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Alexandre Jardin, écrivain et président de l'association "Les Gueux", était l'invité de BFMTV ce 1er novembre. Il est revenu notamment sur la crise sociale qui touche l'Hexagone depuis quelques semaines. L'écrivain a d'ailleurs lancé une application dédiée au référendum citoyen.

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00:00Notre invité cet après-midi, c'est Alexandre Jardin, écrivain, président de l'association Les Gueux et auteur de Les
00:07Gueux, le retour aux éditions Michel Laffont.
00:10Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation cet après-midi. Face à vous, Nicolas Doménac qui nous accompagne toutes les
00:16missions,
00:17Victor Hérault qui vient de nous rejoindre, on va revenir évidemment sur la mobilisation en cours,
00:23troisième samedi de mobilisation hier, des appels à bloquer les lycées dès demain, une journée de grève jeudi prochain,
00:29et puis un nouvel appel des Gilets jaunes a manifesté le samedi suivant.
00:34Comment vous sentez les choses ? Où est-ce que ça va durer ?
00:38Ça fait des années que ça ne fonctionne pas la démocratie. Ce n'est pas juste maintenant.
00:45Les Gilets jaunes, etc. Il y a un problème de déconnexion extraordinairement profonde.
00:52On a un pays voisin qui s'appelle la Suisse. Pourquoi ils ne crament pas ?
00:57Parce que quand ils ne sont pas d'accord, ils tombent d'accord sur des textes, ils signent,
01:02et ça passe en démocratie directe.
01:04Ça veut dire que ces gens ne sont pas virés tous les cinq ans.
01:06Ils ne sont pas virés le soir de l'élection.
01:08Ils restent des citoyens en exercice, en plein exercice.
01:12Et donc tous ces gens ont des choses à dire.
01:15Est-ce qu'ils ne peuvent pas porter des textes et que la nation tranche ?
01:19Or, dans le système actuel, ça n'est pas possible puisque le système référendaire français
01:23est fait pour que ça n'ait jamais lieu.
01:25D'ailleurs, ça n'ait jamais lieu.
01:27Donc, nous, ce qu'on propose avec le mouvement des gueux, c'est quelque chose de très simple.
01:31Quand il y a une connerie qui arrive, par exemple les ZFE...
01:35Qui est votre grand combat ?
01:36Oui, on est né de ce combat-là.
01:39Les zones à faible émission.
01:41On découvre que l'étude d'impact, elle faisait une demi-page.
01:45En gros, il n'y avait pas d'étude d'impact.
01:47Personne n'avait regardé.
01:49Et puis, finalement, c'est tout le temps.
01:51Vendredi dernier, là, vient de passer une loi avec une taxe sur les flux numériques.
01:57Ils étaient 21 sur 577.
02:01Il n'y a même pas de quorum à l'Assemblée.
02:03On se voit contre 10.
02:04Oui, oui.
02:05Donc, on a un système qui ne marche pas.
02:07C'est complètement délirant de désorganiser.
02:09Parce que c'est une loi qui est d'une gravité aux conséquences absolument colossales.
02:13Pour votre pouvoir d'achat, pour la transition vers l'intelligence artificielle dans notre économie.
02:20Tout à coup, vous avez des gens qui...
02:22Sans étude d'impact, hein.
02:23Le truc est voté furtivement par 21.
02:26Donc, en fait, ce n'est pas isolé.
02:28On est tout le temps dans un problème de démocratie qui a du mal à marcher,
02:32qui fait monter les extrêmes parce que le peuple ne sait pas comment parler autrement.
02:37Donc, nous, on propose un truc extrêmement simple.
02:39Donc, pour nous, ce qui est important, ce n'est pas qui va être élu.
02:42C'est qu'est-ce qu'on fait ? J plus 1.
02:46C'est-à-dire, quelqu'un va être élu.
02:49J plus 1, est-ce que la bordélisation actuelle va s'amplifier ?
02:53Est-ce qu'au mois de juin, on n'aura probablement pas de majorité absolue ?
02:57On a les marchés au cul qui veulent nous faire la peau.
03:00Qu'est-ce qu'on fait ?
03:01Donc, nous, on propose quelque chose de simple, d'apaisant pour une société.
03:04Le référendum.
03:05Le référendum citoyen, d'initiative citoyenne.
03:08Parce que quand le peuple tranche, il est très rare qu'il se révolte contre lui-même.
03:11Et on va revenir, évidemment, sur cette proposition-là, que vous portez depuis des années.
03:17C'est ça que les deux portent aujourd'hui.
03:18Mais là, on est à J-6 mois avant l'élection présidentielle.
03:23Et il y a une crise qui est en cours.
