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  • il y a 7 minutes
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00Est-ce que c'est la fin des vacances ou est-ce que ça va reprendre vraiment les cours ?
00:04On se pose la question avec vous Nathanaël Combary.
00:06Bonjour, vous êtes le président du syndicat Renouveau Lycéen,
00:09vous êtes aussi membre du parti Renaissance, ça me paraissait important de le signaler.
00:13Chacun de vous d'ailleurs est plus ou moins soit syndiqué, soit politisé.
00:18Est-ce que vous ce matin vous dites aux lycéens, allez on retourne en cours ?
00:21Moi je dis aux lycéens surtout qu'il faut continuer à se mobiliser.
00:23On a besoin de se mobiliser parce qu'aujourd'hui on a besoin d'avoir un rapport de force avec
00:27le gouvernement
00:28et c'est quelque chose qu'on regrette.
00:29On ne devrait pas avoir à bloquer son lycée, à se mobiliser avec des centaines de milliers de lycéens dans
00:34la rue
00:34pour pouvoir porter des revendications, sauf qu'aujourd'hui on le voit bien, c'est notre seule solution.
00:37Donc vous bloquerez, enfin vous n'irez pas en cours, vous appelez les lycéens à ne pas retourner en cours
00:41aujourd'hui ?
00:41On appelle les lycéens à se mobiliser, peu importe la façon dont ils le feront,
00:45tant que c'est pacifique et sans violence, c'est ce qu'il y a de primordial.
00:48Maintenant on a nécessité encore une fois d'avoir ce bras de fer avec le gouvernement
00:52parce que ça fait des années qu'on porte les revendications qui émergent aujourd'hui dans les médias à différents
00:56endroits
00:57et on n'est pas entendu.
00:58Mais il y a eu quand même un certain nombre de concessions qui ont été faites.
01:01Parcoursup dont ils promettent qu'il sera transformé en 2027,
01:0415 000 places supplémentaires dans le supérieur,
01:07l'annulation des suppressions de postes de prof,
01:104 milliards pour le bâti scolaire qui certes sont des prêts à ce stade,
01:14la promesse que vous ne serez jamais plus de 28 dans les classes de seconde
01:18qui était aussi un des points de blocage, tout ça c'est pas rien.
01:21Non, non, nous on sait le reconnaître.
01:23On a eu des annonces, mais des annonces, il faut aussi être conscient que ce ne sont pas des mesures
01:26et des mesures ce ne sont pas la réalité.
01:28Donc nous on a nécessité aujourd'hui de pouvoir continuer à se mobiliser
01:31pour garder encore une fois ce fameux rapport de force avec le gouvernement
01:34jusqu'à ce que les lycéens sur le terrain voient la réalité en face.
01:37Il y a aussi besoin, et on est aussi conscient de cela,
01:40on a eu des réussites.
01:42Le but d'une organisation lycéenne, vous le savez,
01:44c'est de trouver une réponse et de sortir d'une crise.
01:46Aujourd'hui on en a qui sont irresponsables au possible,
01:48qui continuent dans leur affabulation et leur revendication qui sont complètement insensées.
01:52On a eu des premières annonces, voilà, on a nécessité maintenant d'aller...
01:55En fait vous vous essayez de trouver une forme de compromis
01:57entre ceux dont vous dites qu'ils sont insensés,
01:59qui sont des organisations lycéennes peut-être plus jusqu'au boutiste que vous,
02:03et le fait qu'il y a eu malgré tout un certain nombre d'avancées,
02:06mais que vous en espérez davantage.
02:07Bien sûr, on ne peut pas aujourd'hui faire de fausses promesses aux lycéens.
02:10Vous savez, quand j'entends qu'on a besoin d'ouvrir 250 000 places dans les facs,
02:13quand j'entends qu'on a besoin d'avoir 10 milliards d'euros,
02:15quand j'entends qu'on a besoin d'abroger Parcoursup
02:17et toutes les revendications lunaires qu'on a pu entendre,
02:19ça ne sert à rien.
02:20Et puis d'ailleurs les lycéens, ils ne demandent pas 10 milliards d'euros.
02:23Pour certains, ils demandent simplement une chaise et une table
02:25pour pouvoir étudier en cours.
02:27Et d'ailleurs vous avez un discours effectivement assez responsable.
