00:00Père Boulin, Gilles Boyer, on va en parler, et j'espère assez longuement.
00:04Simplement, je le disais, vous êtes proche d'Edouard Philippe.
00:07Edouard Philippe baisse dans les chandages, et il baisse fortement.
00:11Je n'ai pas d'exemple, sous la Ve République, d'un candidat à la présidence de la République qui
00:19inverse la tendance.
00:20Quand tu commences à tomber...
00:22Quand déjà bonjour ?
00:24Non mais c'est vrai, je n'en ai pas.
00:25Non mais j'en ai cherché, je n'en ai pas.
00:29Et je parle sous le couvert de Gérard Carreau.
00:32Donc pourquoi, selon vous, baisse-t-il, et peut-être une primaire pourrait-il le relancer ?
00:38Je vais vous répondre deux choses.
00:39D'abord, aucune élection ne ressemble à une autre, et franchement, les élections présidentielles passées nous enseignent ça.
00:44C'est-à-dire qu'à chaque fois qu'on appréhende l'élection qui vient à la lumière des élections
00:47passées, on se trompe.
00:49Et deuxième chose, nous sommes dans un moment où l'offre de candidats est absolument pléthorique.
00:54Je crois qu'il y a 40 personnalités qui se sont déclarées.
00:57Aujourd'hui, on en a une vingtaine qui sont testées dans les sondages, avec à chaque fois une dizaine d
01:01'hypothèses.
01:02Et donc l'offre n'est pas du tout cristallisée.
01:04Et quand on arrivera en janvier-février, qui est le moment où les Français se plongent dans l'élection, font
01:08leur choix, font leur sélection,
01:10l'offre en présence se précise.
01:12On aura comme à chaque fois dix ou douze candidats, j'imagine, à peu près quelque chose comme ça.
01:16Les Français hésiteront entre un ou deux ou trois, mais pas entre les dix, pas entre les douze.
01:20Et l'offre sera clarifiée.
01:22Et à ce moment-là, je suis assez certain qu'on pourra préciser les choses et que la candidature d
01:28'Edouard Philippe pourra à nouveau se préciser et se renforcer.
01:32Ce que vous dites est exact sur les sondages.
01:34Je vous remercie de noter que nous ne nous sommes jamais prévalus des sondages dans la phase où ils étaient
01:39plus élevés.
01:41Parce que nous en connaissons la fragilité.
01:44Il suffit que trois personnes changent d'avis dans un échantillon et tout d'un coup, on a l'impression
01:47que c'est un séisme.
01:49Donc je ne conteste pas la baisse.
01:51Je la mets aussi sur le compte de l'élargissement de l'offre.
01:54Parce qu'évidemment, plus il y a de candidats testés et plus la part de chacun se réduit.
01:58Et je suis assez certain qu'en début d'année, tout ça va se préciser.
02:01Il n'y aura pas de primaire.
02:02Il ne souhaite pas une primaire de la droite et du centre, pour faire court.
02:08Écoutez, ceux qui veulent faire une primaire, ils feront une primaire.
02:10Moi, je pense qu'une primaire, elle a pour objectif de rassembler des personnalités politiques qui ont au moins 80
02:16% de valeur en commun et peut-être 20% de différence.
02:19Et une primaire, ça doit correspondre à un engagement des participants de soutenir sans réserve le vainqueur et de lui
02:26apporter ses électeurs.
02:27Aujourd'hui, ces conditions, elles ne sont pas réunies.
02:29Lorsqu'on veut réunir dans une même compétition quelqu'un qui est le pur produit du macronisme, qui défend le
02:35en même temps, comme Gabriel Attal, qui veut perpétuer le en même temps.
02:38Il a dit qu'il voulait rassembler la droite et la gauche et que vous voulez y ajouter David Lissnard,
02:42qui de son côté me semble plus proche d'une certaine union des droites.
02:46Comment voulez-vous que les électeurs y retrouvent une forme de cohérence ?
02:49Donc moi, je pose ces questions.
02:51Une primaire, pourquoi faire ? Et surtout, quel en serait le résultat ?
02:54Et le résultat, c'est une chose, mais surtout l'efficacité au moment de sélectionner les candidats.
02:59Bon, écoutez, ça a le mérite d'être clair.
03:02Et il faut qu'il vienne, M. Édouard Philippe, sur ce plateau ?
03:04Mais je lui transmettrai votre invitation, M. Proulx.
03:06Mais parce qu'on n'a rien contre personne.
03:10La difficulté, souvent ce que j'ai dit, ici, et je peux le redire, on a le sentiment qu'il
03:14ne fera rien.
03:17Vous comprenez ce que je veux dire ?
03:18C'est pas ce que j'appelle être pour quelqu'un non plus, M. Proulx.
03:20Non, mais quand on fera rien, ça veut dire quoi ?
03:22C'est-à-dire qu'il n'entend pas les demandes sur l'immigration, les demandes sur la sécurité.
03:28Alors, c'est quoi faire rien ? C'est ne pas changer les choses.
03:31Je l'ai entendu, par exemple, sur l'immigration l'autre jour.
03:33Sur l'immigration légale, il ne veut même pas...
03:36Il veut l'arrêter de 50%.
03:38Oui.
03:39Donc, je ne suis pas sûr que les Français soient sur cette ligne.
03:42M. Proulx.
