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Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 02 novembre 2026.

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Transcription
00:02Anne-Sophie Lapix, c'est RTL Soir.
00:07Bonsoir Michel-Edouard Leclerc.
00:09Bonsoir Anne-Sophie.
00:10De combien ont baissé les prix à la ponte dans les établissements de Leclerc depuis hier ?
00:1321 centimes madame.
00:15Enfin, je parle du gasoil.
00:16Du gasoil, bien sûr.
00:17Partout, dans tous les centres Leclerc ?
00:19Normalement oui, on a quelques problèmes d'approvisionnement parce que
00:23normalement quand la température est normale, quand la météo est normale,
00:28il y a de l'eau dans le Rhin, il y a de l'eau dans le Rhône
00:30et donc ça se véhicule par barge et là il faut trouver des trains, des camions
00:35mais je pense que c'est à peu près partout.
00:37Donc on tombe à combien quand on baisse de 21 centimes le litre ?
00:40Alors à 14h, on était sur le gasoil chez Leclerc à 2,18 euros le litre
00:46quand Total Access était quand même à 2,15 euros.
00:51Donc légèrement devant mais il nous sent venir
00:54et puis l'ensemble du réseau total était à 2,25 euros.
00:57Et mes collègues de la distribution sont en train de se ré-étaler aussi.
01:02De s'aligner ?
01:02Vous avez acheté beaucoup de gazole de nos réserves stratégiques pour arriver à ce résultat ?
01:06Alors nous n'avons rien à acheter, nous avions...
01:09Ce sont nos stocks.
01:10Ce sont vos stocks ?
01:11Ça n'a rien à voir avec la libération des stocks stratégiques ?
01:14Si, si.
01:14Mais les stocks stratégiques appartiennent à un organisme dont nous sommes actionnaires,
01:19dont nous sommes gestionnaires.
01:21Par contre nous travaillons sous une loi de monopole
01:23qui date de 1926, un siècle.
01:26Et c'est l'État qui peut, par injonction, nous dire
01:30remettez-les sur le marché, tout ça.
01:32Donc c'est ce qu'a fait le gouvernement.
01:33Donc sur demande, injonction gouvernementale,
01:36on a mis une quantité de gasoil pas cher,
01:40parce qu'acheter pas cher,
01:41dans une grande proportion de gasoil plus cher.
01:45Ce qui nous permet, en moyenne, de faire...
01:48Il faut tenir trois mois,
01:50donc un rabais entre 0 et 18.
01:53Nous, on a décidé d'ouvrir très fort et de faire 21 centimes.
01:56Et comment vous faites ?
01:57Je ne sais pas encore.
01:59Parce que vous n'avez pas le droit de vendre à perte ?
02:01Non, non, on n'est pas à perte.
02:02Après, il faut doser les efforts sur ces trois mois.
02:05Mais il nous a semblé que c'était important
02:07de donner un signe d'engagement très fort
02:10sur une opération qui est somme toute limitée,
02:13dans un moment où les Français sont parcourus
02:16par une vague d'anxiété très forte sur le pouvoir d'achat.
02:19Ça s'exprime par des manifestations,
02:20mais ça s'exprime aussi avec la limitation des dépenses
02:24dans les magasins,
02:25et puis des tensions dans les foyers
02:27quand il s'agit de payer le loyer
02:29ou de rembourser un emprunt.
02:31Vous allez vraiment tenir votre engagement
02:32parce que je me souviens qu'en mars,
02:34vous aviez annoncé une baisse de 30 centimes par litre
02:37sous 48 heures.
02:38Huit jours plus tard, vous plaidiez coupable
02:39et vous aviez découvert que ce n'était pas possible.
02:42Ce n'est pas comme ça que ça se marche.
02:43Vous ne pouviez pas prédire l'évolution des cours du pétrole.
02:46Là, ça va...
02:46Non, je ne m'étais pas trompé.
02:47C'est juste que le marché avait fait un...
02:49Oui, mais c'était inexplicable.
02:50Et le temps du média n'était pas le temps
02:52d'une explication un peu longue.
02:53Donc, j'ai préféré m'excuser.