03:25Déjà, une question.
03:25Est-ce que vous, vous participez à ces manifestations ?
03:28Non, mais j'aide beaucoup de monde.
03:30Vous aidez beaucoup de monde.
03:31Oui, mais pourquoi ?
03:32Parce qu'en réalité, il y a ce que vous voyez à la télé, qui est télévisuel, ça fait des
03:35images.
03:36Et après, vous avez 20 fois plus de gens qui souffrent et qui n'ont pas les moyens d'être
03:41filmés.
03:42Qui sont tous les gens qui sont en train de dévisser avec la crise de l'énergie,
03:47qui ne peuvent même plus payer leurs transports pour aller bosser.
03:51Dans mon village, dans l'Aude, vous avez une très grande partie des gens qui ne peuvent plus payer pour
03:55travailler.
03:57Payer pour travailler.
03:58Vous vous rendez compte de quoi on parle ?
04:00Vous avez des communes dont les services municipaux ne marchent plus parce que le personnel ne peut plus venir.
04:05Donc, vous avez une économie qui est en train de s'effondrer.
04:07Vous avez même le produit des taxes pétrolières qu'on a voulu garder haute qui s'effondre.
04:12Vous avez les remontées de TVA qui sont en train de se péter la gueule au moment où les marchés
04:17financiers regardent nos comptes.
04:19Donc, vous soutenez ce mouvement, cette mobilisation des lycéens, des gilets jaunes ?
04:23Non, je suis en train de vous dire que ce que je soutiens, c'est cette crise du pouvoir d
04:26'achat
04:26qui est bien, bien, bien plus terrible que ce que vous voyez à la télé.
04:31Et puis derrière, il y a un troisième rang, c'est les marchés financiers qui sont en train de monter
04:37les taux.
04:38Et on est tous en train de discuter, mais sauf que s'ils ne prêtent plus.
04:43Or, la BCE a annoncé la semaine dernière qu'elle ne nous suivrait pas, qu'elle n'achèterait pas les
04:48bons du Trésor français.
04:50Donc, d'un instant à l'autre, je dis bien d'un instant à l'autre, il faut regarder qui
04:54l'achète encore.
04:55C'est uniquement des fonds ultra spéculatifs.
04:57Ce n'est plus du bon père de famille.
04:58– Juste, comme vous avez réemployé le mot, vous avez dit ça s'effondre, etc.
05:02C'est une expression que vous aviez déjà employée.
05:04Vous avez dit exactement, il y a quelques semaines, la France s'effondre en silence.
05:09Là, ce n'est pas en silence.
05:11Donc, pourquoi vous êtes en dehors alors que ça clame des protestations ?
05:16– Je ne suis pas en dehors, je dis qu'on est 66 millions, et que quand vous avez 300
05:20000 personnes,
05:20ils existent, bien sûr, mais quand vous avez une crise sociale qui est encore plus terrifiante derrière,
05:26elle, elle est silencieuse.
05:27Il y a une France silencieuse, il y a une France invisible, qui ne manifeste pas en grande partie,
05:32je les connais, le monde paysan en ce moment, pourquoi il ne manifeste pas ?
05:35Parce qu'il ne peut même pas payer le déplacement du tracteur.
05:39– Quel serait le référendum que vous soumettriez à la population aujourd'hui ?
05:42– Alors, tout de suite, vous allez sur référendumcitoyen.fr, vous téléchargez l'application,
05:47c'est la grande question, est-ce que vous voulez un référendum citoyen ?
05:51C'est-à-dire, la question mère…
05:53– Un référendum sur le référendum ?
05:53– Oui, la question mère, c'est est-ce qu'on débloque le système démocratique ?
05:57Est-ce qu'on se donne une chance de pacifier le pays après l'élection présidentielle ?
06:02Imaginez que Marine Le Pen passe, pour l'instant, elle est en tête.
06:05– Largement en tête.
06:06– J plus 1, le pays ressemble à quoi ?
06:11On a une répétition.
06:13Donc, est-ce qu'on continue, on se fout tous en l'air,
06:20on détruit notre pays, les marchés nous font la peau,
06:23nous obligent à baisser à un moment les salaires publics de 20%,
06:27les retraites de 20 ou 30 ?
06:29Est-ce qu'on va dans le mur ?
06:30Ou est-ce que nous, on prend nos décisions en tant que citoyens français ?
06:34Et donc, ma demande, c'est, vous allez sur référendum citoyen,
06:38si vous pensez que tout va bien, vous n'y allez pas,
06:42si vous pensez qu'il faut qu'on ait un double des clés
06:44pour garder le contrôle du pays au moment où ça va bouger,
06:49vous allez, vous dites oui,
06:51et puis vous allez sur l'assaut des gueux,
06:52parce que ça coûte 7 centimes le vote,
06:55et c'est l'assaut des gueux qui paye, et vous adhérez au gueux.
