00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:0312h46 sur Europe 1, vous écoutez Christine Kelly et vous.
00:06Alors que les commerçants craignent le pire pour Halloween dans 48 heures,
00:10que la colère gronde sur le terrain chez les lycéens mais également contre la vie chère et le carburant,
00:14Roland Lescure déclare que la taxe sur le carburant, moi c'est une taxe qui ne m'empêche pas de
00:18dormir.
00:19Je cite 0 1 80 20 39 21 pour réagir sur Europe 1.
00:23Alors avant d'avoir Gaëtan qui nous appelle la Creuse,
00:26à Gilles qui nous appelle les Alpes-Maritimes, tourne de table avec Harry Maloum et avec Sabrina Medjibar
00:31à propos de ce qu'a déclaré Roland Lescure qui choque les Français.
00:36Cette taxe sur le carburant ne m'empêche pas de dormir, mais je sais que ça empêche de dormir d
00:41'autres.
00:41La société française est déstabilisée par la violence physique et la violence verbale.
00:46Les propos du ministre de l'économie, un ministre ne devrait pas dire ça.
00:50Il ne devrait pas du tout dire ça, il doit exprimer une empathie,
00:53même si le gouvernement a les caisses en vide parce qu'ils n'ont pas fait attention,
00:57le rôle d'un gouvernement c'est de prévoir, ils n'ont rien prévu,
01:00donc ils sont incapables de baisser le prix des carburants.
01:04Ils l'auront pu éviter cette phrase, elle est méprisante, insultante aux personnes qui ont des difficultés.
01:10Donc on n'attend pas de la part d'un gouvernement de tenir ce genre de propos.
01:14Et puis ce qu'il est ministre de l'économie, c'est très important,
01:17il sait très bien que l'économie avant tout a besoin de stabilité, a besoin de calme.
01:24Ce qui se passe aujourd'hui en France ne permet pas aux gens de consommer,
01:29ne permet pas aux gens d'investir, ne permet pas aux gens de venir passer leurs vacances,
01:34leurs fêtes en France.
01:35Aujourd'hui, on ne se rend pas compte si la violence continue dans ce pays,
01:40et bien il y a une grande victime, c'est l'économie.
01:43On va avoir dans quelques mois des centaines et des centaines,
01:46pour ne pas parler de milliers d'entreprises qui vont faire faillite,
01:49on va parler des entreprises qui n'auront pas leur part de productivité,
01:53parce que le plus grand problème de l'économie française avant tout,
01:56c'est la productivité, à force de ne pas travailler, de ne pas consommer,
02:00de ne pas investir, c'est un cocktail explosive, et un explosif partant,
02:05et je pense que les prochains mois, ça sera très difficile pour l'économie française,
02:09et les investisseurs ne font plus confiance à la France, c'est la preuve.
02:14Les OIT, ce qu'on appelle les obligations assimilables au Trésor,
02:18c'est laquelle sont indexées la dette française,
02:20est arrivées à 5%, et c'est très dangereux.
02:25Demain, en 2026, en 2027, le premier budget de l'État,
02:30il sera consacré aux intérêts de la dette, ce n'est pas à l'éducation nationale.
02:34Écoutons le patron de Super E qui était en micro de Laurence Ferrari ce matin.
02:39C'est pour moi la chose la plus frappante actuellement,
02:42un véritable effondrement de la consommation de carburant.
02:46J'utilise ce mot sciemment, effondrement au mois d'octobre.
02:51Chez Coopérativus, c'est moins 10 de volume depuis le début de l'année,
02:55c'était déjà très fort en baisse au mois de septembre,
02:58et là, on a des stations au mois d'octobre,
03:00c'est jusqu'à moins 40% de volume de consommation.
03:03Les gens ne bougent plus, les gens restent à la maison,
03:06sacrifient beaucoup de choses, le sport, l'activité sportive des jeunes,
03:10ils ne bougent plus parce que le prix du carburant, c'est trop lourd,
03:15pèse trop sur leur budget à date.
03:18Oui, effectivement, on rappelle que les Français souffrent beaucoup
03:23de cette hausse du carburant, qu'ils n'arrivent pas à dormir,
03:27qu'ils n'arrivent pas à se déplacer, qu'ils n'arrivent pas à aller voir leur famille,
03:30et on rappelle effectivement que Roland Lescure, il n'a pas besoin d'essence,
03:33il a personnellement, en tout cas, il a un chauffeur.
03:38Sabrina Medjieber, ensuite on a Gaëtan et Gilles.
03:40Oui, je vais être brève, je vais reprendre ce qu'a dit Karim,
03:43moi je pense qu'il y a aussi la violence symbolique,
03:45c'est-à-dire qu'on parle souvent de déconnexion des élites vis-à-vis du peuple,
03:48moi je crois que ces gens-là sont en totale lévitation,
03:50je pense qu'ils n'ont jamais été en réalité connectés au peuple et à leur sollicitude.
03:54Il faut quand même savoir, si on regroupe les données de l'INSEE et de l'Observatoire des inégalités,
03:59il y a presque 9 millions, 9,6 millions pour être précise,
04:03de Français qui vivent en dessous du pauvreté.
04:05Ça représente 15,4% des Français.
04:08Il faut quand même se rendre compte de ce chiffre qui, malheureusement, va en grandissant.
04:11Pourquoi je dis ça ? Parce que l'essence, je ne sais pas si vous avez lu le dernier livre
04:14de Pierre Chasserey,
04:16Balance ton plein,
04:17où il explique très bien qu'il appartenait au ministère de l'économie
04:20de faire des arbitrages concernant la suppression des taxes.
04:22Pourquoi ? Parce que l'essence, c'est le point névragique de la mobilité.
04:26Et ce à quoi on va assister, et je rejoins vos propos, Christine, et je vais être très brève,
04:29c'est une sorte, finalement, de confinement, d'autobarricadement,
04:33parce que, justement, il y aura une privation,
04:36une privation de liens sociaux, une privation de liens familiaux,
04:38une privation de consommation,
04:40parce que le prix de l'essence, c'est excessivement cher,
04:43sachant qu'en plus, l'inflation des produits, plus généralement,
04:46elle est à peu près à 30%.
04:48Donc, à cela s'ajoute la crise du pétrole.
04:51Et ce qu'on a comme réponse, pardon, de la part du ministre de l'économie,
04:56c'est, finalement, je n'ai pas d'inquiétude et j'arrive à bien dormir.
05:00Alors que, en effet, les arbitrages auraient dû être faits.
05:03Et, en effet, le premier problème qu'a la France, dont souffre la France,
05:08c'est la question de la dépense publique,
05:10c'est la question de la réduction des dépenses de fonctionnement de l'État,
05:13et c'est la question de la dépense sociale.
05:14Ils n'ont jamais, jamais, jamais pu arbitrer,
05:16arbitrer de façon à pouvoir laisser les Français oxygéner,
05:19et donc vivre, et donc consommer, et donc accroître, justement.
05:22Il nous reste 4 minutes pour terminer l'émission.
05:24Samina Medjieber en direct sur Pain.
05:26Merci beaucoup pour votre intervention brillante.