02:55Oui, d'accord.
02:56Vous revenez sur vos explications.
02:57La veille au soir, les camions partaient à la baisse
02:59et comme dans le détroit d'Hormuz,
03:02les belligérants s'étaient tapés dessus,
03:04le marché était reparti à la hausse
03:05et les nouvelles livraisons dans les cuves
03:07étaient reparties à la hausse.
03:09À un moment donné, vous savez,
03:11ça ne sert à rien de s'expliquer.
03:13C'est très difficile à comprendre
03:14la volatilité de ce marché.
03:17Moi-même, ça fait 40 ans
03:18que je travaille sur les produits pétroliers.
03:21Je n'ai jamais vu ça.
03:21Et donc, je ne me risquerai pas aujourd'hui
03:24à vous dire si ça va durer longtemps ou pas.
03:27Il y a deux mois, vous disiez
03:28que le gouvernement n'aurait pas d'autre choix
03:29que de plafonner les prix des carburants,
03:32que c'était inéluctable.
03:33Vous le pensez toujours ?
03:34Je ne pense pas au plafonnement des prix.
03:36Je pense qu'il faut se mettre dans l'idée
03:38que le carburant aujourd'hui,
03:40d'ailleurs le coût du transport
03:41et le coût de l'énergie,
03:44ça a augmenté en très grande proportion
03:46dans les dépenses des ménages.
03:47Donc, à un moment donné,
03:49ça aubert la croissance des autres secteurs.
03:51Je ne parle pas simplement en animateur
03:54d'un groupe qui fait des supermarchés
03:56et des hypermarchés,
03:57mais si trop d'argent part dans le transport
04:00et dans le gasoil ou dans le gaz,
04:04tout court,
04:05eh bien c'est aussi l'industrie de l'hôtellerie,
04:08du tourisme,
04:09c'est tout le secteur des services
04:10qui va en pâtir.
04:12Et donc, à un moment donné,
04:14l'État même,
04:15qui ne souhaitait pas aujourd'hui
04:17baisser toutes les taxes,
04:18va se retrouver sans taxes
04:20du fait d'une récession
04:21ou d'un manque de croissance.
04:22Donc, avant, vous pensez
04:23qu'il doit intervenir
04:24et baisser les taxes
04:25ou plafonner les prix ?
04:27Hier, je plaidais pour plus de générosité,
04:32mais j'ai bien vu,
04:32et là, je dois donner quittus
04:34à M. Lecornu,
04:35c'est que même en ouvrant
04:37des guichets ciblés
04:38pour 5 millions
04:39de ce qu'on appelle
04:40les gros rouleurs,
04:41il y a un million de personnes
04:43qui ne sont pas venus chercher
04:44cette dotation.
04:46Donc, il a probablement,
04:48rétrospectivement,
04:48eu raison de ne pas lâcher
04:50sur les finances de l'État.
04:52Là, c'est une vraie opportunité
04:54parce que c'est notre stock,
04:56c'est nous qui faisons
04:56une moins-value sur stock
04:57et donc, on en fait profiter
04:59le consommateur.
05:00Mais si ça dure,
05:02et franchement,
05:03je n'en vois pas le bout,
05:04vous avez vu les déclarations
05:05de Trump,
05:06l'agitation autour
05:08des États arabes,
05:09l'Union et tout ça,
05:11donc peut-être qu'à un moment donné,
05:13il faudra faire mieux.
05:14Vous êtes plus que jamais
05:15au cœur du réacteur,
05:16les Français n'ont qu'une priorité,
05:18leur pouvoir d'achat.
05:19Évidemment,
05:19il s'inquiète des prix
05:20des carburants,
05:21mais il s'inquiète aussi
05:21des prix de l'alimentation.
05:23Vous prévoyez une hausse
05:24des prix de quel niveau
05:25l'année prochaine ?
05:26Alors, moi,
05:27je ne suis pas prophète
05:29et puis je ne suis pas
05:30le genre boule de cristal,
05:32mais franchement,
05:32on est à 3,7%
05:33d'octobre à octobre
05:35et donc,
05:36je ne pense pas
05:37me mettre trompé
05:38depuis 4-5 ans
05:39quand je prédis
05:39une inflation à 4%,
05:41soit en fin d'année,
05:42soit en tout cas
05:43en début d'année prochaine.