06:58– Vous parlez de Marine Le Pen, le référendum est au cœur de son projet aussi ?
07:02– Non, non, non.
07:02– Elle en propose sur l'immigration, sur le voile ?
07:05– Non, elle propose le référendum du prince.
07:08– C'est-à-dire ?
07:09– C'est-à-dire qu'en France, quand le président, le prince, pose une question,
07:13en général, les gens ne répondent pas à la question,
07:15ils répondent au prince.
07:17Et en général, ça vire au référendum pour ou contre la personne qui pose la question.
07:22Nous, on veut un référendum d'initiative citoyenne.
07:25– Quand le peuple, là par exemple, on a des manifs,
07:28bon, on entend sur les plateaux, les syndicats,
07:33tous les syndicats ont des trucs à porter,
07:35mais qui portent des textes,
07:37que les syndicats de policiers qui ne sont pas contents
07:40viennent nous proposer, et puis on dira oui, ou on dira non.
07:43Ceux qui veulent créer 250 000 places dans les universités
07:47pour des filières où il n'y a pas des bouchers évidents,
07:53eh bien, qui viennent le défendre ?
07:54– Mais pourquoi pas être candidat à l'élection présidentielle ?
07:56Vous aviez, pour porter ce projet-là, vous aviez tenté l'aventure,
08:00vous n'aviez pas vu recueillir le nombre de signatures nécessaires,
08:04mais la fois d'après, vous pouvez peut-être les obtenir.
08:06– Ça me semble beaucoup plus important
08:08que d'aller dormir dans les draps d'Emmanuel Macron,
08:10que de changer notre système démocratique, sincèrement.
08:14– Mais justement, vous pourriez porter ce changement.
08:17– Mais on n'a pas besoin d'être candidat.
08:18Je suis en train de vous demander d'aller sur le site
08:20et de voter pour que vous ayez le droit d'expression.
08:24Sincèrement, moi je suis écrivain, je suis metteur en scène,
08:27je suis aussi leader de beaucoup d'associations,
08:30je suis un militant associatif depuis des années,
08:32je suis cofondateur de l'Iréferlire,
08:34on fait lire des 700 000 enfants par an,
08:36donc la chose publique m'intéresse,
08:38mais pour moi, ce qui est plus important,
08:41c'est J plus 1.
08:43C'est est-ce que vous restez un peuple de citoyens ?
08:47C'est beaucoup plus important de réparer un système
08:50quand il y a une crise de système
08:51que d'aller dormir dans les draps d'Emmanuel Macron.
08:54Parce que, de toute façon, il y aura quelqu'un,
08:56visiblement il y a plein de gens qui ont envie,
08:59et moi ce qui m'intéresse,
09:00c'est est-ce qu'on garde un double des clés,
09:02parce que si vous votez pour Marine Le Pen,
09:04mais que vous avez un double des clés,
09:06c'est plus la même.
09:07Si vous avez Mélenchon,
09:09et que vous avez un double des clés,
09:10c'est plus du tout la même histoire.
09:12Donc ce que je voudrais,
09:13c'est qu'on comprenne que la démocratie,
09:16c'est ce qui digère le mieux les conflits.
09:19Parce qu'on s'engueule, on vote,
09:21et à un moment, le peuple ne va pas entrer
09:23en révolte contre le peuple.
09:25– Mais vous les imaginez,
09:26vous laissez le double des clés ?
09:28– Moi je ne les imagine pas.
09:29– Non, évidemment que non.
09:32Jusqu'au moment où, je vais être très franc,
09:36d'abord ça va dépendre des gens qui nous écoutent,
09:39est-ce qu'ils vont sur référendum citoyen dire oui ou non ?
09:42Parce qu'à un moment la pression ça existe.
09:44Et ensuite, je discute avec beaucoup de monde,
09:47des équipes, des différents candidats,
09:50ils sont en train de comprendre que J plus 1 arrive.
09:55ils sont en train de comprendre, avec les révoltes,
09:58avec la bordélisation du pays, avec les casseurs,
10:01avec tout ça, ils sont en train de comprendre
10:03que gérer le J plus 1, ils ont peut-être intérêt
10:07à réparer la crise de confiance entre le politique
10:10et le citoyen par un acte de confiance.
10:12– Oui.
10:13– C'est-à-dire, au départ…
10:15– Effectivement, dur d'imaginer Marine Le Pen
10:17ou Jean-Luc Mélenchon accepter, pour reprendre votre expression,
10:21effectivement donner le double des clés.
