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  • il y a 9 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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00:0013h, 14h, Europe Info se poursuit sur Europe 1 avec vous Clélie Mathias, CEO, chroniqueur de ce vendredi, Raphaël Saint
00:09-Ville et Jean-Michel Salvatore.
00:11Le PIB de la France qui chute selon l'INSEE de 0,1% encore au dernier trimestre, ça veut
00:16dire qu'on frôle, on flirte avec la récession.
00:19Écoutez les mots de Roland Lescure ce matin sur France Info.
00:22Aujourd'hui, si on n'a pas le redressement budgétaire qu'on a mis dans le budget, on ira dans
00:27le mur.
00:27Et moi, je ne souhaite pas que la France aille dans le mur, je souhaite que la France retrouve le
00:31chemin de la croissance.
00:32Et donc, il est essentiel que, j'allais dire, tout le monde comprenne tout le monde et qu'on puisse
00:38intégrer la contrainte globale à laquelle on fait face, c'est essentiel aujourd'hui.
00:42Alors, je ne sais pas si tout le monde a compris tout le monde, en tout cas, je ne sais
00:44pas si les députés l'ont compris, Jean-Michel Salvatore,
00:46parce qu'on a appris que les députés de la Commission des Finances avaient voté 48 milliards de dépenses supplémentaires,
00:53notamment pour l'écologie.
00:55C'est très bien, mais c'est 48 milliards quand même.
00:58Alors, même si on sait que ce budget a certainement très peu de chances d'être adopté, qu'est-ce
01:02que ça dit ?
01:02C'est-à-dire que vous avez d'un côté Roland Lescure qui alerte, qui dit on va dans le
01:06mur, et de l'autre des députés qui s'autorisent à lâcher les dépenses ?
01:09Moi, je pense que ce que ça dit, c'est qu'il n'y a pas qu'Emmanuel Macron qui
01:13est complètement déconnecté de la réalité.
01:15Vous avez aussi les députés qui font n'importe quoi.
01:20La situation économique de la France, elle est dramatique.
01:23On est quasiment au bord de la récession.
01:25Donc, quand on dit qu'on est au bord de la récession, ça veut dire qu'il y a moins
01:29de business, il y a moins de chiffre d'affaires, il y a moins de TVA, il y a moins
01:33d'impôts sur les sociétés,
01:35donc il y a plus de dettes, donc il y a plus de déficits, etc.
01:39Donc, on est vraiment dans une situation incroyablement préoccupante.
01:43Les commerçants le vivent très douloureusement, puisque le commerce est quasiment à l'arrêt,
01:49et qu'il y a des baisses de chiffre d'affaires dans les centres-villes de 80%,
01:52alors que la période qui s'ouvre aujourd'hui, et qui s'ouvre ce mois-ci en tout cas, c
01:57'est une période en général de très grande activité,
02:00puisqu'en gros, le commerce fait 40% de son chiffre d'affaires entre le mois de novembre et Noël,
02:08il y a le Black Friday qui va commencer, etc.
02:10Et donc là, on voit bien la catastrophe qui est déjà là,
02:13on voit bien aussi que comme les prix du carburant ont beaucoup augmenté, les Français ne se déplacent plus,
02:20donc on est vraiment dans une économie qui est complètement à l'arrêt,
02:23et moi, ce qui me frappe énormément, c'est la déclaration de Roland-les-les-Cur,
02:26parce qu'en général, un ministre des Finances en France, il est là pour rassurer.
02:32Il est là pour rassurer les marchés, et d'autant plus en France que nous, on emprunte beaucoup,
02:36et donc on a besoin d'avoir un discours rassurant.
02:39Et là, il n'essaye même plus de rassurer, parce qu'il voit le mur qui s'approche, qui s
02:43'approche, qui s'approche,
02:44et il sait bien qu'on ne pourra pas l'éviter.
02:46Raphaël Stainville.
02:47Oui, mais ce mur, eux-mêmes, ils ont contribué à le façonner.
02:53C'est pour ça que moi, les propos de Roland-les-Cur, plutôt que d'accabler la classe politique,
02:59et à raison, on pourrait y aller à loisir, c'est plutôt les propos de Roland-les-Cur qui m
03:06'inquiètent.
03:06Parce que la croissance, elle ne se décrète pas.
03:09Quand bien même la France aurait un budget, quand vous voyez à quel point les investisseurs aujourd'hui,
03:16bout de la France, quand vous voyez à quel point, finalement, la désinstruisation de la France
03:22est conséquente et a des impacts,
03:25quand vous voyez qu'aucun investisseur ne peut se dire
03:30que les normes ne vont pas être alourdies,
03:34que la fiscalité ne va pas être alourdie,
03:36comment voulez-vous que la confiance soit au rendez-vous
03:40et permette d'avoir, de se projeter dans l'avenir de manière un peu sereine ?
03:43Moi, je pense qu'au-delà même du discours alarmiste de Roland-les-Cur,
03:47c'est bien les conditions qui ont été créées
03:50et qui ont rendu, finalement, ce mur presque inévitable.
03:54Jean-Michel Salvatore ?
03:55Oui, mais quand Raphaël dit « discours alarmiste »,
03:58il n'exagère pas.
04:00Non, je ne dis pas qu'il n'exagère.
04:01Il n'exagère pas.
04:03Mais il en est le premier comptable.
04:05Non, mais ça, bien sûr, je suis d'accord.
04:07Mais c'est vrai qu'il envoie des signaux qui sont incroyablement inquiétants.
04:11Souvenez-vous, il y a un mois, il avait fait une déclaration
04:14qui avait vraiment inquiété tout le monde.
04:17Il avait dit que la France avait du mal à trouver, à emprunter sur le long terme.
04:24Autant sur les emprunts à 10 ans, on arrivait assez facilement à lever de l'argent.
04:28Autant sur les emprunts à 30 ans pour financer notre dette, on avait du mal.
04:32Et c'est vrai que cette simple déclaration du ministre des Finances de la France
04:36avait évidemment inquiété énormément de monde.
04:38Et donc, Macron lui avait dit, tu vas faire le tour du monde pour expliquer
04:41que ce n'est pas exactement ce que tu as dit et qu'en fait, il n'y a aucune
04:44inquiétude.
04:44Donc là, il nous fait une nouvelle déclaration qui est incroyablement inquiétante.
04:49Et moi, je pense que Laurent Wauquiez, hier, dans l'opinion, il avait tout à fait raison
04:53quand il disait, en fait, la question n'est pas de savoir si on va avoir une crise financière,
04:56mais la question est de savoir quand elle arrivera.
04:59Et donc, on a déjà eu l'occasion d'en parler, Clélie, ici.
05:02Mais c'est vrai qu'on voit bien qu'on y est quasiment.
05:04Alors, évidemment, les députés, ils s'imaginent toujours que parce que la France
05:08est la deuxième ou troisième économie d'Europe,
05:12comme on est tout big, tout fell, il n'y aura pas de conséquences.
05:15Mais c'est totalement faux.
05:16C'est totalement faux.
05:17Il y a vraiment un énorme risque.
05:20Et Marc Toitil disait, je crois que c'était sur Europe ou sur CNews,
05:24il disait qu'évidemment que la France peut être mise sous tutelle par le FMI.
05:28Et si c'est le cas, on va souffrir.
05:30C'est le cas, c'est le cas, c'est le cas.
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