05:444%, c'est beaucoup
05:45parce que c'est une moyenne
05:46et pour les 10 millions
05:48de Français
05:49qui sont en dessous
05:50du seuil
05:51qu'on dit de pauvreté
05:53ou en tout cas
05:53qui ont des revenus
05:54très modestes,
05:55la part de l'alimentation,
05:57elle est beaucoup plus forte
05:59que sur un foyer bourgeois,
06:01c'est une évidence.
06:03Donc,
06:04ces négociations commerciales
06:06qui en France
06:06sont balisées
06:07d'année en année,
06:08nous les abordons
06:09avec une vraie volonté
06:11de failliter
06:13les grands industriels,
06:15en tout cas,
06:15d'exiger de la transparence.
06:18Oui, oui, ça va être chouette.
06:18Et ça démarre dans un mois.
06:19Ça démarre dans un mois,
06:20mais il y avait déjà
06:21une réunion aujourd'hui
06:22à Bercy
06:23que vous avez boycottée,
06:24une réunion
06:25avec tous les acteurs
06:26de ces négociations,
06:28vous et les autres.
06:28D'ailleurs,
06:29Carrefour Intermarché,
06:30vous n'y êtes pas allés.
06:31Pourquoi les absents
06:31ont toujours tort, non ?
06:33En fait,
06:34une négociation,
06:35ce n'est pas un péché.
06:36Une négociation,
06:37c'est ce que devraient faire
06:38aussi les industriels
06:39quand ils achètent
06:40leurs bouteilles de lait
06:41faites en plastique.
06:42Plus on négocie en amont,
06:44moins le consommateur
06:45a à payer.
06:46Vous voyez,
06:46c'est une réalité.
06:48Et là,
06:48on a vu des industriels,
06:50sans être corrigés
06:51par les ministres de tutelle,
06:56des industriels dire
06:57« Ah, ben,
06:57on va demander des hausses
06:58de 5 à 10, 15 %,
07:01Thierry Cotillard
07:02a tenu ce discours,
07:03c'est le patron d'Intermarché,
07:04Dominique Schellcher
07:05de Système U aussi.
07:06Donc,
07:07on est concurrents entre nous,
07:08mais nous,
07:09on veut privilégier
07:09nos consommateurs.
07:10Donc,
07:11les petites entreprises,
07:13nous voulons un traitement
07:14différencié.
07:14Les petites entreprises,
07:15on n'a pas de problème,
07:16on connaît leur structure de coût.
07:18Mais les grandes,
07:18il ne faut pas qu'elles...
07:18Mais les multinationales,
07:20il faut qu'elles puissent
07:20lisser leur hausse.
07:22Et je ne sais pas
07:23si vous avez vu,
07:23mais les résultats,
07:25tout le monde parle
07:25des résultats de Total,
07:26mais les résultats
07:27des grandes multinationales
07:28de l'agroalimentaire
07:29sont extraordinaires.
07:30Donc,
07:30on va leur demander des efforts.
07:32Alors,
07:32puisque vous n'allez pas aux réunions,
07:33on joue les intermédiaires.
07:34Amandine Bégaud recevait
07:35à la mi-journée
07:40proposer de vous poser une question.
07:42Pourquoi est-ce que la France
07:43est le seul pays d'Europe
07:44dans lequel
07:45la grande distribution
07:46ne respecte pas
07:47la chaîne alimentaire ?
07:49Qui pilote aujourd'hui
07:50le pouvoir d'achat ?
07:51C'est la grande distribution.
07:52Donc,
07:52on fait crever nos entreprises.
07:55Alors,
07:55c'est vraiment la charité
07:57qui se tire une balle dans le pied.
07:58Lui,
07:59il est le patron
07:59des grandes multinationales.
08:00D'accord ?
08:01Les agriculteurs,
08:01il n'en parle pas.