10:23– Eh bien, ça va dépendre de la mobilisation des gens
10:26qui nous écoutent, là, et puis de leur entourage.
10:30Parce qu'à un moment, plus il y a de bordel,
10:32plus ils se disent, mais mettez-vous à leur place,
10:35vous arrivez au pouvoir, vous avez un pays entièrement en rébellion.
10:40Comment est-ce qu'on refait de l'unité ?
10:42Est-ce qu'on fait un acte historique de confiance
10:45envers le peuple français ?
10:47Est-ce qu'on le fait ?
10:48Et puis, regardez, vous me posez la question,
10:51vous me dites, mais pourquoi j'y vais pas ?
10:53Si j'y allais, personne ne m'écouterait.
10:57Alors que je n'y vais pas et je ne demande pas ça pour moi,
11:00je demande ça pour mon peuple, pour notre pays.
11:03Parce que la France doit rester quelque chose d'immense.
11:07Alors, on va marquer une très courte pause.
11:09Vous restez avec nous, Alexandre Jardin.
11:10On développera cette idée de référendum d'initiative citoyenne,
11:13qui était d'ailleurs l'une des grandes revendications des Gilets jaunes en 2018.
11:19Et puis, on va revenir aussi sur la façon dont vous voyez, vous, ce mouvement,
11:23parce que vous faites partie de l'un des rares à avoir vu cette colère monter.
11:29C'est, en 2025, vous disiez, il y a une colère latente à un degré extraordinaire
11:33qui est en train d'exposer en ce moment, on peut le dire.
11:36On marque une courte pause, on en parle dans un instant.
11:40Notre invité ce soir, c'est toujours Alexandre Jardin, auteur de Les Gueux, Le Retour.
11:46On continue de parler de cette mobilisation en cours.
11:49Et alors, j'ai retrouvé ce que vous disiez en 2025.
11:51Vous disiez, il y a eu une colère latente à un degré extraordinaire.
11:55Et vous alliez même plus loin.
11:56Vous parliez de prémices d'une insurrection.
11:59C'était à propos des ZFE, des zones à faible émission.
12:02On y est, là ?
12:05Le simple fait que vous me posiez la question...
12:08En temps normal, on ne pose pas ce genre de questions.
12:12Donc, si on pose la question, c'est qu'on sait bien qu'on entre dans une zone d'hyperfragilité.
12:18Tout le monde le sait.
12:20Le monde paysan, actuellement, s'il n'obtient pas des réponses très rapides,
12:24on va perdre entre 50 000 et 100 000 exploitants sur 350 000.
12:29C'est-à-dire qu'on va perdre notre autonomie alimentaire.
12:33En plus, ce ne sont pas des gens qui, quand ils reçoivent le coup de fil de la banque,
12:37qui vont aller faire une thérapie.
12:38Ce sont des gens qui vont se suicider.
12:41C'est une autre culture.
12:42Et qu'on entend peu lors de cette mobilisation actuelle.
12:45C'est pour ça que je vous dis, il y a ce que vous voyez qui est filmé,
12:49mais actuellement, il y a une accélération des suicides paysans.
12:53Alors, ça ne fait pas d'image.
12:54C'est des types qui, dans un désespoir absolu,
12:59il y a eu plein de cas de suicides en buvant des produits phytosanitaires.
13:04Jusqu'à restant, c'était un tous les deux jours.
13:07Maintenant, on arrive plutôt vers deux, trois.
13:10Donc, toute cette crise-là, elle est terrible.
13:17Moi, j'entends les communes qui me disent qu'il leur manque beaucoup de personnel
13:21pour faire tourner les services de cantine.
13:23Parce que quand vous avez une commune, par exemple,
13:26qui est en bordure d'une ville moyenne,
13:28toutes les villes moyennes, type Montpellier,
13:30l'immobilier a monté.
13:32Donc, tous les gens qui sont dans les communes autour,
13:34quand ils ont eu des enfants, ils partent à 50 kilomètres.
13:38Parce qu'ils ne peuvent pas payer les loyers.
13:40Quand on est à 50 kilomètres, ça fait 50 plus 50,
13:43ça fait 100 kilomètres avec une naissance impossible.
13:46Donc, au départ, vous vous mettez en arrêt maladie.
13:49Puis, à un moment, vous ne pouvez plus.
13:50Et puis, avant l'été, on avait 24% des Français
13:55qui, à partir du 18 du mois, étaient dans le rouge.
13:59Et ça, cette colère-là...
14:00Donc, vous imaginez, là.
14:02En ce moment, on n'est pas à 24.
