00:00La forme sont assez curieux. On est au lendemain d'un troisième samedi de violence, à la veille d'une
00:04semaine ou de discussions budgétaires périlleuses pour son camp politique.
00:07Et on voit un ancien Premier ministre qui choisit le 20h de TF1 pour ergoter sur la façon de départager
00:11les candidats de sa famille.
00:13Ça dénote au mieux d'une forme de déconnexion. D'ailleurs, les téléspectateurs ne s'y trompent pas.
00:17Lorsque Gabriel Attal s'était rendu sur la même antenne à la même heure quelques jours plus tôt, quelques 800
00:22000 ou un peu plus d'entre eux avaient zappé.
00:24On verra les chiffres pour l'intervention d'hier soir. Surtout qu'hier, l'événement, c'était tout de même
00:29l'annonce d'un non-événement.
00:30La primaire des démocrates, voulue par Gabriel Attal et soutenue également par David Lysnard, n'aura donc pas lieu, à
00:36moins qu'Edouard Philippe change plus tard d'avis.
00:37En tout cas, on voit mal comment elle pourrait se tenir sans lui.
00:39Edouard Philippe est toujours devant Gabriel Attal dans les sondages. Vous pensez qu'il a raison de refuser cette primaire
00:45?
00:45Cette position pouvait paraître la plus raisonnable pour le maire du Havre jusqu'à ses derniers temps, en tout cas,
00:50tant qu'il était largement devant ses rivaux au centre dans les sondages.
00:54Voir qu'il apparaissait comme le seul en mesure de se qualifier face à Marine Le Pen au second tour.
00:58C'était longtemps un argument, mais ça n'est désormais plus le cas.
01:01Et dans ce contexte, ce n'est pas sûr que son avance sondagère suffise à lui valoir une légitimité de
01:05principe, indépendamment de toute autre forme de qualification.
01:08Aujourd'hui, que ce soit Gabriel Attal ou Edouard Philippe, le candidat du Bloc central, Jean-Luc Mélenchon serait devant
01:14dans tous les cas.
01:15Et quand on fait la course pour la troisième place, un peu d'humilité ne nuit pas.
01:18Ce que dit Edouard Philippe, c'est qu'une primaire allant du centre-droit au centre-gauche tenterait de rassembler
01:23des gens qui ne sont pas d'accord.
01:24Oui, et c'est là que l'argument fait mouche.
01:25Quand Gabriel Attal, la semaine dernière, évoquait les contours de cette primaire, il la proposait à tous ceux qui sont
01:30clairs sur leur refus d'une alliance avec l'extrême-gauche ou l'extrême-droite.
01:33En clair, ceux qui ne gouverneront ni avec le RN ni avec l'FI.
01:36Alors c'est vrai, vu la percée de ces deux partis dans l'opinion, ça fait de moins en moins
01:39de monde.
01:40Mais enfin, ça fait quand même du monde et c'est bien tout le problème.
01:42Au fond, les héritiers d'Emmanuel Macron sont piégés par le péché originel du macronisme.
01:47Vouloir s'opposer aux extrêmes constitue tout au plus un slogan qui peut rassembler le temps d'une manif, le
01:52centre-gauche et le centre-droit.
01:53Mais ça ne crée pas un espace politique cohérent.
01:55On a cessé de le voir à la mesure dont s'est disloqué le camp présidentiel sous nos yeux ces
02:00dernières années.
02:01Edouard Philippe prétend l'avoir compris et ne pas mener une campagne au centre, mais à droite.
02:05Mais enfin, il reste sujet à des vieux réflexes macronistes qui reviennent tels des spasmes.
02:10Et là-dessus, ses prises de position récentes face aux émeutes sont en même temps rend sa position très ambigüe,
02:15voire en partie inaudible.
02:16Quant à Gabriel Attal, il va falloir qu'il invente autre chose que le mantra de « je suis le
02:21dernier recours face aux extrêmes »
02:22pour appeler à l'unité derrière sa candidature.
02:24Son mentor Emmanuel Macron avait fait le coup deux fois.
02:26La recette semble un peu éculée à présent.