00:00Mais on voulait parler effectivement, alors je disais rien de nouveau sous le soleil, pas tout à fait quand même,
00:03parce que l'espace médiatique est plus influencé aujourd'hui par l'extrême gauche qu'il ne l'était il
00:09y a 30 ou 40 ans.
00:09Mais l'extrême gauche c'est toujours la même.
00:11Alors je voulais vraiment qu'on ouvre ce chapitre et qu'on commence par exemple par les salariés de BFM
00:17qui ont adressé un courrier à leur direction pour exprimer leur mécontentement face aux orientations éditoriales de la chaîne
00:22et qui dénoncent la banalisation à l'antenne des idées d'extrême droite.
00:26Alors ça, ça montre l'état des journalistes en France.
00:30Ce n'est pas les idées d'extrême droite, sans doute témoignent-ils de la réalité, de ce qui se
00:34passe sur le terrain.
00:38Joachim, Joseph Massé, Joseph Massé, donc ça montre simplement, c'est pour ça que je parle de nos amis de
00:45BFM que je salue.
00:46C'est la confirmation de l'analyse que vous avez depuis longtemps sur le fait qu'il existe en France
00:50un tiers état culturel que l'on retrouve partout
00:53et il n'y a aucune raison qu'on ne retrouve pas dans les rédactions et qui est en fait
00:57par rapport à d'autres personnes,
00:59aux aînés, aux supérieurs, dans une sorte d'aigreur en permanence.
01:04Et ça, vous le retrouvez partout, dans les métiers de la com, dans la culture, dans l'édition.
01:09Il y a un tiers état culturel et c'est ce tiers état culturel que Jean-Luc Mélenchon a voulu
01:13investir.
01:14Je parle en connaissance puisqu'il me l'a dit.
01:17Il me l'a dit un jour.
01:18Moi, c'est ce que je veux.
01:19Je veux aller vers ça.
01:19Eh bien, ça y est, on peut dire qu'il a gagné aujourd'hui.
01:22Ce tiers état culturel, comme vous dites très bien, il faut nommer un chat un chat, c'est les diplômés
01:27déclassés et frustrés.
01:28Mais ça correspond aussi à une dynamique sociologique.
01:31Si on regarde par exemple à Sciences Po, école que j'ai bien connue, on a 71% des étudiants
01:36qui disent se situer à gauche aujourd'hui.
01:38On était à 57% en 2002 selon les chiffres du Sébier-Pof.
01:41Donc, il y a une dynamique sociologique et il y a aussi un contexte politique.
01:45C'est ce qu'ils appellent l'extrême droite aux portes du pouvoir.
01:48J'ai connu ce que la majorité, c'était plutôt les professeurs qui étaient...
01:51Joachim Lefloc, Imad !
01:53Mais les sondages donnent 42% d'estimation de vote pour Jean-Luc Mélenchon à la prochaine présidentielle.
01:59En 2022, 42% des 18-25 ans voterait.
02:03Jean-Luc Mélenchon, il avait fait 24% en 2022.
02:06Il faut aussi savoir de quoi cela est le nom.
02:09Pourquoi une partie aussi importante de cette génération, celle née en 2010 et qui a vécu le Covid, etc.,
02:15qui est en manque d'imaginaire politique aujourd'hui, dans ce qu'on vit,
02:19pourquoi autant de jeunes, vos enfants, nos enfants vont vers ce vote ?
02:24Mais il y a aussi 30% des 18-24 ans dont on ne parle jamais qui voteraient pour Marine
02:29Le Pen au premier tour.
02:29Oui, Charlotte Dornelas !
02:30Et cette jeunesse est totalement invisibilisée.
02:32Charlotte Dornelas !
02:34Ah non mais c'est vrai, moi je suis d'accord avec Olivier.
02:36Ça commence bien cette émission.
02:39Non mais la question qu'il faut se poser, c'est pourquoi ?
02:41C'est-à-dire ne pas reproduire l'erreur qui a été faite pendant très longtemps dans l'analyse du
02:45vote RN qui a augmenté au milieu des anathèmes.
02:49Là, de se dire qu'en effet, quasiment la moitié d'une génération qui rejoint Jean-Luc Mélenchon.
02:54Or, Jean-Luc Mélenchon a une particularité dans la classe politique, c'est qu'il raconte une histoire.
02:58Il raconte une histoire, il parle de l'avenir et il en parle en des termes positifs qu'on peut
03:02contester bien sûr, mais dans lequel on peut s'inscrire.
03:06Or, c'est évidemment l'âge d'abord de la radicalité.
03:08Cette génération a assez peu d'adultes dans sa vie, je le pense depuis longtemps, mais je le pense particulièrement
03:13depuis le début de cette crise.
03:15Alors, on parle des parents, des professeurs, de la classe politique.
03:20J'ai vu assez peu de gens se comporter en adultes, en effet, depuis le début.
03:24Donc, forcément, ils cherchent une aventure dans laquelle s'inscrire.
03:28On leur a supprimé, on va dire, l'aventure familiale, puisqu'elle est très fragile désormais à cette génération.
03:34L'aventure nationale, je ne vous en parle même pas, il faut le regarder de très très loin.
03:38On les a confinés, ça a eu des...
03:39On les a confinés, bien sûr, donc même la relation est extrêmement abîmée.
03:44Elle l'est depuis longtemps, mais la relation humaine, on en parlait d'ailleurs l'autre jour sur votre plateau,
03:48elle est abîmée, elle est remplacée par des relations virtuelles qui n'en sont pas, par définition.
03:52Donc, vous disiez tout à l'heure, c'est très minoritaire, donc on ne peut pas parler du malaise de
03:56la jeunesse à partir de ça.
03:57Je suis absolument d'accord sur le 1% de lycées bloquées.
04:00En revanche, les lycées bloquées n'épuisent pas le sujet du malaise de la jeunesse, je pense non plus.
04:05L'image qui est donnée dans les médias ne correspond, c'est une certaine jeunesse,
04:10ce n'est pas forcément toute la jeunesse.
04:12Mais là, on n'empêche pas l'autre.
04:14Il y a une jeunesse qui ne bloque pas et qui est dans un mal-être profond.
04:17Je voulais vous faire écouter, parce que ce chapitre, ce que Dimitri Pavlenko ce matin appelait un...