14:04Et si on ne publie pas les chiffres,
14:06c'est parce qu'ils sont terrifiants.
14:08Ils sont abominables, ces chiffres.
14:11Donc, on a fait le choix,
14:13ou pas on, le gouvernement,
14:15a fait le choix de maintenir très haut des niveaux de taxes,
14:19ce qui a pour effet effondré l'activité économique.
14:22Ça y est, maintenant, on est en récession officiellement.
14:24Mais on le sait.
14:25Dans le mouvement des gueux, on le sait.
14:27Tout le monde me disait que, depuis un mois,
14:30les parkings des Leroy Merlin,
14:32où vont les artisans pour faire le plein de plâtre,
14:35de trucs pour le lendemain, étaient vides.
14:38Donc, évidemment qu'on est en récession.
14:40Et, en plus, ces bandes, pardon, mais d'abrutis,
14:43ils ont effondré le produit des taxes pétrolières.
14:47Puisque, maintenant, Super U disait
14:49qu'ils avaient énormément de stations
14:52qui, au mois d'octobre, ont fait moins 40.
14:54Moins 40 !
14:56Ça veut dire que la TVA ne monte plus.
14:58Ça veut dire qu'on est en train de mettre à sec notre État.
15:02Donc, ils font des choix déments.
15:05Et alors, le pire du pire,
15:06c'est ce qui est en train de vous arriver.
15:07Vous avez toutes les télés qui, en ce moment, disent
15:09« Regardez comme c'est bien, les prix baissent parce qu'on déstocke. »
15:12Ils sont allés puiser dans les réserves stratégiques, effectivement.
15:14Dans les réserves stratégiques,
15:16qui sont déjà microscopiques.
15:19C'est une toute petite sécurité.
15:21Et là, on va balancer 10 millions
15:23sur les 50 millions de barils de gasoil
15:26au moment où Trump, visiblement,
15:29s'apprête à...
15:30Et prêt à réattaquer.
15:31Voilà.
15:32À réattaquer.
15:33Donc, au moment où...
15:35Je veux dire, nous avions d'autres choix.
15:37Les gueux proposaient une baisse de 50 centimes
15:39en coupant les certificats d'économie...
15:42En les suspendant, les certificats d'économie d'énergie,
15:44le temps que la tempête,
15:47que le tsunami mondial passe.
15:49Et aussi de couper les 7 milliards
15:51de subventions directes
15:53aux énergies éoliennes et photovoltaïques.
15:56Parce qu'il nous semble
15:59qu'un mètre, l'économie à l'arrêt,
16:02c'est suicidaire.
16:04Deux, suicider les classes moyennes
16:06et les classes qui ont pu un radis,
16:09c'est du suicide politique,
16:11c'est du suicide social.
16:12Et puis, c'est dégueulasse.
16:14Je veux dire, c'est absolument dégueulasse.
16:16À un moment, il faut prioriser notre peuple.
16:19Il faut prioriser nos classes moyennes,
16:20prioriser nos classes populaires.
16:23Mais c'est un truc de bon sens.
16:25Il y a des mamans avec des gosses.
16:27Et ça, la classe politique ne l'entend pas ?
16:29Le gouvernement ne l'entend pas ?
16:31Non, non, c'est encore mieux.
16:32Vous avez eu, il y a quelques jours,
16:34le ministre de l'économie,
16:35qui nous a expliqué, plein pot,
16:37face caméra à l'Assemblée,
16:39que ça empêchait des gens de dormir,
16:41mais que lui, ça ne l'empêchait pas de dormir.
16:43C'est-à-dire que...
16:44Concernant la taxe sur le carburant.
16:47Oui, les taxes sur le carburant.
16:48C'est inouï.
16:49Donc, on a une crise,
16:51une crise du mépris.
16:53Et nous, ce qu'on demande...
16:55Pourquoi est-ce que je dis aux gens qui nous écoutent ?
16:57Allez sur référendumcitoyen.fr.
16:59Vous téléchargez l'appli, vous dites,
17:01je veux ça.
17:02Pourquoi ?
17:03Parce qu'il faut qu'on sorte de la culture du mépris.
17:05Sauf que, pardon, Alexandre Jardin,
17:07on parle notamment de la crise lycée.
17:10Il y a eu un début de réponse politique.
17:12On a listé ce qui a déjà été annoncé,
17:14mais 500 postes de professeurs créés au lycée,
17:174 milliards pour la rénovation du bâti scolaire,
17:21plafonner la limite des élèves en classe,
17:2415 000 places supérieures en BTS en IIT,
17:26remplacer le fameux Parcoursup.
17:29Tout ça via une plateforme, d'ailleurs.