08:02Alors,
08:03c'est très clair,
08:03la loi aujourd'hui,
08:04et le législateur
08:05l'a voulu comme ça,
08:06moi,
08:07je n'ai pas le droit
08:07de discuter
08:08la hausse de prix
08:09de la matière agricole.
08:11On ne discute pas de ça.
08:12Par contre,
08:12quand l'industriel
08:14ne me dit pas
08:14si c'est du lard
08:16ou du cochon
08:16et surtout
08:17que si c'est du cochon breton
08:19ou du cochon espagnol,
08:21ça ne le va pas.
08:21Je ne vais pas aller
08:22faire payer
08:23le consommateur plus cher
08:24pour un cochon espagnol.
08:26Donc,
08:26nous demandons
08:27aux industriels
08:28de la transparence.
08:29Nous respectons la loi,
08:31c'est-à-dire
08:31que toute la matière
08:32première agricole
08:33qu'ils ont achetée
08:33et transformée,
08:34on n'y touche pas.
08:35Mais eux,
08:36ils ont des structures de coûts,
08:38ils ont des résultats,
08:38et ils ont des marges.
08:41Et puis,
08:41cette manière,
08:42vous voyez,
08:43de parler,
08:43c'est quand même
08:44assez étonnant.
08:45Là,
08:45vous avez des grandes
08:46coopératives agricoles
08:47ou des groupements
08:47qui ne se sont pas séparés
08:48des éleveurs laitiers.
08:49Par exemple,
08:51Savencia a mis à la porte
08:52600 éleveurs.
08:53On ne l'entend pas, lui.
08:55Cette espèce de fixation
08:56sur le commerce,
08:57c'est trop tard.
08:58Il faut qu'il s'occupe
08:59de son amont.
08:59Il faut qu'il aille négocier
09:00le prix de ses bouteilles de lait.
09:02C'est ça, son boulot.
09:03Ça commence bien
09:04les négociations.
09:05Il a dit
09:07qu'on avait confié
09:08à la grande distribution
09:08la gestion de l'inflation.
09:10C'est une grosse responsabilité.
09:11Vous avez finalement
09:12totalement
09:13renoncé
09:14à prendre
09:14les rênes du pays
09:15et à vous présenter
09:16à la présidentielle
09:17puisque vous gérez
09:17l'inflation déjà.
09:20Je pense que je suis
09:21plus utile
09:22et plus efficace
09:23en faisant ce métier
09:26que si j'étais ministre
09:27ou projetons-nous un peu
09:31président.
09:32Oui, président, carrément.
09:33Comme un camembert.
09:35Et non,
09:38la cote de popularité
09:40qu'on m'attribue,
09:40c'est que justement
09:41je n'en suis pas.
09:42D'accord ?
09:43Et moi,
09:45je n'ai pas oublié
09:45d'où je viens.
09:46Je sais d'où vient
09:47notre succès.
09:48Leclerc est devenu
09:48le premier distributeur français.
09:50Enfin,
09:51j'ai vu mon père
09:51balayer devant son magasin
09:53et ma mère
09:55embaucher
09:55les premiers salariés.
09:57Donc,
09:58notre travail
09:59aujourd'hui,
09:59ce n'est pas simplement
10:00de vendre moins cher.
10:01C'est de rendre,
10:02de façonner
10:03une nouvelle consommation
10:05décarbonée,
10:05plus vertueuse
10:06sur le plan alimentaire,
10:07sur le plan santé,
10:08mais que ce soit
10:09accessible à tous.
10:10Parce que si
10:10on fait comme le bio
10:11et qu'on augmente
10:13de 60%
10:13pour juste
10:14les bobos,
10:15ça ne marchera pas.
10:16Merci beaucoup,
10:17Michel-Édouard Leclerc,
10:18d'être venu
10:18dans RTL Soir.
10:20Dans un instant,
10:21Florian Garzan
10:22est l'info
10:23qu'on a failli manquer.
10:24Le petit phénomène
10:24des magues
10:25et celle-ci,
10:25le renouveau
10:26des montres françaises.
10:27Enfin,
10:27Tanguy Pastureau
10:28défait l'info
10:29sur RTL.
10:29A tout de suite.
10:30Tous les jours,
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