Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 minutes
«Il y a une jeunesse qui ne bloque pas et qui est dans un mal-être profond quand même», souligne Charlotte d'Ornellas

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur cette partie de la jeunesse qui semble rejoindre Jean-Luc Mélenchon.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Mais on voulait parler effectivement, alors je disais rien de nouveau sous le soleil, pas tout à fait quand même,
00:03parce que l'espace médiatique est plus influencé aujourd'hui par l'extrême gauche qu'il ne l'était il
00:09y a 30 ou 40 ans.
00:09Mais l'extrême gauche c'est toujours la même.
00:11Alors je voulais vraiment qu'on ouvre ce chapitre et qu'on commence par exemple par les salariés de BFM
00:17qui ont adressé un courrier à leur direction pour exprimer leur mécontentement face aux orientations éditoriales de la chaîne
00:22et qui dénoncent la banalisation à l'antenne des idées d'extrême droite.
00:26Alors ça, ça montre l'état des journalistes en France.
00:30Ce n'est pas les idées d'extrême droite, sans doute témoignent-ils de la réalité, de ce qui se
00:34passe sur le terrain.
00:38Joachim, Joseph Massé, Joseph Massé, donc ça montre simplement, c'est pour ça que je parle de nos amis de
00:45BFM que je salue.
00:46C'est la confirmation de l'analyse que vous avez depuis longtemps sur le fait qu'il existe en France
00:50un tiers état culturel que l'on retrouve partout
00:53et il n'y a aucune raison qu'on ne retrouve pas dans les rédactions et qui est en fait
00:57par rapport à d'autres personnes,
00:59aux aînés, aux supérieurs, dans une sorte d'aigreur en permanence.
01:04Et ça, vous le retrouvez partout, dans les métiers de la com, dans la culture, dans l'édition.
01:09Il y a un tiers état culturel et c'est ce tiers état culturel que Jean-Luc Mélenchon a voulu
01:13investir.
01:14Je parle en connaissance puisqu'il me l'a dit.
01:17Il me l'a dit un jour.
01:18Moi, c'est ce que je veux.
01:19Je veux aller vers ça.
01:19Eh bien, ça y est, on peut dire qu'il a gagné aujourd'hui.
01:22Ce tiers état culturel, comme vous dites très bien, il faut nommer un chat un chat, c'est les diplômés
01:27déclassés et frustrés.
01:28Mais ça correspond aussi à une dynamique sociologique.
01:31Si on regarde par exemple à Sciences Po, école que j'ai bien connue, on a 71% des étudiants
01:36qui disent se situer à gauche aujourd'hui.
01:38On était à 57% en 2002 selon les chiffres du Sébier-Pof.
01:41Donc, il y a une dynamique sociologique et il y a aussi un contexte politique.
01:45C'est ce qu'ils appellent l'extrême droite aux portes du pouvoir.
01:48J'ai connu ce que la majorité, c'était plutôt les professeurs qui étaient...
01:51Joachim Lefloc, Imad !
01:53Mais les sondages donnent 42% d'estimation de vote pour Jean-Luc Mélenchon à la prochaine présidentielle.
01:59En 2022, 42% des 18-25 ans voterait.
02:03Jean-Luc Mélenchon, il avait fait 24% en 2022.
02:06Il faut aussi savoir de quoi cela est le nom.
02:09Pourquoi une partie aussi importante de cette génération, celle née en 2010 et qui a vécu le Covid, etc.,
02:15qui est en manque d'imaginaire politique aujourd'hui, dans ce qu'on vit,
02:19pourquoi autant de jeunes, vos enfants, nos enfants vont vers ce vote ?
02:24Mais il y a aussi 30% des 18-24 ans dont on ne parle jamais qui voteraient pour Marine
02:29Le Pen au premier tour.
02:29Oui, Charlotte Dornelas !
02:30Et cette jeunesse est totalement invisibilisée.
02:32Charlotte Dornelas !
02:34Ah non mais c'est vrai, moi je suis d'accord avec Olivier.
02:36Ça commence bien cette émission.
02:39Non mais la question qu'il faut se poser, c'est pourquoi ?
02:41C'est-à-dire ne pas reproduire l'erreur qui a été faite pendant très longtemps dans l'analyse du
02:45vote RN qui a augmenté au milieu des anathèmes.
02:49Là, de se dire qu'en effet, quasiment la moitié d'une génération qui rejoint Jean-Luc Mélenchon.
02:54Or, Jean-Luc Mélenchon a une particularité dans la classe politique, c'est qu'il raconte une histoire.
02:58Il raconte une histoire, il parle de l'avenir et il en parle en des termes positifs qu'on peut
03:02contester bien sûr, mais dans lequel on peut s'inscrire.
03:06Or, c'est évidemment l'âge d'abord de la radicalité.
03:08Cette génération a assez peu d'adultes dans sa vie, je le pense depuis longtemps, mais je le pense particulièrement
03:13depuis le début de cette crise.
03:15Alors, on parle des parents, des professeurs, de la classe politique.
03:20J'ai vu assez peu de gens se comporter en adultes, en effet, depuis le début.
03:24Donc, forcément, ils cherchent une aventure dans laquelle s'inscrire.
03:28On leur a supprimé, on va dire, l'aventure familiale, puisqu'elle est très fragile désormais à cette génération.
03:34L'aventure nationale, je ne vous en parle même pas, il faut le regarder de très très loin.
03:38On les a confinés, ça a eu des...
03:39On les a confinés, bien sûr, donc même la relation est extrêmement abîmée.
03:44Elle l'est depuis longtemps, mais la relation humaine, on en parlait d'ailleurs l'autre jour sur votre plateau,
03:48elle est abîmée, elle est remplacée par des relations virtuelles qui n'en sont pas, par définition.
03:52Donc, vous disiez tout à l'heure, c'est très minoritaire, donc on ne peut pas parler du malaise de
03:56la jeunesse à partir de ça.
03:57Je suis absolument d'accord sur le 1% de lycées bloquées.
04:00En revanche, les lycées bloquées n'épuisent pas le sujet du malaise de la jeunesse, je pense non plus.
04:05L'image qui est donnée dans les médias ne correspond, c'est une certaine jeunesse,
04:10ce n'est pas forcément toute la jeunesse.
04:12Mais là, on n'empêche pas l'autre.
04:14Il y a une jeunesse qui ne bloque pas et qui est dans un mal-être profond.
04:17Je voulais vous faire écouter, parce que ce chapitre, ce que Dimitri Pavlenko ce matin appelait un...

Recommandations