17:32La méthode a dû vous plaire.
17:34Ils ont ouvert une plateforme
17:35pour que les étudiants, les lycéens
17:38puissent directement faire leur demande.
17:41Est-ce que là, on peut parler de mépris, réellement ?
17:45Pardon, mais c'est encore pire.
17:47Parce qu'ils savent parfaitement ce qu'ils font.
17:49Ils savent qu'ils ne seront plus aux affaires
17:50pour tenir ce qu'ils sont en train d'annoncer.
17:53On se fout de la gueule des gens.
17:56Je préférais que, sérieusement,
17:59les mouvements étudiants,
18:00que, sérieusement, les syndicats
18:02fassent des propositions référendaires
18:03et que, de manière loyale,
18:07qu'on ouvre des grands débats sur vos plateaux
18:09et qu'on tranche...
18:11Je veux dire, on a 150 milliards
18:13qui nous manquent dans les budgets publics.
18:16On a 3 600 milliards de dettes.
18:18On a des gens qui ne nous font plus confiance.
18:20Donc, on va devoir faire des réformes de structure.
18:23Pour financer, pour de vrai, ce que vous dites,
18:26il faut des sous.
18:27Qu'est-ce qu'on met en face ?
18:28Est-ce qu'on casse le millefeuille ?
18:30Est-ce qu'on réorganise le...
18:34On fait des choix.
18:35On doit faire des grands choix.
18:37Et au fond, ça, tout ce que je dis,
18:40ça concerne J plus 1.
18:42C'est-à-dire, J plus 1,
18:43est-ce qu'on reste une grande démocratie ?
18:46Est-ce qu'on...
18:48Est-ce qu'on décide ?
18:49Ou est-ce qu'on laisse les financiers décider ?
18:53Vous qui présidez le mouvement des gueux,
18:55est-ce que les lycéens, les infirmiers, les agriculteurs,
18:58les policiers, les cotisants, les retraités,
19:01tous ces gueux-là,
19:02est-ce qu'ils ont au fond les mêmes intérêts ?
19:04Ou est-ce qu'il y a aussi des groupes de gens
19:07qui demandent pour eux 10 milliards, 15 milliards, 20 milliards,
19:11mais qui, si vous voulez, n'ont pas le même intérêt
19:14que le groupe voisin ?
19:15Est-ce que les gueux sont un groupe homogène ?
19:17Non.
19:17Avec une formulation commune ?
19:19Bien sûr.
19:19Ou est-ce que chacun veut les milliards pour soi ?
19:21C'est pour ça que j'appelle à la démocratie directe.
19:25Parce qu'à un moment, il faut qu'il y ait un juge de paix.
19:27Et il faut que la décision...
19:29Parce qu'il y aura des gagnants, il y aura des perdants.
19:31Et il faut que cette décision soit prise par un peuple
19:36et que les journalistes, les plateaux télé, éclairs,
19:39viennent faire venir des experts,
19:40que nous fassions des choix.
19:42Ce n'est pas vrai qu'on rasera gratis.
19:45Donc, est-ce qu'on est capable de faire nos grands choix,
19:48de s'en sortir,
19:49de refabriquer une nation prospère,
19:51avec une éducation exemplaire,
19:53réellement de premier plan ?
19:55Mais ça suppose des choix.
19:56Mais il faut qu'une formation politique
19:58porte ses choix alternatifs.
20:00C'est quelle formation pour vous ?
20:02Alors, pour l'instant, je suis en train de parler
20:04avec une très grande partie des formations.
20:06Pourquoi ?
20:06Parce qu'au début, ils ont snobé,
20:08ils ont dit « qu'est-ce que c'est que ce truc, référendum citoyen ? »
20:10Et après, ils ont vu que 150 000 Français
20:12avaient déjà téléchargé.
20:14Et puis, doucement,
20:16ils voient bien que ça peut être aussi leur intérêt.
20:19Parce que gérer le J plus 1,
20:22gérer le bordel,
20:24ils ne sont pas tous irresponsables.
20:25Mais là, vous ne vous mouillez pas trop.
20:27Est-ce qu'il y a une formation politique
20:29qui est un peu plus réceptive qu'une autre
20:32sur la question du RIC,
20:33du référendum d'initiative citoyenne ?
20:35C'est plus ou moins avancé.
20:37Mais pour l'instant,
20:37vous n'avez entendu personne prendre ce parti.
20:40J'attends que le premier candidat
20:43vienne sur votre plateau et dise
20:45« il y a une crise de confiance
20:48avec la nation,
20:49entre les politiques et la nation.
20:51On va la guérir par un acte de confiance. »
20:53Le premier qui fait ça,
20:56je pense qu'il entraînera tous les autres.
