La coercition n'est pas une solution,
03:26puisque la quatrième année de médecine générale
03:28que l'on voulait professionnalisante
03:30est une mesure coercitive déguisée,
03:33puisqu'elle nous incite à faire des stages
03:35dans des zones où l'accès aux soins est très réduite,
03:39ce qui est une bonne chose en soi,
03:42puisqu'on veut que tous les patients et toutes les patientes
03:45soient soignées de façon juste.
03:47Mais la coercition n'est pas la solution,
03:48parce qu'il faut se concerter avec les professionnels de santé
03:52pour que l'accès aux soins soit le plus juste possible
03:56en fonction des besoins des territoires.
03:58Et en fait, il a été montré dans différentes études
04:00que les facteurs principaux à l'installation
04:03sont se rapprocher de sa famille,
04:05avoir fait ses études dans un territoire
04:07et bien connaître ce territoire,
04:09et avoir des services publics accessibles.
04:11Et cela passe notamment par l'application des guichets uniques,
04:14que nous demandons depuis plusieurs années.
04:19Que dans nos études, nous cumulons les six facteurs
04:22de risques psychosociaux.
04:24Par exemple, nous dépassons très largement
04:2659 heures par semaine de temps de travail,
04:28alors que le maximum réglementaire est de 48 heures par semaine
04:32pour nos études.
04:33Il y a aussi des conflits de valeurs à l'hôpital,
04:35des difficultés sur nos terrains de stage,
04:38avec beaucoup de pression de la part des chefs
04:41ou des équipes parfois.
04:43On nous demande de soigner les gens,
04:45on veut le faire correctement,
04:47mais en même temps, on manque cruellement de moyens
04:49sur nos terrains de stage et à l'hôpital.
04:51Il y a aussi la pression qu'on se met
04:53et qu'on nous met tout au long de nos études,
04:55parce qu'on a un niveau d'exigence
04:57qui est très important pour pouvoir soigner les gens correctement.
05:03Avant d'entrer dans les études médicales,
05:05j'ai fait un parcours en biologie santé
05:07et notamment j'ai fait un master 2
05:09en recherche en cancérologie,
05:11avant de faire une passerelle
05:14pour me permettre de retourner vers les études médicales
05:16qui sont ma vocation depuis très très longtemps.
05:19Et donc j'ai intégré directement
05:21les études de santé en deuxième année.
05:26Si je devais donner un conseil
05:27à toutes les internes et tous les internes
05:29qui nous regardent,
05:31c'est peu importe le temps que ça prendra.
05:32Si vous avez envie de faire quelque chose,
05:34il faut absolument le faire et vous lancer.

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