00:00Écoutez Bruno Rotaillot ce matin, qui était au micro de Laurence Ferrari,
00:04et qui a réclamé, tenez-vous bien, une deuxième fois, une nouvelle fois,
00:08le changement de la date du second tour de l'élection présidentielle prévue le 2 mai.
00:13La grande majorité ne voulait pas que le second tour de l'élection présidentielle soit le lendemain du 1er mai.
00:18Pourquoi ? Parce qu'il y a d'abord une règle, la campagne électorale s'arrête à minuit vendredi,
00:23et donc ça continuera avec le 1er mai, vous aurez des candidats de gauche qui s'afficheront.
00:27Donc un, c'est un problème de l'égalité, et deux, vous vous rendez compte si le 1er mai,
00:32il se passe ce qui s'est passé le 17 octobre, avec une France, mais alors pillée, saccagée, incendiée,
00:38et le lendemain on devrait aller aux urnes, calmement, c'est pas possible, il y a un vrai problème.
00:43Pourquoi nous avoir réunis alors que la majorité était pour d'autres dates ?
00:46Si vous ne changez pas cette date d'élection, j'y verrai en réalité une arrière-pensée.
00:51Comment réagissez-vous, John Christopher Roland ?
00:55Vous êtes constitutionniste et maître de conférences à l'université Paris-Nanterre.
01:00Bien, sur la question du choix des dates dans les élections présidentielles,
01:05cette année, enfin l'année prochaine du coup, il faut quand même reconnaître qu'il n'y avait que deux
01:09fenêtres,
01:09et elles ont chacune des inconvénients.
01:11La première, c'était celle des 11 et 25 mai, puisqu'il faut un minimum de 14 jours entre les
01:16deux tours,
01:16et puis il faut qu'elles aient lieu entre 20 et 35 jours avant la fin du mandat,
01:20qui expire le 13 à minuit, donc à 14 à minuit, une, il faut un nouveau président.
01:25Et l'autre choix, c'était ce couple du 18 et du 2 mai.
01:28Le premier, c'est les vacances.
01:30Donc la crainte du gouvernement, c'est de se dire, c'est peut-être favoriser l'abstention.
01:34Bon, je... voilà, c'est un argument qui vaut ce qu'il vaut.
01:38Après tout, l'abstention, c'est quelque chose contre lequel on a...
01:41Encore que la présidentielle, ça marche un peu mieux que les autres,
01:43contre lequel on a du mal à lutter.
01:45Et l'autre, effectivement, comme le souligne Bruno Rotaillot,
01:47c'est qu'il y a deux problèmes.
01:49Le problème, c'est que ça se situe effectivement après le 1er mai,
01:51et le gel qui est opéré à partir du vendredi soir à minuit,
01:54fait que normalement, on n'est pas censé parler de politique.
01:56Parler de liberté de la presse tout à l'heure, déjà, comment on va couvrir l'événement ?
01:59Oui, c'est vrai.
02:01En floutant peut-être les pancartes ?
02:02Donc le choix est quand même pour le moins assez curieux.
02:06Ceci étant, voilà, ça veut dire, d'une manière très plate,
02:11alors il y a peut-être des arrières-pensées politiques aussi,
02:12on peut en parler, mais c'est de se dire,
02:14mieux vaut finalement quelque chose qui est finalement contraire
02:19à l'idée qu'il y a un silence global qui doit se faire au vendredi,
02:22que d'avoir un peu de l'abstention à cause des vacances.
02:24Je ne suis pas certain qu'en avril, c'est le mois où les gens partent le plus en vacances.
02:28Un peu quand même...
02:29Oui, les vacances de printemps, c'est là où il y a beaucoup de départs.
02:32C'est le mois où je corrige les examens, les mémoires,
02:33moi je ne suis pas en vacances.
02:35Voilà, après pour Bruno Rotaillot...
02:37Avant d'avoir Christine, qui nous appelle du Pas-de-Calais,
02:41elle a un beau prénom, Christine...
02:42Je ne sais pas si elle en accentue.
02:46Mais j'ai un message de quelqu'un qui m'envoie un SMS de Fréjus
02:51et qui nous dit, éclairez-nous peut-être maître,
02:56pour changer la date du second tour,
02:58il faudrait changer la date du premier tour,
03:00soit l'avancée d'une semaine, soit la reculée d'une semaine,
03:02il sera impossible d'interdire les défilés des syndicats le 1er mai,
03:05donc tous à gauche,
03:06et donc impossible d'interdire les messages politiques qui seront donnés ce jour-là.
03:11Je me demande, même si ce n'est pas attaquable dans le code électoral ?
03:16Alors, on ne peut pas mettre, par exemple, les élections le 25...
03:20Alors, ça ferait le 18, 25 et 9 mai.
03:25Pourquoi ? Parce que ça ne serait que 4 jours avant la prise de fonction,
03:31donc c'est vraiment les deux fenêtres qu'on a données.
03:33Il y a une autre possibilité,
03:35c'est que si jamais un candidat est empêché dans les 7 jours
03:38qui précèdent le dépôt des candidatures,
03:40là, le Conseil constitutionnel doit,
03:41c'est même pas peu, il doit bouger l'élection.
03:43Donc, c'est vraiment un cas fortuit.
03:46Mais sinon, effectivement, on est un peu enserré, pardon,
03:48on est un peu enserré dans ces dates qui sont assez rigides.
03:52Donc, c'est compliqué.
03:54Attaquer par le code électoral,
03:55ça serait par le biais d'une question prioritaire de constitutionnalité.
03:58Peut-être que c'est ce qui va se profiler,
04:01mais c'est vrai qu'on est dans un carcan rigide.
04:03C'est possible, en tout cas.
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