00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03La suite à 12h19 sur Europe 1, vous réagissez témoigné au 01 80 20 39 21.
00:08Christine, nous sommes toujours avec Gabriel Cluzel et votre invité à présent,
00:12Grégoire Dobini, directeur des relations institutionnelles de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
00:18Ah oui, nous sommes avec lui pour réagir à cette mère de famille qui aurait évoqué une affaire d'agression
00:24sexuelle
00:25sans que cette affaire ne parle à l'équipe éducative pour entrer dans l'établissement,
00:31cette école maternelle près de Nice et elle a 36 ans, elle est sous OQTF
00:38et elle a séquestré, menacé la directrice de l'école maternelle à propos,
00:44avec un simulacre de roulettes russes, avec une arme, avec un couteau,
00:49puis menacé ensuite et agressé physiquement une enseignante,
00:54la suspecte serait effectivement sous OQTF, déjà connue des services de renseignement.
01:00Comment réagir, Grégoire Dobini, vous qui êtes directeur des relations institutionnelles
01:06de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie,
01:09on a envie de se dire pourquoi cette personne était sous OQTF,
01:16pourquoi cette personne était en France alors qu'elle ne devrait pas a priori être en France
01:23et ses enfants étaient à l'école ?
01:25Oui, alors déjà mes pensées vont à cette directrice qui a vécu, on imagine,
01:30des heures traumatisantes, tout le personnel enseignant au sens large
01:34qui paye un lourd tribut face à l'ensauvagement de la société.
01:38Alors pourquoi on n'arrive pas aujourd'hui à éloigner les OQTF ?
01:42Le bilan est dramatique, il signe la faillite de l'État régalien finalement,
01:46puisqu'on n'est pas capable d'éloigner certains profils.
01:49Le rapport Rodwell nous explique qu'aujourd'hui que moins d'une personne sur 20
01:55fait l'objet d'un éloignement forcé exécuté,
01:58qui est effectivement exécuté en dehors de l'Union Européenne.
02:00Donc nous sommes à 4,5% pour ceux qui sont éloignés en dehors de l'Union Européenne.
02:05Alors pourquoi ? Eh bien c'est simple, en fait il y a trois grandes raisons.
02:07La première, ce sont des obstacles matériels.
02:10Nous n'avons pas assez de place dans les centres de rétention.
02:13On est aujourd'hui péniblement à 2-3 000 places.
02:17Il faudrait arriver à 10-15 000 places pour éloigner les profils les plus dangereux,
02:21pour être sûr de pouvoir les éloigner.
02:24Nous n'avons pas de liaisons commerciales, de vols commerciaux, pardon, avec certains pays.
02:29Je pense à la Russie, je pense à l'Afghanistan,
02:31parce que nous ne reconnaissons pas l'érim des talibans bien sûr,
02:34parce que nous avons la problématique de la guerre en Ukraine.
02:39Nous avons des obstacles qui sont diplomatiques.
02:42Il y a les fameux laissés-passés consulaires,
02:44cette problématique qui revient régulièrement sur le devant de la scène.
02:48Bref, on se cache derrière son petit doigt, disons-nous les choses,
02:50Grégoire Dobigny en directeur européen,
02:52directeur des Relations institutionnelles d'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
02:56S'il y avait une volonté ?
02:58Vous ne pensez pas qu'on aurait pu faire quand même faire les choses ?
03:00Je comprends que ça soit difficile, peut-être, mais moi, la question aussi que j'ai envie de me poser,
03:06et aux auditeurs d'Europe 1, c'est-à-dire qu'on est placé sous OQTF, on peut se marier.
03:10On est placé sous OQTF, on peut mettre ses enfants à l'école de la République.
03:15On devrait, au contraire, apprécier cette chance, peut-être,
03:18d'avoir ses enfants à l'école de la République.
03:22Ça interpelle quand même de se dire qu'on a une obligation de quitter le territoire,
03:25et on a ses enfants et qu'ils sont scolarisés.
03:28Ça interpelle, et effectivement, ce que vous dites rejoint le dernier obstacle que je voulais aborder.
03:35Non, non, je vous en prie, mais je ne me cacherai pas derrière mon petit doigt,
03:38parce qu'il y a démarche de manœuvre politique, c'est une question de volonté politique.
03:41Je ne viens pas dire qu'il y a une fatalité, qu'on ne peut rien faire sur rien, bien
03:44au contraire.
03:45Mais nous avons reconnu toute une série de droits dits fondamentaux
03:49qui s'appliquent aux étrangers en situation irrégulière, qui sont aujourd'hui très larges.
03:54C'est-à-dire que si on considère que vous avez une maladie grave,
03:57si vous avez déposé une demande d'asile, quand bien même on n'a pas s'y attuée dessus,
04:01si vous risquez des mauvais traitements dans votre pays d'origine,
04:03si vous avez noué des liens familiaux en France, ce qui semble être le cas de cette personne,
04:08l'éloignement est rendu très compliqué, voire impossible.
04:11Donc nous avons aussi créé les conditions de notre propre impuissance,
04:16ça nécessite des réformes d'ampleur, on peut les mettre en œuvre,
04:20mais il faut là aussi de la volonté politique.
04:23Gabriel Cluzet, avant d'avoir Charles qui nous appelle de Franche-Comté.
04:26Non mais ça en rendit long, pardon, sur le niveau d'impunité,
04:29parce que déjà le simple fait qu'on ne puisse pas renvoyer ces OQTF,
04:34c'est devenu une ICTF, invitation à quitter le territoire français,
04:37invitation à laquelle personne ne répond.
04:38Mais déjà c'est énorme, mais en plus,
04:41cette personne se permet de faire le mariole.
04:46Et encore, c'est un mot gentil,
04:48c'est-à-dire de semer la terreur dans une école,
04:50parce que ça revient à ça finalement.
04:52Mais c'est complètement fou.
04:54Alors, vous allez me confirmer,
04:55mais j'ai cru comprendre qu'elle était fichée au fichier de suivi
04:58de signalement pour radicalisation à caractère terroriste.
05:01Mais que faisait cette femme-là chez nous ?
05:03Non mais si vous voulez, on a l'impression qu'on a des bombes sur pattes
05:06qui se promènent dans notre pays
05:08et que nous n'en savons rien aujourd'hui.
05:10Directrice d'école, c'est devenu un métier à haut risque.
05:14C'est complètement fou.
05:16Puis on imagine que si elle s'attaque à une directrice,
05:17elle peut s'attaquer à un prof et pourquoi pas à un élève.
05:20Donc c'est vrai que ça rajoute à l'inquiétude générale
05:24qui reste dans ce pays.
05:25Moi, je suis suffoquée de voir tout ça.
05:28Game Réinclusel sur Europe.