20:59Et mon souhait,
21:00pardon, mais je suis vraiment...
21:03Ce qui me bouleverse dans l'histoire de France,
21:05c'est le gaullisme.
21:07Le gaullisme, pas celui de 1958,
21:09celui d'avant.
21:10C'était le moment où on a été capable
21:13de se mettre autour de la table
21:14et de réparer pour de vrai
21:15les structures de la nation.
21:17Et là, je vous parle de réformes structurelles.
21:19La démocratie ne fonctionne plus
21:21de manière structurelle.
21:23Donc, il faut qu'on rétablisse des règles
21:26et ça ne peut pas être le lot d'un seul parti.
21:29Mais vous avez vu qu'en l'État,
21:30il y a aussi une situation
21:31qui est celle qu'on connaît.
21:33Il y a des sondages.
21:35En l'État, on se dirige vers un duel.
21:37Les choses peuvent encore changer,
21:39notamment si ce soir,
21:41Philippe tranche pour une primaire ou non.
21:42On verra.
21:43Mais en l'État,
21:44c'est la France insoumise
21:45qui se qualifie face
21:46au Rassemblement national.
21:48Est-ce que l'une de ces deux formations
21:51a pu échanger avec vous
21:53sur la question du RIC
21:55et serait à même de porter ce projet ?
22:00Ils vous le diront eux-mêmes à un moment.
22:03Mais à un moment,
22:05il va bien falloir que ces gens comprennent
22:08qu'ils ne peuvent plus demander
22:09un chèque en blanc
22:10parce qu'il n'y a plus de confiance.
22:12Et la personne qui sera élue,
22:14de toute façon,
22:15si vous regardez les sondages,
22:17aura majoritairement une défiance en France.
22:20Donc, par le jeu électoral,
22:22on peut gagner.
22:23Mais ça ne veut pas dire
22:24que la majorité de la nation fait confiance.
22:26La crise de confiance,
22:26elle est beaucoup trop profonde.
22:29Donc, j'appelle ces gens
22:31et tous les entourages
22:32à prendre conscience
22:34qu'il faut réparer.
22:36Réparer la confiance.
22:37Il ne suffit pas de gagner une élection.
22:39Quelle est la question ?
22:41Admettons que ce projet passe,
22:43qu'une formation politique le porte.
22:45Quelle est la question prioritaire
22:47à poser aux Français
22:48pour résoudre
22:51cette crise de confiance,
22:53cette déconnexion
22:54entre l'élite et le peuple ?
22:56Il y en a plein en rafale.
22:57Tout le monde sait très bien
22:58qu'on ne va pas pouvoir vivre durablement
23:00avec une telle différence
23:01entre le salaire brut et le salaire net.
23:04Ce n'est pas possible.
23:05Donc, la question, c'est quoi ?
23:06Est-ce qu'on coupe tant de dépenses
23:08pour augmenter de temps
23:10le salaire net ?
23:11Et ça,
23:12il faut que ça transcende
23:14parce que c'est un choix
23:16tripal.
23:16Est-ce qu'on garde un État
23:18où c'est le bordel intégral
23:19avec des financements croisés
23:21où il faut X années
23:22pour faire une piscine
23:22et un millefeuille débile ?
23:25Ou est-ce qu'on renvoie
23:26pour monter le salaire net
23:28toutes les économies ?
23:29Est-ce que vous voulez
23:31que le droit français prime
23:32le droit de l'Union
23:34en cas de conflit ?
23:36Mais est-ce que les Français
23:39ont les clés
23:41pour trancher
23:42sur ce genre de questions ?
23:44Nous sommes le peuple
23:45le plus politique du monde.
23:47Nous sommes le peuple
23:48qui discute.
23:49Nous sommes un grand peuple politique.
23:52Nous sommes un peuple
23:52profondément intelligent.
23:53Ça fait 25 ans
23:54que je monte des associations
23:55de quartier.
23:57Je connais l'intelligence
23:58dans nos communes.
24:00Je veux dire,
24:00assister à des débats
24:01dans toutes les villes moyennes,
24:04dans les communes rurales,
24:05dans un conseil municipal,
24:06je veux dire,
24:07les gens réfléchissent.
24:08Et je mets ma main au feu.
24:10Les gens réfléchissent,
24:11mais pardonnez-moi,
24:12quand on regarde le Brexit,
24:13par exemple,
24:13il y en a beaucoup
24:14qui ont regretté
24:15parce qu'ils ont estimé
24:16qu'ils n'avaient pas
24:17toutes les clés en main.
24:17C'est une question
24:18très intéressante
24:19que j'aimerais vous poser.