03:42Et l'immigration illégale, évidemment, il faut l'arrêter.
03:45De la même manière, sur la justice, les Français ont un soif aujourd'hui de justice plus sévère,
03:50d'immigration moins nombreuse, de moins d'Europe.
03:54Une Europe, je parlais l'industrie automobile,
03:57l'industrie automobile est tuée par l'Europe au nom de l'idéologie.
04:00Et même la personne a dit on s'est trompé.
04:02Donc, ils ont ce sentiment, et ils ont le sentiment avec Édouard Philippe,
04:06qu'il incarne une sorte de, comment dire, de super techno
04:11qui est déconnecté d'une réalité.
04:14M. Proulx, vous dites les Français.
04:15Mais bon, ni vous ni moi ne sommes porte-parole de 100% des Français.
04:18Il y a des gens qui ne pensent pas comme nous.
04:19Il y a des gens qui ne pensent pas comme moi.
04:21Il y a peut-être des gens qui ne pensent pas comme vous.
04:22Je me permets de dire qu'en proposant de réduire de 50% l'immigration légale,
04:26on est aussi à l'écoute des restaurateurs, des travaux publics,
04:30des directeurs d'EHPAD, des directeurs d'hôpitaux,
04:33qui nous disent que sans une immigration légale contrôlée et choisie,
04:37ils ne pourront pas continuer, que notre système est à bout de souffle.
04:39Il y a des étrangers qui sont au chômage.
04:42Oui, bien sûr.
04:44C'est comme les poussons volants, ce n'est pas la priorité de l'espèce.
04:46Mais qu'on les fasse d'abord travailler.
04:48Pardon ?
04:48Qu'on les fasse d'abord travailler, M. Boyer.
04:51Il y a des étrangers qui sont au chômage aujourd'hui.
04:54Oui, d'accord.
04:55Qu'on compte d'abord que ces gens-là travaillent.
04:58Ceux qui sont présents sur le territoire.
04:59La solution ?
05:00Que ces gens-là travaillent.
05:01J'exprime là une parole de bon sens.
05:04Nous pensons et je sais quand.
05:05Il y a des Français aussi qui sont au chômage.
05:07Peut-être que ces gens-là, il faut d'abord...
05:09J'entends ce que vous dites,
05:10mais il y a des Français au chômage,
05:13il y a des étrangers au chômage
05:13et vous dites qu'il faut encore de l'immigration pour travailler.
05:16En fait, c'est juste inaudible.
05:18Écoutez, moi, je vous donne ma conviction.
05:20Je suis assez certain qu'une proportion importante de Français
05:24sont aussi à l'écoute de plus de modération sur ces sujets.
05:28D'un côté, vous avez ceux qui vous disent
05:30qu'il faut laisser entrer tout le monde
05:31et grander la maison du père.
05:33De l'autre côté, certains pensent qu'il faut une immigration zéro.
05:37Je pense qu'il nous faut des étudiants
05:39et je pense qu'il nous faut une immigration économique choisie
05:41dans certains secteurs.
05:42C'est très intéressant ce que vous...
05:42Mais vous n'êtes pas de cet avis
05:44et je le savais en venant ici et ce n'est pas grave.
05:46Mais monsieur Boyer, ce n'est pas que je ne suis pas de cet avis,
05:48c'est que tout ça est dévoyé.
05:50Les étudiants, c'est intéressant.
05:51En théorie, vous avez raison,
05:53mais ils rentrent et ce n'est pas des étudiants.
05:56C'est ça.
05:57En fait, le droit d'asile est dévoyé.
05:59Les étudiants, c'est dévoyé.
06:01Le logement social, c'est dévoyé.
06:04Toutes ces choses-là, qui sont belles en soi,
06:07en théorie, c'est très bien,
06:09mais tout est dévoyé.
06:11C'est-à-dire que les profs nous disent,
06:13ils viennent là trois mois,
06:14ils ne sont plus dans les amphi au bout de trois mois.
06:16Je ne fais qu'entendre cela.
06:18Je pense, monsieur Pro,
06:19qu'il m'arrive de penser souvent
06:21que la générosité dont nous faisons preuve
06:24est parfois retournée contre nous.
06:27Parfois.
06:28Mais je n'applique pas ce raisonnement
06:30à 100% des situations.
06:33Et donc, ce que nous voulons,
06:34c'est en effet faire en sorte
06:35que notre générosité soit distribuée
06:38toujours dans le modèle français
06:40qui doit aussi faire notre fierté,
06:42mais dans une forme d'équilibre
06:44et sans renoncer à ce qu'ils font de nos principes.
06:49Le droit d'asile est dévoyé, c'est certain.
06:50Il est dévoyé parce que ceux qui sont déboutés
06:53restent en France, évidemment.
06:56Bon, donc évidemment,
06:57ça, je ne peux pas le contester.
06:59C'est une des grandes faiblesses de notre droit.
07:02Mais nous pouvons y remédier.
07:03Mais simplement, vous plaquez un raisonnement
07:06qui est censé s'appliquer à 100% des situations,
07:09alors que dans la réalité,
07:10on sait bien que la diversité des situations
07:12qui se présentent est différente.
07:13En tout cas, je vous remercie d'accepter ce dialogue.
07:16Je ne vous ai pas interrompu.
07:17J'ai bien noté, oui.
07:19Pourvu que ça dure.
07:20Donc, je suis là.