02:29On avait la semaine dernière, en fin de semaine dernière,
02:31une proviseure, exactement à votre place,
02:33qui nous disait que maintenant, même si elle soutenait le mouvement lycéen,
02:36ce qu'ils constataient, et ça l'inquiétait beaucoup,
02:38c'était un décrochage scolaire de la part des élèves les plus vulnérables,
02:41c'est-à-dire ceux qui ont des difficultés scolaires, tout simplement,
02:43et qu'en fait si ça continuait, on allait flinguer leur année scolaire
02:46et que ça serait un sacrifice pour eux.
02:48Est-ce que vous pensez vraiment qu'en conscience,
02:50maintenant qu'il y a eu des vraies avancées pour ce mouvement,
02:52on peut continuer ce mouvement en acceptant,
02:55donc de sacrifier la vie de lycéens qui, eux,
02:57vont donc perdre un an de leur vie étudiante ?
02:59Vous savez bien que tout ça, c'est quand même une logique de révolutionnaire
03:01alors qu'on est dans une démocratie.
03:03Évidemment pas.
03:04Ce que je pense, c'est surtout que le droit de se mobiliser,
03:06le droit de manifester, c'est un droit qui est dans la Constitution.
03:09Oui, mais au détriment des autres.
03:10Maintenant, il faut aussi être conscient d'une chose.
03:13On a besoin, et de toute façon, les lycéens, dans la majorité,
03:15veulent retourner en cours.
03:16Maintenant, ce qu'on attend en parallèle de retourner en cours,
03:19c'est des annonces qui vont jusqu'à la réalité.
03:22Sur le plan, vous en avez parlé, le plan d'investissement de 4 milliards
03:25sur le bâti scolaire.
03:27Nous, ce qu'on demande, et c'est ce qu'on avait demandé,
03:29on avait demandé moins que 4 milliards d'euros.
03:30Mais ce qu'on avait demandé, surtout, c'est que cet argent-là soit donné
03:33en cash, si je puis dire, aux régions,
03:35et non pas un prêt à taux bonifié, parce qu'on le voit bien.
03:37Vous dites, ils nous font miroir, c'est un chiffre de 4 milliards.
03:40Mais la réalité, c'est que ce n'est effectivement pas un don,
03:42c'est un prêt, c'est une avance, en quelque sorte.
03:45Donc, pour vous, vous dites, moi, je préférerais 2 milliards,
03:48mais qu'ils soient vraiment sonnants et trébuchants.
03:49C'est-à-dire que, de toute façon, on le sait bien,
03:51aujourd'hui, les collectivités locales ne sont pas en capacité de rembourser.
03:54Certaines sont déjà en faillite, je pense, aux régions et aux départements.
03:57En région, pour le cas des lycées, qui administrent notre bâtisse scolaire,
04:00elles ne peuvent pas, en fait, se permettre d'emprunter 4 milliards
04:02pour nous rembourser après.
04:04Emmanuel Lechypre.
04:04Moi, il y a quand même quelque chose qui me surprend,
04:06c'est que vous n'avez aucune revendication sur le fond de ce que vous apprenez.
04:09Vous n'avez que des revendications logistiques, en fait.
04:11Non, mais par exemple, sur l'université, vous réclamez des places,
04:14mais pour quoi faire ?
04:15Pour apprendre quoi ?
04:17C'est ça, je veux dire, j'ai regardé encore,
04:19la Chine n'est pas forcément un exemple formidable.
04:22La Chine, au cours des 5 dernières années,
04:24a modifié 30% de ses programmes universitaires
04:27pour tenir compte des innovations technologiques, etc.
04:29En France, le secteur qui a le plus d'étudiants,
04:32c'est art, lettres, etc.
04:34Donc moi, je veux bien, c'est très sympathique d'apprendre tout ça.
04:36Mais vous, vous avez envie d'apprendre quoi ?
04:37Vos places dans les universités, vous les voulez où ?
04:40Et vous les voulez pour apprendre quoi ?
04:41On en a, on a des revendications sur le fond,
04:43mais avant tout, vous savez, on est conscient de deux choses.
