00:00Des soignants qui ne sont pas en bonne santé et notamment en bonne santé mentale
00:03ne peuvent pas bien soigner leurs patients.
00:12De représenter, défendre et d'informer les internes de médecine générale.
00:19J'interviens notamment dans les différents entretiens avec nos ministères de tutelle,
00:24par exemple le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche,
00:27le ministère de la Santé également.
00:29Et nous faisons aussi différentes réunions avec d'autres syndicats,
00:33soit des syndicats seniors, soit les autres syndicats jeunes.
00:36Nous participons également à beaucoup de congrès.
00:41Depuis le début de mes études, j'ai toujours été dans la représentation des étudiants
00:46parce que c'est un sujet qui me tient à cœur, de défendre leurs droits.
00:49Et donc c'est tout naturellement qu'en tant qu'interne,
00:53je me suis investie dans ce combat qui, pour moi, a encore plus de sens à cette période-là,
00:59qui est assez charnière dans nos études au final.
01:01Pour moi, c'est très important d'aider les internes sur tous les plans de leur vie,
01:05que ce soit leur vie personnelle ou leur vie professionnelle,
01:08et notamment leur vie en stage et les accompagner dans leurs études.
01:13C'est pas toujours facile.
01:15J'ai beaucoup d'heures syndicales, notamment directement après le stage,
01:20parfois même entre deux consultations.
01:22Il faut être assez réactif sur certains sujets.
01:25Donc c'est un travail qui est constant, permanent.
01:28C'est difficile en plus des études,
01:30mais on essaye de le mener à bien pour l'intérêt de tous les internes.
01:36Nous avons toujours porté la parole des internes
01:38et le souhait de reporter cette quatrième année de médecine générale.
01:43Malheureusement, cela ne s'est pas fait.
01:45Pour nous, le plus important est de continuer à accompagner au mieux les docteurs juniors,
01:50en faisant notamment des remontées de toutes les problématiques qui ont eu lieu
01:54depuis le début de l'appariement jusqu'à la mise en place,
01:57et notamment au début du docteur junior,
01:59pour que cette année se passe au mieux et qu'on puisse l'améliorer de plus en plus,
02:04pour qu'elle respecte le projet professionnel
02:06et surtout qu'elle soit le plus professionnalisante possible.
02:09On tient à ce qu'elle reste une année de professionnalisation
02:13et non pas une année pour, comme on l'entend très souvent, irriguer les campagnes.
02:20Comme chaque année, un des sujets phares qui nous tient vraiment à cœur
02:24est la santé mentale des internes.
02:26À travers les différentes enquêtes santé mentale que nous avons portées
02:29aux côtés de l'ISNI et de l'ANEMF,
02:31les résultats sont accablants.
02:32Pour nous, des soignants qui ne sont pas en bonne santé,
02:35et notamment en bonne santé mentale,
02:37ne peuvent pas bien soigner leurs patients.
02:39Et cela passe notamment par l'information des différents dispositifs existants,
02:42à l'échelle nationale, mais également à l'échelle locale,
02:45pour tous les étudiants et les internes en médecine générale.
02:49Cela passe aussi par mieux encadrer les internes en stage,
02:52avec notamment la formation des encadrants,
02:56pour pouvoir mieux dépister les problèmes de santé mentale
02:59et mieux accompagner et rediriger les internes
03:02vers les structures et les professionnels adéquats.
03:06D'autres sujets sont importants,
03:07notamment avec l'arrivée imminente du projet de loi de financement
03:09de la Sécurité sociale, les présidentielles 2027,
03:13et bien entendu, la lutte contre la coercition,
03:16qui est toujours une menace,
03:17qui flotte au-dessus de la tête de chaque interne.
03:22La coercition n'est pas une solution,
03:26puisque la quatrième année de médecine générale
03:28que l'on voulait professionnalisante
03:30est une mesure coercitive déguisée,
03:33puisqu'elle nous incite à faire des stages
03:35dans des zones où l'accès aux soins est très réduite,
03:39ce qui est une bonne chose en soi,
03:42puisqu'on veut que tous les patients et toutes les patientes
03:45soient soignées de façon juste.
03:47Mais la coercition n'est pas la solution,
03:48parce qu'il faut se concerter avec les professionnels de santé
03:52pour que l'accès aux soins soit le plus juste possible
03:56en fonction des besoins des territoires.
03:58Et en fait, il a été montré dans différentes études
04:00que les facteurs principaux à l'installation
04:03sont se rapprocher de sa famille,
04:05avoir fait ses études dans un territoire
04:07et bien connaître ce territoire,
04:09et avoir des services publics accessibles.
04:11Et cela passe notamment par l'application des guichets uniques,
04:14que nous demandons depuis plusieurs années.
04:19Que dans nos études, nous cumulons les six facteurs
04:22de risques psychosociaux.
04:24Par exemple, nous dépassons très largement
04:2659 heures par semaine de temps de travail,
04:28alors que le maximum réglementaire est de 48 heures par semaine
04:32pour nos études.
04:33Il y a aussi des conflits de valeurs à l'hôpital,
04:35des difficultés sur nos terrains de stage,
04:38avec beaucoup de pression de la part des chefs
04:41ou des équipes parfois.
04:43On nous demande de soigner les gens,
04:45on veut le faire correctement,
04:47mais en même temps, on manque cruellement de moyens
04:49sur nos terrains de stage et à l'hôpital.
04:51Il y a aussi la pression qu'on se met
04:53et qu'on nous met tout au long de nos études,
04:55parce qu'on a un niveau d'exigence
04:57qui est très important pour pouvoir soigner les gens correctement.
05:03Avant d'entrer dans les études médicales,
05:05j'ai fait un parcours en biologie santé
05:07et notamment j'ai fait un master 2
05:09en recherche en cancérologie,
05:11avant de faire une passerelle
05:14pour me permettre de retourner vers les études médicales
05:16qui sont ma vocation depuis très très longtemps.
05:19Et donc j'ai intégré directement
05:21les études de santé en deuxième année.
05:26Si je devais donner un conseil
05:27à toutes les internes et tous les internes
05:29qui nous regardent,
05:31c'est peu importe le temps que ça prendra.
05:32Si vous avez envie de faire quelque chose,
05:34il faut absolument le faire et vous lancer.