24:20J'ai tendance à croire,
24:21ça c'est mon opinion personnelle,
24:22que le peuple sait ce qu'il veut
24:23mais qu'il ne sait pas toujours
24:24comment t'y arriver
24:25et qu'il a besoin d'une élite
24:26pour pouvoir le guider
24:27vers ce résultat.
24:28Est-ce que vous considérez
24:29aujourd'hui que l'élite
24:30arrive encore à démontrer
24:31qu'elle est capable
24:32de guider le peuple
24:33vers ce qu'il veut ?
24:34Ou est-ce que le peuple
24:34doit remplacer l'élite ?
24:35Est-ce qu'il faut quand même
24:45mais ça ne veut pas dire
24:45qu'il n'y a pas plein
24:46d'élites de remplacement
24:47en France ?
24:47Vous avez des élites économiques
24:49qui savent très très bien gérer.
24:51Vous avez des villes moyennes
24:52en France
24:52qui sont très très bien gérées.
24:54Moi je pense que
24:55quand on aura un référendum
24:56d'initiative citoyenne,
24:58je pense qu'une grande question,
24:59une grande partie des questions
25:00viendront des élus locaux.
25:02Vous décentralisez tout cela ?
25:04Ça viendra d'eux.
25:06Ça viendra d'associations
25:07des maires de France.
25:08Ça viendra des associations
25:09de maires ruraux.
25:11Je veux dire,
25:11l'intelligence elle est partout.
25:13Vous imaginez
25:13que dans ces associations
25:14ils ne réfléchissent pas ?
25:16Évidemment qu'ils réfléchissent.
25:17La France est en ébullition
25:19d'intelligence
25:20mais elle n'a pas
25:21d'outil d'expression.
25:22Donc je demande,
25:25vous allez sur
25:26référendum citoyen,
25:27vous téléchargez.
25:28Le message est passé.
25:30Et comme je n'ai pas assez d'argent
25:31pour payer vos votes,
25:32vous adhérez au gueux.
25:34Mais ce projet...
25:34Vous pouvez la doménac
25:35que vous soyez réaliste.
25:36Oui, ce projet,
25:37vous le portez depuis...
25:38quand même un...
25:39Il s'est affiné
25:39mais vous le portez depuis longtemps
25:40et vous avez rencontré
25:42Emmanuel Macron
25:43à un moment.
25:43Pourquoi vous n'avez pas réussi
25:45à lui vendre,
25:46à en faire le porteur
25:47alors qu'il avait
25:48tous les pouvoirs
25:49pour le faire
25:49et l'interner ?
25:51Parce qu'il n'en avait
25:52rien à foutre.
25:54Bon.
25:55C'est-à-dire que
25:56il voulait
25:57sa révolution technocratique
25:58entre la technocratie française
26:00et la technocratie européenne.
26:03la société civile
26:04ne l'intéressait pas.
26:06Le mouvement des zèbres
26:07que j'avais monté
26:08avec des gens
26:09qui savaient réparer
26:10les fractures françaises,
26:11ça ne l'a pas intéressé.
26:12J'ai essayé
26:13de refourguer tout
26:14à travers le plan de Borloo.
26:15En réalité,
26:16il y avait des zèbres là-dedans.
26:18Évidemment que j'étais derrière.
26:21Évidemment que ça a été viré
26:23parce que la fracture,
26:24ça ne l'intéressait pas.
26:25Donc à un moment,
26:27est-ce qu'on sort
26:28de cette folie
26:29maintenant qu'il s'en va ?
26:32Est-ce qu'on devient
26:32un grand peuple démocrate ?
26:34Il vous a déçu,
26:35Emmanuel Macron ?
26:36Non, parce que
26:37j'avais claqué la porte
26:38un an avant.
26:39Donc,
26:40avant,
26:41été 2007.
26:42Parce que je savais
26:43ce qui,
26:44malheureusement,
26:44c'était...
26:45Mais ce qui m'intéresse,
26:47c'est que je m'en fous
26:48de ce qui se passait
26:48il y a 10 ans.
26:49Et puis il part.
26:50Donc arrêtons de parler de lui.
26:52Il lui reste encore 6 mois.
26:55Merci beaucoup.
26:56Merci Alexandre Jardin
26:57d'avoir pris le temps
26:57de répondre à notre question.
26:57Adhérez aux gueux.
26:58Sinon,
26:59je n'aurais pas l'argent
26:59pour payer les...
27:00Je crois que là,
27:01le message est passé.
27:04Auteur de Les Gueux,
27:05le retour aux éditions
27:07Michel Laffont.
27:07Merci beaucoup
27:08d'être passé nous voir.
27:09On marche.

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