04:45On a un contexte budgétaire qui, justement,
04:48calque les annonces de budget,
04:50typiquement les 4 milliards qu'on a obtenus sur les régions,
04:51et en parallèle, on a aussi une séquence politique,
04:53qu'on le veuille ou non, qui va s'ouvrir dans quelques mois.
04:55Une séquence politique qui est cruciale.
04:56On a des revendications sur le fond,
04:58mais on sait qu'on ne va pas pouvoir être acteur tout de suite
05:00sur ce sujet-là, le sujet des programmes,
05:02je pense aussi au temps scolaire, à la réforme du bac Blanquer.
05:04Tous ces sujets-là, on en est conscient aujourd'hui,
05:06on n'a pas possibilité d'y agir tout de suite.
05:09Sur la question de ce qu'on aimerait apprendre différemment,
05:12je pense que, justement, il y a une nécessité peut-être
05:14de revoir la réforme du bac Blanquer,
05:15qui est une super réforme,
05:17mais on n'a pas assez de profs pour la faire aujourd'hui.
05:18On n'a pas assez de profs, parce qu'aujourd'hui,
05:20on le voit bien, on a des emplois du temps
05:22qui ressemblent finalement plus à des gruyères
05:23qu'à des emplois du temps.
05:24Sur la question des temps scolaires, tout est à revoir.
05:27Et, par exemple, sur l'ouverture de places supplémentaires,
05:30des 15 000 qui ont été annoncées par le gouvernement,
05:33pourquoi on n'ouvre pas des places
05:34dans les filières les plus en tension ?
05:36Je n'aurais pas l'audace de vous demander
05:37250 000 places dans les facs.
05:39Aujourd'hui, les lycéens, ils veulent une chose,
05:40une licence, un master et un travail.
05:42Si c'est pour que tout le monde ait un master
05:43sans avoir de débouchés professionnels derrière,
05:45ça ne sert à rien.
05:46Maintenant, il y a des filières qui sont en tension.
05:49Je pense encore au BTS,
05:50où on a déjà eu 10 000 ouvertures de places,
05:52où on pourrait en avoir davantage.
05:53Sur les filières de tout ce qui touche à la technologie,
05:56à l'intelligence artificielle,
05:57on pourrait avoir des ouvertures de places
05:58et des créations aussi de places dans ces filières-là.
06:01Il y a plein de filières où il y a moyen d'ajuster
06:03et où il y a des débouchés professionnels.
06:05Un mot encore, Nathanael Combary,
06:07sur la suite, vous le dites,
06:09vous appelez à une forme de mobilisation,
06:10pas forcément des blocages à proprement parler,
06:12et le tout idéalement dans le calme et le respect, dites-vous.
06:15Il y a cette journée de jeudi,
06:17un appel à la grève intersyndicale,
06:20et certains appellent même à ce qu'ensuite,
06:22ça se poursuive le 6 et le 7.
06:24Quelle est votre position ?
06:25Ma position, c'est qu'on doit continuer la mobilisation,
06:27on doit revoir le Premier ministre
06:29qui s'était engagé à nous recevoir.
06:31Vous le revoyez quand ?
06:32On n'a pas encore l'invitation.
06:33C'est trop long, non ?
06:34Il s'était engagé.
06:35C'est pas trop long ?
06:36Moi, je pense que de toute façon,
06:37le gouvernement a trop tardé à nous recevoir.
06:40On a attendu une réponse politique.
06:41Mais en plus, remettre 15 jours à nouveau
06:43avant une prochaine rencontre ?
06:44On a attendu une réponse politique
06:46pendant plusieurs semaines.
06:47On a tardé à l'avoir.
06:48Et on voit bien qu'en plus,
06:49la réponse n'est pas forcément adaptée
06:50à nos demandes.
06:51Maintenant, j'attends justement
06:52de recevoir le Premier ministre
06:54pour pouvoir...
06:55De le recevoir, oui.
06:56Que le Premier ministre nous reçoive.
06:57Le là-dessus, c'était assez intéressant.
06:58Vous attendez de recevoir le Premier ministre.
07:00On attend que le Premier ministre
07:01puisse nous recevoir
07:02pour justement évoquer la situation avec lui
07:04et trouver une vraie solution de sortie.
07:06Merci beaucoup d'être venu ce matin,
07:08Nathanael Combary,
07:09président du syndicat Renouveau Lycéen.

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