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  • il y a 7 minutes
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03La suite à 12h19 sur Europe 1, vous réagissez témoigné au 01 80 20 39 21.
00:08Christine, nous sommes toujours avec Gabriel Cluzel et votre invité à présent,
00:12Grégoire Dobini, directeur des relations institutionnelles de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
00:18Ah oui, nous sommes avec lui pour réagir à cette mère de famille qui aurait évoqué une affaire d'agression
00:24sexuelle
00:25sans que cette affaire ne parle à l'équipe éducative pour entrer dans l'établissement,
00:31cette école maternelle près de Nice et elle a 36 ans, elle est sous OQTF
00:38et elle a séquestré, menacé la directrice de l'école maternelle à propos,
00:44avec un simulacre de roulettes russes, avec une arme, avec un couteau,
00:49puis menacé ensuite et agressé physiquement une enseignante,
00:54la suspecte serait effectivement sous OQTF, déjà connue des services de renseignement.
01:00Comment réagir, Grégoire Dobini, vous qui êtes directeur des relations institutionnelles
01:06de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie,
01:09on a envie de se dire pourquoi cette personne était sous OQTF,
01:16pourquoi cette personne était en France alors qu'elle ne devrait pas a priori être en France
01:23et ses enfants étaient à l'école ?
01:25Oui, alors déjà mes pensées vont à cette directrice qui a vécu, on imagine,
01:30des heures traumatisantes, tout le personnel enseignant au sens large
01:34qui paye un lourd tribut face à l'ensauvagement de la société.
01:38Alors pourquoi on n'arrive pas aujourd'hui à éloigner les OQTF ?
01:42Le bilan est dramatique, il signe la faillite de l'État régalien finalement,
01:46puisqu'on n'est pas capable d'éloigner certains profils.
01:49Le rapport Rodwell nous explique qu'aujourd'hui que moins d'une personne sur 20
01:55fait l'objet d'un éloignement forcé exécuté,
01:58qui est effectivement exécuté en dehors de l'Union Européenne.
02:00Donc nous sommes à 4,5% pour ceux qui sont éloignés en dehors de l'Union Européenne.
02:05Alors pourquoi ? Eh bien c'est simple, en fait il y a trois grandes raisons.
02:07La première, ce sont des obstacles matériels.
02:10Nous n'avons pas assez de place dans les centres de rétention.
02:13On est aujourd'hui péniblement à 2-3 000 places.
02:17Il faudrait arriver à 10-15 000 places pour éloigner les profils les plus dangereux,
02:21pour être sûr de pouvoir les éloigner.
02:24Nous n'avons pas de liaisons commerciales, de vols commerciaux, pardon, avec certains pays.
02:29Je pense à la Russie, je pense à l'Afghanistan,
02:31parce que nous ne reconnaissons pas l'érim des talibans bien sûr,
02:34parce que nous avons la problématique de la guerre en Ukraine.
02:39Nous avons des obstacles qui sont diplomatiques.
02:42Il y a les fameux laissés-passés consulaires,
02:44cette problématique qui revient régulièrement sur le devant de la scène.
02:48Bref, on se cache derrière son petit doigt, disons-nous les choses,
02:50Grégoire Dobigny en directeur européen,
02:52directeur des Relations institutionnelles d'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
02:56S'il y avait une volonté ?
02:58Vous ne pensez pas qu'on aurait pu faire quand même faire les choses ?
03:00Je comprends que ça soit difficile, peut-être, mais moi, la question aussi que j'ai envie de me poser,
03:06et aux auditeurs d'Europe 1, c'est-à-dire qu'on est placé sous OQTF, on peut se marier.
03:10On est placé sous OQTF, on peut mettre ses enfants à l'école de la République.
03:15On devrait, au contraire, apprécier cette chance, peut-être,
03:18d'avoir ses enfants à l'école de la République.
03:22Ça interpelle quand même de se dire qu'on a une obligation de quitter le territoire,
03:25et on a ses enfants et qu'ils sont scolarisés.
03:28Ça interpelle, et effectivement, ce que vous dites rejoint le dernier obstacle que je voulais aborder.
03:35Non, non, je vous en prie, mais je ne me cacherai pas derrière mon petit doigt,
03:38parce qu'il y a démarche de manœuvre politique, c'est une question de volonté politique.
03:41Je ne viens pas dire qu'il y a une fatalité, qu'on ne peut rien faire sur rien, bien
03:44au contraire.
03:45Mais nous avons reconnu toute une série de droits dits fondamentaux
03:49qui s'appliquent aux étrangers en situation irrégulière, qui sont aujourd'hui très larges.
03:54C'est-à-dire que si on considère que vous avez une maladie grave,
03:57si vous avez déposé une demande d'asile, quand bien même on n'a pas s'y attuée dessus,
04:01si vous risquez des mauvais traitements dans votre pays d'origine,
04:03si vous avez noué des liens familiaux en France, ce qui semble être le cas de cette personne,
04:08l'éloignement est rendu très compliqué, voire impossible.
04:11Donc nous avons aussi créé les conditions de notre propre impuissance,
04:16ça nécessite des réformes d'ampleur, on peut les mettre en œuvre,
04:20mais il faut là aussi de la volonté politique.
04:23Gabriel Cluzet, avant d'avoir Charles qui nous appelle de Franche-Comté.
04:26Non mais ça en rendit long, pardon, sur le niveau d'impunité,
04:29parce que déjà le simple fait qu'on ne puisse pas renvoyer ces OQTF,
04:34c'est devenu une ICTF, invitation à quitter le territoire français,
04:37invitation à laquelle personne ne répond.
04:38Mais déjà c'est énorme, mais en plus,
04:41cette personne se permet de faire le mariole.
04:46Et encore, c'est un mot gentil,
04:48c'est-à-dire de semer la terreur dans une école,
04:50parce que ça revient à ça finalement.
04:52Mais c'est complètement fou.
04:54Alors, vous allez me confirmer,
04:55mais j'ai cru comprendre qu'elle était fichée au fichier de suivi
04:58de signalement pour radicalisation à caractère terroriste.
05:01Mais que faisait cette femme-là chez nous ?
05:03Non mais si vous voulez, on a l'impression qu'on a des bombes sur pattes
05:06qui se promènent dans notre pays
05:08et que nous n'en savons rien aujourd'hui.
05:10Directrice d'école, c'est devenu un métier à haut risque.
05:14C'est complètement fou.
05:16Puis on imagine que si elle s'attaque à une directrice,
05:17elle peut s'attaquer à un prof et pourquoi pas à un élève.
05:20Donc c'est vrai que ça rajoute à l'inquiétude générale
05:24qui reste dans ce pays.
05:25Moi, je suis suffoquée de voir tout ça.
05:28Game Réinclusel sur Europe.

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