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  • il y a 1 heure
Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes témoignent de perturbations de leur cycle menstruel après les manifestations des 17 et 24 octobre. Le collectif Lacrymos de Sang, qui a ouvert un questionnaire pour quantifier le phénomène, a déjà reçu plus de 10 000 témoignages. Devant notre caméra, Johanne Voahangy-Nirina, sage-femme à Paris et membre du collectif, demande aux autorités d'appliquer le principe de précaution en attendant de nouvelles études scientifiques.

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Transcription
00:00Les effets des gaz lacrymogènes sur la santé des femmes suscitent une réelle inquiétude.
00:04On a très souvent des témoignages de personnes qui nous disent
00:07« mais je n'ai jamais eu aussi mal de toute ma vie ».
00:10On aimerait utiliser le principe de précaution.
00:13Nous avons créé ce questionnaire afin de recueillir le maximum de témoignages
00:17de personnes menstruées qui ont été en manifestation.
00:21Actuellement, on est à plus de 10 000 témoignages.
00:23On a quand même plusieurs personnes qui n'ont plus leurs règles habituellement,
00:26qui nous disent « je suis allée manifester et le lendemain ou même dans la nuit,
00:31suite à la manifestation et l'exposition des gaz lacrymogènes, des règles sont réapparues ».
00:37Il y a même un témoignage d'une dame qui habite au 4e étage qui a senti des gaz lacrymo
00:41et qui le lendemain a eu des règles qui se sont déclenchées.
00:44Ce qui a été super intéressant, c'est notamment pour les personnes qui ont déjà des antécédents gynécologiques
00:49de l'adénomiose ou de l'endométriose, caractérisées par les douleurs abdominales des crampes spécifiques,
00:57mais qui ont été exacerbées.
00:59On a très souvent des témoignages de personnes qui nous disent
01:03« mais je n'ai jamais eu aussi mal de toute ma vie ».
01:05Alors que ce sont déjà des personnes qui, malheureusement,
01:08sont habituées à la douleur du fait de leur pathologie.
01:12Ça fait peur, puisqu'on reçoit des témoignages qui sont difficiles,
01:16qui peuvent toucher vraiment dans la sphère de l'intimité,
01:19notamment avec les grossesses arrêtées.
01:21Heureusement, on n'en a pas beaucoup,
01:23mais il y a quand même pas mal de femmes qui nous ont dit
01:26qu'elles ont fait une fausse couche dans les jours qui ont suivi.
01:30Aujourd'hui, on ne sait pas exactement s'il y a un lien,
01:33mais par sécurité, on aimerait utiliser le principe de précaution,
01:37en attendant d'avoir des recherches plus approfondies.
01:40Nous, ce qu'on souhaiterait avant tout, c'est pouvoir déplacer la responsabilité.
01:45On ne veut pas dire aux citoyens et citoyennes
01:47« Arrêtez de manifester puisque vous avez un risque pour votre santé menstruelle ».
01:52Ce n'est pas exactement ça.
01:53Nous, ce qu'on voudrait, c'est pouvoir alerter le gouvernement,
01:57les forces de l'ordre, pour qu'ils prennent leurs responsabilités.
02:01Manifester en France, c'est un droit.
02:03Et on aimerait que le gouvernement puisse reconnaître
02:06qu'exposer au gaz lacrymogène, ça peut être potentiellement néfaste.
02:11Et on aimerait alerter la communauté scientifique
02:15pour que le sujet soit vraiment mis en valeur.
02:18On a réussi, nous, à obtenir plus de 10 000 témoignages à posteriori.
02:23C'est une piste à creuser pour les prochains scientifiques,
02:25mais avec peut-être plus de précision.
02:28Contacté par le nouvel OBS,
02:29le ministère de la Santé déclare que les données scientifiques disponibles
02:32ne permettent pas d'établir un lien de causalité
02:35entre exposition aux agents lacrymaux et perturbations du cycle menstruel,
02:38et que les éventuels effets gynécologiques demeurent insuffisamment documentés.
02:42Il se dit cependant vigilant à tout signal qui pourrait être porté à sa connaissance.

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